Ecole, absentéisme, échec scolaire

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mercredi, juillet 6 2016

Plaidoyer en faveur de l’école primaire et de l’apprentissage

6 07 2016

Enfants_allant_a_l__ecole.jpgLa France dépense beaucoup pour l’éducation, mais le niveau scolaire de ses élèves de 15 ans est médiocre, les décrocheurs sont nombreux, les entreprises ne trouvent pas les personnes qualifiées qu’elles voudraient recruter. L’école française est une des plus inégalitaires au monde, le succès y dépend surtout du niveau culturel et économique des parents. Si les inégalités sont patentes dès le collège, c’est à l’école primaire qu’elles se forment et que l’on peut agir efficacement pour y remédier. Par ailleurs, le système scolaire privilégie les savoirs abstraits et dévalorise de ce fait les élèves qui pourraient s’épanouir si les enseignants montraient plus de considération pour les intelligences pratiques, les formations professionnelles et la transmission individualisée que permet l’apprentissage.

Illustration : ac-grenoble.fr

dimanche, juin 19 2016

Un bilan officiel très mitigé de la réforme des rythmes scolaires

19 06 2016

Le-bilan-de-la-reforme-des-rythmes-scolaires.jpgC’était une promesse du gouvernement : très vite, il rendrait public le bilan des effets de la réforme des rythmes scolaires – celle qui a inauguré le quinquennat sous un jour polémique – sur les apprentissages. Car c’était bien l’objectif premier de cette réforme : améliorer la réussite de tous les élèves en se rapprochant des « standards internationaux » : journées allégées, semaines mieux rythmées, année moins tassée…
La gauche a-t-elle voulu aller trop vite ? Deux ans après la généralisation de la semaine de 4,5 jours d’école, le rapport des inspections générales sur son « efficacité pédagogique » le laisse penser. Il a été rendu public dans le sillage d'autres enquêtes sur la fatigue des enfants et sur l’organisation des activités périscolaires. Ensemble, ces travaux brossent un tableau très mitigé de la situation.

samedi, juin 4 2016

En finir avec la xénophobie : enseigner l'arabe comme les autres langues vivantes étrangères

4 06 2016

Apprentisage_de_l__arabe.jpgL’arabe n’est pas un idiome minoritaire. C’est la langue officielle de 26 États, soit 430 millions d’habitants. Elle est enseignée en France à l’Institut national des langues et civilisations orientales depuis 1795. L’agrégation d’arabe a été créée en 1905. Mais la décolonisation et l’arrivée de nombreux Maghrébins en France depuis les années 1960 a changé le profil des locuteurs. L’arabe est devenu la langue d’origine de populations d’immigrés, comme le portugais. C’est à ce titre qu’elle est a été intégrée au système d’enseignement de langue et culture d’origine (ELCO). Mais si pour certaines langues comme l’espagnol, le système d’ELCO était devenu marginal par rapport à l’enseignement de la langue vivante classique, c’est loin d’être le cas pour l’arabe. Résultat : les parents qui souhaitent que leur enfant apprenne l’arabe doivent se tourner vers le secteur associatif, les mosquées ou les institutions communautaires. C’est donc l’absence d’enseignement de l’arabe par l’État qui engendre un risque de communautarisme, et non le contraire.

samedi, avril 16 2016

« En France, on attend que les difficultés scolaires arrivent pour agir »

16 04 2016

Valls_et_Vallaud_Belkacem_visitent_une_ecole_primaire.jpg35ème sur 38. Telle est la position de la France en termes d’inégalités scolaires, selon un rapport de l’Unicef publié cette semaine. Située entre la Slovaquie (34e) et la Belgique (36e), l'école de la République fait figure de mauvais élèves. Ces données s’appuient sur les résultats du test PISA de 2012 et le chemin vers une école plus égalitaire semble encore long. L'étude pointe des écarts de réussite importants entre les élèves dans trois matières : la lecture, les mathématiques et les sciences. Pour la sociologue Nathalie Mons, qui dirige le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (CNESCO), ces résultats s’inscrivent dans un contexte historique qui dépasse le clivage gauche/droite et illustre l'incapacité de la France à faire de la prévention en matière de difficultés scolaires.

mercredi, mars 30 2016

Les Programmes de Réussite Educative (PRE) en question

30 03 2016

Reussite_educative.jpgLe programme de réussite éducative (PRE), lancé en 2005 par la loi de programmation pour la cohésion sociale, est un dispositif de la politique de la ville destiné à l’accompagnement des enfants et des adolescents en difficulté. Le dispositif repose sur l'idée d'une approche globale de ces difficultés ainsi qu'une double volonté de placer le bénéficiaire et sa famille au centre de l'action et d’amener les différents acteurs du champ éducatif à coopérer.
Dispositif central du volet éducation des contrats de ville, le PRE se déploie dans 508 territoires de la politique de la ville, soit autant de projets locaux mis en œuvre par les villes. Il concerne 104 000 bénéficiaires pour l’année scolaire 2014-2015, scolarisés dans plus de 8 000 établissements scolaire.
Le PRE constitue une priorité pour le Gouvernement, qui a décidé de sa généralisation à l’ensemble des collèges REP+ lors du comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté du 6 mars 2015. Pourtant, deux évaluations relativisent fortement son succès.

Illustration : generationreactive.fr

dimanche, janvier 31 2016

Échec scolaire : il faut agir dès la maternelle. À 11 ou 12 ans, il est déjà trop tard

31 01 2016

EDUCATION-RENTREEUne question hante le débat sur l’école, celle de l’échec scolaire et de ses conséquences sociales désastreuses. Les années, les décennies, passent, et rien ou presque ne change. Pourtant le diagnostic existe depuis très longtemps, et les solutions aussi.
En 1966, j’écrivais dans la revue "L’école maternelle" un article présentant les trois volets essentiels du développement des enfants entre 3 et 6 ans : le langage, la psycho-motricité et la socialisation. 50 ans plus tard, au soir de ma vie, je constate que nous n’avons toujours pas réalisé ce progrès décisif. Pourquoi ?
Certes, l’Éducation nationale a compris la nécessité d’agir contre l’échec scolaire. Mais l’on s’y prend mal parce que l’on réagit toujours trop tard.Toutes les tentatives ont échoué parce qu’elles étaient centrées sur le collège. Or, à 11 ou 12 ans, les jeux sont faits depuis longtemps.

Photo : leplus.nouvelobs.com

mercredi, septembre 30 2015

Améliorer le climat scolaire pour lutter contre le harcèlement

30 09 2015

harcelement_scolaire.jpgEn France, le harcèlement concerne 700 000 élèves (soit 12% des écoliers et 10% des collégiens); plus de la moitié des cas se manifeste de façon sévère. C’est le psychologue suédois Dan Olweus qui a, le premier, décrit le phénomène en forgeant le concept de « school bullying » dans les années 1970 : « Un élève est victime de violence ... lorsqu’il est exposé de manière répétée et à long terme à des actions négatives de la part de un ou plusieurs élèves. ». La littérature internationale a, depuis, mis en exergue les conséquences des violences scolaires sur l’équilibre psychologique des élèves, leurs apprentissages et leurs trajectoires sociales et professionnelles à plus long terme. La France s’est emparée assez tardivement de cette question, la traitant d’abord sous l’angle de la délinquance. Les travaux d’Éric Debarbieux (1996, 1999) et de l’Observatoire international de la violence à l’école ont, par la suite, favorisé une compréhension plus fine des formes de violences en milieu scolaire, appréhendées à travers le regard des élèves notamment.

Photo : ouest-france.fr

jeudi, septembre 17 2015

Pourquoi l’école n'est-elle plus un vecteur d’intégration en France ?

17 09 2015

salle_de_classe.jpgLe système éducatif français est l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE. En effet, il ne parvient pas, en dépit des multiples réformes entreprises depuis des décennies, à instaurer l’égalité des chances pour tous les élèves, en particulier pour les enfants immigrés ou issus de l’immigration.
La difficulté à intégrer les enfants issus de milieux défavorisés y est plus nette que dans la plupart des pays de l’OCDE et se traduit par de piètres résultats chez les enfants immigrés et issus de l’immigration qui sont surreprésentés dans ce groupe.
Ces désavantages se traduisent plus tard par une plus grande difficulté pour les enfants d’immigrés à s’insérer sur le marché du travail et à s’intégrer socialement.

Photo : lemonde.fr

mercredi, septembre 9 2015

L'illéttrisme est toujours très important en France

9 09 2015

illetrisme.jpgEn 2011, sur le territoire métropolitain, 2,5 millions de personnes entre 18 et 65 ans ayant été scolarisées en France, soit 7 % de la population, sont en situation d’illettrisme. Au-delà de ce noyau, 22 % des adultes âgés de 16 à 65 ans ont un faible niveau de compétence dans le domaine de l’écrit et 28 % dans le domaine des chiffres, selon l’enquête PIAAC de l’OCDE, publiée en 2013. De manière générale, le niveau moyen des adultes français en lecture et en calcul est parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. La part des adultes dotés d’un niveau faible de maîtrise des compétences en lecture est en France quatre fois plus élevée qu’au Japon et deux fois plus qu’en Finlande.

vendredi, juin 26 2015

L’inégal accès au bac des catégories sociales

26 06 2015

classe_lycee.jpg90 % des enfants d’enseignants entrés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non qualifiés, selon le ministère de l’Éducation nationale. Une partie des enfants issus des milieux populaires accèdent au bac, mais les écarts sont considérables selon les milieux sociaux, notamment du fait de l’influence du niveau de diplôme des parents, dans un système scolaire très académique.
Si l’on observe uniquement le type de bac obtenu par catégorie sociale, les écarts sont tout aussi grands. Parmi les enfants d’ouvriers qui ont eu leur bac en 2012, 31 % l’ont obtenu dans une filière générale, 23 % dans une filière technologique et 46 % dans une filière professionnelle. Chez les enfants de cadres supérieurs, les trois quarts ont eu un bac général, 14 % technologique et 10 % professionnel.

lundi, juin 15 2015

La ségrégation entre les établissement et entre les classes dans les collèges et lycées

15 06 2015

poor_or_rich.jpgEn France, les collégiens et lycéens d'origine aisée comptent en moyenne dans leur classe deux fois plus de camarades également d'origine aisée que les élèves des classes moyennes et populaires. De même, les meilleurs élèves comptent en moyenne deux fois plus de camarades d'un niveau équivalent au leur que les autres élèves. Ces chiffres, qui résument la situation de ségrégation sociale et scolaire de l'enseignement secondaire français, sont inquiétants à deux titres : les différences d'environnements en fonction de l'origine sociale ou du niveau scolaire sont susceptibles d'aggraver les inégalités scolaires; de plus, cet "entre-soi" est un obstacle à l'apprentissage de la citoyenneté et du vivre-ensemble.
L'originalité de cette étude provient de quatre facteurs : 1) elle apporte une analyse à la fois de la ségrégation sociale et scolaire, 2) elle porte sur l'ensemble du territoire français; 3) elle concerne l'ensemble de la scolarité secondaire, de la sixième à la terminale; 4) elle mesure à la fois les disparités entre établissements et entre les classes au sein des établissements.

Illustration : 123rf.com

samedi, avril 25 2015

Pourquoi considérer le décrochage scolaire comme un problème ?

25 04 2015

accroche_toi.jpgPoser aujourd’hui cette question pourrait être considéré comme une provocation. En effet, le décrochage scolaire est devenu en quelques années seulement la principale désignation des problèmes du système éducatif en France. Il semble résumer l’ensemble des manquements de l’école à ses missions. Médias et responsables politiques utilisent de plus en plus le terme « décrocheurs » pour désigner tout à la fois des victimes de l’échec scolaire, des jeunes désocialisés, de futurs chômeurs ou délinquants, voire de possibles terroristes. Pourtant, si on considère le décrochage scolaire comme l’inachèvement d’une scolarité secondaire complète, force est de considérer que le problème ainsi identifié a connu une ampleur bien plus importante par le passé et qu’il diminue tendanciellement dans le temps. En 1980, 39 % des jeunes sortaient de l’école sans diplôme ou avec le seul brevet. Ils sont 16 % en 2009, ce qui est certes beaucoup, mais vraisemblablement amené à diminuer encore. Pourquoi le décrochage scolaire n’était-il pas un problème dans les années 1980 en France ? En quoi est-il aujourd’hui un problème ? Que doit-on attendre d’une action publique dans ce domaine ?

lundi, avril 20 2015

L’université face au décrochage

20 04 2015

banc_de_la_fac.jpg« À l’université, les cas de souffrance au travail se multiplient » (Le Monde, 29.09.14), « Université de Bordeaux : le burn-out après la fusion ? » (Rue 89, 2.04.14), « Le burn-out des labos » (Le Monde, 17.2.14). Le malaise des universitaires s’affiche dans la presse. Témoignant d’un mécanisme dorénavant classique de psychologisation des rapports sociaux de travail , on emprunte le vocabulaire de la psychologie pour relater les difficultés vécues par des travailleurs. Tentant d’objectiver ce phénomène, la presse et les organisations syndicales lancent des sondages sur les conditions de travail des personnels de l’enseignement supérieur. Dans l’enquête en ligne réalisée par Educpros, on peut lire un mécontentement profond lié aux réformes successives de l’université et au sentiment que les mouvements de 2003-2004 (Mouvement d’opposition à la loi d’orientation et de programmation pour la recherche et l’innovation) et de 2007-2009 (Mouvement d’opposition à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités et à la modification du statut des enseignants-chercheurs) n’ont pas été entendus par les responsables politiques.

jeudi, février 19 2015

L’apprentissage de la citoyenneté : une question de volonté et de méthode

19 02 2015

citoyennete.jpgLa citoyenneté ne se décrète pas, elle se construit avec méthode pour être vécue et intériorisée. La citoyenneté ne s’instaure pas au gré des circonstances, si funestes et dramatiques soient elles ; elle se construit chaque jour, patiemment et sans relâche. Il ne saurait y avoir d’injonction efficace à la socialisation, à l’intégration, à l’appropriation des valeurs et des codes. Il ne saurait y avoir d’injonction à la citoyenneté dans une approche simplement coercitive. C’est la connaissance, le partage et l’expérience des valeurs qui en sont le substrat et qui nous aident, à partir de notre diversité, à faire France. Plus que des incantations, il faut donc travailler à rendre concrètes ces valeurs, dans la réalité des conditions de vie de celles et ceux pour qui elle fait peu ou insuffisamment sens. Telle sont les convictions qui animent depuis quinze ans l’association « Éducation et Citoyenneté par le Dialogue ». Son expérience serait plus qu’utile et bénéfique dans un grand nombre de nos quartiers.

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jeudi, février 12 2015

L'école et l'éducation à la citoyenneté

12 02 2015

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgLes meurtriers de Charlie Hebdo et des clients de la supérette casher sont, nous dit-on avec étonnement, « des enfants de la République ».
Ils sont allés à l’école laïque et par définition, ils ont appris à « respecter nos valeurs ». Mais un doute s’insinue : l’école n’a-t-elle pas oublié les enseignements de Jules Ferry ? L’école de la IIIème République avait su « civiliser » les petits sauvages, formater les enfants des paysans émigrés à la ville, pour le travail industriel, le respect de l’ordre établi, l’abandon de leurs patois et la revanche contre l’Allemagne.
Les réactions des élèves lors de « la minute de silence » sont d’abord minimisées, puis les témoignages des enseignants de tous degrés révèlent la gravité du phénomène. L’influence des réseaux sociaux apparaît sans commune mesure avec celle de l’école. Les adolescents et même les enfants commentent avec passion les rumeurs, adoptent les théories du complot.
Un grand désarroi s’empare de nos « élites ». Les plus réactionnaires imaginent le retour aux blouses grises, le salut au drapeau et appellent à la restauration de l’autorité, sapée par mai 68. Ils vont même jusqu’à déférer un enfant de 8 ans au commissaire de police. Les modérés qui sont encore aux commandes, n’imaginent que de nouveaux « enseignements » : de la morale, de la laïcité, du « fait religieux » de la citoyenneté…. mais ils se doutent bien que c’est dérisoire.

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