La garde à vue de Nicolas Sarkozy le 20 mars par la police judiciaire de Nanterre n'est que le dernier épisode d’une saga où s’entremêlent des intérêts politiques, économiques et diplomatiques.
Le régime libyen de Mouammar Kadhafi a-t-il financé illégalement la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 ? La justice française enquête depuis 2013 à partir de centaines de documents et témoignages, et les soupçons s’accumulent autour du « système Sarkozy ».
- Voir l'historique de l'affaire et l'analyse des réseaux dans l'enquête du Monde.
- Voir l'historique de l'affaire et l'analyse des réseaux dans l'enquête de Mediapart.
- voir aussi "Nicolas Sarkozy a bien servi les intérêts de Kadhafi. Voici les preuves" (Mediapart, 4 avril).
- Découvrir le livre de Fabrice Arfi et Karl Laske "Avec les compliments du guide" (Fayard, octobre 2017)
En janvier 2008, le PDG de la Société Générale annonçait 4,9 milliards d'euros de perte qu'il imputait au trader Jérôme Kerviel. Dix ans plus tard, la Société Générale fait savoir que « le dossier qui oppose la banque à Jérôme Kerviel est clos pour l'essentiel ». Vraiment ? Un petit groupe de chercheurs ne le pense pas. Les animateurs du projet WikiSG(K) considèrent que « l’absence de sollicitation des enseignements de la recherche internationale en management laisse planer un doute quant à la capacité réelle de l’administration fiscale d’aller jusqu’au bout de la procédure engagée de recouvrement auprès de l’entreprise Société Générale ». Ils jugent notamment très problématique le fait que « reste à jamais non instruite la question des complicités actives et/ou passives qui ont rendu les pertes d’exploitation dites "Kerviel" possibles. »
Dimanche 5 novembre, 96 médias coordonnés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) ont publié les premières révélations des « Paradise Papers », une fuite massive de documents issus notamment du cabinet d’avocats Appleby, spécialisé dans les activités offshore.
Le parquet a communiqué les conclusions définitives de l'enquête judiciaire aux familles et aux victimes de l'accident. Ces conclusions pointent du doigt la responsabilité de la SNCF et de sa filiale Systra, chargée des essais. Inexpérience des personnels chargés de faire les essais en survitesse, manque de formation de ces personnels, manque de coordination avec la SNCF et de briefings pour préparer les essais, manque de rigueur dans l'organisation des essais. La liste est longue des reproches faits aux entreprises chargées de ces essais en survitesse. L'équipage de conduite ne disposait ni des informations suffisantes ni des compétences requises pour conduire ces essais. Les conclusions sont accablantes.
"Envoyé spécial" diffusait le 26 octobre un documentaire exceptionnel sur une affaire emblématique. En 1979, Robert Boulin, gaulliste historique devenu le ministre du Travail de Giscard d'Estaing (UMP), est la cible d'une campagne de calomnie. Persuadé qu'elle était orchestrée par certains membres du RPR rival, il prend la parole à la radio pour se défendre, sous-entendant qu'il en sait plus long qu'il ne le dit. Après l'émission, il confirme, en "off", qu'il a "des dossiers". Huit jours plus tard, son corps est retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet. Robert Boulin avait-il l'intention de révéler les liens de corruption entre certains chefs d'Etat africains et les partis politiques français, dont le parti gaulliste ? Au cœur de ces financements occultes se trouvait une banque : la Fiba, la banque d'Elf et du président gabonais Omar Bongo. C'était le temps de la Françafrique, quand des valises de billets voyageaient de Libreville vers la France…
Les derniers espoirs de Nicolas Sarkozy d’échapper à un procès dans l’affaire de corruption et de trafic d’influence qui le poursuit depuis plus de trois ans viennent sans doute d’être anéantis par le Parquet national financier (PNF).
Au terme de près de quatre années d’enquête, le ministère public portugais a publié mercredi 11 octobre l’acte d’accusation, épais de 4 000 pages, de « l’opération Marques », une affaire de corruption politico-financière d’une ampleur sans équivalent en Europe occidentale. Au premier rang des 28 accusés, l’ancien premier ministre José Socrates fait face à 31 chefs d’accusation, pour corruption passive, blanchiment de capitaux, faux en écriture et fraude fiscale caractérisée. L’accusation conclut notamment que le dirigeant socialiste, au pouvoir à Lisbonne de 2005 à 2011, a reçu sur des comptes en Suisse quelque 24 millions d’euros en pots-de-vin.
Après les différentes enquêtes de Mediapart sur le fonctionnement du groupement d’intérêt public (GIP) Paris 2024, Le Canard enchaîné a rendu public ce mercredi le contenu d’une note émanant de la direction du budget du ministère de l’action et des comptes publics particulièrement sévère à l’égard des pratiques et du mode de gouvernance de la petite équipe à la tête des JO. Selon la grille salariale envisagée par les patrons de Paris 2024, les rémunérations pourraient atteindre des niveaux astronomiques : 452 000 euros par an pour le futur président du COJO, Tony Estanguet, aujourd’hui co-président du GIP, et 383 000 euros par an pour son futur directeur général, poste pour lequel est pressenti Étienne Thobois (déjà DG du GIP).
Le dossier qui menace le patron allemand d’Airbus, c’est l’affaire Vector, qui fait l’objet depuis cinq ans d’enquêtes judiciaires en Autriche et en Allemagne. Officiellement, cette société britannique, gérée par Airbus Allemagne et dotée de 114 millions d’euros, devait apporter des marchés à l’économie autrichienne, en échange de l’achat par Vienne de quinze avions de chasse Eurofighter en 2003 pour 1,7 milliard d’euros.
Deux ans après le scandale de la triche aux émissions polluantes, les voitures diesel sont-elles vraiment propres ? C’est ce qu’affirment les constructeurs automobiles. Mais les dernières mesures publiées par l’ONG Deutsche Umwelthilfe (DUH) semblent les démentir. L’association allemande a procédé à de nouveaux tests d’émissions polluantes en conditions réelles de circulation sur 64 modèles diesel récents de normes Euro 5 et Euro 6, les dernières et les plus strictes des normes européennes d’émissions polluantes.
Le 23 septembre, la Cour de cassation a, pour la première fois, validé la responsabilité civile des laboratoires Servier, fabricants du Mediator (prescrit pendant plus de trente ans à cinq millions de personnes en France, cet antidiabétique pourrait être à l’origine de 1 500 à 2 000 décès à long terme), pour avoir maintenu la commercialisation d’un médicament qui « présentait un défaut », faute d’information sur ses risques (
Quand elle apparaît dans le tribunal correctionnel de Toulouse, où elle comparaît pour diffamation, mardi 19 septembre, Céline Boussié a l’allure altière des femmes sacrifiées. Comme trois lanceurs d’alerte avant elle, cette ancienne employée de l’institut médico-éducatif (IME) de Moussaron, à Condom (Gers), est jugée « pour avoir rompu la loi du silence et tenté de faire connaître la vérité ». Celle de vingt ans de maltraitance présumée, visant des jeunes polyhandicapés, pensionnaires de cette structure où elle a travaillé de 2008 à 2014.
C’est le plus gros scandale financier depuis l’affaire Elf, il y a vingt ans. Selon nos informations, l’enquête judiciaire franco-britannique pour corruption, qui vise depuis l’an dernier Airbus (l’ex-EADS), porte sur des centaines de millions d’euros de commissions occultes présumées versées lors de ventes d'avions civils, mises au jour par des enquêtes internes du groupe. Pour mémoire, l’affaire de la compagnie pétrolière Elf, qui est pour l’instant la plus importante affaire de corruption conduite en France, portait « seulement » sur 300 millions de fonds détournés.