Discours politiques et législation

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samedi, septembre 22 2012

Le gouvernement doit introduire le « racisme anti-pauvre » dans la loi

22 09 2012

Salauds_de_pauvres.jpgFin 2010, après une série d'auditions, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) avait « recommandé au gouvernement de mener une réflexion sur l’intégration du critère de l’origine sociale dans la liste des critères prohibés et sur les modalités de prise en compte des préjugés et stéréotypes dont souffrent les personnes en situation précaire ». Il appartient donc désormais au gouvernement de prendre position sur cette question.
Politiquement, l’acte est simple. Il suffirait, par exemple, de ratifier le protocole 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme pour introduire ce nouveau critère de discrimination pour « raison de fortune » que dix-huit pays européens ont déjà ratifié. La conférence sur la pauvreté et l’exclusion sociale annoncée pour l’automne pourrait en être l’occasion.
Cette mise à l« index du “ racisme anti-pauvre ” serait un signe fort que le gouvernement pourrait donner pour mobiliser notre pays et qui changerait la place des personnes très pauvres dans notre société.

Illustration : cafemusique.wordpress.com

jeudi, septembre 20 2012

Le scepticisme de Manuel Valls pour réformer les contrôles d’identité est déplorable

20 09 2012

controle_de_police.jpg(Paris, le 20 septembre 2012, communiqué des organisations : GISTI, Graines de France, Human Rights Watch, Ligue des Droits de l’Homme, Maison pour un Développement Solidaire, Open Society Justice Initiative, Syndicat des Avocats de France et Syndicat de la Magistrature).

Après le discours de M. Valls à l’École Militaire et l’intervention de M. Ayrault, sur RTL, les organisations (GISTI, Graines de France, Human Rights Watch, la Ligue des Droits de l’Homme, la Maison pour un Développement Solidaire, Open Society Justice Initiative, le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature) appellent le gouvernement à respecter les engagements pris en matière de réforme des contrôles d’identité. Cette réforme est urgente et nécessaire et, contrairement aux affirmations du ministère de l’intérieur, est parfaitement réaliste et de nature à améliorer l’efficacité des forces de l'ordre.

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jeudi, septembre 6 2012

Marseille : que faut-il attendre du comité interministériel ?

6 09 2012

valls-ayrault-930_scalewidth_630.jpgLa cité phocéenne est au coeur de toutes les attentions politiques. Pas moins de neuf ministres sous l'égide du premier d'entre eux se pencheront sur son cas jeudi à Matignon au cours d'un comité interministériel. L'objectif ? Apporter des réponses "globales" à la criminalité marseillaise. Si le gouvernement assure ne pas agir dans l'urgence, le 14e règlement de comptes de jeudi dernier et la polémique sur l'intervention de l'armée dans les quartiers ont sans doute accéléré le calendrier. Et pourtant, la question de la sécurité à Marseille est une constante qui s'est récemment politisée, selon le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS qui a créé en 2011 l'Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Quelle est la réalité de la criminalité marseillaise et quelles sont les solutions à envisager ? Éléments de réponse.

Illustration : europe1.fr

mardi, août 28 2012

En vacances sur l'île de Porquerolles, le préfet du Var roule en scooter sans casque

28 08 2012

madame.lefigaro.fr.jpgSa devise pourrait être "faites ce que je dis, pas ce que je fais". En vacances deux semaines sur l'île de Porquerolles dans le Var, Paul Mourier, le préfet du département a été surpris plusieurs fois en scooter...sans casque. De quoi gêner les habitants, d'autant que le haut fonctionnaire a fait de la lutte contre l'insécurité routière son cheval de bataille.
Les habitants de l'île ont donc un sentiment d'injustice ce qui a obligé les policiers à s'adapter. Jean-Bernard Soriano, le secrétaire départemental d'Unité police, l'explique : "Il est difficile pour un défenseur de l'ordre de verbaliser tout le monde et de fermer les yeux sur un haut-fonctionnaire qui lui-même se soustrait à des règles de simple bon sens."

Illustration : madame.lefigaro.fr

lundi, août 27 2012

A Nice, le petit show sécuritaire de Christian Estrosi continue

27 08 2012

166272940.jpgLe maire de Nice, Christian Estrosi, n'en finit plus de mettre en scène son petit show sécuritaire local et de tenter de lui donner un écho national. Il rêve sans doute d'être un jour ministre de l'Intérieur (ou plus ?), à moins que ce ne soit son frère jumeau politique Eric Ciotti qui lui pique la place. En attendant, tout est bon pour faire parler de lui en aguichant les journalistes parisiens, en même temps que pour montrer à son électorat local âgé et aux commerçants niçois qu'il veille à leur sécurité.

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vendredi, août 24 2012

Des militants du PS proposent un programme général de réduction des violences, qui a hélas peu de chances d'être écouté

24 08 2012

Image_PS.jpgImaginez que la sandwicherie qui blanchissait l'argent du trafic devienne une école de la deuxième chance. Imaginez que la villa d'un gangster devienne un club privé pour usagers de cannabis... Tout cela est possible depuis que la gauche est enfin revenue au pouvoir à l'échelle nationale.
Le nouveau président de la République s’est engagé à promouvoir une « République exemplaire ». Le temps est venu pour le Parti Socialiste de prôner les mesures indispensables pour renforcer la confiance des citoyens dans les institutions et ceux qui en ont la charge.
Aujourd'hui, d'après l'Onu, le crime organisé demeure la principale menace pour l'ordre mondial et il ne faut pas s'étonner de voir apparaître dans la crise des subprimes qui a révélé la crise mondiale, la présence du crime organisé.
Cette contribution propose au Parti Socialiste des outils pour lutter contre la société de violence, une préoccupation au cœur du programme de François Hollande. Une justice dotée et indépendante ; la redistribution à des fins socioculturelles des biens confisqués au crime organisé et la régulation publique des drogues : autant d'occasions de restaurer la justice, de rassembler les Français et de renouer avec les droits et faire respecter les devoirs.

Illustration : quebecoislibre.org

lundi, août 20 2012

Quand Brice Hortefeux raconte n'importe quoi sur les émeutes

20 08 2012

Image_tintin_amnesie.jpg"J'observe – et c'est curieux que personne ne le note – qu'il n'y a pas eu pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy d'émeutes urbaines."
Invité sur BFM-TV, vendredi 17 août, Brice Hortefeux, président de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, monte au créneau pour défendre la politique de l'ancien chef de l'Etat en matière de sécurité.
Tout à sa démonstration, M. Hortefeux a sans doute parlé un peu vite. Il a oublié les émeutes urbaines de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en novembre 2007, qui ont duré deux nuits pendant lesquelles des armes à feu ont été utilisées contre la police. Celles de Firminy (Loire), qui s'est enflammée pendant trois nuits en juillet 2009, après la mort d'un homme dans un commissariat de Chambon-Feugerolles. Celles du quartier de la Villeneuve, à Grenoble, en juillet 2010, où, après plusieurs nuits d'affrontements avec la police, M. Sarkozy viendra en personne limoger le préfet et prononcer son désormais célèbre discours de Grenoble, qui marque un virage sécuritaire dans le quinquennat. Il semble oublier également les incidents de Woippy (Moselle) en novembre 2010 ou ceux de Grigny (Essonne) en 2011.

dimanche, août 19 2012

Les ambiguïtés de Manuel Valls

19 08 2012

Image_manuel_valls.jpgIl est des félicitations dont le nouveau ministre de l’intérieur se serait sans doute volontiers passer. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes membre de la Droite populaire (cet ensemble de députés dont on se demande ce qui les sépare du Front national en dehors du choix tactique d’être dans un parti qui facilite la conquête d’emplois électifs) a en effet salué la « lucidité » de Manuel Valls en matière de « Roms », qui continuent d’être expulsés des camps de fortune où ils s’étaient installés sous prétexte de décision de justice. Prenant un malin plaisir à mettre le doigt où ça fait mal, il souligne une « mesure juste et légitime » : « Avec quelques années de retard, les socialistes reconnaissent ainsi que la politique du précédent gouvernement était la seule adaptée pour faire face à cette situation ». Il fait allusion au soi-disant « laxisme » ou « angélisme » de la gauche.
On retrouve ici toute l’ambiguïté et somme toute l’impéritie des ministres de l’intérieur « de gauche » depuis les débuts du phénomène Le Pen en 1983. Ils ont en effet eu pour fonction au sein des gouvernements successifs (Mauroy, Fabius, Rocard, Cresson, Bérégovoy, Jospin) de donner des gages aux électeurs du Front national, dont il est routinier de supposer qu’ils optent pour ce parti parce qu’ils sont d’accord avec ses « thèses » sur l’immigration et l’insécurité.

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jeudi, août 2 2012

Lutte contre le proxénétisme : moralisme ou pragmatisme ?

2 08 2012

Image_prostitution.jpgCes derniers jours, dans la torpeur de la période estivale, une ministre n’a pas hésité à prôner « l’abolition de la prostitution ». Vaste programme ! aurait proclamé le Général De Gaulle, je ne sais s’il s’agit d’une stratégie de communication ou d’un nouvel accès de politique moraliste, mais lancer les forces de sécurité dans une offensive pénale contre la prostitution c’est prendre le risque de démontrer la faiblesse d’un état au travers d’une énième loi inapplicable qui n’aurait d’autre conséquence que d’épaissir le code pénal et d’allonger la liste des échecs en matière de politique de sécurité.
La ministre justifie cette potentielle nouvelle prohibition au nom de la protection des femmes soumises aux réseaux mafieux. Évidemment c’est un noble objectif, mais au lieu de rester dans l’incantatoire je propose d’observer d’un peu plus près les enjeux.

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vendredi, juillet 27 2012

Eurodac : le Sénat refuse d'amalgamer étrangers et criminels

27 07 2012

Drapeau_europeen.jpgNe pas mélanger les genres. Voilà ce que préconise le Sénat dans une résolution européenne adoptée ce mois-ci (et présentée par le Sénateur PS Jean-Yves Leconte) en s’opposant au renforcement de la finalité sécuritaire de la base européenne de données, Eurodac. D’après les sénateurs, cette base, qui rassemble les empreintes digitales des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière appréhendés à la frontière ou sur le territoire national, est mal tenue, en particulier par la France. C’est l’une des raisons qu’ils invoquent pour refuser l’accès aux services répressifs à la base.
Reste que le débat sur Eurodac s'inscrit en toile de fond du processus de sécurisation des bases de données ayant trait à l'asile et à l'immigration. La base de données Eurodac évolue(rait) ainsi (si le texte présenté par la Commission était adopté) en direction de la constellation des systèmes d'informations assurant directement ou indirectement la sécurité de l'Union. Une confirmation, s'il en est, que l'immigration clandestine est considérée avant tout comme une menace à la sécurité intérieure (le bras de ber franco-italien du printemps 2011 et la crise actuelle de l'espace Schengen étant le symptôme de cette évolution).
Quant aux demandeurs d'asile, ils tendent à apparaître, à des degrés divers, comme des terroristes et des criminels en puissance et ce, depuis les attentats du 11 septembre 2001.

mercredi, juillet 25 2012

Où commence le harcèlement sexuel ?

25 07 2012

please-stand-behind-the-yellow-line.jpgA l’unanimité, ce mercredi matin, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi sur le harcèlement sexuel. Il avait déjà été voté par le Sénat, dans une version légèrement différente. Ce nouveau texte vient combler le vide juridique créé par l’abrogation, le 4 mai dernier, par le Conseil constitutionnel, du délit de harcèlement sexuel.
Ce délit a été introduit dans le code pénal français en 1992. Il est alors défini comme : « Le fait de harceler autrui en usant d’ordres, de menaces ou de contraintes, dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. » A cette liste, on ajoute en 1998 les « pressions graves ». Mais, en 2002, changement de stratégie : le législateur décide d’élargir au maximum le champ d’application de la loi en supprimant toute forme de précision. Selon l’article 222-33 du code pénal, le harcèlement sexuel se définit comme : « Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle. ». Peu importent les formes de l’acte, et l’abus d’autorité n’est plus un critère nécessaire. Trop flou ? Le Conseil constitutionnel finit par s’inquiéter du fait que « le délit de harcèlement sexuel soit punissable sans que les éléments constitutifs de l’infraction soient suffisamment définis ».

vendredi, juillet 13 2012

Le droit : une arme puissante au service de l'environnement

13 07 2012

images_environnement.jpgSale temps pour l'environnement ! Tel est le diagnostic qui se dégage de l'actualité de ses dernières semaines. Que l'on songe, dans le monde, à l'échec de Rio+20 ou encore, en France, au remplacement de la ministre de l'écologie préoccupée par les effets environnementaux des forages pétroliers au large de la Guyane ou à la menace d'annulation du dossier Erika par la Cour de cassation. Sale temps aussi pour le droit ! Puisque l'image de la loi est alors celle d'un simple greffier des activités économiques dommageables pour l'environnement. Ce manque d'efficacité du droit est paradoxal quand on sait que les règles environnementales auxquelles sont soumis les opérateurs économiques n'ont jamais été aussi nombreuses.

Illustration : ac-lille.fr

dimanche, juin 24 2012

Prévention de la délinquance et pouvoir municipal : cinq ans après, état des lieux

24 06 2012

Photo_mairie_de_quimper.jpgLe maire anime, sur le territoire de la commune, la politique de prévention de la délinquance et en coordonne la mise en oeuvre. Cette disposition de la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance marque un tournant essentiel dont on célèbre aujourd’hui les cinq ans. L’idée est relativement simple : en détectant le plus en amont possible les comportements inquiétants, on permettrait d’éviter qu’ils dérivent vers une réelle délinquance. Et, du coup, ce repérage a lieu le plus en amont sur l’échelon institutionnel, le plus en proximité : la mairie.
Certes, le maire s’était déjà vu accorder des prérogatives en la matière, mais elles étaient jusqu’alors limitées et il ne se voyait pas reconnu la qualité de coordonnateur. Désormais toute une palette d’informations est censée lui remonter, et une large gamme de réponses est mise à sa disposition pour assurer cette fonction. L’heure d’un premier bilan de ce tournant législatif est venue. Quelles sont les modifications successives apportées à cette loi pour la rendre plus effective ? Les craintes émises en 2007 étaient-elles finalement fondées ?

samedi, juin 23 2012

La ministre de la Justice annonce les grandes lignes de son programme

23 06 2012

image_la_justice.jpgDans un entretien au journal Le Parisien (22 juin).

Quel constat faites-vous de la justice en France ?
CHRISTIANE TAUBIRA : C’est un grand service public abîmé. Les gouvernements précédents ont empilé les textes de loi sans aucun souci de cohérence. Ils ont stigmatisé les jeunes, soi-disant responsables de tous les maux. Ils s’en sont aussi pris aux magistrats, taxés de laxisme. Les chiffres montrent que c’est faux : en dix ans, le nombre de peines de prison ferme a augmenté de 16%, et leur durée moyenne est passée de huit à dix mois.
Quels principes guideront votre action ?
L’efficacité. Il faut mettre fin à l’inflation législative. Je veux travailler dans le sens d’une justice plus cohérente, plus lisible. Mon approche n’est pas idéologique : les mesures seront ajustées en fonction des remontées du terrain. Ce qui fonctionne sera maintenu et ce qui doit être amélioré le sera. Je souhaite aussi et surtout une justice plus proche des citoyens.

vendredi, juin 22 2012

L’institut pour la justice a de l’humour... et de l'argent

22 06 2012

Photo_ipj_lemonde.fr.jpgL'institut pour la justice n'a pas seulement des réseaux et des convictions ; il a de l'humour. Xavier Bébin, son délégué général, fait allusion à une perfide mention dans un article du Monde, après la visite, le 31 mars, de Nicolas Sarkozy à l'IPJ, un institut « créé en 2007 et composé d'une poignée de collaborateurs courtois et enthousiastes » qui, prétendait l'article, « se situe, sur le plan des libertés fondamentales, un peu à la droite de Gengis Khan », et dont « la grande majorité du monde judiciaire ne s'approche qu'en se pinçant le nez ».
On notera que l'Institut a aussi des ressources : 1 437 357 euros, dont 1 398 266 de dons obtenus auprès de 60 000 membres donateurs, sans la moindre subvention publique. C'est déjà un tour de force, l'IPJ, qui emploie quatre permanents, a même dégagé un excédent de 514 026 euros.

Photo : lemonde.fr

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