Partenariats locaux

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mardi, avril 1 2014

Les éducateurs de rue ont toute leur place dans le partenariat local de sécurité

1 04 2014

prevention_specialisee.jpgFace aux nombreuses menaces qui pèsent sur l’avenir de la prévention spécialisée, vous estimez, dans une étude de terrain publiée en février 2014, que son avenir passe par sa contribution aux politiques locales de sécurité et de prévention de la délinquance. Contribution longtemps rejetée par les éducateurs de rue qui mettent en avant leurs missions socio-éducatives. En tant que sociologue, comment en êtes-vous arrivée à cette conclusion ?
Je rappelle tout d’abord que cette étude répond à une demande formulée par l’Association Départementale pour le Développement des Actions de Prévention des Bouches du Rhône (ADDAP13), qui est aujourd’hui le plus gros club de prévention spécialisée en France. Cette association, connue pour ses réflexions sur les pratiques professionnelles et les enjeux de la « prèv’ », a exprimé de fortes inquiétudes quant au rôle des éducateurs de rue aujourd’hui, le sens de leurs missions et au final, leur existence même, au vu des injonctions croissantes des politiques locales de sécurité.

Photo : lesmetiers.net

lundi, juillet 15 2013

Une "stratégie nationale de prévention de la délinquance" classique

15 07 2013

reunion_de_travail.jpgSi le contenu de la stratégie nationale de prévention de la délinquance était déjà connu depuis plusieurs mois, la version officielle se faisait attendre. Désormais entérinée par le Premier ministre, cette stratégie nationale a été mise en ligne le 8 juillet 2013 sur le site web du secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD), son principal rédacteur. Elle prend le relais du plan national de prévention de la délinquance et d’aide aux victimes.
Cette stratégie liste 3 grands “programmes d’actions”, qui apparaissent comme les 3 priorités du gouvernement pour prévenir la délinquance : la délinquance des mineurs ; les violences faites aux femmes et l’aide aux victimes ; la création d’un schéma de tranquillité publique qui recensera notamment les équipements en vidéosurveillance et les dispositifs de médiation en place. La philosophie affichée de cette stratégie est celui du partenariat local.

Illustration : atousante.com

dimanche, juin 16 2013

A Orléans, on verbalise l'ennui et l'incivisme

16 06 2013

photo_republique_du_centre.jpegLa semaine dernière, deux jeunes ont été verbalisés à La Source, en vertu de l'arrêté anti-bivouac, pris en avril dernier par la mairie. L'un aux abords de la place Ernest-Renan, l'autre dans le centre commercial Bolière 3.
Après les passages des agents « blousons verts » du service prévention-médiation, les policiers municipaux sont à pied d''uvre dans le secteur depuis une dizaine de jours. « On a fait monter la pression », commente Florent Montillot, maire adjoint (UDI) à la tranquillité publique. « On espère décourager les délinquants », opine Michel Languerre, adjoint (UMP) délégué au quartier.
Depuis quelques mois, l'étroit passage entre la supérette et le centre commercial de la Bolière 3 est devenu le théâtre d'un face à face entre une jeunesse oisive et une clientèle apeurée, jusqu'ici "épargnée" par la vision de ces jeunes qui s'ennuient.

vendredi, février 15 2013

Partenariat local : quelle implication des magistrats ?

15 02 2013

Image_juge_Plantu.jpg La diversité des pratiques est encore indéfectiblement liée au contexte institutionnel local. L’action du parquet s’inscrit dans un environnement complexe, dans un système impliquant de multiples services de l’Etat, mais aussi de nombreux acteurs extérieurs (associations, collectivités locales, professionnels de santé, etc.), tous étant placés en situation d’interdépendance. Entre autres exemples, le volume et la nature des affaires poursuivables ne découlent pas uniquement de la structure locale des délinquances. Ils résultent au moins partiellement des mécanismes de sélection des affaires, des priorités poursuivies par les services de police et de gendarmerie, elles-mêmes diverses sur le territoire. Les initiatives des parquets sont également tributaires des ressources locales, du nombre d’associations ou de partenaires extérieurs, indispensables à la diversification qualitative des alternatives aux poursuites ou à l’emprisonnement. Les finalités, le déroulement et le contenu des réponses pénales diffèrent donc selon les opérateurs mobilisés, leurs ethos professionnels et les marges de manœuvre qui leur sont concédées.

Illustration : Plantu - Le Monde

lundi, février 11 2013

Le statut et la formation des coordonnateurs de CLSPD en question

11 02 2013

Photo_Chris-Havard_Berge_flickr.jpgDans une résolution adoptée le 30 janvier 2013, les élus du Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU), qui réunit pas loin de 130 collectivités de droite et de gauche, proposent de remplacer l’actuelle filière « sécurité » de la Fonction Publique Territoriale (destinée actuellement aux seuls policiers municipaux) par une « filière prévention-sécurité » beaucoup plus large. Cette nouvelle filière rassemblerait « de manière non exhaustive, les agents de polices municipales, les agents de surveillance de la voie publique, ainsi que les coordonnateurs CLSPD/CISPD, les directeurs sécurité prévention, les ingénieurs et techniciens de la prévention des risques, les opérateurs de vidéosurveillance, les opérateurs radio, les agents locaux de médiation sociale, les correspondants de rue, ou encore, les correspondants ville – Justice ».

Illustration : Chris-Havard Berge - flickr - licence cc

jeudi, novembre 29 2012

La coproduction de sécurité face à ses vieux démons

29 11 2012

Logo_Gazette_des_communes.pngMais de quoi souffrent donc les partenariats locaux de sécurité ? Dix ans après le remplacement des conseils communaux de prévention de la délinquance, jugés inefficaces, par des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), le partenariat local serait de nouveau grippé. C’est du moins ce qu’affirment bon nombre d’experts et de professionnels qui observent, à l’instar de Michel Marcus, délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine, un « échec de la contractualisation ».
« Si quelques sites offrent des exemples de collaborations réussies, d’échanges interinstitutionnels réguliers et constructifs, les dispositifs de concertation n’ont généralement modifié qu’à la marge les modes relationnels entre les acteurs », confirme Virginie Gautron , maître de conférences à l’université de Nantes, qui déplore la transformation des assemblées plénières en « grand-messes », l’absentéisme des partenaires et la pauvreté des débats. Autant de dysfonctionnements que les CLSPD, lors de leur création, avaient vocation à régler. En vain. De plus, souligne-t-elle, « les deux tiers des conseils locaux ne se réunissent qu’une ou deux fois par an et les dispositifs partenariaux sont en sommeil dans de nombreux sites ». Un constat corroboré par de nombreux professionnels, au premier rang desquels les « coordonnateurs » chargés d’animer les CLSPD auprès du maire.

vendredi, octobre 19 2012

Réforme territoriale : un état des lieux

19 10 2012

mairie.jpgTrente après l’adoption des lois Defferre, qu’en est-il de la décentralisation ? C’est à cette question que s’efforce de répondre ce dossier de Métropolitiques. Ces vingt dernières années semblent, en effet, marquées par une accélération de l’histoire. Les collectivités locales auraient vécu une « révolution silencieuse ». La France s’est couverte de nouvelles intercommunalités présentées comme plus « intégrées ». La fonction publique territoriale a vu ses effectifs « exploser » et son statut sensiblement bouleversé. Sont aussi remises en cause, dans un contexte de dépression financière et économique, les missions territoriales de l’État providence, adossées à celles des collectivités locales, partenaires obligés des politiques de régulations sociales depuis le XIXe siècle.
La réforme territoriale qui s’engage aujourd’hui pourrait redessiner la carte des pouvoirs locaux en France. À l’heure de décider de l’organisation, du mode de désignation, des attributions et du financement futurs des collectivités territoriales, un retour sur l’histoire et les évolutions récentes de ces institutions locales s’impose.

dimanche, septembre 2 2012

Associons les communes à la politique de sécurité

2 09 2012

hotel_de_ville_Amiens.jpgLa sécurité ne relève plus de la seule responsabilité de l'Etat. Les collectivités locales occupent une place centrale. Les élus locaux se retrouvent en première ligne, confrontés à la colère des victimes et à la demande croissante de sécurité de leurs administrés. Mais les communes concourent à la production de la sécurité en tant qu'aménageurs, opérateurs, gestionnaires de services publics et employeurs. Ainsi, nous avons observé une implication réelle des villes, venant souvent pallier des carences étatiques, en finançant des polices municipales, des médiateurs, de la vidéosurveillance, etc. Le législateur est venu confirmer cette tendance en 2007 en érigeant le maire au centre de la prévention de la délinquance et en faisant du partenariat un incontournable.
Cependant il apparaît que l'Etat, d'une part, continue à se comporter comme donneur d'ordres alors que les communes financent les choix définis en hauts lieux – renforcement des prérogatives des policiers municipaux et promotion aveugle de la vidéosurveillance – et, d'autre part, qu'il se désinvestit avec l'application de la RGPP dans la police nationale et la gendarmerie. Or, une politique de prévention et de sécurité ne peut plus se concevoir uniquement à Paris. Pour autant, les élus locaux ne pourront obtenir des résultats seuls en dépit de leurs efforts.

Illustration : emblemes.free.fr

vendredi, août 3 2012

L’Observatoire régional de la délinquance : enjeux locaux et nationaux

3 08 2012

Image_expertise.jpgDans ses derniers discours, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé qu'il réfléchissait au moyen de renforcer l'indépendance de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Et dans le même temps, la commission des lois de l'assemblée nationale, présidée par Jean-Jacques Urvoas, a constitué une Mission d'information "sur la mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences". Ce sont de bonnes nouvelles.
Pour nourrir ces débats, on signale que nous avons publié dans le dernier numéro de la Revue de science criminelle un article présentant le fonctionnement de l'Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS) en région PACA. En effet, en le créant, nous avons souhaité démontrer qu’il est non seulement nécessaire mais de surcroît relativement aisé de concevoir et de faire exister une structure d’analyse indépendante sur les questions de délinquance, qui rende de réels services aux collectivités territoriales et aux administrations concernées. Notre critique vise clairement l’ONDRP et à certains égards, plus largement encore, l’Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) dont il fait partie.

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Zones de sécurité prioritaire : les partenaires locaux en première ligne

3 08 2012

Panneau_priorite.jpgA défaut d’en connaître la localisation, la mise en œuvre des 15 premières zones de sécurité prioritaires (ZSP), annoncées le 31 juillet par le ministère de l’Intérieur, se précise. Une circulaire datée du 30 juillet détaille le fonctionnement de ces zones qui seront déployées dès le mois de septembre.
Selon la circulaire, ces ZSP « correspondent à des territoires ciblés dans lesquels des actes de délinquance ou d’incivilités sont structurellement enracinés ». Précisément, elles « ne couvriront pas forcément des espaces homogènes à travers le pays, et pourront tout à la fois concerner des cités sensibles soumises à des épisodes récurrents de violences urbaines, des centres-villes dont la physionomie est dégradée en raison de nuisances diverses, ou encore des zones périurbaines ou rurales ».
L’ambition affichée est d’apporter « des réponses adaptées aux problématiques locales ». Selon le texte, les actions conduites dans le cadre de ces ZSP devront « être concentrées sur un nombre restreint d’objectifs, clairement identifiés qui pourraient recouvrir, sans être exhaustif, l’économie souterraine, les trafics de stupéfiants et d’armes, les violences acquisitives, les cambriolages, les regroupements dans les parties communes d’immeubles d’habitation, les nuisances de voie publique et autres incivilités ».

samedi, février 4 2012

La sécurité n'est pas qu'une affaire de police !

4 02 2012

Photo_Chris-Havard_Berge_flickr.jpgL'insécurité est-elle réductible par l'occupation des quartiers pauvres par des forces policières ? Ce que Nicolas Sarkozy a essayé de faire pendant des années avec les résultats négatifs que l'on connaît, pourquoi François Hollande le réussirait-il avec des compagnies de CRS et de gendarmerie mobile s'installant pendant des mois dans ces "zones à sécuriser" ? Fait-on de la police de qualité avec des policiers habitant à des centaines de kilomètres de leur lieu de travail ? Fait on de la police de proximité avec une police d'ordre et de contrôle d'identité ?
La sécurité n'est pas une affaire de police, elle est l'affaire de tous les porteurs des politiques de développement social, culturel, éducationnel travaillant avec l'appui de la police et de la justice. Il est temps de renverser le centre de gravité de la pyramide et de ne plus instituer la police comme l'alfa et oméga de notre politique de sécurité.

Illustration : Chris-Havard Berge - flickr - licence cc''

mardi, octobre 18 2011

Des élus locaux au cœur du partenariat de prévention et de sécurité ?

18 10 2011

Photo_echarpe_tricolore.jpgLe champ de la prévention de la délinquance et de la sécurité est très politisé, ce qui entraine un certain décalage entre la théorie (les textes officiels) et la réalité. Si la gouvernance de sécurité se localise progressivement et consacre depuis la loi du 5 mars 2007 le maire comme pivot de la prévention et de la sécurité sur le territoire de sa commune, il n’en va pas de même en terme de lisibilité et de volonté. En réalité, l'État impulse et dirige toujours les orientations générales et oblige les édiles locaux à s'y conformer, lors même que ce sont souvent eux qui disposent d'une large partie des outils nécessaires à la mise en œuvre de ces politiques, c’est-à-dire des moyens financiers et humains.
L’État central impulse donc à distance mais est aussi présent sur le local au travers de ses représentants locaux et de ses agents déconcentrés. L’objectif final n’est pourtant pas une véritable coproduction de sécurité mais bien plutôt un désengagement progressif en terme de responsabilité avec la mise en avant des maires, sans pour autant répondre toujours à une demande de ses derniers et par ailleurs sans leur conférer une véritable autonomie d’intervention. C'est ce que démontre l'étude de terrain réalisée ici sur le cas du CISPD de l'agglomération de Béziers.

jeudi, juillet 14 2011

Le travail social déboussolé

14 07 2011

Image_livre_Chauviere.gifEn gros, le travailleur social a la spécialité d’aller au contact de ceux qui souffrent, qui sont dans le besoin ou qui nécessitent un accompagnement particulier, selon une éthique qui lui est propre et avec des méthodologies empruntées au meilleur des sciences humaines. 
Il est financé soit par l’impôt soit par les organismes de protection sociale et, très marginalement, par les intéressés (sauf personnes âgées).
Cette activité-là constitue à n’en pas douter un progrès considérable dans la mise en œuvre concrète de la solidarité nationale en direction des plus vulnérables et un outil nécessaire au « vivre ensemble » et au « faire société ». En ce sens il exécute une mission de service public, même lorsque plus de 70 % des employeurs sont des associations. L’intérêt général a guidé cette lente édification, impliquant des droits, des institutions pérennes, une recherche permanente du meilleur pour les personnes et des actes de métier, difficilement remplaçables, sauf à revoir à la baisse l’objectif séculaire de qualité.
Or, ce travail social-là connaît aujourd’hui une longue période de difficulté.

lundi, février 21 2011

LOPPSI 2: une nouvelle restriction au secret professionnel

21 02 2011

Photo_chuchotement_par_cravaux_sur_flickr.jpgLa loi Perben de 2004 puis celle relative à la prévention de la délinquance de mars 2007 avaient déjà beaucoup restreint le champ du secret professionnel. La première visait à faciliter les réquisitions des dossiers sociaux dans le cadre des enquêtes de flagrance. La seconde prévoyait plus largement le partage d’informations entre les professionnels de l’action sociale et les maires, mais aussi entre ces derniers et les procureurs.
La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2) marquera probablement une nouvelle restriction au secret professionnel et plus largement à la vie privée. Outre la généralisation des « conseils des droits et devoirs des familles », elle étend le champ d’application du « contrat de responsabilité parentale » mise en œuvre par les conseils généraux.

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lundi, octobre 25 2010

Les responsables locaux fustigent le plan national de prévention de la délinquance

25 10 2010

Image_gratuite.jpg Un an après son lancement, en grandes pompes, par le gouvernement, le plan national de prévention de la délinquance et d’aides aux victimes affiche un bilan plus que mitigé. C’est un véritable camouflet qui remonte du terrain par le biais d'une enquête du Conseil national des villes (CNV) réalisée cet été auprès des coordonnateurs du partenariat local de sécurité.
77,3% des coordonnateurs estiment que la gouvernance locale, censée être recentrée sur le maire, n’a pas changé. Pire, ils évoquent « l’impression d’un retour en arrière, d’une perte de sens ». « S’il y a toujours eu des orientations et des priorités nationales – qu’ils ne contestent pas, soulignent les auteurs, leur déclinaison locale s’est en général faite dans la coproduction du fait de la primauté à la réalité de terrain incarnée par le maire et le contexte territorial ». Or, constatent-ils, « depuis les derniers plans, le préfet demanderait au maire de devenir un supplétif de l’Etat afin de permettre la réussite des actions nationales ». Et de déplorer entre autres la « confusion » née du remplacement des contrats locaux de sécurité, par des « stratégies territoriales » qui viseraient surtout « à ce que les plans des villes reprennent les orientations nationales ».
S’agissant des financements, 60,3% des « coordonateurs » interrogés soulignent une baisse ou une diminution de l’enveloppe, qu’il s’agisse du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ou des crédits issus du contrat urbain de cohésion sociale. En outre, « la prédominance de la vidéosurveillance, qui a pu atteindre 80% voire 85% des financements FIPD sur un département, réduit d’autant les moyens humains », déplorent-ils.

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