mardi, janvier 6 2015

La pollution a un impact immédiat sur la mortalité

6 01 2015

paris_pollution.jpgLa pollution atmosphérique tue à très court terme en aggravant brutalement des symptômes préexistants. Dans son premier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’année, publié mardi 6 janvier, l’Institut de veille sanitaire (InVS) quantifie l’impact des particules fines PM10 (dont le diamètre est inférieur à 10 microns). Même à des niveaux d’exposition relativement faibles, les particules fines accroissent le risque de mortalité immédiate et pas seulement sur le long terme.
Ces microparticules générées par les gaz d’échappement des véhicules, notamment les moteurs diesel, l’activité industrielle ou les systèmes de chauffage, affectent les voies respiratoires et le cœur, et peuvent provoquer par exemple accident vasculaire cérébral, crise cardiaque, rupture d’anévrisme, angine de poitrine, embolie pulmonaire… Autant de pathologies qui peuvent se révéler fatales dans les cinq jours suivant une exposition.

lundi, janvier 5 2015

Pourquoi il faut combattre l’idéologie meurtrière d'Eric Zemmour

5 01 2015

couv_VA_zemmour.jpgLe récent arrêt de l’émission d’iTélé, dont Éric Zemmour était un débatteur rémunéré depuis une décennie, a été provoqué par l’interview qu’il a accordée au Corriere della Sera sur son livre, Le Suicide français (Albin Michel). Ce choix éditorial de la chaîne d’information ne saurait évidemment être qualifié de censure puisque, loin d’être privé de parole, l’intéressé continuera de cumuler professionnellement chroniques bi-hebdomadaires sur RTL, émission hebdomadaire sur Paris Première, tribune ouverte dans Le Figaro et son magazine, invitations régulières dans d’autres médias (à France Culture bientôt), sans compter ses ouvrages en librairie.
Le plus surprenant, au contraire, c’est que n’ait pas été posée plus tôt la question de la large place accordée, dans l’espace médiatique dominant, à une parole explicitement xénophobe et raciste.

dimanche, janvier 4 2015

Une première association professionnelle pour les gendarmes

4 01 2015

gendarmes.jpgEn catimini, la veille du premier week-end de l’année, le monde militaire a connu une petite révolution. Vendredi 2 janvier, Gend XXI, la première association professionnelle de gendarmes, a été officiellement déclarée en préfecture. Treize hommes de tous grades et issus des différents corps – gendarmerie mobile, gendarmerie départementale, brigade motorisée, garde républicaine, gendarmerie de l’air, etc. – constitueront le conseil d’administration de ce « syndicat ».
Un « syndicat » un peu particulier, puisqu’il ne pourra organiser ni appel à la grève ni manifestations et verra sa prise de parole strictement encadrée. La rupture est néanmoins forte : contrairement aux policiers, les gendarmes, comme les autres militaires, étaient jusqu’alors interdits de syndicat et n’avaient pas le droit de s’exprimer.

Photo : rtl.fr

samedi, janvier 3 2015

La taxe sur les transactions financières est torpillée par la France

3 01 2015

taxe_tobin.jpgC'était la promesse n° 7 du candidat François Hollande : soutenir une « action coordonnée au niveau européen pour imposer l'ensemble des transactions, y compris donc les produits dérivés ».
La taxe sur les transactions financières (TTF), aussi appelée « Robin des bois » ou Tobin, du nom de l'économiste qui l'a imaginée dans les années 1970, devait entrer en vigueur au 1er janvier 2016 en Europe. Mais elle semble, sinon enterrée, du moins s'éloigner de plus en plus.
Pourtant, le chef de l'Etat et son premier ministre ont été rappelés à l'ordre par 140 députés de leurs propres rangs, qui ont signé une lettre jeudi demandant à ce « que notre pays conserve intacte l'ambition initiale du projet qui inclut “toutes les transactions financières” ». Parmi ces derniers figurent entre autres l'ancien premier ministre Jean-Marc-Ayrault, Karine Berger, Aurélie Filippetti, Elisabeth Guigou, François Lamy…

Illustration : agoravox.fr

jeudi, janvier 1 2015

Police, justice, etc. : Ce qui va changer en 2015

1 01 2015

hotte_noel.pngEn début d’année, il est courant de prendre de bonnes résolutions. Pour les policiers, magistrats et gendarmes, c’est une nécessité : 2015 s’annonce chargée. Le changement est en marche, souvent sous la pression européenne. Dès le 1er janvier, plusieurs mesures modifient le déroulement de l’enquête pénale, d’autres l’application des peines. Et certaines égratignent nos libertés individuelles. Sans porter aucun jugement, voici un panorama laconique des principales modifications.

mercredi, décembre 31 2014

Marijuana an 1: bilan globalement positif dans le Colorado

31 12 2014

plantation_cannabis.jpgLes scénarios catastrophe ne se sont pas réalisés. Un an après la légalisation des ventes de marijuana à usage récréatif dans le Colorado, le bilan de la mise en place est jugé largement positif. « On nous disait : les ados vont se ruer sur le cannabis, les adultes vont se défoncer et ne plus aller travailler…Rien de tout cela ne s’est concrétisé », se félicite l’avocat Brian Vicente, l’un des rédacteurs de l’amendement par lequel 55% des électeurs ont autorisé, en novembre 2012, la production et la vente de marijuana aux adultes de plus de 21 ans.
Le processus a été très encadré. Le Colorado se sait aux avant-postes du combat pour la fin de la prohibition, et à ce titre, très surveillé. Pari, pour l’instant, réussi. Aucun nuage de cannabis ne flotte sur la ville. Le crime a baissé de 10 % selon le FBI. Le nombre d’accidents de la route aussi. Il est interdit de fumer dans les lieux publics, y compris les parcs et cafés. Les achats sont limités : une once (28,34 g) par personne pour les résidents du Colorado. 7g pour les visiteurs. Chaque plant est recensé dans un fichier central informatisé. Chaque mouvement consigné. Chaque employé enregistré et badgé.

- Samuel Laurent : "Cannabis : pourquoi la répression n'est sans doute plus la solution".
- Samuel Laurent : "Cannabis : comment États-Unis et Europe ont évolué".
- Laetitia Clavreul : "Cannabis : les bénéfices objectifs de la légalisation".

mardi, décembre 30 2014

Pourquoi il faut supprimer la Cour de justice de la République

30 12 2014

CJR.jpgJuridiction d’exception s’il en est, la Cour de justice de la République (CJR) offre de nouveau à voir, de façon éclatante, ce qu’elle a toujours été depuis sa création : une usine à gaz désuète, et même, pour tout dire, une anomalie démocratique. Cette juridiction qui, depuis vingt ans, est seule habilitée à poursuivre et à juger les ministres (et anciens ministres) pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions, vient à nouveau de montrer ses limites dans deux dossiers emblématiques, les affaires Éric Woerth et Christine Lagarde. Or, sa suppression n’étant plus à l’ordre du jour, il est à craindre que la CJR traite encore nombre de scandales politico-financiers de façon très discutable dans les années qui viennent. Car si la CJR croule sous les critiques depuis qu’elle existe, un examen attentif des dossiers qu’elle a traités montre que ces reproches sont fondés.

Photo : lexpress.fr

lundi, décembre 29 2014

Un projet de maîtrise des risques dans la police

29 12 2014

amaris-logo.pngDepuis le mois de septembre dernier, la police nationale s'est engagé dans un projet intitulé AMARIS, acronyme de « Améliorer la Maîtrise des Activités et des RISques ». « Il s'agit d'un projet de grande ampleur ayant pour ambition d'organiser l'ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise des activités au sein de la police nationale » nous dit la présentation sur le site internet qui lui est consacré. Avec un objectif principal affiché de « Créer une vraie dynamique d'amélioration continue et durable du fonctionnement des services qui reposera principalement sur une démarche d'analyse des risques au sein de la police nationale » selon Jean-Marc FALCONE, Directeur Général de la Police Nationale.
Lancé par Madame MONEYER-GUYOMARC'H, directrice, cheffe de l'IGPN et pilote opérationnel du projet, en présence de tous les directeurs des services actifs de la police, le projet est né du retour d'expérience des quelques 650 missions d'inspection des services réalisées par l'IGPN au cours des trois dernières années qui ont fait émerger trois enseignements.

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samedi, décembre 27 2014

Substances illicites ou détournées : les tendances récentes

27 12 2014

tendances_96.jpgCe numéro rassemble les principaux résultats du quatorzième exercice d’observation du dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) et de ses sept sites en deux grandes parties. La première est consacrée aux éléments marquants de l’année 2013 et des premiers mois de 2014, avec notamment la précarisation croissante d’une part des usagers, le « retour » du comprimé d’ecstasy en parallèle à une présence de plus en plus visible de la MDMA, une remontée de la pureté de l’héroïne circulant en France et le signalement de deux nouvelles pratiques d’offre de substances. La seconde partie décrit des phénomènes importants, identifiés depuis plusieurs années, mais qui continuent à se développer, notamment l’essor des cultures commerciales d’herbe de cannabis, la diffusion de l’usage de kétamine et le recours croissant au sulfate de morphine. L’enracinement des nouvelles drogues de synthèse est également largement commenté. Enfin, un point particulier est consacré à la cocaïne, dont l’évolution du marché et de l’usage fait toujours l’objet d’une observation attentive.

jeudi, décembre 25 2014

L’identité nationale dans le laboratoire colonial

25 12 2014

livre_francais.pngQu’est-ce qu’être français ? Qui peut se réclamer de cette identité nationale et, à l’inverse, qui doit en être exclu ? Sur quels critères opérer une distinction entre nationaux et citoyens ? Comment contenir l’unité identitaire et culturelle de la nation ? Parce que ces questions qui tentent de circonscrire l’identité et la citoyenneté françaises face à la diversité culturelle intéressent autant notre histoire impériale que notre présent national, on ne saurait trop conseiller la lecture de l’ouvrage dirigé par l’historienne Cécile Vidal, dont l’intérêt majeur est de restituer la complexité et la profondeur historique du débat sur la francité tel qu’il s’est déployé entre colonies et métropole du XVIe au XIXe siècle.
En invitant le lecteur à revivre ce dialogue entre la métropole et ses marges coloniales (Canada, Saint-Domingue, Louisiane, Mascareignes, comptoirs sénégalais de Saint-Louis et de Gorée), les huit contributions rassemblées ici restituent, par petite touches successives et dans le souci d’une écriture de l’histoire « par le bas », la construction sociale de la nation et de l’identité nationale.

mardi, décembre 23 2014

L’avortement en France

23 12 2014

test_grossesse.jpgEn 2011, environ 209 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées en France. Cela représente environ 14,7 avortements pour 1 000 femmes en âge d’avoir des enfants. Depuis le milieu des années 2000, le nombre d’IVG reste stable, comme le taux d’avortement. En revanche, les caractéristiques des femmes qui y ont recours changent.
Les IVG sont de plus en plus concentrées durant la « jeunesse sexuelle ». Cela coïncide avec l’allongement de cette période, qui s’étend entre l’entrée dans la sexualité, plus précoce, et l’arrivée, plus tardive, du premier enfant. Ce recul de la première maternité, les conditions économiques plus précaires et la forte planification des naissances, expliquent sans doute que davantage de jeunes femmes qui n’avaient pas prévu d’être enceintes ne souhaitent pas mener à terme cette grossesse.

dimanche, décembre 21 2014

La République est-elle de plus en plus corrompue ?

21 12 2014

sotomayor2-corruption-052709-lg-97030167.jpgCertainement pas gangrenées, mais pas vraiment étanches. Si nous vivons dans un Etat de droit, cela n'empêche pas nos classes politiques d'essuyer périodiquement - avec plus ou moins de séquelles - des accusations de corruption. Face à la corruption, l'administration et la classe politique françaises ont un comportement qui reste très perfectible. Phénomène tout à la fois unanimement réprouvé et universellement répandu, la corruption, à défaut d'occuper souvent la scène des tribunaux, quitte rarement les colonnes de l'actualité. Mais qu'est-ce que la corruption au juste ? Où commence-t-elle ? Est-ce être corrompu que de faire fonctionner son réseau, par exemple ? Cette attention médiatique offre l'occasion de revenir sur un phénomène occulte et encore largement méconnu, afin d'en sonder les évolutions.
Débat filmé avec la participation de : Antoine Garapon magistrat, auteur d'un récent article dans la revue Esprit sur la corruption ; Antoine Peillon, grand reporter à La Croix, auteur de Corruption ; Nous sommes tous responsables (Seuil, 2014) ; Adrien Roux, doctorant en droit pénal à l'université Aix-Marseille.

samedi, décembre 20 2014

Atlas des risques sociaux d'échec scolaire

20 12 2014

carte_de_france.jpgLes facteurs d’échec scolaire et tout particulièrement de sortie précoce de l’enseignement secondaire sont à la fois nombreux et intriqués. S’il est admis qu’ils peuvent se cumuler ou se combiner tout au long du cursus scolaire (Afsa, 2013), du point de vue du processus biographique, il restait à en dessiner une image territorialisée au regard, cette fois, du contexte spatial. Les choix méthodologiques seront tout d’abord présentés, puis les résultats d’ensemble d’une analyse multivariée et d’une typologie ainsi que les premiers éléments de cartographie seront exposés. L’essentiel de cette étude est ensuite constitué d’une suite de cartes commentées par académie.
L’option ici privilégiée consiste à ne retenir que des éléments de contextes territoriaux susceptibles d’agir sur les deux registres de l’échec scolaire et de l’orientation dans ce que certains ont appelé une approche écologique de l’éducation.

vendredi, décembre 19 2014

Une commission d'enquête réhabilite les 35 heures

19 12 2014

35_heures.jpgDans la période de hausse rapide et constante du chômage que notre pays connaît depuis 2008, la question de l’emploi est légitimement au cœur des préoccupations des Français et des débats de politique économique et sociale. Chacun est à la recherche de mesures qui soient à la fois efficaces pour l’emploi et dans le même temps respectueuses des finances publiques, aujourd’hui marquées par l’importante charge de la dette (56,14 milliards d'euros, soit 14,19 % du budget de l'État selon la loi de finances pour 2013).
C’est dans ce contexte que la pertinence et les effets de la réduction du temps de travail sont convoqués. Ils font l’objet d’un débat ancien, qui remonte notamment à l’adoption des lois dites Aubry I de 1998 et Aubry II de 2000. On peut regretter que cette discussion soit plus souvent sous-tendue par des présupposés idéologiques qu’étayée par des éléments précis et chiffrés.
L’initiative du groupe UDI visant à créer une commission d’enquête parlementaire portant sur cette évaluation se donnait comme but de dépasser les postures pour parvenir à une évaluation la plus objective possible des effets directs et indirects de cette politique, et il est remarquable qu’elle ait été soutenue et adoptée à l’unanimité des groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale.

Photo : rtl.fr

jeudi, décembre 18 2014

Droit d’asile et République: mythologie et propagande

18 12 2014

Ofpra.jpgLundi 1er décembre 2014. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a beaucoup à se faire pardonner depuis la mort de Rémi Fraisse, publie dans le journal Libération une tribune pour défendre une « réforme ambitieuse de l’asile » conforme, selon lui, à la tradition et aux valeurs républicaines. Pour illustrer cette proposition générale par des exemples précis et flatter tout à la fois sa faible majorité à l’Assemblée nationale et un électorat socialiste qui, élections après élections, se dérobe toujours plus, le ministre brosse le tableau avantageux d’une France depuis longtemps terre d’accueil ; celle-là même qu’il prétend défendre grâce au projet de loi présenté par le gouvernement. « Patriotes italiens et polonais », « Arméniens, juifs persécutés, résistants antifascistes et républicains espagnols » en témoignent pendant l’entre-deux-guerres. Relativement à ces derniers, c’est ignorer l’histoire et le sort indigne qui leur fut réservé par les autorités de la Troisième République.

Photo : lefigaro.fr

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