dimanche, mai 15 2016

Les bailleurs sociaux, acteurs de la tranquillité, partenaires de la sécurité

15 05 2016

image_rapport_iau_bailleurs.jpg« Acteurs de la tranquillité résidentielle, partenaires de la sécurité publique » : c’est ainsi que l’Union sociale pour l’habitat définit le rôle des organismes HLM concernant le traitement des désordres et de la délinquance sur leur patrimoine. Mais derrière ce slogan fédérateur, qu’en est-il de leur implication réelle ? À quels types de problèmes sont-ils confrontés ? Comment se positionnent-ils et s’organisent-ils en réaction ? Comment leurs interventions s’articulent-elles avec celles de la police, des collectivités et des autres acteurs locaux ?
À partir d’une enquête de terrain sur trois sites franciliens, cette étude de l’IAU rend compte de la manière dont les bailleurs sociaux s’investissent face aux problèmes de tranquillité/sécurité tels qu’ils les identifient. Ces problèmes recouvrent différents types de phénomènes (non-respect du règlement intérieur, regroupements dans les parties communes, dégradations, vols, trafics, agressions, etc.) et se manifestent avec plus ou moins d’intensité.

samedi, mai 14 2016

Les (bonnes vieilles) petites intox sécuritaires d'un général de gendarmerie

14 05 2016

livre_soubelet.JPGIl est l’homme qui ose parler, et qui en paye le prix. Bertrand Soubelet, général de gendarmerie, avait déjà fait du barouf il y a deux ans et demi, dénonçant devant une commission parlementaire le laxisme de la justice française. Numéro trois de la gendarmerie à l’époque, il avait été muté. Bis repetita en 2016 : le général déchu a cette fois couché par écrit ses impressions dans un livre (Tout ce qu’il ne faut pas dire, chez Plon) et écope à nouveau d’une sanction.
Soutenu par Nicolas Sarkozy, le voilà érigé lanceur d’alerte de la grande muette. Même si parmi toutes les «vérités» qu’ose dire le général, il y a aussi quelques contre-vérités et propos trompeurs.

vendredi, mai 13 2016

Justice ou précipitation ? L’accélération du temps dans les tribunaux

13 05 2016

justice_ou_precipitation.jpgLa justice conserve l’image surannée d’une institution marquée par les délais et les retards. Or, dans la pratique, les tribunaux sont désormais soumis à des impératifs de rapidité. Encouragé tant par le public, qui exige des réponses immédiates, que par les autorités judiciaires, soucieuses d’améliorer leur image, ce mouvement d’accélération s’accompagne du déploiement d’outils de gestion et de contrôle qui pèsent sur les magistrats et les fonctionnaires.
L’accélération du temps judiciaire permet de « gagner du temps » sur les affaires courantes qui submergent les juridictions, mais elle rend plus exigeante la coordination entre les acteurs et empêche de prendre du recul sur les dossiers. Pour analyser les effets de cette pression du temps, cet ouvrage examine trois segments de l’activité judiciaire en France et en Belgique : le traitement rapide des affaires pénales, le divorce, les assises.

jeudi, mai 12 2016

Un bilan des politiques de réduction des risques

12 05 2016

reduction_des_risques.jpgC’est à partir du milieu des années 1980 que l’approche de la RDR s’est fortement développée, face à l’émergence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). La littérature sur l’efficacité des réponses apportées en matière de RDR s’avère assez vaste. Toutefois, il est important de préciser la nature et les contours de la littérature examinée. Il n'existe pas dans la littérature scientifique d’étude d’impact permettant de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité des politiques globales de RDR en France ou à l’étranger ou d’en comparer les résultats. Les difficultés méthodologiques pour évaluer scientifiquement l’efficacité d’une politique regroupant plusieurs actions et répondant à des besoins hétérogènes sont nombreuses. Une difficulté majeure à laquelle les chercheurs se heurtent est celle liée aux biais d’imputabilité des effets observés. Plus la politique est complexe, plus il est laborieux de faire émerger la preuve de son efficacité et plus le coût en est dissuasif.

Photo : federationaddiction.fr

mercredi, mai 11 2016

Quels soins psychiatriques dans les prisons françaises ?

11 05 2016

Contention_psychiatrie.jpgUn récent rapport de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, le mois dernier, a alerté sur les difficultés actuelles de prise en charge des pathologies psychiatriques dans les prisons françaises. Cette ONG dénonce la « double peine »que subissent les personnes souffrant de troubles psychiatriques en détention : l’incarcération, et également l’impossibilité d’accéder à des soins adaptés à leur pathologie.
La réalisation d’études épidémiologiques rigoureuses se heurte à de nombreuses contraintes logistiques et d’organisation en milieu pénitentiaire. Cependant, plusieurs travaux internationaux ont pu mettre en évidence, chez les personnes incarcérées, une fréquence des troubles psychiatriques, bien supérieure à celle retrouvée en population générale. Toutes les pathologies sont représentées : schizophrénie, trouble bipolaire, dépression, troubles de la personnalité, troubles addictifs, etc.

mardi, mai 10 2016

Le Défenseur des droits dénonce le traitement des étrangers en France

10 05 2016

nuage_de_mots_discrimination.jpgDiscriminations, inégalités de traitement, préjugés, méfiance : à l’heure de la crise des réfugiés, le Défenseur des droits Jacques Toubon déplore dans un rapport public de 300 pages (Les droits fondamentaux des étrangers en France) une « logique de suspicion » envers les étrangers, et pointe « l’ensemble des obstacles qui entravent l’accès des étrangers aux droits fondamentaux » comme la scolarisation ou la santé.

lundi, mai 9 2016

Vidéosurveillance "intelligente", algorythmes et autres mirages technologiques

9 05 2016

le_mythe_de_la_machine.jpgAlors que les plus sceptiques envisagent clairement un avenir à la « Skynet », le célèbre réseau informatique tout droit sorti de Terminator prenant le contrôle des machines afin d'anéantit l'humanité, l'administration de Barack Obama a pris du recul sur la montée en puissance des systèmes big data, d'apprentissage machine et d'intelligence artificielle. Dans un rapport publié cette semaine, la Maison Blanche s'est ainsi penchée sur le problème lié aux systèmes simplistes débouchant sur des prises de décisions automatiques. Des systèmes utilisés dans une variété de domaines tel que l'emploi, l'éducation ou encore l'accès au crédit et plus globalement tout ce qui touche à la prise de décision automatisée. Défauts de programmation et pauvreté des algorithmes peuvent provoquer de sérieux problèmes.
Dans la série des flop technologiques, on lira l'article sur le prétendu « stationnement intelligent » installé en grande pompe par le maire de Nice (Christian Estrosi) en 2013 et qui a coûté 10 millions d'euros à la ville.

dimanche, mai 8 2016

Comment les financiers mènent le monde

8 05 2016

Mise en page 1Les guerres financières existent. Ce sont de vraies guerres qui tuent et paupérisent les peuples, comme on l’a vu en Grèce. Cette situation stratégique inédite s’explique par la nouvelle puissance des acteurs financiers : banques d’affaires, fonds d’investissements, milliardaires de Wall Street.
Depuis les années 1980, une finance dérégulée, mondialisée et en partie toxique s’est bâti de vastes principautés immatérielles, surplombant les économies et lançant des raids sur des États captifs et des populations tétanisées. Malgré sa responsabilité dans la crise de 2008, la finance-puissance continue d’étendre son emprise, dans l’ombre, usant de stratégies empruntant à l’art de la guerre.
Ce livre en décrypte les ruses et les tactiques. Au-delà, il donne au citoyen des raisons d’espérer : il existe des moyens pour libérer les États et les peuples de ce Léviathan d’un genre nouveau. Là où la Grèce a dû plier face aux banques, l’Islande a su s’extirper du joug de la haute finance par une insurrection démocratique.

vendredi, mai 6 2016

Délinquances, police, justice. Enquêtes à Marseille et en région PACA

6 05 2016

couv_DELINQUANCESPOLICE.jpgCe livre propose une synthèse et une sélection de morceaux choisis des recherches réalisées entre 2011 et 2015 au sein de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS). Ce programme de recherche original et inédit, a associé pendant cinq ans l’Université d’Aix-Marseille, le CNRS et le conseil régional PACA dans le but de mieux diagnostiquer les problèmes de délinquances et de mieux évaluer les politiques publiques de sécurité et de prévention. Paradoxalement, tous ces sujets d’une actualité brûlante n’avaient jamais été traités de façon un tant soit peu systématique et collective en dehors de la région parisienne.
La Provence en général, et la ville de Marseille en particulier, sont-elles réellement ces « capitales du crime » que les médias présentent souvent ? Au-delà des règlements de compte liés aux trafics de drogues, qu’en est-il de toutes les autres formes de délinquance et en particulier de celles qui impactent le plus la vie quotidienne des habitants ? Quelles types d’enquêtes et de données statistiques permettent de répondre en partie à ces questions ? Comment la police et la justice travaillent-elles sur ces problèmes ? Les Zones de Sécurité Prioritaires et leurs effectifs de police renforcés constituent-elles une réponse efficace à la délinquance ? La justice est-elle « laxiste » comme certains le prétendent ? Toutes ces questions essentielles trouvent ici des réponses scientifiques particulièrement rigoureuses et argumentées.

mercredi, mai 4 2016

Portrait des habitants des quartiers de la politique de la ville

4 05 2016

Cite_des_4000_La_Courneuve.jpgEn France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même, est fréquemment touchée par la pauvreté. Les habitants sont plus jeunes qu'en moyenne dans la population urbaine. Il s'agit également plus souvent de familles nombreuses ou monoparentales ou d'étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines. Notamment, elle s'insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l'urbain englobant ces quartiers.

Photo : (cc) Hadrien Sayf/Flick

mardi, mai 3 2016

Quand le sport jongle avec les nationalités

3 05 2016

Plein_Droit_108.jpgA chaque compétition sportive internationale, hymnes nationaux et drapeaux réveillent les plus forts sentiments nationaux. Dans le même temps, se pose à chaque occasion la question de la composition des sélections nationales, du nombre de sportifs naturalisés quand ce n’est pas la question de la couleur de la peau ou de la religion de ceux qui nous représentent. Dans un cas, l’éthique sportive serait en cause, dans l’autre, il en irait de l’image de la nation.
Y aurait-il une nationalité administrative et une nationalité sportive qui relèveraient de deux ordres juridiques différents? Dans les faits, on constate que chaque fédération sportive élabore ses propres règles, indépendamment du code civil. Et si à chaque compétition sportive, hymnes nationaux et drapeaux réveillent les plus forts sentiments nationaux, il s’agit là d’une fierté qui repose sur une fiction car les véritables règles qui s’appliquent sont liées à la domination d’une nation dans un sport ou à des enjeux financiers.

lundi, mai 2 2016

Un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime

2 05 2016

Des_policiers_en_civil_aspergent_des_manifestants.jpgDans ce rapport entre violence légitime et illégitime se joue la possibilité de quatre composantes d’une mobilisation sociale de faire leur jonction ou non : la classe ouvrière, les quartiers populaires, les couches moyennes précarisées et la gauche radicale. Cette jonction est apparue jusqu’à maintenant improbable, car ne s’appuyant pas sur un rapport social commun, notamment le rapport au travail.
Le but de la violence légitime est de faire apparaître comme illégitime toute opposition à sa violence. Ceux qui sont dépositaires de cette violence légitime sont les corps constitués de l’État, en l’occurrence la police et l’armée. Ce qui s’est passé ce 1er mai à Paris est un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 1 2016

Manifestations : quelles stratégies policières et quelles consignes gouvernementales ?

1 05 2016

intervention_CRS_manifestation_avril_2016.jpgAlors que des manifestations se déroulent comme tous les 1er mai, mais dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes, des questions se posent de plus en plus sur les stratégies policières et les consignes gouvernementales. L'existence de groupes de "casseurs" ne fait aucun doute, généralement des petits groupes se réclamant de l'extrême gauche ou de l'anarchisme, qui ne viennent pas pour manifester pacifiquement et qui n'hésitent pas à blesser des policiers. Le fait est classique et ces groupuscules sont bien connus des services de renseignement. Mais les actions policières ne semblent pas nécessairement destinées à les isoler et les empêcher de nuire. Les consignes de fermeté et d'interpellations se multiplient, prenant parfois les allures d'une politique du chiffre. Les policiers - que l'on sait très fatigués par leur intense mobilisation depuis l'état d'urgence - apparaissent souvent très nerveux, se tenant trop proches des manifestants, intervenant dès le départ des manifestations et non simplement au moment où les cortèges se dispersent, "arrosant" trop indifféremment de gaz les manifestants, tout cela au risque de tomber dans la provocation et d'aggraver les problèmes. Les cas de violences illégitimes se multiplient. Des questions se posent sur l'usage des pistolets Flash-Ball, sur des façons de tirer les grenades lacrymogènes, sur les coups portés à des personnes déjà menottées et se tenant tranquilles. La bonne stratégie se serait-elle pas plutôt de se tenir le plus à distance possible, de n'intervenir qu'en cas d'incidents ingérables par les services d'ordre des syndicats et de travailler en amont sur les groupes de casseurs plutôt que d'attendre qu'ils agissent ?

Photo : lemonde.fr

samedi, avril 30 2016

La situation des migrants subsahariens en France

30 04 2016

migrants_sdf.jpgSix à sept ans après leur arrivée en France, la moitié des migrants d’Afrique subsaharienne n’ont toujours pas les rois éléments d’installation que sont un titre de séjour d’au moins un an, un logement personnel, et un travail. Au bout de onze à douze ans, c’est encore le cas d’un quart d’entre eux. Cette longue période de précarité après l’arrivée en France tient plus aux conditions d’accueil (longueur du processus de régularisation, marché du travail segmenté, discriminations) qu’aux caractéristiques individuelles des arrivants. La situation des migrants subsahariens finit par se stabiliser, mais pour beaucoup d’entre eux, c’est au prix du passage par une longue période d’insécurité.

Photo : lequotidiendumedecin.fr

vendredi, avril 29 2016

La loi face aux discours racistes

29 04 2016

Racisme_Taubira_banane.jpgPourquoi, comment, réprimer pénalement les propos racistes en France ? La France n’est-elle pas une démocratie dans laquelle la liberté d’expression est une valeur centrale, souvent réaffirmée dans le cas de discours pornographiques ou blasphématoires ? Est-il légitime que les propos racistes fassent l’objet d’une répression, que certains n’hésitent pas à qualifier de « terreur judiciaire », alors qu’ils sont présentés par ceux les tiennent ou les soutiennent comme des exemples du « politiquement incorrect » luttant contre « la bien-pensance », ou comme de simples occurrences de maladresse, voire de bêtise – qui n’est pas un délit légalement sanctionné ? Pourquoi une telle intransigeance, souvent présentée comme spécifiquement française, dans le traitement pénal des discours racistes ? Deux ouvrages récents, celui de Gwénaële Calvès, juriste, et celui de Ulysse Korolitski, philosophe et politiste, donnent des clés essentielles pour comprendre la justification et le fonctionnement du droit français de la répression des propos racistes.

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