Ecole, absentéisme, échec scolaire

Fil des billets

jeudi, mars 20 2014

Autour du rapport de Terra Nova sur la lutte contre les inégalités dans les crèches

20 03 2014

creche.jpgA la suite de la note "L'enfance : un investissement d'avenir" publiée en octobre 2013, le rapport du groupe de travail de Terra Nova présidé par Olivier Noblecourt propose une nouvelle vision de la petite enfance : les crèches ne doivent plus être conçues seulement comme un mode de garde au service des parents, mais avant tout comme des lieux d'éducation au service du développement des enfants, notamment les plus défavorisés.
Le collectif PasdeOdeconduite critique le rapport de Terra Nova sur la lutte contre les inégalités dans les crèches. Si les praticiens relèvent « l'intention louable de favoriser la future réussite scolaire des tout-petits », notamment par le développement du langage, ils s'inquiètent des effets anxiogènes d'une sur-stimulation selon un modèle-type qui minimiserait les vertus éducatives du jeu et l'individualité de chaque enfant.

mercredi, février 12 2014

Le décrochage scolaire : nouvel état des lieux

12 02 2014

decrochage_PUR.jpgAlors qu’au milieu des années 1970 le nombre de sortants du système scolaire faiblement qualifiés est largement supérieur aux chiffres des années 2000, la mise à l’agenda politique somme toute récente du décrochage scolaire est révélatrice d’une part du glissement des politiques de lutte contre l’échec scolaire aux politiques récentes de rattrapage scolaire des élèves, d’autre part de la manière avec laquelle il est devenu un problème pour l’Europe, l’État et les collectivités territoriales qui élaborent à leur échelle, et le plus souvent sans se coordonner, des politiques de formation et d’insertion des jeunes sans diplôme. Alors que le champ politique utilise plus facilement les termes de décrocheur et d’absentéiste, la communauté scientifique appréhende le décrochage comme un processus de déscolarisation porté par des facteurs scolaires, sociaux, familiaux et relationnels. Ce décalage amène à interroger l’expérience scolaire et sociale des décrocheurs, le contenu des dispositifs de lutte contre le décrochage, la teneur des politiques d’orientation scolaire et d’insertion professionnelle. Ce sont ces thèmes que traitent les auteurs de ce livre qui comprend trois parties : la première est un état des lieux du décrochage et des savoirs sur la déscolarisation ; la seconde renvoie aux modèles d’analyse des expérimentations et aux leçons à en tirer ; la troisième traite des trajectoires individuelles et des dispositifs singuliers de lutte contre le décrochage scolaire.

dimanche, février 2 2014

Prévenir les troubles précoces de l'apprentissage : la méthode OUROS

2 02 2014

enfant_fatigue.jpgOUROS est une méthode préventive préparant dès 4 ans tous les enfants aux apprentissages scolaires et permettant d’éviter les problèmes scolaires d’apprentissage ultérieurs. C'est une méthode rééducative pour les enfants dysgraphiques, dyslexiques, dyscalculiques, et autres, en difficulté.
Plus précisément, OUROS est une méthode neuro-psychomotrice et de surcroît ludique.
Elle s’appuie sur les pré-requis neuro-psychomoteurs fondamentaux et contribue à améliorer les apprentissages scolaires de base : lire, écrire, compter. Ces pré-requis : maîtrise motrice, latéralisation, schéma corporel, orientation et structuration spatio-temporelles constituent les fondements du savoir-analyser et mémoriser. Sa créatrice l’avait conçue pour les classes de Maternelle, CP et CE1 (de 4 à 7-8 ans).
Elle se situe en dehors des méthodes d’apprentissage de la lecture et de leurs querelles.
En France elle est aujourd’hui plus connue et pratiquée en rééducation par les orthophonistes et les psychomotriciens. Elle s’adresse alors aux enfants de 7 à 12 ans et parfois plus.

Photo : leblogdesptits.com

vendredi, janvier 31 2014

Le collège, « maillon faible » de l’aide aux élèves en grande difficulté ?

31 01 2014

College.jpg-s.jpgA l’heure où la communauté éducative vit suspendue au classement Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) et au moment où le gouvernement avance des propositions en matière d’éducation prioritaire, le rapport « Le traitement de la grande difficulté au cours de la scolarité obligatoire » souligne en préalable qu’il n’existe pas de définition précise de la « grande difficulté » et que le seul point commun aux élèves qui la subissent est de connaître une situation d’échec scolaire.
Quant au collège, les auteurs le jugent, tout simplement, inadapté aux élèves en grande difficulté. Nombre d’enfants fragiles à l’entrée en 6ème ne résistent pas à la rupture que représente le collège.
Enfin, si les auteurs saluent le fonctionnement de la classe de SEGPA, seule orientation pérenne spécialement dédiée aux élèves en échec, ils estiment cependant que cette filière fonctionne comme une école à part au sein du collège.

Photo : chambly-parents-eleves.fr

jeudi, janvier 16 2014

Décrochage scolaire : le repérage, et après ?

16 01 2014

Marre_de_l__ecole.jpgPrévenir le décrochage scolaire et repérer les élèves qui ont décroché… oui mais comment ? L’amélioration du repérage des jeunes en situation de décrochage, à l’instar du Système interministériel d’échanges d’information (SEI) qui a été récemment généralisé, ne saurait se substituer à l’impératif, posé aux pouvoirs publics, de mettre en œuvre des prises en charge innovantes et diversifiées, impliquant un large éventail d’acteurs. Telles sont, à grands traits, les conclusions de ce texte, fruit de 35 expertises menées en France.
Ces évaluations des expérimentations en matière de lutte contre le décrochage scolaire soutenues par le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ), pointent trois facteurs favorisants : le lien entre le collège et les parents, des formes de prises en charge souples et pluridisciplinaires, enfin, des solutions élargies laissant une forte place aux formes alternatives d’enseignement et d’accompagnement.

Illustration : editions.educagri.fr

jeudi, décembre 5 2013

Les décrocheurs du système éducatif : de qui parle-t-on ?

5 12 2013

Marre_de_l__ecole.jpgUn quart des jeunes entrés en 6e en 1995 n'ont pas terminé avec succès leur formation dans l'enseignement secondaire. Ils sont « décrocheurs ». Parmi eux, huit sur dix n'ont pas de diplôme de l'enseignement secondaire et deux sur dix ont un BEP ou un CAP, mais ont échoué dans la formation qu'ils ont poursuivie ensuite. Les jeunes décrocheurs ont souvent eu des difficultés scolaires et sont souvent d'origine sociale modeste, mais pas tous. On distingue trois grands profils de décrocheurs : des jeunes au faible niveau d'études qui ont massivement redoublé au collège (près de la moitié des décrocheurs) ; des jeunes avec un bon niveau d'études à l'entrée au collège, mais qui échouent au CAP, au BEP ou au Baccalauréat (un tiers des décrocheurs) ; et des jeunes qui sont passés par des enseignements spécialisés au collège (section d'enseignement générale et professionnel adapté - SEGPA - notamment) (un cinquième des décrocheurs) . Parmi les bacheliers poursuivant des études supérieures, un sur cinq n'obtient pas de diplôme du supérieur. Là aussi, le niveau scolaire et les origines sociales jouent un rôle, mais pas seulement. L'orientation et la situation financière des étudiants semblent également conditionner l'obtention d'un diplôme de l'enseignement supérieur.

Illustration : editions.educagri.fr

lundi, novembre 25 2013

D’où viennent les mauvais résultats de l’école primaire en France ?

25 11 2013

ecole_primaire.jpgDans les mois à venir, les programmes du primaire en date de 2008 vont être réécrits. Les enseignants viennent d’être sondés sur leur appréciation et leur application de ces textes. Pourtant, selon le rapport de l’inspection générale intitulé "Bilan de la mise en œuvre des programmes issus de la réforme de l’école primaire de 2008", les mauvais résultats de l’école primaire française qui n’apprend à lire et à compter qu’à 80 % des enfants, ont des racines plus profondes que la seule mise en cause des programmes. Dix grandes leçons ressortent.
Leçon 1 : pourquoi trop d’écoliers ne lisent pas : « Ce qui frappe dans ce domaine de la lecture, c’est que la majorité des maîtres ne dispose pas des cadres théoriques minimaux, ce qui ne leur permet pas d’être lucides quant à leurs pratiques. Ils ne différencient pas les composantes des compétences de compréhension et ne peuvent donc pas les faire travailler explicitement. Ils n’ont guère de repères pour juger de la complexité des textes qu’ils proposent et n’ont souvent de critères de choix que la longueur ou le thème : sur cette base, ils ne peuvent pas penser des "progressions" mais seulement des "programmations". »

Photo : puyravault.com

lundi, octobre 21 2013

Les sept violences que l’école inflige aux enfants

21 10 2013

enfant_fatigue.jpgLa première violence que notre système éducatif inflige aux enfants réside dans l’exclusion du domestique du champ éducatif : dès l’école maternelle je découvre qu’il y a dans la société deux catégories d’adultes, ceux, celles plutôt … qui ont le droit de me punir quand j’ai commis une bêtise et que « je me suis fait prendre » et ceux, celles plutôt, qui n’en ont pas le droit. Celles, donc, qui organisent les activités, les travaux, l’initiation aux éléments fondamentaux de la culture, et celles qui passent la serpillière dans les couloirs, débarrassent les tables de la cantine et me torchent quand, accidentellement, j’ai fait caca dans ma culotte... Il y a donc deux types généraux de tâches, les nobles et les ignobles. Et il arrive, plus tard dans le cursus, que les éducateurs donnent des punitions dites « éducatives » et me voilà collégien ou lycéen, sous les ricanements de mes camarades, condamné à ramasser les papiers dans la cour dite de récréation : effet garanti pour celui dont le père est « technicien de surface », comme on dit, ou la mère femme de ménage... Et, derechef, effet sur les orientations (c’est-à-dire les mécanismes d’élimination des « filières » - joli mot...- nobles) : "mais non ce n’est pas déshonorant d’être orienté dans le technique ! - Cause toujours..." : l’éducateur ment et le sait, et sait que celui auquel il s’adresse le sait...

Photo : leblogdesptits.com

mardi, septembre 3 2013

Le sinueux chemin vers le baccalauréat : entre redoublement, réorientation et décrochage

3 09 2013

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgSi les parcours scolaires dans l'enseignement secondaire sont souvent pensés comme un long chemin rectiligne menant de la sixième au baccalauréat, seul un tiers des élèves entrant en 6e parvient effectivement à ce diplôme dans le temps initialement prévu. Les parcours sont en réalité marqués par des redoublements, des réorientations, ou des abandons qui interviennent tout au long de la scolarité. Cet article vise à étudier cette diversité de parcours en tirant parti du panel 1995 qui permet de suivre, jusqu'en 2006, 17 800 élèves entrés en 6e à la rentrée scolaire 1995. La construction d'une typologie de parcours scolaires à l'aide d'une méthode d'appariement optimal permet de mettre en évidence un phénomène qui découle de l'intégration de la hiérarchie des filières par les élèves et leurs familles : l' « accrochage scolaire », c'est-à-dire le fait de s'attacher à rester dans une filière plus valorisée que ce que les acquis scolaires pourraient permettre, au prix de redoublements et, parfois, de réorientations. L'analyse des parcours fait également apparaître de fortes différences dans la façon d'investir la voie professionnelle. La répartition des élèves entre ces différents types de parcours reste socialement très marquée. L'origine sociale affecte à la fois le type de baccalauréat obtenu par l'élève et la complexité de la trajectoire suivie pour y parvenir.

Illustration : ac-clermont.fr

lundi, septembre 2 2013

Les jeunes d'outre-mer : d'énormes difficultés scolaires

2 09 2013

DOM.jpgLes jeunes des départements d’outre-mer connaissent d’énormes difficultés scolaires. Selon une étude du ministère de l’éducation réalisée lors de la journée « défense citoyenneté », la part de jeunes de 18 ans en difficulté de lecture atteint 10 % en moyenne pour l’ensemble de la France (données 2012), mais entre 30 et 75 % dans les Dom. La moyenne nationale masque en effet les écarts qui existent entre les territoires. En métropole, le taux s'étend de 5 % de jeunes en difficulté en Haute-Savoie à 16 % dans l’Aisne. On en est très loin dans les Dom : le taux atteint 27,6 % à la Réunion, 30,4 % en Martinique, 33 % en Guadeloupe mais aussi 48,4 % en Guyane et 74,9 % à Mayotte.
Parmi les 10 % de jeunes en difficulté, le ministère estime que 4,1 % sont en situation d’illettrisme (données 2011) pour l'ensemble de la France. Mais le chiffre atteindrait 15,5 % à la Réunion, 17 % en Martinique, 20 % en Guadeloupe et 28 % en Guyane. A Mayotte, pas moins de 44 % des jeunes de 18 ans seraient illettrés. En métropole, cette situation touche une fraction très minoritaire de jeunes qui accumulent les difficultés (sociales, relationnelles, de santé, etc.), mais dans les Dom, l’illettrisme touche une fraction entière de la jeunesse.

Photo : www3.chu-rouen.fr

mardi, août 27 2013

La dispute autour des évaluations des élèves dans l’enseignement du premier degré

27 08 2013

classe_ecole_primaire.jpgL’évaluation à l’école élémentaire s’inscrit dans un contexte général d’évaluation de l’action publique exigée par la nouvelle gouvernance à des fins d’amélioration de son efficacité et de son efficience. En raison des incertitudes et des tensions qui l’accompagnent, l’évaluation est une épreuve pour les enseignants concernés, car elle se heurte à leur conception du métier et à certains principes qu’ils défendent. Les tensions s’expriment dans une dispute faite de prises de parole et d’actions individuelles ou collectives. Le calendrier, les modalités (questions aux élèves, barème, nature de la mesure, effectivité de son efficacité et de son efficience) font l’objet de cette dispute. Enfin ces tensions témoignent souvent de la crainte de la propagation de la logique marchande à l’école.

Photo : 20minutes.fr

lundi, janvier 7 2013

Inégalités scolaires : la France 23ème sur 24 !

7 01 2013

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgEtre à l’écoute d’un système pour qui l’exclusion des élèves au sens large du terme est un mode de régulation ordinaire du fonctionnement de l’école et aussi une façon « disciplinaire » pour les établissements de gérer l’échec scolaire, cela signifie d’abord de comprendre globalement les processus qui engendrent ce phénomène, qu’ils soient d’ordre culturel, économique, social ou scolaire. Cela signifie ensuite d’approcher la mesure de leurs diverses traductions en matière d’organisation et de leurs importances respectives. Enfin, cela signifie de repérer les dispositifs d’écoute et de « remédiation » mis en oeuvre pour lutter contre cette logique.
Il faut toutefois partir d’un constat qui a « la vie dure » : la plupart des enquêtes d’opinion « grand public » mettent en évidence la confiance de la société française dans son école et le sentiment général que le système éducatif offre à tous les enfants les mêmes conditions de réussite scolaire et sociale.
La réalité est beaucoup moins positive...

Illustration : ac-clermont.fr

lundi, septembre 24 2012

Le décrochage scolaire : état des lieux

24 09 2012

Marre_de_l__ecole.jpgDepuis une vingtaine d’années, le décrochage scolaire s’est imposé dans le paysage éducatif français comme le point incontournable de la mesure de son efficacité et de ses performances : ce n’est plus tant la réussite des élèves qui compte que les sorties sans diplômes ou sans qualification. On assiste parallèlement à une inflation des acteurs qui ont investi le dossier, mettant en place des dispositifs, au risque de l’empilement, au risque aussi de perdre les professionnels. Ce dossier numérique de la revue Diversité propose de faire un point sur ces questions complexes, grâce à une vingtaine d’articles articulés en trois parties :
1) Décrochage, déscolarisation : de quoi parle-t-on ?
2) De la difficulté à la rupture scolaire
3) Des parcours et un accompagnement.

Illustration : editions.educagri.fr

samedi, septembre 8 2012

Construisons une formation des maîtres de bon sens

8 09 2012

IUFM.jpgEn 1990, les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ont respectivement remplacé, en ce qui concerne les instituteurs, les écoles normales d'instituteurs qui recrutaient jusqu'alors par concours les titulaires du baccalauréat ; pour les professeurs des lycées et collèges, ces instituts se sont substitués aux centres pédagogiques régionaux (CPR) recrutant jusqu'alors par concours les titulaires d'une licence ; enfin, pour les professeurs des lycées professionnels, ils ont pris la place des Écoles normales nationales d'apprentissage (ENNA).
La façon dont furent créés ces IUFM fut à l'évidence une erreur : en donnant le pouvoir aux agrégés et aux universitaires, on confia le pilotage des IUFM à ceux qui ne connaissaient que peu de chose aux problèmes de l'enseignement primaire et qui cachèrent donc leur incompétence derrière un modèle unique d'apprentissage qui avait "l'immense" intérêt de dégager l'enseignant de ce qui est sa responsabilité première : mettre tout en œuvre pour transmettre des connaissances et former des esprits libres.

dimanche, mai 27 2012

Vers une refonte de l’école ?

27 05 2012

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpg« Et maintenant ? » titre l’Observatoire des Zones Prioritaires (OZP) dans sa lettre du 18 mai 2012 (voir ici). François Hollande l’a affirmé tout au long de sa campagne, l’éducation constituera l’une de ses grandes priorités s’il est obtient la majorité des suffrages. Désormais élu, le nouveau président, avec Vincent Peillon son ministre de l’Éducation nationale et George Pau-Langevin, la ministre déléguée à la Réussite éducative doivent répondre aux attentes immenses que les socialistes ont pu susciter ces derniers mois chez tous ceux qui déplorent le désastreux bilan des années 2000 en matière d’éducation (voir notamment les billets publiés sur ce site avec Stéphane Vaquéro).

Lire la suite...

- page 1 de 4