Prévention, médiation, insertion

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lundi, août 12 2019

A peine 18 ans et déjà SDF : des milliers d'anciens enfants placés

12 08 2019

Depuis l'abaissement de la majorité de 21 ans à 18 ans, en 1974, les jeunes confiés aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) peuvent, une fois adultes, prétendre à une extension de leur prise en charge jusqu'à 21 ans. Le contrat d'accueil provisoire jeune majeur, dit "contrat jeune majeur", permet de les accompagner vers l'autonomie : financement d'études, logement, soutien administratif... Mais ce dispositif, coûteux, n'est pas automatique. A la fin 2016, seul un tiers des jeunes de 18 ans passés par l'ASE en bénéficiait, selon une estimation du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son attribution par les conseils départementaux est souvent conditionnée à un projet professionnel modeste, réaliste, qui doit déboucher sur un emploi rapide.

lundi, mai 27 2019

Protéger l’enfant : une reconfiguration du statut de l’enfance

27 05 2019

Couv_livre_Ceine_Jung.jpgL’intervention publique dans l’intimité de la famille caractérise les relations de l’État et de la famille dans l’époque moderne, dont le propre est le dédoublement des espaces privé et public articulés autour de l’enfant dès lors que celui-ci est retiré de l’espace commun. Mais elle est souvent analysée du point de vue des rapports de force entre les acteurs plutôt que du point de vue de ce qui les réunit. En partant des relations contractuelles entre parents et services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ce travail analyse l’évolution des rapports familles-institutions au prisme du statut de l’enfance et de son évolution au cours du temps. Une étude socio-historique sur la base de dossiers de protection administrative de l’ASE depuis les années 1960 doublée, pour la période contemporaine, d’entretiens avec des parents, permet de retracer les évolutions d’un travail négocié avec la famille.

vendredi, février 15 2019

Où est passée la prévention de la délinquance ?

15 02 2019

Quatre ans après la déflagration causée dans la société par les attentats djihadistes, la politique de sécurité voulue par les pouvoirs publics est entrée dans une profonde mutation. Il faut le reconnaître : un effort sans précédent a été déployé pour protéger la population. Dès les premiers événements, en 2015, les autorités entérinent un arsenal de moyens juridiques, humains et technologiques. Priorité est alors donnée au renforcement des services de renseignement comme des forces de sécurité.
Dans ce contexte, cependant, les maires, qui pilotent le partenariat local de sécurité, sont les premiers à sonner l’alarme : mais où est passée la prévention de la délinquance ?

mercredi, février 13 2019

Le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la protection de l'enfance

13 02 2019

En France, en 2016, 299 600 mineurs étaient concernés par une mesure de protection de l’enfance qui se traduit dans environ la moitié des cas par un placement en dehors de leur famille. Il existe plus de 1500 établissements accueillant des enfants au titre de la protection de l’enfance. Il s’agit d’établissements de l’aide sociale à l’enfance ou de la protection judiciaire de la jeunesse. L’Anesm a initié en 2016 une enquête sur les pratiques d’accompagnement des enfants et adolescents accueillis dans ces structures au titre de la protection de l’enfance au sein desquelles la bientraitance est une qualité essentielle. Les résultats de l’enquête apportent des éléments sur la population des enfants accueillis, et permettent d’objectiver les difficultés rencontrées : pour la moitié des enfants, leur dossier mentionne qu’ils ont subi des faits de maltraitance ou y ont été exposés avant leur accueil, 15 % des enfants accueillis ont un handicap et sont reconnus par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou encore 10 % sont en décrochage scolaire.

jeudi, janvier 3 2019

Que deviennent les jeunes après l’aide sociale à l’enfance ?

3 01 2019

L’aide sociale à l’enfance regroupe des actions de prévention et de soutien en direction des enfants et des familles en difficultés psycho-sociales en France et de prise en charge d’enfants qui ne peuvent pas vivre dans leur famille pour diverses raisons. La modification de la prise en charge de ces jeunes au moment du passage à la majorité rend cette étape bien plus sensible que pour les autres jeunes. Que deviennent-ils après 18 ans ? Comment sont-ils logés ? L’ « étude longitudinale sur l’accès à l’autonomie après un placement » (Ined-Laboratoire Printemps) permet pour la première fois en France de mesurer les conditions de vie des jeunes protégés au moment de la fin de leur prise en charge et leur devenir à la sortie du système de protection de l’enfance. Elle a été réalisée auprès de sept départements (le Nord, le Pas-de-Calais, Paris, la Seine-et-Marne, l’Essonne, les Hauts de Seine et la Seine-Saint-Denis) et est représentative uniquement de ces départements.

jeudi, octobre 4 2018

Quitter l'hébergement de l’Aide Sociale à l’Enfance

4 10 2018

En France, 138 000 enfants ou adolescents sont pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance au titre de l’enfance en danger, soit 1,6 % des mineurs. Si les jeunes entrent dans le dispositif à des âges très variés, tous doivent en revanche en sortir à 18 ans (21 ans maximum s’ils obtiennent un contrat jeune majeur). Ils sont alors mis dans l’injonction d’être « autonomes », c’est-à-dire qu’ils doivent subvenir eux-mêmes à leurs besoins et ne peuvent plus dépendre de l’ASE pour se loger. À partir des données de l’enquête ELAP et d’entretiens qualitatifs, cet article explore les modalités et le vécu de la sortie de placement sur le plan résidentiel. Alors que les jeunes ont souffert précocement de la précarité résidentielle, l’expulsion programmée de l’institution inscrit l’insécurité dans l’espace qui était censé constituer pour eux un refuge, ce qui est source de stress et d’angoisse. D’autre part, l’intégration du marché immobilier s’effectue de façon inégale. Ceux qui ont accepté de jouer le jeu de l’institution et ne sont pas sortis du circuit institutionnel réussissent à intégrer les meilleurs hébergements, puis un logement autonome. Au contraire, les jeunes les plus « abîmés », qui ne parviennent pas ou ne souhaitent pas se plier aux contraintes institutionnelles, sont les plus exposés à la précarité résidentielle à la sortie.

samedi, juillet 28 2018

La situation des jeunes majeurs : un « scandale économique, financier et éducatif »

28 07 2018

ASE.jpgJamais les jeunes majeurs n’ont été autant en difficulté d’insertion professionnelle, d’accès au logement et même – on l’a vu - pour entrer à l’université. A ce contexte global, s’ajoute le cas encore plus problématique des jeunes pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en assistance éducative. « Souvent livrés à eux-mêmes, ils sont soit obligés de retourner dans leur famille, avec les risques que cela comporte, soit il doivent solliciter le 115, le Samu social, les centres d’hébergement d’urgence et sont plongés dans la précarité ».
Ce constat, unanimement partagé, est celui qui vient d’être dressé par Antoine Dulin du Conseil économique et social dans un rapport récent intitulé « Prévenir les ruptures dans les parcours en protection de l’enfance »

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mardi, mai 22 2018

La civilité urbaine, une nouvelle perspective pour la sécurité publique

22 05 2018

Le débat sur la sécurité se décline le plus souvent sur un mode binaire opposant la sécurité aux libertés, la répression à la prévention et l'autorité au laxisme. D’autres perspectives sont-elles imaginables ? La problématique des incivilités dans les espaces publics en ouvre une : récuser une préoccupation systématiquement alarmiste d’une part et, de l’autre, accepter de prendre la sécurité au sérieux. Ce rapport de Terra Nova propose une autre façon de cadrer la question sécuritaire pour y apporter des réponses adaptées.

lundi, mars 26 2018

La prévention spécialisée à l’épreuve de la radicalisation et du fait religieux

26 03 2018

Rapport_VLG_prevention_specialisee_et_radicalisation.jpgEn 2015 et 2016, suite aux assassinats et aux attentats terroristes que notre pays a connus, la radicalisation est devenue une cause sociopolitique majeure et une priorité nationale dans notre pays. A l’instar de ses partenaires européens, la France a dès lors conçu divers plans de traitement de la radicalisation qui impliquent l’ensemble des pouvoirs publics et les grandes institutions du pays et qui se déclinent depuis les sommets de l’État jusqu’aux partenaires locaux. Quoique la plupart de ces plans ont une forme et une visée sécuritaires – empêcher le passage à l’acte violent – et sont pilotés par les autorités judiciaires et les services policiers, il fut également prévu d’y introduire des volets davantage axés sur la prévention du processus de radicalisation et l’accompagnement des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation (en particulier les mineurs) ainsi que leurs familles. C’est pourquoi et de façon variable suivant les territoires, des professionnels ont pu être mobilisés à cette fin et notamment des professionnels du champ socio-éducatif.

lundi, décembre 18 2017

Médiation sociale : le dossier

18 12 2017

Mediation_sociale.jpgBien qu'ancrée dans les espaces publics de nombreuses villes françaises depuis plusieurs décennies, la médiation sociale ne jouit encore que d'une reconnaissance précaire. Ailleurs en Europe, des pratiques sociales similaires existent également mais, dans plusieurs pays, les acteurs de la médiation sociale sont aussi en peine de reconnaissance institutionnelle et sociétale. Pourtant, alors que les sociétés européennes peinent à répondre à la recrudescence des extrémismes violents, la médiation sociale peut, en principe, offrir une alternative aux approches ultra sécuritaires, en s'appuyant sur sa capacité à transcender les différences et à tisser des liens sociaux en milieu conflictuel.

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vendredi, mai 19 2017

Comment améliorer l’insertion des Roms à l’échelle locale

19 05 2017

Photo_fra.europa.eu.jpgLe 28 mars dernier s’est tenu à Bruxelles un événement visant à dresser le bilan des efforts déployés pour favoriser l’intégration des Roms, l’occasion de dégager les grandes tendances sur ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans ce domaine.
Ces tendances sont issues des recherches de l’Agence réalisées dans 21 régions parmi 11 États membres de l’UE. Ces travaux de recherche consistaient à faire participer tant la population rom que les autorités locales de manière à comprendre les raisons pour lesquelles bon nombre des efforts en faveur de l’intégration des Roms ne débouchent pas sur des résultats tangibles. Ils visaient également à définir les pratiques fructueuses en matière d’insertion sociale sur le plan local.

dimanche, mars 5 2017

L’avenir de la prévention spécialisée : le rapport de l'Assemblée nationale

5 03 2017

mots_clefs_prevention_spe.pngLa prévention spécialisée est une mission éducative destinée à permettre aux jeunes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de retisser des liens avec le reste de la société. Née d’une pratique militante dans l’immédiat après-guerre, elle s’est depuis progressivement institutionnalisée pour relever aujourd’hui de la politique de l’aide sociale à l’enfance, placée sous la responsabilité des départements.
Cette mission est à bien des égards singulière : guidées par des principes d’action essentiels et faisant preuve de grandes capacités d’adaptation face à la diversité des situations rencontrées, les équipes de prévention spécialisée ont pour principal terrain d’intervention la rue, où elles vont à la rencontre des jeunes les plus en difficulté.

Image : adps44.fr

jeudi, février 23 2017

La prise en charge de la déradicalisation en France : un échec ?

23 02 2017

le-centre-de-prevention-d-insertion-et-de_.jpgLa prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept », selon un rapport des sénatrices Esther Benbassa et Catherine Troendlé, en charge de la mission d’information baptisée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ».
« Le gouvernement était en panique à la suite des attentats. Et c’est la panique qui a guidé ses actions. Le temps du politique est court, il fallait rassurer la population », rappelle la sénatrice écologiste, qui revient point par point sur les différentes méthodes utilisées.

Photo : lemonde.fr

vendredi, janvier 13 2017

Deux évaluations de la Garantie Jeunes (entrée en vigueur au 1er janvier 2017)

13 01 2017

La_garantie_jeunes.pngLa Garantie jeunes a été expérimentée dès octobre 2013 sur une partie du territoire. Mise en œuvre par les missions locales, elle s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, ni en études, ni en emploi ni en formation, et qui sont en situation de vulnérabilité, de précarité ou de pauvreté. Ce ciblage introduit une notion nouvelle de vulnérabilité pouvant être «financière», «sociale», «familiale».
En vue de généraliser le dispositif, une étude quantitative et deux études qualitatives ont été effectuées. La première évalue les effets de la mesure sur les parcours des jeunes. La seconde est centrée sur l’analyse de la mise en œuvre de la mesure par les missions locales.

- Lire : "La Garantie jeunes en action : usages du dispositif et parcours de jeunes".
- Lire : "La Garantie jeunes dans les missions locales : la mise en œuvre d’une nouvelle approche de l’accompagnement"

lundi, octobre 3 2016

Loi du 14 mars 2016 : des avancées en demi-teinte pour la protection de l’enfance

3 10 2016

protection_de_l__enfance.jpgAprès plusieurs mois de débats parlementaires vient d’être adoptée une loi modifiant le dispositif de protection de l’enfance. S’inscrivant dans la continuité de la loi n° 2007-293 du 5 mars 2007, elle a des objectifs plus modestes : il ne s’agit plus de Réforme de la protection de l’enfance, mais principalement de mesures d’adaptations.
Sur certains points ce texte prolonge la loi de mars 2007 et vise à assurer la mise en œuvre de certaines dispositions, à les clarifier. Pour l’essentiel ces modifications étaient en germe dans le rapport Dini-Meunier publié en 2014. Sur d’autres points, non moins essentiels, ce texte fait rupture et marque des évolutions importantes tant dans le champ de l’accompagnement contractuel que dans le cadre judiciaire.

Sur des sujets connexes, lire aussi :
- L'intervention judiciaire auprès des mineurs (revue de la littérature).
- La maltraitance intrafamiliale envers les enfants (revue de littérature).
- Comment les jeunes placés à l’âge de 17 ans préparent-ils leur avenir ? (INED).

Illustration : gazette-sante-social.fr

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