jeudi, février 9 2017

Être né en France d’un parent immigré

9 02 2017

Logo_insee_2.pngEn 2015, 7,3 millions de personnes nées en France ont au moins un parent immigré, soit 11 % de la population. L’origine des descendants d’immigrés est le reflet des flux d’immigration qu’a connus la France depuis plus d’un siècle. Les descendants d’immigrés sont dans leur ensemble plus jeunes que l’ensemble de la population résidant en France ; c’est notamment le cas de ceux d’origine africaine. La moitié des descendants d’immigrés ont un seul parent immigré. Lorsque les deux parents sont immigrés, ils viennent presque toujours du même pays. Entre 18 et 24 ans, les descendants d’immigrés partent plus tardivement du foyer familial que les autres jeunes. C’est surtout le cas pour ceux dont les deux parents sont immigrés : le comportement de décohabitation des jeunes issus de couples mixtes est plus proche de celui de l’ensemble de la population. Deux tiers des descendants d’immigrés de 25 ans ou plus vivant en couple ont choisi un conjoint sans lien direct avec l’immigration.

mercredi, février 8 2017

La jeunesse n'est qu'un mot

8 02 2017

Un_qui_rit_l__autre_qui_pleure.jpgIls ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.
Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

Photo : lenouveleconomiste.fr

mardi, février 7 2017

Les idées fausses sur la délinquance et la justice des mineurs

7 02 2017

Stop_aux_idees_recues.jpg« Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe; ils sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour leurs aînés, et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu’un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société se hâtent à table d’engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres ».
Qui a prononcé cette phrase ? Le dernier candidat déclaré pour les élections présidentielles ? Les contemporains de Socrate, qui est l’auteur de ces mots, devaient également penser que les jeunes entrent dans la délinquance de plus en plus tôt, que les filles sont de plus en plus violentes et que des discours et dispositifs sévères sont efficaces pour lutter contre la délinquance juvénile... Autant d’idées fausses qui circulent encore aujourd’hui.

Photo : dieteticienne-lecres.com

lundi, février 6 2017

La justice des mineurs en 2015

6 02 2017

Palais de Justice de Paris - le 22 octobre 2010La justice des mineurs a connu de nombreuses réformes législatives au cours des vingt dernières années. Mais, durant la même période, l’évolution la plus importante a été l’implication accrue des parquets dans la réponse pénale, particulièrement forte à l’égard des mineurs, qui a accompagné l’augmentation du nombre d’affaires poursuivables leur parvenant. Les parquets ordonnent désormais directement des mesures dans le cadre des procédures alternatives aux poursuites. Ces mesures ont concerné 57 % des mineurs poursuivables en 2015.
Du côté des juges des enfants, les peines n'ont que très peu progressé face aux mesures éducatives, mais elles sont loin de faire exception (44 % des condamnations en 2015).

dimanche, février 5 2017

La détention provisoire en 2014

5 02 2017

sas_prison.jpgParmi les 317 000 personnes jugées par le tribunal correctionnel en 2014, 8,5 % ont été placées en détention provisoire avant jugement. Deux fois sur trois, le placement en détention provisoire s'inscrit dans le cadre d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel et une fois sur trois dans le cadre d'une procédure d'instruction.
Les vols et recels sont la nature d'affaire la plus fréquente pour les personnes placées en détention provisoire, tant en comparution immédiate qu'à l'instruction.
La moitié des personnes qui ont été placées en détention provisoire avant une comparution immédiate n'y sont restées qu'un ou deux jours et quatre personnes sur cinq moins de quatre jours.

vendredi, février 3 2017

Justice restaurative : la fin de la logique punitive ?

3 02 2017

016466Jusque-là balbutiante, la justice restaurative semble, à l’orée de 2017, en voie de généralisation en France : vingt-cinq services pénitentiaires d’insertion et de probation, soit un quart d’entre eux, seraient engagés dans des programmes de justice restaurative, bien que la majorité n’en soit encore qu’à la phase préparatoire. De son côté, l’Institut français pour la justice restaurative (IFJR), association créée en 2013, affirme avoir formé plus de 580 professionnels de la justice et de l’aide aux victimes un peu partout en France depuis 2014, passant de trois sessions de formation à vingt-six en 2016. Trente-trois programmes de justice restaurative seraient en route sur vingt-deux cours d’appel, essentiellement des rencontres condamnés-victimes.

jeudi, février 2 2017

Et si la préfecture de police de Paris faisait doublon, entretenant la guerre des polices ?

2 02 2017

Quai_des_orfevres.jpgCe rapport ne manquera pas de hérisser des poils du côté de la préfecture de police de Paris. Sénateur LR de Paris, Philippe Dominati s’est intéressé pour la commission des Finances au fonctionnement de cette baronnie vieille de plus de deux siècles. Est-il pertinent et efficace de continuer à doublonner certains services de police judiciaire et de renseignement ?
La réforme proposée par Dominati se veut avant tout pragmatique : «Alors que la gendarmerie est caractérisée par l’unité de sa direction, trois personnalités coexistent au sommet de la hiérarchie policière : le directeur général de la police nationale (DGPN), le préfet de police et le directeur général de la sécurité intérieure (DGSI). Or, l’absence d’unité de l’organisation policière est susceptible de se traduire non seulement par une déperdition de moyens mais également par des difficultés de coordination – voire des conflits – entre les services.»

mercredi, février 1 2017

Les fossoyeurs de la sécurité intérieure

1 02 2017

Claude_gueant.jpgIls voulaient être les redresseurs de tort de la société en œuvrant dans le domaine de la sécurité des Français. Leur réflexion simpliste n’avait d’égal que leur suffisance. Pour lutter contre l’augmentation de la délinquance générale, la solution était simple, il fallait interpeller davantage. Au fil des ans, évidemment, les faits qui sont toujours têtus ont démontré la limite de cette approche béate de la sécurité. Pourtant, pas question d’avouer ses erreurs à l’instar du délinquant récidiviste, si le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions ce n’est pas en raison d’une mauvaise stratégie initiée par ces génies de la sécurité, c’est tout simplement la faute d’une magistrature laxiste.
Parmi ces grands penseurs de la sécurité un certain Monsieur GUÉANT s’est fait remarquer par sa rigueur et sa probité au service de l’État.

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lundi, janvier 30 2017

Pour en finir avec la République des conjoints

30 01 2017

Le_regne_des_entourages.jpgCésar peut-il embaucher sa femme ? En France, qu’il soit chef de l’Etat, ministre ou parlementaire, il en a pleinement le droit pour autant qu’il ne s’agisse pas d’un emploi fictif. Mais en vérité, cette question concerne davantage la morale républicaine que le droit : pour demeurer insoupçonnable, le représentant politique n’a-t-il pas intérêt à établir une frontière infrangible entre sa vie publique et sa vie privée ?
Beaucoup ne l’ont pas encore compris : la République n’appartient pas à la famille de César, pas plus qu’à César lui-même. L’on peut concevoir que l’homme politique préfère s’entourer de sa famille car la chose publique est un sacerdoce – mais après tout, nous n’employons pas tous notre conjoint, et le meilleur moyen de le voir davantage ne consisterait-t-il pas pour César à moins cumuler les mandats ?

samedi, janvier 28 2017

L'islamopsychose française a assez duré

28 01 2017

islamopsychose.jpegManuel Valls a choisi le communautarisme musulman pour enjeu central de sa confrontation avec Benoît Hamon. Parmi tous les thèmes possibles du second tour d’une primaire présidentielle, il a jugé que c’était celui-là, et aucun autre, qui méritait qu’il lui consacre le plus d’efforts de campagne. Cette stratégie est symptomatique d’un problème profond, grave, dans le rapport que notre société entretient avec l’islam français.

vendredi, janvier 27 2017

Et si on essayait vraiment la mixité sociale ?

27 01 2017

Demolition_anru.jpgLa mixité n’a pas bonne presse, le modèle d’intégration à la française non plus… au motif que les cités sont à cran, au prix de quelques amalgames rapides sur les banlieues et le terrorisme et en s’appuyant sur l’aggravation de la situation depuis quelques années, on en vient à tirer hâtivement la conclusion que l’un des volets de la politique urbaine des dernières années, la mixité, ne marche pas. C’est une faute logique et politique.
C’est une faute logique parce que c’est construire très vite un lien de causalité entre un constat subjectif – « ça va plus mal aujourd’hui » – et un objectif politique tenant plus du totem que du décret en Conseil d’État – « la mixité ». Ce raccourci rapide s’explique par la tendance toujours présente à considérer que le plan masse et le pourcentage de logements sociaux résument une politique urbaine. C’est un double leurre.

Photo : anru.fr

jeudi, janvier 26 2017

Affaire Fillon, soupçon d'emploi fictif : ce que dit la loi

26 01 2017

Francois_et_Penelope_Fillon.jpgFrançois Fillon est sur la défensive. Interrogé, mercredi 25 janvier, sur les informations du Canard enchaîné, révélées la veille, à propos de son épouse Penelope Fillon, le candidat à la présidentielle a dénoncé « les boules puantes » lancées contre lui et s’est dit « scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article ». En revanche, le député de Paris, en déplacement à Bordeaux mercredi, n’a pas évoqué sur le fond les accusations du Canard. Il devra peut-être en répondre devant la justice. Mercredi 25 janvier, le parquet national financier a en effet ouvert une enquête préliminaire des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

Photo : leparisien.fr

mercredi, janvier 25 2017

Un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes

25 01 2017

Emploi_versus_chomage.jpgC’est un fait, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est dégradée. Multiplié par 3,5 en 40 ans, le taux de chômage des jeunes atteint aujourd'hui 24 %. Un trait commun à toute l’Europe mais particulièrement marqué en France où le taux d’activité des jeunes est inférieur de 4,5 points à la moyenne européenne. Attention à ne pas faire d’amalgame (statistique) pour autant ! Si leur taux d’activité est faible c’est d’abord parce que 50 % des 18-24 ans sont encore en étude. Le « vrai » point noir pour la France, ce sont les 13,8 % des 20-24 ans au chômage – un sur-chômage qui persiste encore dix ans après leur entrée sur le marché du travail – et les 15 % des 15-29 qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs). Cette précision souligne l’importance qu’il y a à parler des jeunesses au pluriel.

mardi, janvier 24 2017

Condamnation confirmée pour le ministre de l'Intérieur qui tapait dans la caisse

24 01 2017

l__ancien_ministre_de_l__interieur_claude_gueant.jpgLes juges d’appel considèrent que Claude Guéant, « haut fonctionnaire ayant une parfaite connaissance du fonctionnement de l’administration », a « délibérément rétabli des primes de cabinet en liquidités, qui avaient été abolies par le précédent gouvernement pour moraliser la vie publique ». Contrairement au tribunal, qui avait justifié le sursis en raison, notamment, de l’ancienneté des faits, la cour estime que « l’extrême gravité de ces faits, consommés pour l’enrichissement personnel de Claude Guéant et celui de ses proches collaborateurs, rend nécessaire, nonobstant l’ancienneté des faits, le prononcé d’une peine d’emprisonnement partiellement ferme ».
L'an dernier, un autre ancien proche de N. Sarkozy, le préfet Alain Gardere était mis en examen pour corruption passive et détournement de fonds publics.

dimanche, janvier 22 2017

L’unité hospitalière pour détenus de Marseille : un « quartier disciplinaire de luxe »

22 01 2017

uhsi-marseille-aphm.jpgL’unité hospitalière sécurisée interrégionale de Marseille fait partie des huit UHSI réparties sur le territoire national dont l’objectif est d’accueillir les hospitalisations somatiques de plus de 48 heures de personnes détenues. Si la création des UHSI a permis une amélioration de la qualité des soins apportés en milieu pénitentiaire, les conditions d’hospitalisation restent décriées.
Située au coeur de l’hôpital Nord de la ville, l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Marseille accueille depuis dix ans des personnes détenues principalement issues de la région pénitentiaire PACACorse. Elle compte actuellement 27 lits de médecine-chirurgie obstétrique (MCO) et six lits de soins de suite et de réadaptation (SSR) répartis au sein de deux unités.

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