Controverses, polémiques, pétitions

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samedi, mars 4 2017

La Cinquième République finit en fait divers

4 03 2017

Ca_sent_le_sapin.jpgRégime du coup d’État permanent, la Cinquième République aura donc fini par dévorer la politique elle-même. Régime d’exception, sans équivalent dans d’autres démocraties, réduisant la souveraineté de tous au pouvoir d’un seul et la complexité démocratique au simplisme autoritaire, elle arrive au terme de sa malfaisance destructrice. Sous nos yeux, la voici qui agonise en fait divers, prise en otage par un forcené qui en saccage tous les symboles et en piétine tous les repères.
Loin d’avoir préservé un État fort, elle n’a eu de cesse d’affaiblir la République comme maison commune et de protéger la minorité qui se l’est appropriée, professionnels indéboulonnables et interchangeables d’une politique sans vertu. Car qu’est-ce que l’affaire Fillon, entre emploi fictif et clientélisme affairiste, sinon la révélation au grand jour de la corruption du parlementarisme lui-même, à l’abri d’une opacité d’Ancien Régime ?

Photo : Republicain-lorrain.fr

mardi, février 28 2017

Politiques publiques des drogues : lançons un débat citoyen !

28 02 2017

Photo_ECHO_politiques_des_drogues.jpegContrairement à d’autres pays en Europe et dans le monde, la France reste à l’écart de cette remise en question malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver. Notre pays possède notamment les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans.
Il est temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans. Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse. Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, juges, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible.

Photo : mesopinions.com

dimanche, février 19 2017

La déradicalisation : mission impossible ?

19 02 2017

Esther_Benbassa.jpgDans un entretien exclusif à la Gazette des communes, la sénatrice (EELV) Esther Benbassa, lève le voile sur les premières conclusions de sa mission d’information sur la déradicalisation. L’occasion de livrer son point de vue, sans langue de bois, sur les polémiques qui visent la prise en charge des candidats au djihad.
Elle déclare ainsi : « Ce que nous avons découvert est quelque peu déroutant parce qu’inattendu. L’impression générale est que les pouvoirs publics, pressés de rassurer la population, ont débloqué beaucoup d’argent pour mettre en œuvre cette « déradicalisation ». Mais le résultat n’est pas assez sérieux et confine au bricolage. Une bonne partie des associations et des structures subventionnées n’ont pas les compétences pour investir ce sujet. On peut parler d’un relatif fiasco ».

vendredi, février 17 2017

La solidarité peut-elle être punie ?

17 02 2017

Cedric_Herrou.jpgOn entend beaucoup parler ces derniers temps de « délit de solidarité ». Il viserait les personnes ayant apporté une aide à des étrangers en situation irrégulière sur notre territoire et permettrait de les réprimer, comme sont réprimés les étrangers eux-mêmes pour le délit d’entrée ou de séjour irréguliers.
Ces étrangers « sans papiers » ne sont pas nécessairement des « clandestins » : selon une étude publiée en 2002 par le Ministère de l’Intérieur, 90% des étrangers en situation irrégulière en France étaient entrés légalement. Certains se retrouvent dans l’illégalité par exemple parce qu’ils n’ont pas pu obtenir de titre de séjour à l’expiration de leur visa ou parce qu’ils n’ont pas obtenu le renouvellement de leur carte temporaire de séjour. Il y a aussi des migrants qui sont entrés sans autorisation en France sous le coup d’une situation d’urgence liée à la guerre ou aux persécutions dans leur pays ou encore à la famine qui y sévit. Ceux-là ont traversé la Méditerranée et plusieurs pays au péril de leur vie pour venir demander l’asile ou trouver ici des conditions de survie.

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samedi, février 11 2017

A Aulnay-sous-Bois se rejoue un scénario vieux de trente ans

11 02 2017

Logo_Le_Monde.jpgA la fin de l’année 1990 et au début de l’année 1991, une série d’explosions de colère dans une dizaine de quartiers de la banlieue lyonnaise puis de la banlieue parisienne, popularisa en France le mot « émeutes ». A l’époque, celui-ci faisait souvent peur, associé qu’il était aux mots « drogue », « ghetto », « violence urbaine », etc. Il était pourtant bien choisi. Émeute provient du verbe « émouvoir ». Du haut Moyen Age à la Renaissance, une « esmote » désignait une émotion collective prenant la forme d’un soulèvement populaire spontané. Il s’agissait à l’époque des révoltes paysannes.
La séquence qui se déroule ces jours-ci à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) constitue un classique du genre, et vient simplement nous rappeler qu’en vingt-sept ans nous n’avons rien appris et rien changé aux problèmes sociaux et institutionnels qui génèrent régulièrement les éruptions violentes de ce type.

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lundi, janvier 30 2017

Pour en finir avec la République des conjoints

30 01 2017

Le_regne_des_entourages.jpgCésar peut-il embaucher sa femme ? En France, qu’il soit chef de l’Etat, ministre ou parlementaire, il en a pleinement le droit pour autant qu’il ne s’agisse pas d’un emploi fictif. Mais en vérité, cette question concerne davantage la morale républicaine que le droit : pour demeurer insoupçonnable, le représentant politique n’a-t-il pas intérêt à établir une frontière infrangible entre sa vie publique et sa vie privée ?
Beaucoup ne l’ont pas encore compris : la République n’appartient pas à la famille de César, pas plus qu’à César lui-même. L’on peut concevoir que l’homme politique préfère s’entourer de sa famille car la chose publique est un sacerdoce – mais après tout, nous n’employons pas tous notre conjoint, et le meilleur moyen de le voir davantage ne consisterait-t-il pas pour César à moins cumuler les mandats ?

jeudi, janvier 26 2017

Affaire Fillon, soupçon d'emploi fictif : ce que dit la loi

26 01 2017

Francois_et_Penelope_Fillon.jpgFrançois Fillon est sur la défensive. Interrogé, mercredi 25 janvier, sur les informations du Canard enchaîné, révélées la veille, à propos de son épouse Penelope Fillon, le candidat à la présidentielle a dénoncé « les boules puantes » lancées contre lui et s’est dit « scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article ». En revanche, le député de Paris, en déplacement à Bordeaux mercredi, n’a pas évoqué sur le fond les accusations du Canard. Il devra peut-être en répondre devant la justice. Mercredi 25 janvier, le parquet national financier a en effet ouvert une enquête préliminaire des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

Photo : leparisien.fr

lundi, janvier 9 2017

Nouvelles menaces sur les SES ?

9 01 2017

Les_SES.jpgSelon l'excellent site « Le Café pédagogique » (et selon une source proche de l'Association des professeurs de Sciences économiques et sociales), « la section Economie de l'Académie des sciences morales et politiques (ASMP), dirigée par Michel Pébereau préparerait un nouveau rapport sur les SES. L'association craint une opération identique à celle de 2008 avec des pressions sur les contenus enseignés. Le rapport pourrait sortir à temps pour s'intégrer dans la campagne présidentielle ». Effectivement, en juin 2008, un rapport a été remis au ministre Xavier Darcos, le rapport de la commision 'Guesnerie'' qui se prononçait pour une modification profonde des méthodes, manuels et thèmes enseignés en SES. Dans le collimateur : la sociologie.

Illustration : lycee-saint-exupery.fr

samedi, janvier 7 2017

La criminologie biosociale états-unienne et ses conflits

7 01 2017

des_souris_et_des_hommes.jpgCet article analyse la structure de la criminologie bio-sociale états-unienne. Apparemment homogène, la criminologie bio-sociale se divise en réalité en deux branches principales. Si certains criminologues bio-sociaux renouent avec une conception naturaliste du phénomène criminel, d’autres ne voient dans la génétique qu’un moyen de peaufiner les théories structuro-culturalistes dominantes. Ces deux branches sont elles-mêmes associées à des positions plus ou moins dominantes dans le champ criminologique, et donc à un intérêt plus ou moins grand à produire une criminologie subversive et hétérodoxe.

mercredi, décembre 7 2016

Comment les conflits d’intérêts interfèrent avec la science

7 12 2016

Un_scientifique_en_laboratoire.jpgL’actualité de l'été 2016 nous a appris qu’un pneumologue a témoigné devant une commission d’enquête du Sénat sur le coût de la pollution de l’air sans déclarer qu’il touchait un salaire de la part d’une compagnie pétrolière. Ce médecin a indiqué qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts, sous-entendant que ses activités professionnelles rémunérées par l’industrie ne remettaient pas du tout en cause l’objectivité de son jugement concernant l’effet des polluants sur la santé. Mais qu’appelons-nous un conflit d’intérêts ? La situation de conflit d’intérêt est-elle effectivement laissée à l’appréciation de chacun ? Pourquoi en est-on arrivé à définir des règles en la matière, et sont-elles suffisantes ?

Photo : theconversation.com

dimanche, novembre 27 2016

De quoi le récit national de François Fillon est-il le nom ?

27 11 2016

Francois_fillon.jpgLes débats sur le récit/roman national se situent au cœur des discours portant sur la crise identitaire que connaitrait aujourd’hui la France. Le rétablissement du récit national par François Fillon qui prévoie, s’il est élu, la réécriture des programmes d’histoire en est une nouvelle illustration.
Si un récit national doit se reconfigurer, cela ne peut être dans l’écriture d’une filiation historique symbolique clôturant les frontières d’une identité fixe à protéger de menaces intérieures. En définitive, la bataille culturelle autour du roman/récit national relève d’une question fondamentalement sociale et politique de par les pratiques discriminatoires et d’exclusion qu’elle sous-tend à l’encontre de certains segments de la population française dans les domaines socio-économique et dans les enjeux participation civique. C’est pourquoi elle doit être engagée par une réappropriation réflexive de la nation, de son devenir et de son passé.

samedi, novembre 12 2016

Pourquoi j’ai secouru des réfugiés

12 11 2016

Tendre_la_main.jpgJ’ai 45 ans et 2 enfants. Je n'étais pas jusqu’à présent militant politique ou associatif. Dans ma famille on est Corse. Dans les récits que me racontait mon père et dans les expériences que j’ai vécu là-bas, j’ai appris et compris qu’on ne laisse pas quelqu’un en danger sur le bord de la route, d’abord parce que c’est la montagne mais aussi parce que c’est une question de dignité. Ou d’honneur comme on dit.
Le Dimanche 16 octobre en rentrant en voiture de la fête de la brebis à la Brigue avec ma fille de 12 ans, nous avons secourus 4 jeunes du Darfour. C’est dans cette vallée que sont régulièrement secourus hommes mais surtout femmes et enfants qui se trouvent sur ces routes de montagnes et qu’on appelle migrants.

Photo : chagribouille.com

vendredi, novembre 4 2016

Trois jours de révélations sur le système Sarkozy

4 11 2016

Sarkozy_et_Kadhafi_en_2007.jpgLe Monde révèle, au cours de trois publications successives, l’existence d’un vaste système délictueux, impliquant de hautes personnalités liées à Nicolas Sarkozy. Ce réseau, (dé)voué à la protection de l’ancien chef de l’Etat, est composé de policiers ou magistrats restés fidèles à l’ex-président, mais aussi d’hommes d’affaires, d’intermédiaires, de diplomates et même de journalistes. Une structure informelle qui apparaît aujourd’hui en pleine lumière, à la faveur de plusieurs enquêtes judiciaires. Elles mettent en lumière les dessous d’une organisation mise en place dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, en 2002, renforcée lors de son accession à l’Elysée en 2007, et qui s’est perpétuée après sa défaite en 2012.

jeudi, novembre 3 2016

Jeunesse : en finir avec l’hypocrisie

3 11 2016

Jeunes_cap.jpgLa jeunesse partage des éléments en commun : elle est plus réceptive aux nouveautés, aux nouvelles technologies par exemple ; elle est aussi beaucoup plus souvent marquée par le chômage et la précarité et les jeunes dans leur ensemble subissent massivement la hausse du prix des logements. Mais ce serait un profond contresens de ne pas observer, à l’intérieur de cette jeunesse, des divergences énormes. De l’école à l’emploi, en passant par la santé, les loisirs ou le logement, les jeunes subissent les difficultés ou les avantages liés à leur milieu social.
Pour la jeunesse d’aujourd’hui, c’est moins la situation sociale qui cristallise les tensions que les décalages qui existent entre les discours et les actes, comme souvent dans notre pays. Les institutions ne cessent de clamer la nécessité d’aller vers plus d’égalité, de se pencher sur l’avenir de la jeunesse. En pratique, les politiques ne suivent pas.

mardi, octobre 18 2016

Condamner toujours plus le viol est-il la meilleure solution ?

18 10 2016

le_marteau_de_la_justice.jpgCréé en 2013 par Najat Vallaud Belkacem, alors ministre des droits des femmes, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) vient de publier un Avis et des Recommandations pour que la condamnation sociétale et judiciaire du viol soit amplifiée (renvoi doc en ligne). Le constat initial de la réflexion du HCE est bien connu : en dépit d’une très forte réprobation morale, d’une incitation croissante à lever le voile du silence et d’un renforcement législatif et pénal continu depuis une quarantaine d’années, les violences sexuelles demeurent encore très peu portées à la connaissance de la justice et, lorsqu’elles le sont, une minorité d’entre elles sont jugées et leurs auteurs condamnés. Concernant plus spécifiquement les viols, les chiffres sont sans appel : il est estimé que 5 à 10% seulement des victimes déclarant avoir été violées déposent plainte et que 10 à 15% de ces plaintes aboutissent à une condamnation.

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