En octobre 2009, le gouvernement avait lancé un « plan national de prévention de la délinquance » faisant notamment de la « vidéo-protection » une « priorité absolue » et s'appuyant largement sur la loi du 5 mars 2007 dite « prévention de la délinquance ». Le 8 juillet 2011, les ministres de l’Intérieur et de la Justice adressaient encore aux préfets et aux procureurs de la République une circulaire relative aux orientations du gouvernement en matière de prévention de la délinquance, érigeant cette dernière « au premier rang des priorités d’action du gouvernement ». Or cette politique est aujourd'hui critiquée par la quasi totalité des chercheurs et rejetée par la grande majorité des professionnels de terrain.
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L'insécurité est-elle réductible par l'occupation des quartiers pauvres par des forces policières ? Ce que Nicolas Sarkozy a essayé de faire pendant des années avec les résultats négatifs que l'on connaît, pourquoi François Hollande le réussirait-il avec des compagnies de CRS et de gendarmerie mobile s'installant pendant des mois dans ces "zones à sécuriser" ? Fait-on de la police de qualité avec des policiers habitant à des centaines de kilomètres de leur lieu de travail ? Fait on de la police de proximité avec une police d'ordre et de contrôle d'identité ?
Le désenchantement démocratique n'est pas une singularité française. On le constate et le déplore depuis des années dans la plupart des pays occidentaux. En Europe comme aux Etats-Unis, il nourrit à la fois les mouvements populistes de tout poil et les rangs des abstentionnistes qui ignorent, boudent ou récusent les rendez-vous électoraux.
Le 13 décembre, le ministre de la Justice, Michel Mercier, annonçait qu’il avait retenu la commune de Saint-Julien-sur-Suran (Jura) pour implanter la première prison expérimentale conçue par Pierre Botton. La première pierre serait posée en avril (voir Libération du 23 janvier). Comment le ministre de la Justice peut-il avoir déjà accordé au projet de Botton le qualificatif de prison alors qu’aucune étude sur la place d’une telle structure dans le paysage judiciaire et pénitentiaire, aucune étude sur le financement n’a été publiée ? L’Etat va-t-il lui donner un terrain ? Qui paiera la construction ? Quel sera le statut des personnels ? La proximité assumée de Botton avec le président de la République, alors même que le ministre de la Justice ne semblait guère favorable au projet, paraît l’avoir emporté sur toute autre considération.
Dans la perspective des prochaines élections présidentielles et législatives, le Syndicat de la magistrature a travaillé tout au long de l’année 2011 à l’élaboration d’un projet pour la justice et les libertés.
Face à l’intensité des violences lors des émeutes urbaines de l’automne 2005, pour prévenir et réprimer d’éventuels nouveaux désordres, l’État a décidé de renforcer la présence des forces de l’ordre en capacité de se confronter à la « jeunesse turbulente » des quartiers populaires. Des interactions frictionnelles, des rapports paroxystiques et complexes vont alors se développer entre des jeunes « figures de désordres » et des acteurs institués et émergents d’encadrement des classes populaires, en particulier des policiers chargés de pacifier les cités périphériques ghettoïsées. Dans ce contexte, à partir d’une enquête ethnographique dans une cité ségréguée, cet article dresse le portrait sociologique d’un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) de nuit. À partir de la description de son travail quotidien, de ses épreuves et de ses modes d’action, de sa relation à la violence, notamment des émeutes urbaines ainsi que des rapports d’hostilité qu’il entretient avec une partie de la population, ce texte montre que l’expérience sociale des policiers en confrontation avec des « jeunes turbulents » est ambivalente puisqu’ils sont à la fois « traqueurs » et « victimes ».
Souvenez-vous : en juillet 2010, le Président de la République, englué dans les remous de l’affaire Woerth-Bettencourt, annonce à la télévision qu’il faut désormais encadrer les conflits d’intérêts par la loi, comprenant un peu tard qu’être à la fois trésorier du premier parti de France et Ministre du Budget est une situation pouvant paraître troublante aux yeux de nombreux français. Il nomme donc une commission chargée de faire des propositions, présidée par le Vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé. Cette commission rend un rapport des plus honorables en janvier 2011, même si nous aurions souhaité que certaines propositions aillent plus loin dans la prévention des conflits d’intérêts. Une loi est donc annoncée et elle est présentée en Conseil des Ministres fin juillet dernier.
La police française utilise certains pouvoirs trop étendus dont elle est investie pour procéder à des contrôles d’identité abusifs et non justifiés visant des garçons et de jeunes hommes noirs et arabes, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié le 26 janvier 2012. Le rapport de 62 pages, intitulé «
À quoi sert la rénovation urbaine ? À résoudre le problème des banlieues en y instaurant une mixité sociale à la faveur d’une transformation de leur paysage urbain. Mais si les mutations de celui-ci sont impressionnantes, on ne peut pas dire qu’il en aille de même pour la composition sociale des cités ni que les problèmes des banlieues – le chômage, l’échec scolaire, la délinquance – soient en cours de résolution. Faut-il voir alors dans cette politique un exercice illusoire ? Les témoignages des acteurs et des observateurs rassemblés dans cet ouvrage dégagent plutôt un mélange de satisfaction et d’inquiétude. Comme si la rénovation avait permis de faire pénétrer la ville dans le quartier mais qu’il restait à faire en sorte que ses habitants puissent pénétrer la ville.
L’école commune. Propositions pour une refondation du système éducatif, ouvrage collectif du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire (GRDS), éditions La Dispute, 2011.
Manifeste pour la justice, sous la direction de Thomas Clay, Pierre Joxe, Christine Lazerges et Jean-Pierre Mignard, éditions Cherche Midi, 2012.
En matière de statistiques criminelles, le principal défi reste la comparabilité des données recueillies. Voici ce que déclare la Commission dans sa communication sur l'évaluation du plan d'action statistiques 2006-2010 et sur la mise en place d'un plan de l'Union Européenne 2011-2015.
CHARTRES, 25 jan 2012 (AFP)- Environ 80 caméras de vidéosurveillance, formant un "rideau de vidéoprotection", seront installées cette année en Eure-et-Loir sur les axes frontaliers à l’Ile-de-France pour tenter de lutter contre la délinquance itinérante, a annoncé lundi 23 janvier 2012 la préfecture d’Eure-et-Loir. « Cette décision prise en concertation avec les forces de l’ordre et les élus intervient à l’issue d’un diagnostic qui permet de mettre en lumière le caractère important de la délinquance itinérante », a indiqué Pierre-Max Vouteau, directeur de cabinet du préfet d’Eure-et-Loir. Ces caméras seront installées sur les axes stratégiques qui mènent à la région parisienne ou à des carrefours importants.
Puisque le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a « une autonomie totale », comme l’a indiqué à Dijon, jeudi 26 janvier, le président de la République, les manœuvres pour placer des amis aux postes sensibles sont infiniment plus subtiles. Ainsi le gouvernement met-il la main à la dernière promotion des procureurs généraux, en place pour les sept prochaines années en cas d’une victoire de la gauche. Avec l’appui de l’un des meilleurs connaisseurs du corps, Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour de cassation et à ce titre président de la formation pour le parquet du CSM. Le mouvement est double : il s’agit d’écarter les gêneurs, et de recaser des proches dont les sympathies socialistes ne sont pas manifestes.
Les flics vont mal. Pris eux aussi comme tous les fonctionnaires de l’état dans la tourmente de l’entreprise de déconstruction lancée par l’équipe au pouvoir contre les services publics, mais avec ce paradoxe : alors que le pouvoir fait de la lutte pour la sécurité son fonds de commerce, il attaque de plein fouet les conditions d’exercice et la nature même des missions dévolues à la police républicaine. Étranglés par une réduction drastique d’effectifs, (11 000 effectifs en moins depuis 2004), les policiers sont empêchés d’assurer un véritable service de proximité, d’accueil et de secours sur le terrain. Soumis à la dictature du chiffre qui les pousse à faire de l’interpellation et du contrôle à tout va, ils sont contraints de se livrer à des pratiques aux frontières de l’illégalité, le profilage ethnique par exemple. Accablés de directives ultra sécuritaires, ils voient leurs fonctions de prévention détournées au profit exclusif de la répression. Managés à coup de peur, de prime et de triche, ils ont le sentiment de ne plus travailler que pour fournir à la hiérarchie des résultats qui pourront être utilisés à des fins de communication politique.