Lorsque les parents sont séparés, une partie des enfants ne voit plus que rarement leur père, et certains même plus du tout. Combien sont-ils ? Analysant l'enquête de l'Ined et l'Insee Étude des relations familiales et intergénérationnelles, le chercheur étudie la fréquence de la rupture du lien entre un père et son enfant et les circonstances dans lesquelles elle a lieu.
D'après l'enquête Érfi de 2005, près d'un enfant mineur de parents séparés sur dix ne voit jamais son père. Plus l'enfant est jeune au moment de la séparation des parents, moins il fréquente son père par la suite. La proportion d'enfants ne voyant plus leur père est plus élevée lorsque la demande de divorce n'a pas été conjointe mais à l'initiative de l'un des deux parents. Elle est aussi plus élevée lorsque le père est peu diplômé, au chômage ou en emploi précaire, ou a de faibles revenus. La rupture du lien père-enfant est moins fréquente avec une résidence alternée.
Photo : croix-rouge.lu
Offrant un ensemble d'informations, d'interprétations, de données et de références très complet, L'état de la France dessine les traits fondamentaux du pays. Ouvrage de culture générale sans équivalent, il présente les conditions de vie des Français, les tendances culturelles, la situation économique et politique, la dynamique des territoires ; il donne également toute leur place aux questions européennes - comparaison systématique avec les voisins de la France, mise en perspective des grandes questions communautaires - désormais incontournables pour appréhender les enjeux de la période.
Au fil de ces trente dernières années, la double peine, qui permet de prononcer contre un étranger condamné une interdiction du territoire français, s'est progressivement étendue, parallèlement à une dégradation du droit au séjour, constituant ainsi le bras judiciaire de la maîtrise de l'immigration.
« Eh les gars, qui c’est la femme ? » ; « Vous n’êtes pas des vraies filles ! » L’an passé, comme en 2011 et comme depuis tant d’années, les insultes ont fusé. Blessantes. Humiliantes. Et surtout plus nombreuses. Comme le souligne le dix-septième rapport de SOS Homophobie rendu public hier, 2012 restera marquée par une inflation du pire : l’association a en effet reçu 1 977 témoignages (par téléphone, courriers, courriels, tchat, entretiens) d’hommes et de femmes, gays, lesbiennes, bi ou trans, en souffrance. Soit une hausse de 27% par rapport à 2011, la plus forte depuis huit ans.
Que s’est-il passé entre l’Ordonnance de 1945 qui pose les fondements protecteurs de la Justice des Mineurs et les lois répressives des années 2000 ? Comment expliquer qu’au lendemain de la guerre, la société porte un regard compatissant sur une jeunesse délinquante dont elle se sent responsable alors qu’elle choisit aujourd’hui d’en faire son bouc émissaire ?
Le président de la République a pris conscience de l'importance que revêt la sécurité aux yeux des Français en créant des zones de sécurité prioritaire (ZSP). Conçues, dès juillet 2012, sous l'autorité du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, elles devaient reposer "sur la prise en compte des circonstances et des particularismes locaux (...) en fonction des besoins de sécurité exprimés par la population", selon la présentation qu'en fait le site du ministère.
C’est la première fois de puis 1958 que l’Assemblée nationale publie un rapport parlementaire exclusivement consacré à la compréhension des services de renseinement. Certes, des propositions de loi l’ont évoqué , des projets de loi y font référence, des rapports budgétaires s’y sont intéressés. Tous feront d’ailleurs ici l’objet de développements. Mais jamais cet univers, qui est par essence celui du secret et de la dérogation par rapport à la règle commune, n’a été abordé comme un service public à part entière.
Telle était l’intention de la commission des Lois quand elle décida d’instituer, dès le début de la XIVe législature, une mission d’information destinée à évaluer le cadre juridique applicable aux services de renseignement. Mais encore convenait-il au préalable définir cette activité, tâche très délicate et rarement consensuelle si l’on en juge d’après les dizaines d’ouvrages consacrés au sujet.
Inquiet comme le méchant d'un western-spaghetti, un gamin qui se laisse pousser un fin duvet sur le menton pour essayer de tromper son monde, poireaute devant la cité des Micocouliers (14e), sans réellement savoir qui craindre le plus. Les flics ou les concurrents ? Les premiers interpellent, les seconds flinguent. Des minots de son âge, depuis deux ans, il faut plus d'une main pour compter ceux qui ont été abattus dans la guerre que l'on se livre ici pour un réseau de stups qui perd en attractivité commerciale. Dernier en date, Iskander, criblé de 23 balles au volant d'une voiture non loin d'ici, jeudi dernier.
Le propre de l’idéologie comme de la croyance religieuse, c’est de ne retenir de la réalité que ce qui confirme ses préjugés. Le propre de l’analyse scientifique comme de toute rigueur professionnelle, est au contraire de restituer la réalité dans toute sa complexité, quitte à modifier nos idées si celles-ci s’avèrent trop simples.
Pourquoi les Français éprouvent-ils un irrationnel sentiment d’insécurité, alors qu’on compte 670 000 délits de moins depuis 2002 et un taux d’élucidation des infractions en hausse de 12 points ? Irrationnel ? Et si les chiffres affichés étaient faux ? Et si l’appareil statistique avait été dévoyé au service d’un message politique illusoire ?
Reconquérir les rues est un livre écrit par un architecte, urbaniste et enseignant, Nicolas Soulier, attaché et sensible à la vie qui se déploie dans les espaces publics de nos villes. L’auteur est particulièrement intéressé par les rues des quartiers résidentiels et par les modes d’expression de l’urbanité qui s’y développent. L’ouvrage est construit autour de la description et de l’analyse de situations urbaines et de projets d’aménagement, nationaux et internationaux, à partir desquels l’auteur tire un certain nombre d’enseignements sur la conception des rues. Le parti pris est ainsi moins théorique que pratique, opérationnel, didactique et pédagogique.
Inventées de façon expérimentale après les émeutes des Minguettes au début des années 1980, parallèlement à la “Marche des beurs” pour l’égalité, la Politique de la Ville visait à réformer le fonctionnement de l’État et les relations de ce dernier aux collectivités locales. Pour pallier l’urgence d’une nouvelle question sociale, associée à certains quartiers où les populations immigrées et minoritaires étaient concentrées, une action publique d’exception allait être mise en place, mobilisant une approche locale et ascendante, plus participative et transversale.
Les effets de la crise ne touchent pas les catégories sociales de la même façon en matière de niveau de vie. Certaines n’ont pas connu de baisse significative et ont même vu leurs revenus croitre comme les cadres supérieurs et les professions intermédiaires, tandis que d’autres sont plus durement touchées, comme les ouvriers. Dans l’ensemble, le niveau de vie annuel médian pour une personne a diminué de 20 euros entre 2008 et 2010 mais de grandes disparités existent entre catégories sociales.
Dans les débats scientifiques, sociétaux et les politiques éducatives relatifs à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, l’école maternelle fait l’objet de bien peu d’attention. Dans la Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes dans le système éducatif (2013-2018) signée le 7 février dernier, trois axes d’action sont définis : « acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes ; renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes ; s’engager pour une plus grande mixité des filières de formation à tous les niveaux d’étude ». Mais ces axes concernent surtout les collégiens et les lycéens. Pourtant, l’école maternelle constitue un lieu de socialisation central dans la construction des inégalités entre les filles et les garçons : d’une part, parce qu’elle véhicule et transmet aux enfants des normes liées aux rôles et aux attentes de l’institution scolaire en matière de comportements et d’aptitudes ; d’autre part, parce que dans le même temps où il découvre l’institution scolaire et apprend le « métier » d’élève, le jeune enfant construit son identité sexuée et affirme son appartenance à un groupe de sexe.
Les statistiques des délinquances et de leurs conséquences, objet du présent rapport, ont pris une importance considérable dans le débat public. Tour à tour utilisées pour présenter un bilan favorable de l’action des gouvernements ou, au contraire, pour asseoir, à partir de l’état des lieux qu’elles fournissent, une nouvelle politique pénale, elles sont déraisonnablement mises en avant.