Ecole, absentéisme, échec scolaire

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jeudi, février 8 2018

Éducation nationale : conservatisme ou réforme chez le nouveau ministre ?

8 02 2018

Logo_FCPE.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais Jean-Michel Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. Jean-Michel Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

dimanche, octobre 29 2017

La nouvelle idéologie scolaire

29 10 2017

Maitre_eleve_a_l-ancienne.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer est un des ministres les plus en vue de l’ère Macron qui vient de s’ouvrir. Il multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais M. Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. M. Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

Photo : laviedesidees.fr

samedi, octobre 7 2017

Le décrochage scolaire : une question politique

7 10 2017

Logo_FCPE.jpgFace au désenchantement actuel sur les politiques publiques et sur leurs effets dans la lutte contre les inégalités, il est un domaine où malgré tout les autorités semblent pouvoir se targuer de résultats positifs : c’est celui de la lutte contre le décrochage scolaire. Si on se réfère à l’indicateur du « taux de sortants précoces » publié par l’Union européenne, la part des jeunes de 18 à 24 ans en situation de décrochage est passée en France de 12,8 % en 2007 à 8,8 % en 2016. Il y a là une forme de paradoxe. Les responsables des politiques publiques désignent aujourd’hui le décrochage scolaire comme un problème majeur, alors qu’il concerne bien moins de sortants du système éducatif que par le passé. Pourquoi le décrochage scolaire n’était-il pas un problème dans les années 1980 ? En quoi est-il aujourd’hui un problème ? Que nous dit cette évolution sur les politiques éducatives d’aujourd’hui ?

mercredi, septembre 6 2017

Vers une politique scolaire et de droite... et de droite

6 09 2017

Jean-Michel_Blanquer.JPGIl est important, dans les débats sur l’école, de bien distinguer les discours libéraux et les discours conservateurs. L’analyse du discours, des propositions et des premières mesures de Jean-Michel Blanquer confirme la nécessité de cette grille d’analyse. Toute une partie de son discours vise à caresser dans le sens du poil les tenants de l’approche conservatrice. Par exemple la distribution aux élèves des Fables de La Fontaine (auteur injustement instrumentalisé par les tenants du retour en arrière en matière éducative) est saluée à droite. Alain Finkielkraut (inlassable contempteur de la pédagogie) apporte son soutien au ministre et à son directeur de cabinet qui veut « restaurer les grands textes patrimoniaux dès le plus jeune âge ».

Photo : lemonde.fr

dimanche, avril 23 2017

Pour réduire les inégalités à l’école, repenser le rapport au savoir

23 04 2017

ecole.pngDe nombreuses pistes ont été explorées quant à la lutte contre ces inégalités : réduire de façon ciblée la taille des classes, lutter contre la ségrégation voire l’apartheid scolaire, combattre les inégalités économiques (notamment les inégalités d’accès au logement), s’opposer à la logique de concurrence des marchés scolaires (entre établissements). Les pistes d’action sont bien connues, ne manque que la volonté politique.
Il existe une piste rarement évoquée, celle des inégalités d’apprentissage liées à la façon dont le rapport au savoir se construit. Il faut tout d’abord penser l’école pour celles et ceux qui, pour l’essentiel, n’ont que l’école pour apprendre les savoirs formels. Les activités d’apprentissage doivent être conçues pour que l’école fournisse à tous les élèves les moyens de les réussir.

Illustration : ac-grenoble.fr

mercredi, avril 19 2017

Les devoirs à la maison : un facteur d’inégalité supplémentaire

19 04 2017

Enfants_allant_a_l__ecole.jpgUn rapport de l’Inspection générale le rappelait en 2008, la réglementation en matière de travail hors la classe au niveau du primaire est ambiguë. Les textes officiels qui s’y réfèrent depuis plus d’un demi siècle autorisent des interprétations très variables. Le premier facteur à prendre en compte si l’on veut comprendre ce « flottement » du cadrage officiel se situe au niveau de la définition même des devoirs.
Dans les différentes circulaires relatives au sujet depuis 1956, ceux-ci sont synonymes de travaux écrits. Une telle partition entre ce qui est supposé relever de l’oral ou de l’écrit laisse sans réponses toute une série de questions sur ce qu’implique par exemple « réviser une leçon » : faut-il reconstruire un plan, faire un résumé, surligner les mots-clefs, réaliser des schémas, etc. ?

Illustration : ac-grenoble.fr

mercredi, mars 22 2017

L’exclusion temporaire au collège : une déscolarisation instituée ?

22 03 2017

Logo_FCPE.jpg« L’exclusion temporaire, c’est vrai que ça ne marche pas vraiment, mais je crois qu’on l’utilise beaucoup ». Monsieur M., chef d’établissement, illustre par cette seule phrase le constat partagé par nombre de ses collègues sur les usages liés à cette sanction qui marque l’éviction provisoire d’un élève de son établissement, pour une durée de trois à huit jours maximum. Ces sanctions se distinguent des exclusions de classe perçues comme moins dures sur l’échelle des sanctions, puisque l’élève reste physiquement dans l’établissement, au contraire des exclusions temporaires où l’accueil en interne est rare.
L’enquête sur laquelle nous nous appuyons est née d’observations récurrentes dans plusieurs établissements de la région parisienne : l’exclusion temporaire y est massivement utilisée, sans toujours que les personnels qui décident d’en faire usage mesurent ses proportions.

samedi, février 25 2017

Comment se construisent les inégalités scolaires au fil des trajectoires des élèves ?

25 02 2017

ecole.pngLes dernières données nationales permettant de suivre un échantillon représentatif des élèves de la 6e vers le baccalauréat révélaient, en 2005, que 87 % des enfants d’enseignants obtiennent ce diplôme, contre seulement 39 % des enfants d’ouvriers non qualifiés. Partant de ce constat, Joanie Cayouette-Remblière s’est proposé de suivre au plus près les parcours scolaires de deux cohortes d’élèves, de leur entrée au collège jusqu’à leur éventuel accès au baccalauréat. Les résultats de ce travail permettent de voir que, loin d’être données, ces inégalités se construisent, pas à pas, au sein du système scolaire.

Illustration : ac-grenoble.fr

mercredi, octobre 26 2016

Cybersexisme à l’école : quels enjeux sociaux et éducatifs ?

26 10 2016

cybersexisme.jpgDepuis le début des années 2010, les cyberviolences commencent à émerger en tant que préoccupation sociale à la fois dans les médias, les écoles, les familles. Plusieurs enquêtes montrent une pratique marquée de cybersexisme à l’égard des filles dans les collèges. Pourquoi et comment ? C’est tout l’enjeu de la première étude française réalisée par une équipe de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention de l’Université Paris-Est Créteil, au cours de l’année 2015-2016 dans 12 établissements répartis dans les trois académies franciliennes auprès de jeunes de 12 à 16 ans des classes de 5e à 2nde. Cette enquête a servi d’étayage scientifique à la campagne de lutte contre le cybersexisme lancée en septembre 2016 en France.

lundi, octobre 10 2016

Le débat sur l’école : une droite, deux gauches ?

10 10 2016

ecole.pngLe constat des difficultés de l’école est assez peu discutable : situation d’échec d’un nombre important d’élèves dès l’école primaire, creusement des inégalités au collège, tri social explicite à partir du lycée où l’enseignement professionnel et, dans une certaine mesure l’enseignement technologique, sont utilisés comme voie de relégation pour les élèves en difficulté.
Face à cette situation, les attentes à l’égard de l’école sont très fortes (surtout dans les milieux populaires) et parfois déçues. C’est sur cette déception et sur la construction médiatique de la « crise de l’école » que jouent notamment les responsables politiques, ainsi que divers groupes de pression qui préconisent des réformes de l’école et parfois (pour ceux qui exercent le pouvoir) tentent de les mettre en œuvre.

mardi, septembre 27 2016

L'école française est-elle devenue la plus inégalitaire des pays développés ?

27 09 2016

ecole.pngLe Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO) publie un rapport d'où il en ressort que les premières responsables du creusement des inégalités sont les politiques scolaires elles-mêmes avec, notamment, une politique d'éducation prioritaire qui enfonce aujourd'hui plus qu'elle n'aide les élèves défavorisés. Le CNESCO pense aussi que les enfants d'immigrés souffrent de discrimination négative.
Vingt-deux équipes de recherche, françaises et étrangères, y ont collaboré, mêlant plusieurs disciplines – sociologues, économistes, psychologues, didacticiens, etc. Au centre de leurs recherches, l'aggravation des inégalités à l'école française entre 2000 et 2012.

Illustration : ac-grenoble.fr

lundi, septembre 5 2016

Refonder enfin l’école

5 09 2016

Image_ecole_ac-clermont.fr.jpgDès l’entrée en cours préparatoire, l’avantage des enfants de milieu favorisé est net dans les compétences qui vont être mobilisées dans l’apprentissage de la lecture (reconnaissance des lettres, maîtrise des concepts liés au temps…), parce que ces capacités ont fait l’objet d’apprentissages familiaux largement informels. Ces inégalités découlent non seulement de la diversité des pratiques éducatives des familles et de leur impact sur le développement cognitif et langagier de l’enfant, mais aussi des conditions matérielles de vie ; ainsi le surpeuplement du logement affecte significativement les difficultés scolaires. Pour contrer ces inégalités sociales précoces qui plombent tout le cursus ultérieur, deux grandes directions doivent être suivies.

mercredi, juillet 6 2016

Plaidoyer en faveur de l’école primaire et de l’apprentissage

6 07 2016

Enfants_allant_a_l__ecole.jpgLa France dépense beaucoup pour l’éducation, mais le niveau scolaire de ses élèves de 15 ans est médiocre, les décrocheurs sont nombreux, les entreprises ne trouvent pas les personnes qualifiées qu’elles voudraient recruter. L’école française est une des plus inégalitaires au monde, le succès y dépend surtout du niveau culturel et économique des parents. Si les inégalités sont patentes dès le collège, c’est à l’école primaire qu’elles se forment et que l’on peut agir efficacement pour y remédier. Par ailleurs, le système scolaire privilégie les savoirs abstraits et dévalorise de ce fait les élèves qui pourraient s’épanouir si les enseignants montraient plus de considération pour les intelligences pratiques, les formations professionnelles et la transmission individualisée que permet l’apprentissage.

Illustration : ac-grenoble.fr

dimanche, juin 19 2016

Un bilan officiel très mitigé de la réforme des rythmes scolaires

19 06 2016

Le-bilan-de-la-reforme-des-rythmes-scolaires.jpgC’était une promesse du gouvernement : très vite, il rendrait public le bilan des effets de la réforme des rythmes scolaires – celle qui a inauguré le quinquennat sous un jour polémique – sur les apprentissages. Car c’était bien l’objectif premier de cette réforme : améliorer la réussite de tous les élèves en se rapprochant des « standards internationaux » : journées allégées, semaines mieux rythmées, année moins tassée…
La gauche a-t-elle voulu aller trop vite ? Deux ans après la généralisation de la semaine de 4,5 jours d’école, le rapport des inspections générales sur son « efficacité pédagogique » le laisse penser. Il a été rendu public dans le sillage d'autres enquêtes sur la fatigue des enfants et sur l’organisation des activités périscolaires. Ensemble, ces travaux brossent un tableau très mitigé de la situation.

samedi, juin 4 2016

En finir avec la xénophobie : enseigner l'arabe comme les autres langues vivantes étrangères

4 06 2016

Apprentisage_de_l__arabe.jpgL’arabe n’est pas un idiome minoritaire. C’est la langue officielle de 26 États, soit 430 millions d’habitants. Elle est enseignée en France à l’Institut national des langues et civilisations orientales depuis 1795. L’agrégation d’arabe a été créée en 1905. Mais la décolonisation et l’arrivée de nombreux Maghrébins en France depuis les années 1960 a changé le profil des locuteurs. L’arabe est devenu la langue d’origine de populations d’immigrés, comme le portugais. C’est à ce titre qu’elle est a été intégrée au système d’enseignement de langue et culture d’origine (ELCO). Mais si pour certaines langues comme l’espagnol, le système d’ELCO était devenu marginal par rapport à l’enseignement de la langue vivante classique, c’est loin d’être le cas pour l’arabe. Résultat : les parents qui souhaitent que leur enfant apprenne l’arabe doivent se tourner vers le secteur associatif, les mosquées ou les institutions communautaires. C’est donc l’absence d’enseignement de l’arabe par l’État qui engendre un risque de communautarisme, et non le contraire.

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