Ecole, absentéisme, échec scolaire

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dimanche, janvier 31 2016

Échec scolaire : il faut agir dès la maternelle. À 11 ou 12 ans, il est déjà trop tard

31 01 2016

EDUCATION-RENTREEUne question hante le débat sur l’école, celle de l’échec scolaire et de ses conséquences sociales désastreuses. Les années, les décennies, passent, et rien ou presque ne change. Pourtant le diagnostic existe depuis très longtemps, et les solutions aussi.
En 1966, j’écrivais dans la revue "L’école maternelle" un article présentant les trois volets essentiels du développement des enfants entre 3 et 6 ans : le langage, la psycho-motricité et la socialisation. 50 ans plus tard, au soir de ma vie, je constate que nous n’avons toujours pas réalisé ce progrès décisif. Pourquoi ?
Certes, l’Éducation nationale a compris la nécessité d’agir contre l’échec scolaire. Mais l’on s’y prend mal parce que l’on réagit toujours trop tard.Toutes les tentatives ont échoué parce qu’elles étaient centrées sur le collège. Or, à 11 ou 12 ans, les jeux sont faits depuis longtemps.

Photo : leplus.nouvelobs.com

mercredi, septembre 30 2015

Améliorer le climat scolaire pour lutter contre le harcèlement

30 09 2015

harcelement_scolaire.jpgEn France, le harcèlement concerne 700 000 élèves (soit 12% des écoliers et 10% des collégiens); plus de la moitié des cas se manifeste de façon sévère. C’est le psychologue suédois Dan Olweus qui a, le premier, décrit le phénomène en forgeant le concept de « school bullying » dans les années 1970 : « Un élève est victime de violence ... lorsqu’il est exposé de manière répétée et à long terme à des actions négatives de la part de un ou plusieurs élèves. ». La littérature internationale a, depuis, mis en exergue les conséquences des violences scolaires sur l’équilibre psychologique des élèves, leurs apprentissages et leurs trajectoires sociales et professionnelles à plus long terme. La France s’est emparée assez tardivement de cette question, la traitant d’abord sous l’angle de la délinquance. Les travaux d’Éric Debarbieux (1996, 1999) et de l’Observatoire international de la violence à l’école ont, par la suite, favorisé une compréhension plus fine des formes de violences en milieu scolaire, appréhendées à travers le regard des élèves notamment.

Photo : ouest-france.fr

jeudi, septembre 17 2015

Pourquoi l’école n'est-elle plus un vecteur d’intégration en France ?

17 09 2015

salle_de_classe.jpgLe système éducatif français est l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE. En effet, il ne parvient pas, en dépit des multiples réformes entreprises depuis des décennies, à instaurer l’égalité des chances pour tous les élèves, en particulier pour les enfants immigrés ou issus de l’immigration.
La difficulté à intégrer les enfants issus de milieux défavorisés y est plus nette que dans la plupart des pays de l’OCDE et se traduit par de piètres résultats chez les enfants immigrés et issus de l’immigration qui sont surreprésentés dans ce groupe.
Ces désavantages se traduisent plus tard par une plus grande difficulté pour les enfants d’immigrés à s’insérer sur le marché du travail et à s’intégrer socialement.

Photo : lemonde.fr

mercredi, septembre 9 2015

L'illéttrisme est toujours très important en France

9 09 2015

illetrisme.jpgEn 2011, sur le territoire métropolitain, 2,5 millions de personnes entre 18 et 65 ans ayant été scolarisées en France, soit 7 % de la population, sont en situation d’illettrisme. Au-delà de ce noyau, 22 % des adultes âgés de 16 à 65 ans ont un faible niveau de compétence dans le domaine de l’écrit et 28 % dans le domaine des chiffres, selon l’enquête PIAAC de l’OCDE, publiée en 2013. De manière générale, le niveau moyen des adultes français en lecture et en calcul est parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. La part des adultes dotés d’un niveau faible de maîtrise des compétences en lecture est en France quatre fois plus élevée qu’au Japon et deux fois plus qu’en Finlande.

vendredi, juin 26 2015

L’inégal accès au bac des catégories sociales

26 06 2015

classe_lycee.jpg90 % des enfants d’enseignants entrés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non qualifiés, selon le ministère de l’Éducation nationale. Une partie des enfants issus des milieux populaires accèdent au bac, mais les écarts sont considérables selon les milieux sociaux, notamment du fait de l’influence du niveau de diplôme des parents, dans un système scolaire très académique.
Si l’on observe uniquement le type de bac obtenu par catégorie sociale, les écarts sont tout aussi grands. Parmi les enfants d’ouvriers qui ont eu leur bac en 2012, 31 % l’ont obtenu dans une filière générale, 23 % dans une filière technologique et 46 % dans une filière professionnelle. Chez les enfants de cadres supérieurs, les trois quarts ont eu un bac général, 14 % technologique et 10 % professionnel.

lundi, juin 15 2015

La ségrégation entre les établissement et entre les classes dans les collèges et lycées

15 06 2015

poor_or_rich.jpgEn France, les collégiens et lycéens d'origine aisée comptent en moyenne dans leur classe deux fois plus de camarades également d'origine aisée que les élèves des classes moyennes et populaires. De même, les meilleurs élèves comptent en moyenne deux fois plus de camarades d'un niveau équivalent au leur que les autres élèves. Ces chiffres, qui résument la situation de ségrégation sociale et scolaire de l'enseignement secondaire français, sont inquiétants à deux titres : les différences d'environnements en fonction de l'origine sociale ou du niveau scolaire sont susceptibles d'aggraver les inégalités scolaires; de plus, cet "entre-soi" est un obstacle à l'apprentissage de la citoyenneté et du vivre-ensemble.
L'originalité de cette étude provient de quatre facteurs : 1) elle apporte une analyse à la fois de la ségrégation sociale et scolaire, 2) elle porte sur l'ensemble du territoire français; 3) elle concerne l'ensemble de la scolarité secondaire, de la sixième à la terminale; 4) elle mesure à la fois les disparités entre établissements et entre les classes au sein des établissements.

Illustration : 123rf.com

samedi, avril 25 2015

Pourquoi considérer le décrochage scolaire comme un problème ?

25 04 2015

accroche_toi.jpgPoser aujourd’hui cette question pourrait être considéré comme une provocation. En effet, le décrochage scolaire est devenu en quelques années seulement la principale désignation des problèmes du système éducatif en France. Il semble résumer l’ensemble des manquements de l’école à ses missions. Médias et responsables politiques utilisent de plus en plus le terme « décrocheurs » pour désigner tout à la fois des victimes de l’échec scolaire, des jeunes désocialisés, de futurs chômeurs ou délinquants, voire de possibles terroristes. Pourtant, si on considère le décrochage scolaire comme l’inachèvement d’une scolarité secondaire complète, force est de considérer que le problème ainsi identifié a connu une ampleur bien plus importante par le passé et qu’il diminue tendanciellement dans le temps. En 1980, 39 % des jeunes sortaient de l’école sans diplôme ou avec le seul brevet. Ils sont 16 % en 2009, ce qui est certes beaucoup, mais vraisemblablement amené à diminuer encore. Pourquoi le décrochage scolaire n’était-il pas un problème dans les années 1980 en France ? En quoi est-il aujourd’hui un problème ? Que doit-on attendre d’une action publique dans ce domaine ?

lundi, avril 20 2015

L’université face au décrochage

20 04 2015

banc_de_la_fac.jpg« À l’université, les cas de souffrance au travail se multiplient » (Le Monde, 29.09.14), « Université de Bordeaux : le burn-out après la fusion ? » (Rue 89, 2.04.14), « Le burn-out des labos » (Le Monde, 17.2.14). Le malaise des universitaires s’affiche dans la presse. Témoignant d’un mécanisme dorénavant classique de psychologisation des rapports sociaux de travail , on emprunte le vocabulaire de la psychologie pour relater les difficultés vécues par des travailleurs. Tentant d’objectiver ce phénomène, la presse et les organisations syndicales lancent des sondages sur les conditions de travail des personnels de l’enseignement supérieur. Dans l’enquête en ligne réalisée par Educpros, on peut lire un mécontentement profond lié aux réformes successives de l’université et au sentiment que les mouvements de 2003-2004 (Mouvement d’opposition à la loi d’orientation et de programmation pour la recherche et l’innovation) et de 2007-2009 (Mouvement d’opposition à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités et à la modification du statut des enseignants-chercheurs) n’ont pas été entendus par les responsables politiques.

jeudi, février 19 2015

L’apprentissage de la citoyenneté : une question de volonté et de méthode

19 02 2015

citoyennete.jpgLa citoyenneté ne se décrète pas, elle se construit avec méthode pour être vécue et intériorisée. La citoyenneté ne s’instaure pas au gré des circonstances, si funestes et dramatiques soient elles ; elle se construit chaque jour, patiemment et sans relâche. Il ne saurait y avoir d’injonction efficace à la socialisation, à l’intégration, à l’appropriation des valeurs et des codes. Il ne saurait y avoir d’injonction à la citoyenneté dans une approche simplement coercitive. C’est la connaissance, le partage et l’expérience des valeurs qui en sont le substrat et qui nous aident, à partir de notre diversité, à faire France. Plus que des incantations, il faut donc travailler à rendre concrètes ces valeurs, dans la réalité des conditions de vie de celles et ceux pour qui elle fait peu ou insuffisamment sens. Telle sont les convictions qui animent depuis quinze ans l’association « Éducation et Citoyenneté par le Dialogue ». Son expérience serait plus qu’utile et bénéfique dans un grand nombre de nos quartiers.

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jeudi, février 12 2015

L'école et l'éducation à la citoyenneté

12 02 2015

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgLes meurtriers de Charlie Hebdo et des clients de la supérette casher sont, nous dit-on avec étonnement, « des enfants de la République ».
Ils sont allés à l’école laïque et par définition, ils ont appris à « respecter nos valeurs ». Mais un doute s’insinue : l’école n’a-t-elle pas oublié les enseignements de Jules Ferry ? L’école de la IIIème République avait su « civiliser » les petits sauvages, formater les enfants des paysans émigrés à la ville, pour le travail industriel, le respect de l’ordre établi, l’abandon de leurs patois et la revanche contre l’Allemagne.
Les réactions des élèves lors de « la minute de silence » sont d’abord minimisées, puis les témoignages des enseignants de tous degrés révèlent la gravité du phénomène. L’influence des réseaux sociaux apparaît sans commune mesure avec celle de l’école. Les adolescents et même les enfants commentent avec passion les rumeurs, adoptent les théories du complot.
Un grand désarroi s’empare de nos « élites ». Les plus réactionnaires imaginent le retour aux blouses grises, le salut au drapeau et appellent à la restauration de l’autorité, sapée par mai 68. Ils vont même jusqu’à déférer un enfant de 8 ans au commissaire de police. Les modérés qui sont encore aux commandes, n’imaginent que de nouveaux « enseignements » : de la morale, de la laïcité, du « fait religieux » de la citoyenneté…. mais ils se doutent bien que c’est dérisoire.

samedi, décembre 20 2014

Atlas des risques sociaux d'échec scolaire

20 12 2014

carte_de_france.jpgLes facteurs d’échec scolaire et tout particulièrement de sortie précoce de l’enseignement secondaire sont à la fois nombreux et intriqués. S’il est admis qu’ils peuvent se cumuler ou se combiner tout au long du cursus scolaire (Afsa, 2013), du point de vue du processus biographique, il restait à en dessiner une image territorialisée au regard, cette fois, du contexte spatial. Les choix méthodologiques seront tout d’abord présentés, puis les résultats d’ensemble d’une analyse multivariée et d’une typologie ainsi que les premiers éléments de cartographie seront exposés. L’essentiel de cette étude est ensuite constitué d’une suite de cartes commentées par académie.
L’option ici privilégiée consiste à ne retenir que des éléments de contextes territoriaux susceptibles d’agir sur les deux registres de l’échec scolaire et de l’orientation dans ce que certains ont appelé une approche écologique de l’éducation.

dimanche, décembre 14 2014

Faut-il en finir avec les notes (à l'école) ?

14 12 2014

notes_a_l__ecole.jpgPrévue pour la fin de l’année 2014, la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves a « pour mission d’élaborer des recommandations sur l’évolution du système d’évaluation des élèves ». Depuis plus d’un demi-siècle, des chercheurs de différentes disciplines ont mené des centaines de recherches utiles aux réflexions menées sur les pratiques d’évaluation des élèves. Cette contribution présentera d’abord un certain nombre de conclusions scientifiques avérés et proposera des changements souhaitables, eu égard aux résultats de la recherche.
Les recherches sur la notation, menées depuis plusieurs dizaines d’années, aboutissent à au moins cinq résultats consensuels dans la communauté scientifique.

Illustration : lewebpedagogique.com

jeudi, novembre 20 2014

Aspirations scolaires et lutte contre le décrochage : accompagner les parents

20 11 2014

enfant_fatigue.jpgInterrogés en fin de collège, la très grande majorité des parents d’élèves de troisième pensent que leur enfant obtiendra le baccalauréat, y compris quand ses résultats scolaires et ses chances de réussir au lycée sont en réalité très faibles. De fait, parmi les élèves les plus en difficulté et les plus exposés au décrochage, très peu envisagent la possibilité de l’apprentissage ou d’une formation professionnelle courte au lycée, ce qui reflète le déficit d’image de ces formations en France. Dans le cadre d’une expérimentation menée dans des classes de troisième dans l’académie de Versailles, nous montrons que deux réunions spécifiques entre le principal du collège et les parents des élèves les plus faibles suffisent à faire évoluer très sensiblement les projets des familles et à élargir le spectre des orientations envisagées. Un tel ajustement des aspirations s’accompagne par la suite d’une importante réduction du décrochage scolaire, au profit de scolarités sans redoublement dans les centres d’apprentissage ou les lycées professionnels. Deux ans après cette intervention très simple, le décrochage qui est de 20% dans cette population d’élèves est ramené à 15%.

vendredi, septembre 19 2014

« Marre de l'école » : les motifs de décrochage scolaire

19 09 2014

enfant_fatigue.jpgDepuis plusieurs années, la question du décrochage scolaire a fait l’objet de nombreuses recherches visant à lister les facteurs de décrochage, à repérer les élèves « à risque » ou encore à évaluer les politiques et les dispositifs mis en oeuvre pour y remédier. Les études interrogeant directement les jeunes sur les raisons de leur décrochage sont plus rares, en dehors des recherches qualitatives qui établissent des portraits de décrocheurs et dégagent le processus conduisant à cette rupture de scolarité. Qu’est-ce qui amène les jeun es à interrompre, au moins temporairement, leurs études : l’envie de rejoindre la vie professionnelle des difficultés personnelles ou financières, des relations conflictuelles au sein de l’établissement, une formation non choisie, etc. ? Autant de raisons régulièrement évoquées par les enseignants et les professionnels des missions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) ou des missions locales, sans qu’il soit toutefois possible d’établir la fréquence des motifs et de les associer aux caractéristiques sociales et scolaires des jeunes. Une recherche conduite entre mai et juin 2013 auprès de 1155 jeunes ayant interrompu leurs études secondaires tente d’apporter des éléments de réponse en dressant une typologie des principales raisons du décrochage directement évoquées par les jeunes concernés.

lundi, septembre 8 2014

Supprimer les allocs ? L'évolution du contrôle de la fréquentation scolaire

8 09 2014

allocations_familiales.jpgAu cours des années 2010-2013, les controverses autour du traitement de l’absentéisme scolaire ont été particulièrement exacerbées suite à la promulgation de la « loi Ciotti » en septembre 2010, et ce jusqu’à son abrogation début 2013. Il s’agit d’une étape significative de l’histoire longue et mouvementée du traitement du manquement à l’obligation scolaire. La loi portée par Éric Ciotti, député UMP (Union pour un mouvement populaire) et spécialiste des questions de sécurité, était destinée à lutter contre les troubles occasionnés par certains jeunes, dont les absentéistes, et à responsabiliser les parents par l’instauration d’une échelle de mesures incluant le contrat de responsabilité parentale et la suspension des allocations familiales. Ce texte réhabilitait, à sa façon, une sanction conçue en 1959 consistant à stopper le versement des allocations familiales (peu appliquée) ; ce faisant, il annulait les dispositions issues du rapport Machard (2003) et celles de la loi du 2 janvier 2004 relative à l’accueil et à la protection de l’enfance qui supprimaient toute sanction par le biais des allocations familiales. En dix ans, le législateur a changé trois fois de directives. Comment comprendre ces revirements ?

Photo : midilibre.fr

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