vendredi, janvier 18 2019

La cybercriminalité en 2018

18 01 2019

Du vol massif de données chez Marriott au typosquatting d'Air France en passant par des cyberattaques de plus en plus sophistiquées dans les secteurs bancaires et industriels, l'année écoulée a été riche en menaces cyber. Retour sur les temps forts du dernier panorama cybecriminalité du Clusif.

jeudi, janvier 17 2019

Le lourd bilan des lanceurs de balles de défense de la police

17 01 2019

FRANCE-POLITICS-SOCIAL-DEMOCombien sont-ils comme David, depuis le début du mouvement, fin novembre 2018, à avoir reçu des tirs de LBD – une arme dite « de force intermédiaire » qui a progressivement remplacé le Flash-Ball ?
Chloé Bertolus, professeure au service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, évoquait, au début du mois de janvier, « une petite dizaine de personnes venues pour des blessures au visage et se disant victimes de tirs de LBD » depuis la fin novembre. Mais il s’agit seulement des cas les plus graves, dans la capitale et ses alentours. Ils sont en réalité bien plus nombreux au niveau national, à avoir essuyé des tirs, au visage ou ailleurs – journalistes compris.

Photo : lemonde.fr

mercredi, janvier 16 2019

Un« Grand débat national » bien contrôlé par le gouvernement ?

16 01 2019

Gilets_Jaunes_a_Perpignan_12_janvier_2019.jpgLe "grand débat national", qui pourrait être suivi d’un référendum sur des questions multiples, pose question. Il semble difficile de rejouer, en dehors des cadres institutionnels établis, le débat qui a eu lieu au printemps 2017… quand on sait à l’avance qu’il ne sera pas possible de revenir sur certains points du programme que le suffrage universel a validés.
Le risque est grand, dès lors, de provoquer davantage de frustration que de satisfaction, tant chez les citoyens que chez leurs représentants qui se trouvent ainsi désavoués dans leur fonction de médiation. Tout cela fait peser une forte incertitude sur l’issue possible du référendum qui suivra, et dans lequel il sera difficile de ne pas voir un plébiscite pour ou contre Emmanuel Macron.

Photo : theconversation.com

mardi, janvier 15 2019

Pour en finir avec les pesticides, il faut aussi des agriculteurs dans les champs

15 01 2019

Lancé en 2008 à la suite du Grenelle de l’environnement, le plan gouvernemental « Ecophyto » proposait de réduire drastiquement l’usage des produits phytosanitaires dans l’agriculture française. Son objectif initial – réduire de moitié en 10 ans l’utilisation de ces produits –, a été repoussé à 2025 avec la nouvelle mouture du plan (Ecophyto II de 2015). Il est encore très loin d’être atteint.
Un élément n’est cependant jamais évoqué : depuis trois décennies, les exploitations agricoles s’agrandissent et en conséquence cherchent à simplifier les pratiques, ce à quoi les pesticides contribuent. La mise en œuvre de pratiques permettant la réduction de l’usage des pesticides (travail du sol, rotation des cultures, infrastructures écologiques…) est alors rendue difficile : elle nécessite plus de travail et complexifie les pratiques.

lundi, janvier 14 2019

Une histoire de l'internationale Jihadiste

14 01 2019

Livre_Arielli.jpgDans un entretien à Libération, Olivier Roy constatait que, aujourd’hui, «Le Jihad est la seule cause sur le marché» (03.10.2014). Un peu sur le même mode, le romancier Hanif Kureishi avait déjà remarqué presque vingt ans avant dans une interview à Newsweek (29.05.1995) : «J’ai vu un changement considérable. Quand moi j’étais étudiant il y a vingt ans, on était tous plus ou moins gauchistes. La chute du mur de Berlin a rendu cela impossible. Par conséquent, beaucoup de jeunes se tournent vers la religion».
Che Guevara, Lafayette, Orwell, Garibaldi, Bin Laden, le poète anglais Lord Byron et le général irlandais O’Duffy : qu’est-ce donc que cet inventaire à la Prévert qui fait fi de la chronologie la plus élémentaire ? La réponse est que toutes ces personnes se sont portées volontaires pour combattre sur des théâtres nationaux en dehors et déconnectés de, voire contre, leur pays de naissance. L’historien Nir Arielli (université de Leeds) s’attèle à une tâche particulièrement ardue dans cet ouvrage : quels sont les logiques, mécanismes, points communs et contrastes qui ont présidé, depuis la révolution française, au choix individuel opéré par des milliers d’anonymes et des douzaines de figures célèbres d’aller combattre à l’étranger pour une cause qui leur est chère ?

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dimanche, janvier 13 2019

Quel avenir pour les centres éducatifs renforcés (CER) ?

13 01 2019

Issus du « Pacte de relance pour la ville », les centres éducatifs renforcés (CER) ont été créés en 1996 comme alternative à l’incarcération pour être le dernier maillon avant la prison. La CNAPE et ses associations adhérentes gestionnaires de CER constatent une absence de portage politique de ce dispositif qui est peu connu et peu valorisé. Elles s’interrogent fortement sur la pérennité et le devenir des CER.
Ce questionnement s’inscrit dans une préoccupation plus générale portant sur l’état et le devenir du placement judiciaire. Vingt ans après leur création, l’expérience accumulée par les CER mérite d’être capitalisée et analysée. Leur place et leur rôle doivent être questionnés au regard du contexte actuel et du nouvel environnement dans lequel ils inscrivent leur action (évolution de la société, du cadre législatif et réglementaire, du paysage pénal, des besoins et problématiques des jeunes, etc) afin d’envisager les évolutions nécessaires pour améliorer les réponses apportées dans l’intérêt des jeunes pris en charge.

samedi, janvier 12 2019

Violence scolaire et familles. Une dérive inquiétante

12 01 2019

Jean-Michel_Blanquer_RTL.JPGLe ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré le 10 janvier 2019 envisager, dans le plan d’action interministériel contre les violences scolaires, la possible suspension des allocations familiales aux parents « complices d’une évolution violente des enfants ». Cette stratégie nous parait inquiétante pour trois raisons essentielles.
La préservation de l’avenir des jeunes générations, menacées par les inégalités sociales et économiques, exige du courage et demande une éthique rigoureuse. Les propos consternants du ministre de l’Éducation nationale nous font craindre que la rhétorique politicienne et des soucis électoralistes prennent le pas sur le souci du bien commun.

Photo : rtl.fr

vendredi, janvier 11 2019

Gilets jaunes : le droit de manifester restera-t-il sur le bord des ronds points ?

11 01 2019

Manifestation_de_Gilets_Jaunes.jpgLe mouvement des « gilets jaunes » initié depuis plusieurs semaines met en lumière le débordement du droit et de ses pratiques, qui s'éloignent de la justice pour n'être plus voués qu'au maintien de l'ordre public. Ces débordements rendent nécessaire une vigilance toute particulière à la répression et à la législation qui vient. Celle qui, comme la proposition de loi Retailleau reprise à son compte par le gouvernement, envisage d'encore accroître les empêchements administratifs de manifester comme la répression pénale des mouvements sociaux.

Photo : francetvinfo.fr

jeudi, janvier 10 2019

Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est-il le moyen de renouer avec la démocratie ?

10 01 2019

Gilets_jaunes_RIC.jpgLe mouvement des Gilets Jaunes est une véritable révolte populaire, assez peu organisée et dont les revendications sont hétérogènes. Toutefois, parmi ces dernières, l’une est de nature politique et s’est progressivement imposée : le référendum d’initiative citoyenne (RIC). L'idée n'est pas nouvelle mais on ne reviendra pas ici sur son histoire. Notre propos est bien plutôt de prendre appui sur une recherche récente pour réfléchir au fait que le RIC est peut-être une fausse bonne idée et qu’il serait préférable de favoriser la démocratie participative plutôt que la démocratie directe. Encore faudrait-il toutefois que cette démocratie participative parvienne à exister davantage, ce qui pose la question trop occultée du fonctionnement politique au niveau local et non pas simplement national.

Photo : leparisien.fr

mercredi, janvier 9 2019

"Two-i", la biopolitique au pouvoir à Nice

9 01 2019

Tramway_a_Nice.jpgLa Ville de Nice, comme plusieurs villes de France, bascule dans le tout sécuritaire. La tentation des élus locaux de vouloir tout contrôler à chaque instant n'est pas nouvelle, mais les progrès de la technologie leur donnent désormais les moyens de leur démesure et, parfois, de leur démence.
La ville de Nice s’apprête à tester un logiciel permettant d'analyser les émotions des passagers du tramway pour décider d'éventuelles interventions de la police municipale. Nous basculons dans une biopolitique contrôlant les corps, les comportements et les émotions des individus et qui constitue une atteinte manifeste à la vie privée et aux libertés individuelles.

mardi, janvier 8 2019

Pourquoi les données économiques peinent à rendre compte de la dure réalité du quotidien

8 01 2019

precarite_supermarche.jpgIls l’ont clamé sur les ronds-points, lors des manifestations en ville, sous les fenêtres de l’Élysée, depuis des années aussi, dans les territoires délaissés de l’Hexagone jusqu’aux DOM. De nombreux Français ne supportent plus les politiques économiques qui contraignent nombre d’entre eux à contourner les systèmes existants pour boucler leurs fins de mois. Gilets jaunes ou non, ce sont des millions d’individus et de familles qui vivent dans une réalité économique parallèle à celle mise en avant par le gouvernement.

Photo : theconversation.com

lundi, janvier 7 2019

Qu’est-ce qu’un mouvement social populiste ? Comprendre les « gilets jaunes »

7 01 2019

Les protestations actuelles en France sont un exemple de mouvement social populiste. Ce phénomène est rare, mais l’usage péjoratif du mot populisme nous empêche de le comprendre. Il ne doit être confondu ni avec la démagogie, ni avec le nationalisme. Qu’est-ce donc le populisme et peut-on lui résister ?
Le populisme est une idéologie qui simplifie la politique en la réduisant à un antagonisme de nature morale. Elle consiste, d’une part, à affirmer la valeur des gens simples, qui représenteraient selon les populistes, la majorité écrasante. Et, d’autre part, cette idéologie met en scène un rapport antagoniste entre la « majorité », par définition bonne, et une « minorité », qui par définition ne l’est pas. La politique est alors réduite à un combat perdu d’avance.

vendredi, janvier 4 2019

L’islam en France : quel(s) rapport(s) ?

4 01 2019

En 2016 et 2018, deux rapports publiés sur l’ « islam français » et sur « la fabrique de l’islamisme » se proposent respectivement d’« imaginer une nouvelle organisation de l’islam en France » et de répondre « au développement de l’islamisme en France et en Europe ». Cette production, abondamment relayée dans les médias, a suscité dans l’opinion débats et réserves.
Pour mieux comprendre les réactions assez unanimement critiques qui ont accueilli ces rapports et les propositions formulées, il faut rappeler que depuis la fin des années 1980, la société française connaît l’émergence d’élites administratives, politiques et économiques, issues des migrations maghrébines, africaines et turques qui aspirent à jouer un rôle dans l’espace public.

jeudi, janvier 3 2019

Que deviennent les jeunes après l’aide sociale à l’enfance ?

3 01 2019

L’aide sociale à l’enfance regroupe des actions de prévention et de soutien en direction des enfants et des familles en difficultés psycho-sociales en France et de prise en charge d’enfants qui ne peuvent pas vivre dans leur famille pour diverses raisons. La modification de la prise en charge de ces jeunes au moment du passage à la majorité rend cette étape bien plus sensible que pour les autres jeunes. Que deviennent-ils après 18 ans ? Comment sont-ils logés ? L’ « étude longitudinale sur l’accès à l’autonomie après un placement » (Ined-Laboratoire Printemps) permet pour la première fois en France de mesurer les conditions de vie des jeunes protégés au moment de la fin de leur prise en charge et leur devenir à la sortie du système de protection de l’enfance. Elle a été réalisée auprès de sept départements (le Nord, le Pas-de-Calais, Paris, la Seine-et-Marne, l’Essonne, les Hauts de Seine et la Seine-Saint-Denis) et est représentative uniquement de ces départements.

mardi, janvier 1 2019

Derrière le mouvement des Gilets Jaunes, cinq fractures françaises

1 01 2019

Gilets_Jaunes_justice_sociale.jpgAu départ, beaucoup craignaient le pire. Pensez donc : un mouve­ment qui naît hors syndicats et partis politiques, qui proteste contre une hausse des taxes sur l’essence, et d’où surgissent parfois des saillies sur les immigrés ou les « assistés ». Pourtant, après les premières journées de mobilisation, il a bien fallu se rendre à l’évidence : les gilets jaunes étaient l’un des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières années – et sans conteste le plus improbable. Il a en effet maintenu mobilisées pendant plus d’un mois des catégories sociales parmi les plus éloignées du jeu politique traditionnel. Des femmes et des hommes souvent situés entre le haut des classes populaires et le bas des classes moyennes, venus remettre frontalement en question les dynamiques inégalitaires qui, depuis plusieurs années, travaillent la société française.

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