Contexte économique et social

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mardi, mars 25 2014

Le rapport sur l’état de la jeunesse de l'INJEP

25 03 2014

Injep_observatoire.pngUn rapport sur l’état de la jeunesse, coordonné par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), a été présenté au comité interministériel de la jeunesse (CIJ), le 4 mars 2014. Il fait suite à la décision, lors de la création du CIJ, il y a un an, d’assortir le plan Priorité Jeunesse, annoncé par le gouvernement, d’un tableau de bord d’une quarantaine d’indicateurs statistiques pour suivre l’évolution de la jeunesse en France.
La première édition de ce document comprend deux parties : le tableau de bord proprement dit, ainsi qu’une mise en perspective européenne. Le tableau de bord est une production du groupe interministériel rassemblant les organismes producteurs, dont l’Injep a coordonné les travaux. La seconde partie consiste dans une mise en perspective européenne réalisée par l’Institut. Objectif : offrir une vision supranationale des jeunes Européens à travers cinq grandes thématiques : l’éducation et l’emploi ; la culture, le numérique, la créativité ; l’engagement, la participation sociale et politique ; la mobilité européenne et internationale.

samedi, mars 8 2014

L'évolution des rapports hommes-femmes en France

8 03 2014

homme-femme.jpgAu cours des 25 dernières années, les hommes se sont davantage impliqués dans l'éducation des enfants, tandis que leur participation dans les autres tâches domestiques est restée stable. Les femmes ont également consacré davantage de temps aux activités parentales mais sensiblement moins à l'entretien domestique. Elles délaissent ainsi progressivement leur rôle de ménagère pour celui de mère éducatrice. Les évolutions du temps domestique tiennent surtout aux changements des comportements, reflétant un relâchement des exigences en matière d'entretien domestique. La progression de l'activité féminine et les changements des structures familiales ont également influencé ces évolutions, mais dans une moindre mesure.
Les couples sont plutôt homogames en termes de temps passé aux tâches domestiques et le sont davantage au fil du temps. La spécialisation conjugale des tâches domestiques traditionnelle avec l'homme pourvoyeur principal de ressource a diminué, notamment dans les années 1990. Toutefois, on observe des résistances au partage plus égal des tâches domestiques, les femmes demeurant toujours les premières responsables de la bonne tenue de la maison et des membres de la famille. La prise en charge des enfants au sein des couples est quant à elle plus équilibrée, les pères n'assumant aucune tâche parentale se faisant plus rares. Cette diffusion témoigne d'un changement de normes quant à l'implication des pères auprès de leurs enfants, plus valorisée que dans le passé.

Illustration : inegalites-tpe.e-monsite.com

vendredi, mars 7 2014

Les conditions de vie des bénéficiaires de minima sociaux

7 03 2014

minima_sociaux.jpgPercevoir un revenu minimum garanti ne permet pas toujours de vivre décemment. C’est le cas de plus de la moitié des bénéficiaires de minima sociaux, considérés comme pauvres en termes de conditions de vie, en France à la fin 2012. Ils cumulent au moins huit difficultés parmi les vingt-sept retenues par l’Insee, entre contraintes budgétaires, retards de paiement, restrictions de consommation et difficultés liées au logement. Cette pauvreté, plus large que la pauvreté monétaire, se traduit essentiellement par des privations : 60% d’entre eux en souffrent, soit deux fois plus que les plus modestes de l’ensemble de la population.
Les privations alimentaires sont les plus répandues (20 %). Par manque d’argent pour se nourrir, 9% ont recours aux colis alimentaires ou aux distributions de repas. Leur santé est également touchée : alors qu’un quart se déclare en mauvaise santé, 18 % ont renoncé à consulter un médecin et 29 % un dentiste, contre respectivement 1% et 10 % pour l’ensemble de la population.

Photo : atd-quartmonde.fr

mercredi, décembre 4 2013

Le pari perdu de la réduction de la pauvreté par le RSA

4 12 2013

rsa_capital.jpgLe revenu de solidarité active (RSA), entré en vigueur le 1er juin 2009 en remplacement du RMI et de l’API, était censé permettre de pallier l’enfermement des allocataires dans une « trappe » à inactivité, en alliant incitation à la reprise d’emploi et complément de revenus.
L’analyse des trajectoires des bénéficiaires du RSA montre que le dispositif n’est performant ni en matière de retour à l’emploi ni en matière d’amélioration des revenus : d’une part, 69 % des allocataires du RSA-socle seul en janvier 2010 y sont toujours en fin d’année, d’autre part, 68 % des éligibles au RSA-activité seul ne demandent pas la prestation.
Le RSA s’est révélé impuissant à réduire significativement la pauvreté. Faute de résultats probants, l’indicateur qui mesure la sortie de la pauvreté a d’ailleurs disparu, signant l’abandon de l’objectif initial.

Photo : capital.fr

vendredi, novembre 22 2013

France, portrait social, édition 2013

22 11 2013

France.jpgDans le sommaire de ce nouveau portrait de la France par l'INSEE :
- Les décrocheurs du système éducatif : de qui parle-t-on ?
- Les durées d'emprunts s'allongent pour les plus jeunes.
- La redistribution : état des lieux en 2012.
- Entre 2005 et 2011, les taux d'efforts des locataires se sont accrus, ceux des propriétaires sont restés stables.
- Les jeunes conjuguent bonne santé et comportements à risque.
- Avez-vous eu des enfants ? Si oui, combien ?
- Emploi, conditions de travail et santé des 30-50 ans : des trajectoires contrastées entre 2006 et 2010.
- La récidive plus fréquente et plus rapide chez les jeunes condamnés.

Illustration : europa.eu

dimanche, novembre 17 2013

Discriminations : quand les recruteur-e-s parlent du sexe des candidat-e-s

17 11 2013

Inegalites-Homme-femme.pngLes discriminations à l'embauche sont punies par la loi. Pourtant, lors d'un recrutement, le critère du sexe est rarement neutre. Le supposé manque de disponibilité des femmes n'est pas seul en cause. Tout un ensemble de traits de personnalité encore assignés « naturellement » aux hommes et aux femmes peut venir biaiser la sélection. Les propos de recruteurs, des deux sexes, montrent que les stéréotypes ont la vie dure... Les recruteurs ont tendance à justifier leurs choix par des arguments qui leur paraissent totalement légitimes bien qu'ils soient, en réalité, fondés sur des stéréotypes. Ceux-ci – négatifs ou positifs – peuvent stigmatiser « la » jeunesse (« peu investie dans la sphère professionnelle »), les jeunes des quartiers défavorisés (« qui veulent s’en sortir à tout prix »), les handicapés (forcément « en fauteuil roulant »), les séniors (expérimentés mais « peu enclins à changer leur façon de travailler »)… Mais on note aussi, et surtout, la prégnance de stéréotypes sexués.

Illustration : Pierre Kroll

lundi, novembre 11 2013

Héberge­ment d’urgence : le rapport qui tire la sonnette d'alarme

11 11 2013

hebergement_d__urgence.jpgEn 2012, face à l’absence patente de places disponibles, de nombreuses personnes restent contraintes de vivre à la rue malgré leur appel au 115. Ainsi, l’activité du 115 révèle une nouvelle fois les limites de la gestion de l’urgence sociale, prise dans l’étau d’une augmentation de la demande et d’une absence de solutions pour y répondre.
Au-delà, le système dans son ensemble démontre son incapacité à sortir les per­sonnes de l’urgence pour les accompa­gner vers des solutions plus pérennes. Cet état des lieux chiffré met en exergue la nécessité de mesures pour l’urgence sociale, portée par une volonté politique forte dans le cadre du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale ; et des moyens pour la soutenir.
Plus que jamais le dispositif d’héberge­ment d’urgence se révèle sous tension et dans l’incapacité de répondre à ses mis­sions, témoin de la crise sociale actuelle et de ses répercussions directes sur les plus démunis. Le décalage entre l’augmenta­tion du nombre de demandes au 115 et le manque de solutions adaptées s’accroît.

Photo : lemonde.fr

dimanche, octobre 27 2013

Les écarts sociaux se creusent toujours en Ile-de-France

27 10 2013

inegalites_IDF.jpgSur la période 2001-2011, les disparités entre départements et territoires régionaux ont continué à se renforcer, surtout au cœur de l’agglomération, sur fond d’accroissement des inégalités de revenus entre les ménages franciliens.
La période 2001-2011 se caractérise par le renforcement et la diffusion de la richesse dans les secteurs aisés, l’enrichissement marqué des ménages du périurbain et l’appauvrissement des banlieues proches nord et sud-est. Mais, contrairement à ce qui a pu être observé sur la période 1990-1999, la richesse ne s’est pas accentuée dans le secteur le plus aisé, mais dans les secteurs aisés avoisinants. Les plus fortes évolutions de revenus touchent, d’une part, le périurbain seine-et-marnais marqué par un recul relatif des ménages pauvres et modestes au profit de ménages aux revenus moyens, et d’autre part, le secteur le plus pauvre situé à l’ouest de la Seine-Saint-Denis où la population s’appauvrit nettement.

Illustration : histoiregeo.over-blog.com

dimanche, octobre 13 2013

En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté

13 10 2013

livre_ATD.jpgCe livre est un antidote indispensable pour combattre la pauvreté et les idées reçues qui la font perdurer Plus la crise économique et sociale s’accentue, plus les idées reçues sur les pauvres et la pauvreté se répandent. Plus cette crise est présentée comme une catastrophe naturelle, plus les pauvres sont convoqués au tribunal de l’opinion publique : S’ils sont pauvres, ce serait « de leur faute » : « S’ils sont à la rue c’est qu’ils l’ont choisi ». « S’ils font des enfants, c’est pour les allocations familiales ». « Ce sont des assistés qui coûtent cher à la société ». « D’ailleurs, s’ils voulaient vraiment chercher du travail, ils en trouveraient. ». « De toute manière, on s’en sort mieux au RSA qu’avec le SMIC ». Ils perçoivent des allocations alors qu’ils élèvent mal leurs enfants. » Dans ce flot de discours où les pauvres sont des boucs émissaires, les étrangers sont particulièrement visés : « Ils peuvent profiter facilement des minima sociaux qu’ils ne perçoivent pas dans leur pays ». Ce livre répond point par point à plus de 80 de ces idées reçues sur la pauvreté. Il démontre, chiffres et documents officiels et témoignages à l’appui, que cette stigmatisation des pauvres repose non sur des faits mais sur une idéologie qui masque les véritables causes de la misère.

mercredi, octobre 9 2013

Les femmes, les jeunes et les chômeurs de plus en plus pauvres

9 10 2013

convergence-septembre_octobre-2013.jpgLa pauvreté a progressé depuis le début de la crise : 41% des Français déclarent avoir déjà connu une situation de précarité, contre 30% avant la crise économique, selon le baromètre Ipsos/Secours Populaire « Les Français et la pauvreté » de 2013. De plus, la pauvreté semble particulièrement concerner les femmes élevant seules leurs enfants : 6 sur 10 déclarent des difficultés financières conséquentes au cours des 12 derniers mois, pour « se procurer une alimentation saine et équilibrée » ou « payer leur loyer, un emprunt immobilier ou les charges de leur logement ».
Partout, la pauvreté gagne du terrain. Et partout les femmes seules avec enfant(s) sont en première ligne, elles doivent lutter au quotidien ne serait-ce que pour tenir la tête hors de l’eau. Avoir un travail ne les met même pas à l’abri, car le plus souvent il s’agit de temps partiel non choisi, d’emplois précaires ou sous-payés. La vie devient un réel parcours du combattant, qu’elles affrontent sur fond d’éclatement de la famille. La pauvreté des enfants s’aggrave. Le nombre de ces familles monoparentales qui s’adressent au Secours populaire, augmente de façon considérable.

samedi, septembre 21 2013

Villes post-industrielles : pour une nouvelle approche

21 09 2013

photo_metropolitiques.jpgLouvre-Lens, Pompidou-Metz, la Cité du design de Saint-Étienne, Marseille Capitale européenne de la culture : dans les anciennes villes industrielles confrontées aux plus grandes difficultés matérielles (chômage, délabrement du bâti, paupérisation d’une partie de la population), les élites choisissent de plus en plus fréquemment de consacrer d’importantes ressources à des biens symboliques (construction de bâtiments prestigieux, par exemple), de surcroît souvent immatériels (campagnes de publicité, festivals) au nom de l’amélioration de l’image de leur ville. Pourtant, l’efficacité du city reimaging des villes les plus durement touchées par la désindustrialisation semble toute relative – certains chercheurs l’apparentant à un simple « rouge à lèvre sur le gorille » (Neill 1995). Comment comprendre alors ces choix d’investissements ?
Répondre à cette question nécessite de se pencher sur les politiques d’image, c’est-à-dire les politiques visant à modifier les représentations de la ville auprès de la population locale ou de cibles extérieures. Face à cet objet, deux types d’approche dominent, qui sont généralement présentées comme antinomiques et se critiquent réciproquement.

vendredi, septembre 20 2013

Les territoires ruraux, des espaces ouvriers en mutation

20 09 2013

En dépit de la réduction régulière de ses effectifs depuis les années 1970, le groupe ouvrier représente encore plus de 20 % de la population active en France. Un homme actif sur trois est ouvrier. Le déclin symbolique du groupe ouvrier, lui, est prononcé : selon une vulgate tenace, on serait désormais passé à une société post-industrielle où les usines et les ateliers constitueraient des vestiges du passé. Cet effacement symbolique du groupe ouvrier, malgré son poids statistique, s’explique probablement par la distance sociale des producteurs de représentations dominantes à l’égard des milieux populaires. Cette distance sociale se double d’une distance spatiale : loin des centres-villes embourgeoisés, les ouvriers vivent surtout dans les cités d’habitat collectif des banlieues, les zones pavillonnaires du périurbain, ainsi que dans les espaces ruraux plus reculés. Leur part est ainsi particulièrement importante dans les villages et les bourgs industriels, qui parsèment les campagnes françaises et constituent des espaces populaires où les classes dominantes sont peu nombreuses.

mardi, septembre 17 2013

La situation des jeunes de 15 à 29 ans en Seine-Saint-Denis

17 09 2013

le_93.jpgEn Seine-Saint-Denis, les jeunes sont moins nombreux à poursuivre leurs études, quel que soit l’âge, que dans les départements voisins. Bien qu’en nette progression pour le bac et le second cycle, la part des diplômés reste globalement plus faible qu’ailleurs. 30 % des jeunes n’ont aucun diplôme et seuls 12 % ont un diplôme de second cycle, contre respectivement 20 % et 25 % en moyenne en Ile-de-France. Ainsi, les jeunes de Seine-Saint-Denis éprouvent-ils plus de difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Ils sont davantage touchés par le chômage et occupent plus souvent un emploi précaire.
En Seine-Saint-Denis, un jeune sur trois dispose de son propre logement. Quel que soit l’âge, cette part est moins importante qu’à Paris, dans les Hauts-de-Seine ou le Val-de-Marne. A âge égal, diplômes et emplois équivalents, les jeunes de Seine-Saint-Denis décohabitent moins que ceux des départements voisins. Les jeunes résidant chez leurs parents sont plus souvent actifs en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs et leurs conditions de logement sont plus difficiles.

  • Lire ces deux études de l'INSEE ici et ici.

Illustration : dms-93.skyrock.com

lundi, août 5 2013

Pauvreté en Corse : l'envers du décor

5 08 2013

HLM_en_Corse.jpgLa Corse est l'une des régions françaises où les revenus sont les plus faibles. En 2011, la moitié des ménages y a un revenu annuel inférieur à 17 700 euros. Ce niveau de revenu place l'île parmi les trois dernières régions françaises devant le Nord-Pas-de-Calais et le Languedoc-Roussillon. Ainsi, en Corse, un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté en 2010, avec un niveau de vie inférieur à 924 euros mensuel. Cette proportion s'établit à un habitant sur sept en moyenne de province.
La Corse se caractérise également par un écart important entre les revenus les plus faibles et les plus élevés. En 2011, les 10 % de ménages les plus aisés ont des revenus 6,6 fois supérieurs aux 10 % de ménages les plus modestes. Ce rapport est tiré à la hausse par les bas revenus. A titre de comparaison, il n'est que de 5,2 en moyenne de province. Cependant, les disparités se sont réduites en Corse au cours des dernières années alors qu'elles sont restées stables au niveau national. Les mécanismes de redistribution (ensemble des ressources et déduction faite des impôts et prélèvements sociaux) constituent les principaux instruments de lutte contre la précarité monétaire. Ainsi, après redistribution cette disparité est réduite à 3,6 dans la région.

Photo : corsematin.com

mardi, juillet 16 2013

Mondialisation et ségrégation urbaine : une exception italienne ?

16 07 2013

dentro_e_fuori.jpgLa question de l’impact de la mondialisation sur la structure socio-résidentielle des grandes villes a été vivement débattue ces 30 dernières années. Les théories élaborées au sujet des métropoles nord-américaines (polarisation sociale, augmentation de l’intensité de la ségrégation résidentielle, gentrification) sont-elles applicables aux villes européennes et méditerranéennes ? Largement discutée pour les métropoles d’Europe du Nord, cette question reste encore très ouverte au sujet des villes d’Europe méridionale, objets de travaux de géographie sociale plus rares et dispersés. L’idée d’une « résistance méditerranéenne » aux transformations de la ville post-fordiste a ainsi été formulée par Lila Leontidou au début des années 1990 : la faiblesse du zoning fonctionnel, la diffusion de la propriété et le fort ancrage local de familles peu enclines à la mobilité résidentielle contribueraient à limiter la ségrégation dans les villes d’Europe du Sud. Cette thèse est-elle toujours d’actualité ? Les villes méditerranéennes sont-elles véritablement moins ségréguées que les autres ? À travers le cas italien, le livre des sociologues Marzio Barbagli et Maurizio Pisati apporte une contribution à ce débat.

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