mardi, mai 26 2015

En dehors du stade : l’inscription des supporters « ultras » dans l’espace urbain

26 05 2015

tifo.jpgSe revendiquant d’un mouvement apparu dans les années 1960 dans les stades italiens et présent en France depuis le milieu des années 1980, les supporters « ultras » sont membres de groupes constitués, pour la plupart, en association de loi 1901. Les plus actifs sont majoritairement des hommes jeunes (de 15 à 35 ans) issus de la classe moyenne. Chaque groupe ultra possède un nom et des emblèmes qui lui sont propres. Contrairement aux associations traditionnelles de supporters, ils revendiquent fortement leur autonomie par rapport au club. Leur fonctionnement repose sur une structure hiérarchisée et des activités organisées : la principale d’entre elles est l’animation de la tribune à l’aide de chants, de gestuelles (agiter et lever les bras, sauter, se prendre par les épaules), mais aussi de tambours, de drapeaux, d’étendards, de banderoles, souvent mobilisés dans le cadre de tifos. Par ailleurs, les principaux groupes ultras rédigent un « fanzine » et produisent du « matos » qu’ils vendent lors des matchs. Ces activités sont préparées au local du groupe, au sein duquel les membres actifs se retrouvent quotidiennement. L’ensemble des groupes ultras français partagent ainsi une même culture, des valeurs et une organisation communes.

lundi, mai 25 2015

Le non-recours aux soins de santé

25 05 2015

CMU.jpgSelon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le droit à la santé constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain. Il suppose notamment de pouvoir accéder, en temps opportun, à des soins et de pouvoir financer les traitements et autres actes médicaux. En France, ce droit, garanti par le préambule de la Constitution, est au fondement de la création du système d’Assurance maladie mis en place après la seconde guerre mondiale. À l’origine et aujourd’hui encore, la mission principale de l’Assurance maladie consiste à verser à ses ressortissants des prestations en nature, correspondant au remboursement de leurs frais de santé, et des prestations en espèce pour compenser la perte de revenu pour les personnes devant cesser leur activité professionnelle à cause de raisons de santé. Le système a originellement été construit selon une logique assurantielle, à vocation universelle : les personnes qui travaillent cotisent pour bénéficier et faire bénéficier leurs ayants droit d’une protection contre le risque maladie.

dimanche, mai 24 2015

Le Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance (GPIS)

24 05 2015

GPIS_paris.jpgCréé en 2004, le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance (GPIS) est constitué d’équipes mobiles qui patrouillent la nuit dans les parties communes de certaines résidences HLM. En l’espace d’une décennie, il s’est imposé comme un acteur de premier plan dans le paysage parisien de la prévention/sécurité. À ce titre, il traduit l’acuité des enjeux de préservation du cadre de vie dans les quartiers d’habitat social et témoigne de l’implication croissante des bailleurs en matière de sécurité quotidienne. Cette étude de l’IAU Île-de-France apporte un éclairage inédit sur ce dispositif unique en son genre. À partir d’une enquête de terrain, elle invite à découvrir le GPIS de l’intérieur, au plus près des acteurs concernés. Elle permet d’en saisir la genèse, l’organisation actuelle, l’activité concrète et le positionnement dans la ville, face au public et vis-à-vis des partenaires.

jeudi, mai 21 2015

Des banques condamnées pour manipulations des taux de change en GB et aux USA

21 05 2015

billets_de_banque_change.jpgSix milliards de dollars (5,4 milliards d’euros environ) : c’est le montant global de l’amende infligée, mercredi 20 mai, à six banques par les autorités britanniques et américaines pour des pratiques illégales sur le marché des changes. Leur condamnation intervient dans le cadre d’un accord qui marque sans doute le point culminant de la répression internationale de cette fraude à grande échelle.
Au total, Londres et Washington ont infligé plus de 10 milliards de dollars (8,9 milliards d’euros) de pénalités financières à sept établissements, dont Citigroup, JPMorgan, UBS, Barclays et Royal Bank of Scotland. Ces derniers sont accusés de n’avoir rien fait pour empêcher leurs traders de partager des informations confidentielles, sur les ordres de certains clients, dans le but d’augmenter leurs profits sur le marché des devises.

mercredi, mai 20 2015

Histoire secrète de la corruption sous la Ve République

20 05 2015

histoire_secrete_corruption.jpgInflation des campagnes électorales, financement des partis politiques, comptes en Suisse, emplois fictifs, résidences d'élus…D’une ampleur inédite, ce panorama brosse l’histoire des grandes « affaires » de corruption en France depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 jusqu’aux plus récents scandales. On découvre ici une corruption omniprésente, qui va prendre des formes différentes à chaque époque, mais de plus en plus sophistiquées après les lois de moralisation de la vie politique des années 1990.
Loin de se limiter aux politiques, ce récit riche en péripéties traque aussi la corruption de nombreuses professions emblématiques : police, services secrets, justice, médias, sport… Tous les grands « corrupteurs » sont mis à nu: le BTP, la distribution d’eau et la propreté, l’armement, la grande distribution, le pétrole… Enfin toutes les formes de corruption, directes et indirectes, sont représentées.

mardi, mai 19 2015

Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse

19 05 2015

qui_est_charlie.jpgQui sommes-nous vraiment, nous qui avons affiché une telle détermination dans le refus de la violence aveugle et notre foi dans la République le 11 janvier dernier ?
La cartographie et la sociologie des trois à quatre millions de marcheurs parisiens et provinciaux réservent bien des surprises. Car si Charlie revendique des valeurs libérales et républicaines, les classes moyennes réelles qui marchèrent en ce jour d’indignation avaient aussi en tête un tout autre programme, bien éloigné de l’idéal proclamé. Leurs valeurs profondes évoquaient plutôt les moments tristes de notre histoire nationale : conservatisme, égoïsme, domination, inégalité.
La France doit-elle vraiment continuer de maltraiter sa jeunesse, rejeter à la périphérie de ses villes les enfants d’immigrés, reléguer au fond de ses départements ses classes populaires, diaboliser l’islam, nourrir un antisémitisme de plus en plus menaçant ?

lundi, mai 18 2015

Reportage sur la « banlieue » : quand M6 se fait VRP du Front national

18 05 2015

sous_le_feu_des_medias.jpgLa banlieue et sa population suscite un intérêt non dissimulé de la part des médias, mais à chaque fois, les mêmes explications reviennent dans les divers reportages, contribuant à naturaliser les idées promues par l’extrême-droite. Souffre-t-elle du chômage, d’injustices sociales, de discriminations raciales ou bien encore de ségrégation scolaire ? Pas du tout si l’on en croit « Zone Interdite » diffusé sur M6 en avril. Soucieux de montrer la « vérité » au spectateur, le numéro intitulé « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos » du magazine d’information met en évidence les véritables problèmes des quartiers populaires : délinquance, immigration et Islam. Contribuant à ancrer dans l’opinion publique les représentations d’une banlieue sous tension en proie à la violence et au communautarisme, la chaîne n’hésite pas à véhiculer un ensemble de clichés (parents démissionnaires, adolescents en manque de repères, populations mal intégrées) en reprenant les thèmes favoris du Front national sur le malaise des banlieues : insécurité, zone de non droit, trafic de drogue et crimes en tous genre, jeunesse à la dérive, repli identitaire…

dimanche, mai 17 2015

Prédation Nature, le nouvel eldorado de la finance

17 05 2015

predation.GIFLa protection de l’environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d’être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage « tout ce qui est rare est cher », les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer.
Cette enquête raconte l’histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l’échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d’investissement achètent aujourd’hui d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s’activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business.

samedi, mai 16 2015

Une note interne de l’Inria étrille la loi sur le renseignement

16 05 2015

Reseaux_mai_2015.GIFLes scientifiques du prestigieux Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sont plus que sceptiques concernant la loi sur le renseignement, adoptée en première lecture le 5 mai à l’Assemblée.
Dans une note datée du 30 avril qui devait initialement être envoyée dans les cabinets ministériels et aux députés et que Le Monde s’est procurée, l’Inria étrille certains points techniques et controversés du projet de loi. L’Institut, placé sous la tutelle de Bercy et du ministère de la recherche, critique vertement l’article 851-4 de la loi, qui prévoit la mise en place d’algorithmes – les fameuses « boîtes noires » – pour détecter automatiquement les comportements terroristes sur Internet. La loi prévoit que cette analyse se fasse sur des données anonymes, toute identification intervenant uniquement si une menace est détectée : un argument martelé par le gouvernement lors de l’examen du texte à l’Assemblée et des premières auditions au Sénat. « Il n’existe pas aujourd’hui de technique d’anonymisation sûre. Un texte de loi ne devrait pas se fonder sur la notion de donnée anonyme ou anonymisée », tranche l’Inria.

vendredi, mai 15 2015

L'homophobie en 2014

15 05 2015

homophobie_2.pngComme chaque année, le Rapport sur l’homophobie 2015 a été constitué à partir de quatre sources :
- les témoignages reçus par l’association au cours de l’année 2014 (sur notre ligne d’écoute, par courrier, via un formulaire en ligne, par chat ou lors de certains événements auxquels participe l’association) ;
- le travail des différents groupes et commissions de l’association ;
- le suivi de l’actualité de janvier 2014 à décembre 2014 ;
- l’analyse de la presse au cours de la même période.
Ce document n’est donc pas le recensement exhaustif de toutes les manifestations LGBT-phobes survenues en 2014 , mais bien une vision des LGBTphobies à travers les outils de l’association et son vécu de terrain. Les statistiques communiquées dans ce rapport sont uniquement établies à partir des témoignages et demandes de soutien reçus par notre association.

Image : enquete-debat.fr

jeudi, mai 14 2015

L'évolution du regard sur les quartiers « sensibles » et les discriminations (2009-2014)

14 05 2015

Banlieue.jpgLa thématique des « quartiers sensibles » constitue depuis des années un sujet controversé au sein du débat public. En 2014, 78% de nos concitoyens se disent préoccupés par ce sujet. Toutefois, l’intérêt que les Français portent à cette question a diminué au cours des cinq dernières années. En même temps, le regard que portent nos concitoyens sur les quartiers sensibles s’est durci.
Par rapport à 2009, les Français pensent moins souvent que les quartiers sensibles sont marqués par une forte solidarité entre les habitants, qu’il y a de nombreuses opportunités pour monter des projets, que les jeunes issus de ces quartiers constituent une richesse pour notre pays ou encore que les associations y sont nombreuses et dynamiques. Parallèlement les connotations négatives continuent de dominer : 94% pensent qu’il y a trop de chômage et 92% pensent que la délinquance y est particulièrement présente.
Outre la question de l’emploi, les Français pensent qu’il manquerait, dans les quartiers « sensibles », des activités pour les jeunes (citées par 41% en première ou en deuxième réponse) mais aussi des centres de police de proximité.

Image : lecridupeuple.org

mercredi, mai 13 2015

La guerre contre l’État islamique peut-elle être gagnée ?

13 05 2015

etat_islamique_2.jpgL’État islamique, apparu à l’automne 2006 dans le contexte du conflit irakien et devenu la formation la plus puissante et redoutée du paysage jihadiste depuis la chute de Mossoul (juin 2014), constitue toujours la principale menace terroriste mondiale. Quoique prévisible au regard de la dégradation continue de l’environnement politico-sécuritaire en Irak, en Syrie et plus largement au Moyen-Orient, sa progression fulgurante a pris de court de nombreux observateurs qui ne s’y étaient guère préparés, tandis que ses exactions ont provoqué une onde de choc et de colère dans le monde. Les États-Unis se sont engagés avec plusieurs partenaires dans une guerre contre l’État islamique par le biais d’une campagne soutenue de frappes aériennes et plusieurs pays musulmans se sont également mobilisés contre l’organisation jihadiste. L’immolation par le feu du pilote jordanien Moaz al-Kassasbeh a ainsi conduit le royaume jordanien à pilonner, en février 2015, la ville de Raqqa, fief de Daech en Syrie, tandis que l’Égypte a visé plusieurs positions jihadistes en Libye à la suite de la décapitation d’une vingtaine d’otages coptes sur une plage de Tripolitaine.

Photo : tempsreel.nouvelobs.com

mardi, mai 12 2015

« Crache ton père ! » (récit d'audience)

12 05 2015

Palais de Justice de Paris - le 22 octobre 2010 Il arrive, encadré par deux policiers, est placé derrière ces vitres, amaigri par la faim inassouvie, les mains dans les poches, le regard qui balaie la salle puis se referme sur le blouson bleu clair, déboutonné. Le cliquetis des menottes qui s’ouvrent est lugubre.
Incessant mais insensé, obnubilé dans cet inconscient qui taraude tous ses gestes, ses mots, ses soupirs et ses pleurs.
« Crache ton père ! » Mais la mère ne supporte pas de voir ce fils cracher cet époux, aussi violent soit-il, toxique et dangereux. Il a été dit « une mère ambivalente » qui « couvre » son mari.

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lundi, mai 11 2015

Contre le trafic de drogue, une guerre discriminatoire ?

11 05 2015

guerre_aux_drogues_guerre_raciale.pngDepuis les années 80, les cités de banlieue servent à approvisionner en drogue la population des centres-villes, qui concentrent l’essentiel de la demande. Le travail de la police a consisté à matraquer les populations de ces quartiers populaires, sans souci d’efficacité. Au contraire, ce sont les populations qui ont pris en main le nettoyage de leurs quartiers par des moyens violents, l’islam jouant un rôle grandissant dans cette entreprise, au même rythme que grandit la haine de la police.
A l’heure où Baltimore est en feu à la suite de heurts violents entre la police et la population afro-américaine, les médias français ont tendance à décrire cette société comme parfaitement exotique, du fait de la centralité des questions raciales aux Etats-Unis. Quatre mois après les attentats de Paris et avec un électeur sur quatre prêt à voter pour le Front National, cette analyse mériterait d’être nuancée en remettant la question raciale en perspective dans l’Hexagone: c’est le sens de la campagne « guerre à la drogue, guerre raciale » lancée par l'Association française de réduction des risques (AFR) liés à l'usage des drogues, le Cran et le think tank République et Diversité.

samedi, mai 9 2015

L'islamophobie provoque des discriminations institutionnelles et touche surtout les femmes

9 05 2015

Photo_Marc_Laapage_Hijab.jpgComme les années précédentes, le CCIF enregistre une augmentation significative des actes islamophobes et dénonce une banalisation des discours et idéologies islamophobes dans l'espace public.
Sans surprise, les discriminations représentent les trois quarts des actes islamophobes, la plupart de ces discriminations survenant dans les institutions et services publics, à commencer par l'éducation nationale. Le CCIF estime que l'école est devenue "un haut lieu de discriminations et de discours racistes et islamophobes, en particulier après les attentats de janvier 2015".
Les femmes sont toujours les premières touchées (elles représentent plus de 80% des victimes) par ces discriminations découlant d'une islamophobie en forte recrudescence depuis les attentats de janvier.

Illustration : Marc Laapage (DR)

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