Lorsque les parents sont séparés, une partie des enfants ne voit plus que rarement leur père, et certains même plus du tout. Combien sont-ils ? Analysant l'enquête de l'Ined et l'Insee Étude des relations familiales et intergénérationnelles, le chercheur étudie la fréquence de la rupture du lien entre un père et son enfant et les circonstances dans lesquelles elle a lieu.
D'après l'enquête Érfi de 2005, près d'un enfant mineur de parents séparés sur dix ne voit jamais son père. Plus l'enfant est jeune au moment de la séparation des parents, moins il fréquente son père par la suite. La proportion d'enfants ne voyant plus leur père est plus élevée lorsque la demande de divorce n'a pas été conjointe mais à l'initiative de l'un des deux parents. Elle est aussi plus élevée lorsque le père est peu diplômé, au chômage ou en emploi précaire, ou a de faibles revenus. La rupture du lien père-enfant est moins fréquente avec une résidence alternée.
Photo : croix-rouge.lu
Les effets de la crise ne touchent pas les catégories sociales de la même façon en matière de niveau de vie. Certaines n’ont pas connu de baisse significative et ont même vu leurs revenus croitre comme les cadres supérieurs et les professions intermédiaires, tandis que d’autres sont plus durement touchées, comme les ouvriers. Dans l’ensemble, le niveau de vie annuel médian pour une personne a diminué de 20 euros entre 2008 et 2010 mais de grandes disparités existent entre catégories sociales.
Le classement du bien-être des enfants présente une étude comparative de 29 pays développés en fonction du bien-être global de leurs enfants. Les pays sont ordonnés selon la note moyenne obtenue dans les cinq dimensions du bien-être des enfants.. Au total, cette synthèse intègre 26 indicateurs comparables à l’échelle internationale.
C’est devenu une tradition. Officialisée en 1977 par les Nations Unies, la journée internationale du droit des femmes devient de plus en plus une sorte de fête de « la » femme. Ainsi cette journée est de plus en plus dévoyée par les marques qui y voient la célébration de l’idéal féminin et les enjeux de fond sont rarement évoqués.
Définie comme période qui s’insère entre l’adolescence et l’âge adulte, la jeunesse constitue cette phase intermédiaire pendant laquelle se joue la socialisation de l’individu. Ce qui explique son importance sociétale et l’intérêt que lui portent les autorités publiques. Cependant, si l’on souhaite établir une photographie fidèle à la réalité de ce que pourraient être « les jeunes », l’analyse se heurte à une multitude d’approches possibles recouvrant des réalités sociales aussi variées qu’hétérogènes : parmi les jeunes, certains sont diplômés du supérieur, d’autres sont sortis du système scolaire sans diplôme, certains sont en couple et ont des enfants, d’autres sont célibataires, certains sont cadres, d’autres ouvriers ou étudiants. Ainsi, « les jeunes » apparaissent sous un visage d’identités multiples directement tributaires des évolutions sociétales qui les affectent.
La « finance solidaire » ambitionne de se différencier de la finance « spéculative » développée dans le système capitaliste tel qu’on le connait aujourd’hui. Elle aspire à transformer la réalité sociale, puisqu’elle touche à un aspect particulièrement controversé du système capitaliste : le poids croissant acquis par les opérations financières, ou « financiarisation de l’économie ». La finance solidaire représente une des expressions de l’économie solidaire, terme qui fait référence aux organisations de producteurs, consommateurs, épargnants « qui tournent autour de l’idée de solidarité par opposition à celle d’individualisme compétitif ».
Il est désormais courant de dénoncer l’enrichissement des riches, en se focalisant sur une poignée d’ « hyper-riches » dont les revenus ont progressé de façon démesurée ces dernières années. Mais est-on vraiment au coeur des inégalités qui structurent la société française ? Un autre processus, bien moins souvent décrit, se déroule sous nos yeux : une ségrégation culturelle croissante du territoire, fondée sur le diplôme.
Comme tous les ans, le rapport de l'Observatoire natoinal des zones urbaines sensibles (ONZUS) propose un panorama détaillé de la situation des quartiers (emploi, santé, éducation, sécurité, discriminations) qui bénéficient des dispositifs de la politique de la ville. Il constate cette année que les habitants des zones urbaines sensibles sont plus touchés par la crise que le reste de la population nationale. Ainsi, la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté y est de 36,1%, soit presque trois fois plus élevée que dans leurs agglomérations ; tandis que le taux de chômage est en augmentation, touchant particulièrement les jeunes (40,7 %) et de plus en plus les seniors. S’agissant de l’éducation, le rapport constate le retard scolaire des collégiens de Zus et l’orientation majoritaire en filière professionnelle des lycéens qui sont résidents de Zus. Ce dernier rapport zoome, par ailleurs, sur les 2 millions de femmes qui vivent en Zus : malgré une réussite scolaire meilleure que celle des garçons, leur accès à l’emploi n’est pas bon et moins d’une femme sur deux occupe un emploi. Pour la première fois depuis cinq ans, le taux de chômage des femmes en Zus est même plus élevé que celui des hommes. Lorsqu’elles travaillent, elles sont particulièrement touchées par la précarité et le temps partiel. Dans un contexte de crise, leur situation familiale peut expliquer cet accès plus difficile à l’emploi : elles sont davantage en situation de monoparentalité et ont une responsabilité parentale plus précoce. Autre constat : le sentiment de discrimination très marqué dans les Zus et particulièrement dans le domaine de l’emploi. Le rapport confirme en effet un « effet quartier » Zus négatif sur l’accès à l’emploi.
Les études sur la pauvreté en France sont légions, mais aucune donnée officielle n’existe encore pour prendre connaissance du phénomène au niveau communal et infra-communal. La notion même de pauvreté fait l’objet de débats parmi les professionnels. L’Insee avait annoncé ces données pour 2012, mais a finalement repoussé leur publication à 2014. Pour la première fois, un bureau d’étude, Le Compas, spécialisé dans l’analyse des besoins sociaux et l’observation sociale, s’est attelé à la tâche, produisant une estimation du taux de pauvreté dans les 100 plus grandes villes de France. La Gazette s’est associée au Compas pour publier ces données, en exclusivité. Elles n’ont pas pour but d’établir un classement, mais de fournir un outil de connaissance permettant à l’action publique d’offrir une meilleure réponse.
Le drame qui se joue actuellement à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois jette une lumière crue sur les effets de la crise en Seine-Saint-Denis, d’autant plus ravageurs que notre département concentrait déjà un grand nombre de difficultés. La statistique est implacable : l’augmentation du chômage sur les douze derniers mois est de 8,5% pour un taux de chômage de 12,4%, l’augmentation du nombre d’allocataires du RSA suit logiquement la même pente, en hausse de 6% depuis le 1er janvier.
Marseille, 800 000 habitants, sa mauvaise réputation, ses rues sales, ses immigrés, sa violence, son vote Front national, ses grèves éternelles, toujours plus longues qu'ailleurs... Ces clichés, appuyés sur un vieux fond de réalité, étaient en recul. Les grues en action sont partout, on creuse des tunnels, le tramway progresse, le métro aussi (trop lentement, c'est vrai). La ville allait même, avec ses voisines, être capitale européenne de la culture en 2013.
En 2010, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux, le niveau de vie médian s’élève à 19 270 euros annuels, soit une diminution en euros constants de 0,5 % par rapport à 2009. Les 10 % des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 430 euros ; celui des 10 % les plus aisées est d’au moins 36 270 euros, soit 3,5 fois plus. Le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées. Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 964 euros mensuels en 2010. La pauvreté continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009.
Tandis que les mesures d'austérité et de réduction des dépenses sociales sont au cœur des débats dans le monde, un nouveau rapport de l’UNICEF révèle l'ampleur de la pauvreté et des privations qui touchent les enfants dans les économies avancées.
Notre système éducatif est structuré autour de l'élitisme républicain. Son rôle est de diriger les meilleurs vers les filières les plus prestigieuses. Les autres sont orientés par défaut. Tout cela se fait au nom de l'égalité républicaine. Le problème, c'est que ce système rigide, traditionnel, tubulaire fonctionne mal aujourd'hui. Quand l'égalité devient uniformisation, elle produit des inégalités. Les enquêtes sociologiques menées auprès des jeunes de banlieue montrent bien cette rancoeur. L'école est la première institution de la République qu'ils rencontrent. Quand celle-ci leur dit : vous n'êtes pas capables de réussir, ça fait mal.