Contexte économique et social

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vendredi, décembre 19 2014

Une commission d'enquête réhabilite les 35 heures

19 12 2014

35_heures.jpgDans la période de hausse rapide et constante du chômage que notre pays connaît depuis 2008, la question de l’emploi est légitimement au cœur des préoccupations des Français et des débats de politique économique et sociale. Chacun est à la recherche de mesures qui soient à la fois efficaces pour l’emploi et dans le même temps respectueuses des finances publiques, aujourd’hui marquées par l’importante charge de la dette (56,14 milliards d'euros, soit 14,19 % du budget de l'État selon la loi de finances pour 2013).
C’est dans ce contexte que la pertinence et les effets de la réduction du temps de travail sont convoqués. Ils font l’objet d’un débat ancien, qui remonte notamment à l’adoption des lois dites Aubry I de 1998 et Aubry II de 2000. On peut regretter que cette discussion soit plus souvent sous-tendue par des présupposés idéologiques qu’étayée par des éléments précis et chiffrés.
L’initiative du groupe UDI visant à créer une commission d’enquête parlementaire portant sur cette évaluation se donnait comme but de dépasser les postures pour parvenir à une évaluation la plus objective possible des effets directs et indirects de cette politique, et il est remarquable qu’elle ait été soutenue et adoptée à l’unanimité des groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale.

Photo : rtl.fr

mardi, décembre 9 2014

Chômage de longue durée : la crise a frappé ceux qui étaient déjà les plus exposés

9 12 2014

chomage_pole_emploi.jpgEn France, en 2013, quatre chômeurs sur dix, soit 1,1 million de personnes, sont en situation de chômage de longue durée, c'est-à-dire au chômage depuis au moins un an. Ce phénomène a été aggravé par la crise car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu. Depuis la crise, l'évolution de la France en la matière est similaire à celle observée au niveau de l'Union européenne. L'Espagne est le grand pays européen où la crise a eu les effets les plus graves, alors que l'Allemagne fait figure d'exception, avec une baisse quasi continue du chômage de longue durée depuis 2005. En France, les personnes les plus touchées par la crise sont généralement celles qui étaient a priori les plus exposées aux difficultés sur le marché du travail. On observe ainsi les plus fortes augmentations du taux de chômage de longue durée entre 2008 et 2013 parmi les catégories d'actifs les plus fragiles : ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles, immigrés.

Photo : medias-presse.info

dimanche, novembre 9 2014

Sinistrose et repli sur soi : les Français n'ont pas le moral en 2014

9 11 2014

pas_glop.jpgStressés par la crise, n’ayant plus confiance dans les institutions et leur capacité d’infléchir le réel, inquiets des risques de déresponsabilisation du modèle social et valorisant la liberté et l’autonomie individuelle, les Français tendent, en ce début 2014, à s’affranchir du collectif pour ne compter que sur eux-mêmes. C’est probablement la raison pour laquelle 35% des Français placent les efforts de chacun pour vivre ensemble en tête des facteurs qui contribuent le plus à renforcer la cohésion sociale, loin devant l’école, la protection sociale, Tandis que la protection sociale apparaît moins essentielle cette année (14% vs 17% en 2011). Fait notable, le désenchantement vis à vis de la protection sociale est particulièrement marqué chez les personnes les plus fragiles qui pourraient pourtant bénéficier des filets de protection dans cette période de crise : les non-diplômés (-9 points), les bas revenus (-7 pts), les personnes au foyer (–7 points), les personnes souffrant de handicap (-8 points) considèrent la protection sociale nettement moins essentielle à la cohésion de la société cette année.

Illustration : lesmusesdunet.joueb.com

dimanche, novembre 2 2014

L’origine de la grande récession

2 11 2014

house_of_debt.jpgSi la crise des subprimes est régulièrement présentée comme l’élément déclencheur de la Grande Récession américaine, les mécanismes précis ayant conduit à cette destruction massive d’emplois ont été peu étudiés. Le débat public s’est principalement concentré sur la crise bancaire et la contraction associée des crédits, identifiée comme la cause principale de la Récession. Les réponses à la crise apportées par l’administration Obama, tournées vers un sauvetage massif des banques et le soutien aux prêts immobiliers, confirment cette vision.
Atif Mian et Amir Sufi, dans House of debt (2014) réfutent cette interprétation de la Récession, qu’ils qualifient de banking view : selon eux, c’est avant tout le surendettement des ménages, faisant suite au retournement du marché immobilier de 2006, qui est à l’origine de la destruction de tant d’emplois, avant même le début de la crise bancaire. Ce surendettement a conduit à une baisse de la consommation des ménages touchés et donc à une chute de la production, engendrant une augmentation du chômage. Ils en viennent alors à proposer des réponses politiques alternatives, davantage tournées vers l’effacement de la dette des ménages. À plus long terme, ils proposent le développement d’un nouveau type de crédits, dont le risque serait assumé à la fois par le prêteur et l’emprunteur.

samedi, novembre 1 2014

La démagogie fiscale ruine l’espoir d’une société plus juste

1 11 2014

logo_observatoire_inegalites.pngLe président de la République a réussi à faire intégrer l’idée qu’il fallait économiser l’argent public. Jusqu’à l’équivalent de 50 milliards d’euros par an en 2017. Voilà une opération courageuse. Elle représente l’équivalent de l’ensemble du budget du ministère de l’Education nationale, du primaire au lycée. Les lobbies de la dépense - aussi puissants que ceux des niches fiscales - défendent déjà leur cause. Au premier poste évoqué, la politique familiale. Les conservateurs - qui par ailleurs voudraient doubler les économies budgétaires - sont déjà sur les barricades. Cela promet quelques beaux débats. On va raboter là où cela fait le moins de bruit, pas toujours là où l’argent public est le moins nécessaire : dans les prestations sociales notamment. Plutôt que d’utiliser ces économies pour répondre aux besoins de la population - dont toute une partie prend la crise de plein fouet - le gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire que de les jeter par la fenêtre : 46 milliards par an destinés à réduire les prélèvements des entreprises et des ménages.
Cette politique, née dans les cerveaux d’une poignée d’énarques de l’Élysée, conduit à une faillite économique et sociale. Comment l’expliquer ? Trois grands facteurs ont joué.

mercredi, septembre 24 2014

La parole aux enfants et aux adolescents

24 09 2014

enfants_discutent.jpgQu’est-ce que les enfants et les adolescents ont à nous dire de leur vie de tous les jours, chez eux avec leur famille, dans leur ville ou leur quartier avec leurs amis, à l’école, dans les clubs où ils exercent des activités et, de façon plus générale, dans les différentes sphères publiques où ils peuvent s’exprimer ? Pour le savoir, l’UNICEF France a, comme l’année dernière, lancé une grande consultation nationale. Cette expérience avait été jugée en 2013 à la fois innovante et satisfaisante et méritait de ce fait d’être renouvelée. Cette initiative vise à combler un vide en matière de connaissance. Les informations disponibles à un niveau national sur l’opinion des enfants et des adolescents sur tout ce qui peut concerner leur vie quotidienne sont très rares.
En tout, 11 232 enfants et adolescents ont répondu (dont 62 % pour les 12-18 ans). Cette consultation d’ampleur a remporté un vif succès. Le défi de la significativité statistique a été relevé.

jeudi, septembre 11 2014

La formation aide à réduire le chômage… quand les chômeurs y ont accès

11 09 2014

pole_emploi_2.jpgParmi toutes les armes de lutte contre le chômage, il en est au moins une qui a prouvé son efficacité : la formation... pour les demandeurs d'emploi qui ont eu la chance d'en bénéficier ! C'est ce que démontre la toute récente étude de Pôle emploi : 50,8% des chômeurs ayant suivi une formation prescrite par Pôle emploi ont retrouvé un emploi au cours des six mois suivants. Et ces emplois retrouvés s'avèrent de plus en plus stables. Dans 73,5% des cas, il s'agit de CDI, CDD, missions d'intérim de plus de six mois, créations ou reprise d'entreprise.
Pourquoi ces bons résultats ? D'abord, parce que l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) forme en priorité dans les 13 « secteurs en tension » identifiés par le gouvernement comme peinant à recruter. Ensuite, parce qu'elle privilégie les formations qualifiantes, axées sur des métiers précis. Et que sa pédagogie favorise avant tout l'apprentissage des « gestes professionnels », rendant le stagiaire immédiatement employable à l'issue de sa formation.

samedi, août 9 2014

La montée des inégalités : entretien avec Thomas Piketty

9 08 2014

graphique_impot_et_revenu.jpgDans le long entretien qu'il a accordé à Alternatives Économiques, Thomas Piketty dénonce la montée des inégalités et plaide pour une refonte du système fiscal et pour l'instauration d'un impôt progressif sur le capital, condition d'un renouveau démocratique.
Avons-nous trop d'impôts en France, comme le suggère Manuel Valls ?
Les prélèvements obligatoires n'ont jamais été aussi élevés qu'aujourd'hui : ils représentent dans les pays européens entre 40 % et 50 % du produit intérieur brut (PIB), voire plus. Sont-ils excessifs ? La réponse à cette question dépend d'abord de ce qu'on fait de ces impôts. Parmi les 28 Etats membres de l'Union européenne, ceux qui ont le plus haut niveau de prélèvements obligatoires sont les pays les plus développés, notamment du nord de l'Europe. Ceux qui ont le moins de prélèvements obligatoires, ce sont les pays les moins développés, comme la Roumanie ou la Bulgarie. On constate donc que l'impôt n'est pas contradictoire avec le développement économique, au contraire, il peut même le favoriser. Mais il est normal d'avoir un débat.

jeudi, juillet 17 2014

Les sans-domicile dans l'agglomération parisienne

17 07 2014

sdf_paris.jpgDébut 2012, 28 800 adultes francophones sans domicile ont été dénombrés dans l’agglomération parisienne, ce qui représente une hausse de 84 % par rapport à 2001. Cette population, en majorité jeune, masculine et étrangère, est restée en moyenne pendant 9 mois sans domicile en 2011 dont 1,7 mois sans abri. Toutefois, depuis 2001, elle vieillit et se féminise. La moitié des sans-domicile utilise un service d’hébergement collectif, 40 % occupent des chambres d’hôtel ou des logements gérés par des associations, les autres sont sans abri. Depuis 2001, sous l’effet d’une demande d’hébergement d’urgence en forte croissance, le nombre de chambres d’hôtel a beaucoup augmenté, les autres segments de l’offre restant relativement stables.

Dans le même dossier :
- Un sans-domicile sur deux n'a jamais eu de logement personnel
- Un sans-domicile sur trois a un emploi.
- La santé des sans-domicile de l'agglomération parisienne.

Photo : huffingtonpost.fr

mercredi, juin 25 2014

Mieux connaître le processus d’expulsion locative

25 06 2014

expulsion_locative.jpgOn ne dispose pas, tant au niveau national que local, de données quantitatives permettant de renseigner de manière exhaustive et cohérente l’ensemble du processus d’expulsion locative, depuis l’apparition d’un impayé (de loyer, de charges ou d’assurance) au devenir des ménages expulsés.
Pourtant, le développement de la connaissance dans ce domaine permettrait une amélioration des politiques publiques de prévention des expulsions locatives, lorsque cela s’avère possible, afin d’éviter l’expulsion locative sans relogement.
C’est pourquoi l’ONPES, en collaboration avec les principaux producteurs de données nationaux dans ce champ d’étude a souhaité produire l’information la plus précise possible au niveau national sur l’importance quantitative de ce phénomène, à tous les stades du processus.

Photo : lyonne.fr

mardi, mai 27 2014

La France populaire décroche, qui s’en soucie ?

27 05 2014

obs_inegalites.jpg+ 1 800 euros annuels pour les 10 % les plus riches, - 400 euros pour les 10 % les plus pauvres. Le bilan de l’évolution des revenus sur la période 2008-2011 est sombre pour les milieux populaires. La « baisse généralisée du pouvoir d’achat », tant médiatisée, est une imposture : le pouvoir d’achat augmente pour les plus riches et diminue pour les plus pauvres.
Bien des catégories sont à l’abri de la crise. Elle ne frappe qu’une partie de la population : les plus modestes, déjà fragilisés par des décennies de chômage. Les jeunes, les ouvriers et les employés, la main d’œuvre peu qualifiée travaillant dans les petites entreprises du secteur privé et les immigrés sont en première ligne. Et pourtant, on entend essentiellement le bruit des couches aisées qui continuent d’oser se plaindre d’être matraquées par les impôts. Le gouvernement, dont l’action est formatée par les sondages, a entendu le « ras-le-bol-fiscal ». Il a perdu le sens de la réalité sociale. Les politiques mises en œuvre sont totalement décalées par rapport à la hauteur de l’enjeu.

vendredi, mai 16 2014

Vulnérabilité, identification des risques et protection de l'enfance

16 05 2014

enfant_en_danger.jpgQuelles réalités recouvre la notion de vulnérabilité et quelles sont ses différentes déclinaisons dans le champ de la protection de l'enfance ? Autour de quatre parties qui abordent les problématiques propres aux mineurs isolés étrangers, les conditions de vie des familles en situation de grande précarité, les difficultés de scolarisation des enfants roms ou encore les formes d’incertitude sociale et morale des enfants placés, ce dossier thématique de l’ONED interroge la multi-dimensionnalité de la notion de vulnérabilité et présente les résultats de la recherche scientifique sur cette question.
Les différentes contributions d’experts dans le champ de la sociologie, du droit, des sciences de l’éducation, de l’anthropologie et de la géographie invitent également à réfléchir sur les enjeux de la qualification de populations, de situations ou de territoires « vulnérables », et à saisir ce que ce processus d’identification des risques induit en termes d’appréhension des politiques publiques.

Illustration : vendee.fr

mardi, mai 13 2014

Les sans-domicile et l’emploi

13 05 2014

pole_emploi.jpgDébut 2012, un quart des sans-domicile adultes francophones usagers des services d’aide occupaient un emploi et les deux cinquièmes étaient au chômage. Par ailleurs, neuf sans-domicile sur dix ont déjà travaillé au cours de leur vie.
Les sans-domicile ayant un emploi ont des conditions d’hébergement plus stables que les autres sans-domicile. Mais ils occupent des emplois très précaires : 22 % déclarent ne pas avoir de contrat de travail et 15 % sont intérimaires, stagiaires ou saisonniers. En outre, deux sans-domicile sur trois travaillent depuis moins d’un an chez le même employeur, et trois sur cinq perçoivent un salaire inférieur à 900 euros par mois.
Beaucoup de sans-domicile cherchent à travailler davantage, notamment parmi les femmes. Parmi les sans-domicile au chômage, 43 % recherchent un emploi depuis plus de deux ans. Très souvent aidés dans leurs démarches par des associations et des travailleurs sociaux, ils se heurtent cependant à de nombreuses difficultés pour retrouver un emploi. Le coût ou l’absence de transport sont les premiers obstacles à la recherche d’emploi qu’ils citent.

jeudi, mai 1 2014

Face à la crise, le fossé se creuse chez les jeunes selon le niveau de diplôme

1 05 2014

cereq_bref.jpgEn 2013, le Céreq a réalisé la sixième édition de ses enquêtes d’insertion, s’intéressant aux 700 000 jeunes sortis en 2010 du système scolaire.
Cette Génération 2010 se présente sur le marché du travail avec un niveau d’études sensiblement plus élevé que la Génération 2004. L’élévation du niveau de formation concerne avant tout les niveaux supérieurs. En effet, en dépit de l’objectif général de réduction du nombre de jeunes sortants sans diplôme, fixé au niveau européen, ceux-ci représentent encore 16% de la Génération 2010. En revanche, au sein du système d’enseignement supérieur, la mise en place du LMD incite les étudiants à prolonger leurs études jusqu’aux niveaux licence (L3), master (M2) ou doctorat (D), réduisant les sorties aux niveaux bac+2 et bac+4. Au final, la part des jeunes sortant au niveau master ou au-delà est de 17%. L’effectif total des diplômés de l’enseignement supérieur est resté identique.
Trois ans après leur sortie du système éducatif, plus d’un jeune actif sur cinq est en recherche d’emploi, soit le niveau le plus haut jamais observé dans les enquêtes d’insertion du Céreq. L’insertion professionnelle de cette génération s’est effectuée dans des conditions plus difficiles pour au moins deux raisons. D’une part, les jeunes sortis en 2010 arrivent sur un marché du travail successivement détérioré par la crise financière en 2008 puis par celle des dettes souveraines à l’été 2010. D’autre part, à la détérioration de la conjoncture économique, s’ajoute la faiblesse de l’intervention publique traduite par la diminution des contrats aidés destinés aux jeunes avant 2013.

mercredi, avril 30 2014

Générations sacrifiées : le bilan démographique de la Grande Guerre

30 04 2014

premiere_guerre.jpgÀ l’issue de la Grande Guerre, la génération des hommes née en 1894, ou « classe 1914 », était âgée de 25 ans. Elle avait perdu la moitié de ses effectifs, sous l’effet de deux hécatombes de même ampleur : la mortalité infantile et juvénile d’abord, la mortalité de guerre ensuite.
Son espérance de vie, déjà très basse en temps de paix (48 ans), fut écourtée de 11 ans. Les pertes des autres générations se répartirent selon l’âge à la mobilisation et la durée d’exposition. Le conflit laissa un demi-million de jeunes veuves de guerre (moins de 45 ans), avec un million d’orphelins. Plus d’un million de naissances ne furent jamais rattrapées, si bien que la France devint en 1939 le pays le plus âgé au monde, avant que le baby-boom ne change la donne.

Photo : ladepeche.fr

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