Ecole, absentéisme, échec scolaire

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lundi, janvier 7 2013

Inégalités scolaires : la France 23ème sur 24 !

7 01 2013

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgEtre à l’écoute d’un système pour qui l’exclusion des élèves au sens large du terme est un mode de régulation ordinaire du fonctionnement de l’école et aussi une façon « disciplinaire » pour les établissements de gérer l’échec scolaire, cela signifie d’abord de comprendre globalement les processus qui engendrent ce phénomène, qu’ils soient d’ordre culturel, économique, social ou scolaire. Cela signifie ensuite d’approcher la mesure de leurs diverses traductions en matière d’organisation et de leurs importances respectives. Enfin, cela signifie de repérer les dispositifs d’écoute et de « remédiation » mis en oeuvre pour lutter contre cette logique.
Il faut toutefois partir d’un constat qui a « la vie dure » : la plupart des enquêtes d’opinion « grand public » mettent en évidence la confiance de la société française dans son école et le sentiment général que le système éducatif offre à tous les enfants les mêmes conditions de réussite scolaire et sociale.
La réalité est beaucoup moins positive...

Illustration : ac-clermont.fr

lundi, septembre 24 2012

Le décrochage scolaire : état des lieux

24 09 2012

Marre_de_l__ecole.jpgDepuis une vingtaine d’années, le décrochage scolaire s’est imposé dans le paysage éducatif français comme le point incontournable de la mesure de son efficacité et de ses performances : ce n’est plus tant la réussite des élèves qui compte que les sorties sans diplômes ou sans qualification. On assiste parallèlement à une inflation des acteurs qui ont investi le dossier, mettant en place des dispositifs, au risque de l’empilement, au risque aussi de perdre les professionnels. Ce dossier numérique de la revue Diversité propose de faire un point sur ces questions complexes, grâce à une vingtaine d’articles articulés en trois parties :
1) Décrochage, déscolarisation : de quoi parle-t-on ?
2) De la difficulté à la rupture scolaire
3) Des parcours et un accompagnement.

Illustration : editions.educagri.fr

samedi, septembre 8 2012

Construisons une formation des maîtres de bon sens

8 09 2012

IUFM.jpgEn 1990, les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ont respectivement remplacé, en ce qui concerne les instituteurs, les écoles normales d'instituteurs qui recrutaient jusqu'alors par concours les titulaires du baccalauréat ; pour les professeurs des lycées et collèges, ces instituts se sont substitués aux centres pédagogiques régionaux (CPR) recrutant jusqu'alors par concours les titulaires d'une licence ; enfin, pour les professeurs des lycées professionnels, ils ont pris la place des Écoles normales nationales d'apprentissage (ENNA).
La façon dont furent créés ces IUFM fut à l'évidence une erreur : en donnant le pouvoir aux agrégés et aux universitaires, on confia le pilotage des IUFM à ceux qui ne connaissaient que peu de chose aux problèmes de l'enseignement primaire et qui cachèrent donc leur incompétence derrière un modèle unique d'apprentissage qui avait "l'immense" intérêt de dégager l'enseignant de ce qui est sa responsabilité première : mettre tout en œuvre pour transmettre des connaissances et former des esprits libres.

dimanche, mai 27 2012

Vers une refonte de l’école ?

27 05 2012

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpg« Et maintenant ? » titre l’Observatoire des Zones Prioritaires (OZP) dans sa lettre du 18 mai 2012 (voir ici). François Hollande l’a affirmé tout au long de sa campagne, l’éducation constituera l’une de ses grandes priorités s’il est obtient la majorité des suffrages. Désormais élu, le nouveau président, avec Vincent Peillon son ministre de l’Éducation nationale et George Pau-Langevin, la ministre déléguée à la Réussite éducative doivent répondre aux attentes immenses que les socialistes ont pu susciter ces derniers mois chez tous ceux qui déplorent le désastreux bilan des années 2000 en matière d’éducation (voir notamment les billets publiés sur ce site avec Stéphane Vaquéro).

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vendredi, mai 18 2012

L’élève : le grand absent des débats politiques

18 05 2012

Image_eleve_titeuf.jpgCe n’est pas faire injure aux partis politiques de constater qu’ils pensent d’abord aux électeurs, aux syndicats d’observer qu’ils pensent d’abord à leurs adhérents… Tous les protagonistes et les responsables vont naturellement s’offusquer de propos aussi négatifs, affirmant haut et fort que l’éducation est leur priorité et que le bonheur de l’élève est au cœur de toutes les promesses. Pourtant, les grandes déclarations des uns et des autres sont toujours très générales, les vrais problèmes ne sont abordés qu’à distance, la démagogie est souvent visible, la crainte de bousculer une opinion publique toujours conservatrice et mal informée est flagrante.
Quand des candidats promettent des moyens et des postes sans condition, ils pensent améliorer et conforter l’existant, ils ne pensent donc pas à l’élève. Même avec 3 ou 5 élèves de moins par classe en moyenne par exemple, si l’on ne change rien en profondeur, on ne changera pas grand-chose pour l’élève.

Photo : parents-saintromain.blogspot.com

jeudi, mai 17 2012

Dispositifs de réussite éducative : bilan et perspectives

17 05 2012

Image_reussite_educative.jpgDe nombreux rapports ont souligné ce qui a souvent été nommé « l’empilement » ou encore « le millefeuille » des dispositifs éducatifs2, initiés tantôt par le ministère de l’Éducation Nationale, tantôt par le ministère de la Ville. Leurs intentions sont différentes, mais les objectifs sont proches, voire identiques : la réussite pour tous, recouvrer un climat et une ambiance scolaire propices à la transmission des savoirs, rénover les méthodes pédagogiques, disposer d’équipements et de moyens humains stables et formés, adaptés aux enjeux et aux résultats attendus. Pour l’Éducation Nationale, la mise en œuvre des dispositifs vise à adapter l’enseignement et les méthodes pédagogiques aux enfants et aux jeunes selon les contextes.
Pour le ministère de la Ville, la mise en oeuvre de ces dispositifs vise à compléter l‘offre existante (CLAS – parentalité – activités artistiques…), à mobiliser plus largement les acteurs de la communauté éducative (PRE) et à assurer une continuité éducative (formation tout le long de la vie). Est-ce que le dispositif de réussite éducative ajoute à la confusion ou a-t-il réussi à trouver sa place dans une vision d’ensemble de la politique éducative locale ?

Photo : reussite-educative-gipnordisere.fr

mercredi, avril 25 2012

Le sombre bilan de Nicolas Sarkozy sur les politiques éducatives

25 04 2012

ecole_4.jpgLe site www.cafepedagogique.net a publié la semaine dernière une compilation de quelques résultats d'évaluation des politiques éducatives sur les cinq dernières années. Les principaux points soulevés sont issus d'enquêtes (CEDRE) et d’organismes (l'OCDE) dont le Ministère de l’Éducation nationale cherche à diffuser les résultats et préconisations, tant en interne à l'administration qu'en externe, auprès des usagers du service public et des électeurs.
Les principales conclusions relatées ne sont pourtant pas toutes flatteuses pour le candidat de l'UMP : accroissement des inégalités de résultats entre garçons et filles, entre enseignement public et enseignement privé ; à la fin du collège, baisse de la part des élèves jugés « forts » et hausse de la part de ceux jugés « faibles ». Selon l'OCDE, le taux de scolarisation a baissé pour les 15-19 ans de 2000 à 2009 alors qu'il a augmenté globalement pour les autres pays étudiés par l'organisme.

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France ! Ton Ecole fout le camp

25 04 2012

Image_ecole_en_danger.jpg62 % des professeurs des écoles débutants estiment que la réussite des élèves est un objectif qui ne peut pas être atteint. Ce malaise éclaire un constat social accablant : un quart des élèves ont des acquis fragiles en fin de CM2 ; un enfant sur cinq redouble au moins une fois avant d'entrer en 6ème ; chaque année, on détecte 35 000 jeunes illettrés. On le martèle suffisamment depuis ces derniers mois : d'après le ministère de l'éducation nationale, 230 000 jeunes ont quitté le système scolaire sans qualification entre juin et octobre 2011. Et puis ces autres chiffres qui certainement expliquent en partie cela : deux millions d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté et 600 000 sont mal logés.
Non ! L'ascenseur social ne fonctionne pas à l'école et celle-ci ne parvient pas à réduire les inégalités. Oui ! On paie cher le résultat d'une gestion dramatique de la question scolaire. Il faut sortir de l'idéologie. Les méthodes ne sont pas de gauche ou de droite. Instituteurs et professeurs devraient jouer un rôle fondamental dans le processus de formation des futurs citoyens.

Illustration : rased-en-lutte.net

mercredi, février 29 2012

Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire

29 02 2012

Logo_liberation.gifLa France, 5ème puissance mondiale, connaît un échec scolaire massif qui se traduit par la sortie du système éducatif de 150 000 jeunes sans diplôme chaque année. Fortement inégalitaire, cet échec scolaire menace la cohésion sociale, à une époque où la réussite scolaire est un sésame de plus en plus indispensable à l'insertion sociale et professionnelle.
Au-delà des chiffres, c'est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l'école, des milliers d'enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la souffrance et nuisent à son efficacité.
Il faut passer d'un système de «sélection» à un modèle de «promotion», d'où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.

jeudi, février 23 2012

La mise en place de l’alternance dès la 4ème : vers une fin du collège unique ?

23 02 2012

Photo_college_insrtitut.math.jussieu.fr.jpgLa mise en place du collège unique est le fruit d’un long processus et a fait l’objet de nombreux débats ces dernières décennies. Il aura fallu plus de vingt ans entre son instauration officielle en 1975 (loi Haby) et sa mise en place effective avec la disparition progressive des paliers d’orientation en fin de 6ème puis en en fin de 5ème au cours des années 1990. Certes, la présence persistante de filières parallèles telles que les sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) rappellent que ce collège unique ne l’est pas tout à fait. Mais, de manière inédite historiquement, la plupart des élèves sont depuis une quinzaine d’années inscrits dans un cursus commun jusqu’en 3ème et (relativement) sous-exposés à l’impératif de « trouver une orientation ». Le décret du 15 février 2012 « relatif aux dispositifs d’alternance personnalisés durant les deux derniers niveaux d’enseignement au collège » réactualise avec force une logique de tri scolaire, dès le début de l’adolescence, qui nous rappelle ce qui fonctionnait encore dans les années 1980. Si certains acteurs issus du monde enseignant ou des représentants des parents d’élèves ont déjà vivement réagi en désapprouvant un texte qui, rappelle l’UNSA (ici), avait été largement rejeté en décembre par le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), la plupart des médias et des formations politiques sont pour l’heure restés muets sur le sujet.

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mardi, janvier 31 2012

L’école commune. Propositions pour une refondation du système éducatif

31 01 2012

Photo_ecole_Marc_Laapage.jpgL’école commune. Propositions pour une refondation du système éducatif, ouvrage collectif du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire (GRDS), éditions La Dispute, 2011.
Cet ouvrage fera date. Beaucoup de livres sur l’école décrivent les symptômes tandis que celui-ci s’attaque aux causes des dysfonctionnements et formule des propositions. 
De plus, il tombe à pic !
Le projet qui réunit des chercheurs professionnels et non professionnels part d’un diagnostic rigoureux, à partir d’indicateurs connus et moins connus. La démocratisation scolaire est en panne, les inégalités scolaires n’ont pas évolué depuis plusieurs décennies et sont plus fortes que ce que supposerait l’amplitude des inégalités sociales. Les écarts culturels et cognitifs entre élèves doublent entre le CP et le CM2 ! Certes, la question des moyens n’est pas ignorée. Mais suffit-il de rétablir les postes supprimés, la carte scolaire, etc. ?

Illustration : Marc Laapage (DR)

mardi, janvier 24 2012

Elections présidentielles : 11 propositions de l’OZP sur l’éducation prioritaire

24 01 2012

Photo_ecole.paquerettes.free.fr.jpgDepuis sept ans, l’éducation prioritaire a beaucoup changé et elle va encore nécessairement beaucoup changer dans les mois qui viennent. L’OZP croit nécessaire de rappeler les principes qui fondent la politique d’éducation prioritaire et de formuler 11 propositions et une interrogation sur le dispositif ECLAIR.
L’éducation prioritaire, là où elle a réellement fonctionné, a réussi des avancées remarquables Beaucoup de RAR (Réseaux ambition réussite) se caractérisent aujourd’hui par le développement de pratiques pédagogiques favorisant la réussite des élèves les moins en connivence avec la culture scolaire. Cependant, le manque de continuité, l’absence de pilotage national et de véritable gestion des ressources humaines et le désinvestissement du champ de la pédagogie ont, dans de nombreuses zones, réduit la politique d’éducation prioritaire à l’attribution de moyens supplémentaires, utilisés pour faire baisser les effectifs des classes. Elle a donc eu peu d’effets positifs susceptibles de contrebalancer l’effet de stigmatisation.

Illustration : ecole.paquerettes.free.fr

samedi, janvier 21 2012

La fabrique et l'usage des chiffres sur l'école sous les feux de la critique

21 01 2012

Photo_ecole_Marc_Laapage.jpgLes discussions et critiques sur la légitimité des chiffres fournis par le gouvernement actuel sont portées par nombre de chercheurs et une partie des journalistes. En marge des thèmes habituellement traités sous cet angle (par exemple la délinquance ou l'immigration), les statistiques sur l'école n'avaient jusqu'alors guère retenu l'attention. Malgré un service statistique sérieux et reconnu, la DEPP (la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance), l'usage fait de ces chiffres par le ministère pose aujourd'hui de plus en plus question. Trois critiques adressées au Ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel ont été relayées par le journal Le Monde dans un article daté du 13 décembre 2011 : des publications démesurément tardives (le rapport sur le rentrée 2010 n'a par exemple été publié que durant l'été 2011), une rétention de certaines statistiques (le nombre annuel de « Notes d'information » est passé, selon Claude Thélot, d'une « cinquantaine par an » à moins de vingt par an depuis 2009), mais aussi, et surtout, des réserves sur la fiabilité des statistiques fournies par le Ministère : le Haut Conseil de l’Éducation (HCE) affirme que « les indicateurs relatifs aux acquis des élèves ne sont pas fiables pour des raisons de méthode ». Cependant le rapport, publié le 14 septembre 2011, montre dans sa structure une vision un peu moins critique que cette phrase extraite ne le laisse entendre.

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jeudi, janvier 19 2012

Les violences physiques sont très rares dans les établissements scolaires du 93

19 01 2012

Photo_nicolasa__patte_flickr.jpgBOBIGNY (AFP) - Les faits de violence physique dans les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis, département à la mauvaise réputation, sont très rares, selon une enquête de l'Observatoire international de la violence à l'école.
Cette première enquête à l'échelle d'un département, menée par le chercheur Eric Debarbieux et financée par le conseil général de Seine-Saint-Denis, a été lancée le 5 décembre et a porté sur 2.318 personnes.
Les violences contre les personnels sont essentiellement verbales et symboliques, les faits de violence physique étant très rares. 44,5% des personnels se déclarent victimes d'injures, 18% de menaces et 13% de vol.
Selon les conclusions de cette enquête, le climat scolaire apparaît majoritairement positif dans le 93 pour 74% des personnes interrogées (enseignants du primaire et du secondaire, proviseurs, surveillants): près de 57% le jugent plutôt bon et un peu plus de 17% bon.

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dimanche, décembre 4 2011

Les inégalités devant l’éducation, une vielle question…toujours d’actualité

4 12 2011

Image_savoir_agir_17.jpgNous sommes au début des années 1960. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron montrent que, loin de bouleverser l’ordre établi en permettant massivement une promotion sociale aux enfants des classes défavorisées, l’Ecole républicaine française contribue largement à la reproduction des inégalités. C’est l’héritage culturel lié au milieu social d’origine qui explique l’essentiel des variations observées dans les parcours scolaires. Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est l’une des grandes questions que pose le dernier numéro de la revue Savoir/Agir dans son dossier consacré à l’éducation coordonné par Romuald Bodin et Louis Weber. La réponse est claire, malgré les deux grandes vagues de massification scolaire, les inégalités devant l’éducation se sont déplacées mais demeurent toujours fortes. Elles se sont même aggravées à certains égards. Ces dernières années, la situation des élèves les plus en difficulté s’est plutôt dégradée tandis que celle des « meilleurs » s’est plutôt améliorée. Avec « les meilleures intentions » en matière d’éducation prioritaire par exemple, on donne toujours finalement moins à ceux qui ont moins. La démocratisation scolaire annoncée n’a globalement pas eu lieu et l’origine sociale constitue encore l’un des déterminants essentiels permettant d’expliquer les trajectoires scolaires différenciées. Et la France se distingue d’ailleurs en la matière, puisque c’est précisément l’un des pays de l’OCDE où les inégalités se sont récemment le plus accentuées et où le milieu social d’appartenance joue le plus dans l’explication des parcours scolaires.

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