Prévention, médiation, insertion

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samedi, mai 9 2015

L'islamophobie provoque des discriminations institutionnelles et touche surtout les femmes

9 05 2015

Photo_Marc_Laapage_Hijab.jpgComme les années précédentes, le CCIF enregistre une augmentation significative des actes islamophobes et dénonce une banalisation des discours et idéologies islamophobes dans l'espace public.
Sans surprise, les discriminations représentent les trois quarts des actes islamophobes, la plupart de ces discriminations survenant dans les institutions et services publics, à commencer par l'éducation nationale. Le CCIF estime que l'école est devenue "un haut lieu de discriminations et de discours racistes et islamophobes, en particulier après les attentats de janvier 2015".
Les femmes sont toujours les premières touchées (elles représentent plus de 80% des victimes) par ces discriminations découlant d'une islamophobie en forte recrudescence depuis les attentats de janvier.

Illustration : Marc Laapage (DR)

vendredi, avril 24 2015

Sortir de la délinquance : une étude au Brésil

24 04 2015

Favela_de_Vidigal_Rio_de_Janeiro.jpgSi traditionnellement la sociologie de la déviance, de même que la criminologie, se sont davantage préoccupées des facteurs, motivations et modalités d’entrée dans la délinquance, il existe toutefois depuis les années 1970 un certain nombre de travaux ayant porté leur regard sur le processus de sortie de la délinquance (ou « desistance from crime » dans les travaux anglo-saxons). Cette thématique connaît aujourd’hui un regain d’intérêt évident, qui fait écho à la montée des préoccupations sécuritaires face au problème de la « délinquance juvénile ». Nous proposons d’aborder cette question sur la base d’un corpus de récits de vie recueillis auprès de jeunes Brésiliens engagés dans la délinquance, afin de saisir la manière dont l’expérience de ces pratiques délinquantes et celle du système pénal – en l’occurrence le système socio-éducatif destiné aux mineurs délinquants – influencent les modalités de sortie de la délinquance.

Photo : francetvinfo.fr

mercredi, février 11 2015

La prévention spécialisée est en danger

11 02 2015

panneau_danger.pngLe CNLAPS, réseau national représentatif de la prévention spécialisée, constate depuis 2012 une amplification des alertes en provenance d’associations adhérentes. Diminution des budgets (jusqu’à 50% parfois), retraits du financement de Conseils généraux au motif qu’une commune du département n’apporte plus sa contribution financière, voire disparition programmée de cette mission de service public qu’est la prévention spécialisée. L’argument officiel est surtout financier et la méthode souvent brutale, avec des annonces sans concertation préalable et applicables dans des délais très courts (parfois seulement un mois), alors même que sont en jeu des contrats de travail et un public en difficulté.

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mercredi, mai 28 2014

40 propositions pour adapter la protection de l'enfance et l'adoption

28 05 2014

ASE.jpgInstallé le 21 octobre 2013 par la ministre déléguée à la famille, le groupe de travail, Protection de l'enfance et adoption a remis son rapport intitulé "40 propositions pour adapter la protection de l'enfance et l'adoption aux réalités d'aujourd'hui". Par sa composition, le groupe entendait réunir des points de vue variés sur des questions sensibles, mêlant universitaires et professionnels engagés sur le terrain, en provenance de disciplines complémentaires (juristes, sociologues, médecins, responsables de services ASE). Des échanges constructifs ont permis l’élaboration de propositions qui en plaçant l'enfant au cœur des préoccupations, visent à optimiser le dispositif de la protection de l'enfance et à mieux accompagner l'adoption et la recherche des origines personnelles. Le rapport propose une vision différente de la protection de l'enfance et de l'adoption, notamment en établissant un lien plus fort entre l'une et l'autre et en envisageant des projets alternatifs au placement. Des mesures techniques et précises permettraient une meilleure prise en charge des mineurs confiés sur le long terme notamment en ouvrant pour certains, si c'est adapté au projet pour l'enfant, la perspective d'une seconde chance d'accéder à une vie familiale. L'objectif majeur est l'accompagnement et la sécurisation des parcours de tous les enfants grâce à des mesures adaptées et évolutives dans le respect des liens que ces enfants ont noués avec des adultes (présentation officielle).

Photo : drancy.net

samedi, mai 17 2014

Effets socialement différenciés du service civique sur les jeunes volontaires

17 05 2014

service_civique.jpgLes effets du service civique sur les volontaires portent sur trois domaines : l’acquisition et le développement de compétences, la définition et la réalisation du projet professionnel, et une dimension personnelle qui recoupe à la fois l’épanouissement personnel et l’engagement citoyen.
Ces différents impacts ont été analysés selon trois caractéristiques sociodémographiques : le sexe, la catégorie socioprofessionnelle des parents et le niveau de diplôme des jeunes volontaires.
Par ailleurs, un travail de reconstruction du « cheminement » de la population d’anciens volontaires depuis la fin de la scolarité jusqu’au moment de l’enquête a également été mené pour tenter de situer la place occupée par le service civique dans le parcours professionnel et de vie des jeunes. Enfin, un essai de catégorisation des pratiques du service civique parmi les anciens volontaires a été réalisé pour comprendre l’usage que font les jeunes du dispositif.

Illustration : famillesrurales85.org

jeudi, avril 17 2014

Une expérience de microcrédit pour les jeunes les plus pauvres

17 04 2014

microcredit.jpgCette expérimentation repose sur la mise en place d’un microcrédit assorti d’un accompagnement social et budgétaire assuré par une Conseillère en Economie Sociale et Familiale du CCAS de Besançon. Ce dispositif ouvert à l’origine aux personnes sans enfant comporte un volet spécifique pour les jeunes. La spécificité du microcrédit est multiple : le CCAS reste autonome dans l’octroi du prêt, qui est autofinancé sur fonds propres, et adopte de fait une position différente de celle des banques. Le microcrédit doit s’inscrire dans un projet d’insertion et propose un suivi social et budgétaire en parallèle. Par ailleurs, son taux d’intérêt est nul et il intervient en dernier ressort pour les jeunes qui ne peuvent bénéficier d’aucune aide ou microcrédit de droit commun. Il vise ainsi un public a priori plus fragile que les autres microcrédits.
L’évaluation montre que, pour les bénéficiaires, 1) le microcrédit apporte une aide à l’insertion professionnelle ; 2) aucune difficulté n’est relevée pour honorer le microcrédit ; 3) on constate un impact positif sur l’estime de soi des jeunes bénéficiaires ; 4) le fonctionnement du dispositif (montage, suivi) est jugé satisfaisant dans l’ensemble ; 5) une opinion positive est exprimée vis-à-vis du CCAS, perçu comme un lieu ouvert à tous les publics.

Photo : villecresnes.fr

vendredi, mars 21 2014

Le CIPD présente un catalogue de "bonnes pratiques" en prévention de la délinquance

21 03 2014

strategie_prevention.jpg« Proposer aux acteurs locaux des fiches méthodologiques et descriptives d’actions qui mériteraient d’être développées ». Telle est l’ambition de la quinzaine de « bonnes pratiques » mises en ligne sur le site du secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD). Cette « première série de fiches », qui devrait connaître une suite, présente des actions locales jugées exemplaires et en décrit l’objectif, la méthodologie, les moyens dédiés et les résultats attendus. Des références locales sont citées avec les coordonnées des personnes pilotes. L’objectif affiché est bien de « faciliter la mise en oeuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance » lancée en juillet 2013.
Toutefois, on peine encore à apercevoir une doctrine globale du gouvernement en matière de prévention de la délinquance. En ce sens, dans son audition devant la mission parlementaire d’information sur « la lutte contre l’insécurité sur tour le territoire », le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU) a prôné le vote d'une loi cadre sur la prévention. Dans une interview suivant la journée des professionnels de la prévention du 6 février 2014 à Aix-en-Provence, nous insistons également sur le manque de doctrine globale en matière de prévention.

jeudi, février 20 2014

Prévention spécialisée et prévention de la délinquance : liens, obstacles et enjeux

20 02 2014

prevention_specialisee.jpgLa loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a semé le trouble parmi les professionnels de l’action éducative. Fortement mobilisés pour faire entendre leurs réticences à l’énoncé des premières moutures du projet de loi, leur sentiment était que la prévention spécialisée, missionnée pour œuvrer dans le champ de la protection de l’enfance, se situait à peu près à l’opposé de la sensibilité éthique et politique traduite dans les articles de la future loi de 2007. Les premiers entretiens réalisés auprès des éducateurs et des cadres de l’Addap13 d’une part et le vent mauvais qui a soufflé sur des associations de prévention spécialisée dans certains départements durant la durée de l’étude d’autre part, ont renforcé le sentiment des sociologues que leur travail portait sur une pratique professionnelle inquiète pour son avenir.
Les chercheurs se sont fixés trois objectifs : 1) déterminer en quoi et comment les pratiques, les postures et les outils mis en œuvre par les éducateurs auprès de leurs publics peuvent-ils permettre de prévenir les passages à l’acte délinquant ou leur réitération ? 2) comment des professionnels qui doivent traiter les phénomènes d’inadaptation sociale de jeunes dans le cadre institutionnel de la protection de l’enfance peuvent-ils contribuer à la prévention de la délinquance ? 3) quelle place les dispositifs locaux de prévention de la délinquance ou plus globalement les politiques locales de sécurité accordent-elles à la prévention spécialisée ? Et, symétriquement, quelle part la prévention spécialisée entend-elle y prendre ?

Photo : lesmetiers.net

vendredi, février 14 2014

Sortir de prison sans y retourner

14 02 2014

sortie_de_prison.jpgLa surpopulation carcérale pose de façon aigüe la question de la réinsertion des personnes qui séjournent en prison. Beaucoup d’éducateurs, de visiteurs de prisons, de magistrats, de responsables des collectivités territoriales, d’avocats partagent une conviction : le travail de réinsertion est indispensable si l’on veut éviter que l’univers carcéral devienne un cercle infernal dont on ne sort que pour le retrouver après un bref passage en dehors. Comment se donner les moyens de réussir ce pari ?
Beaucoup d’ouvrages permettent de connaître les processus qui conduisent un individu à être privé de liberté. On connaît moins en revanche les facteurs qui conduisent des personnes situées dans les marges sociales et ayant fréquenté la prison à se réinsérer. Ce livre propose d’éclairer cette dimension en mettant l’accent sur les parcours de réinsertion de personnes ayant connu la prison. Comment s’effectue ce retour à la vie normale ? Comment la perspective d’y parvenir ou, au contraire, l’anticipation de l’échec est-il perçu et pensé par des ex-détenus ou des ex-exclus qui ont entrepris une telle démarche ? Selon eux, quelles sont les conditions pour y parvenir, les appuis nécessaires, les passages obligés, mais aussi les freins, les obstacles ou les limites ?

Photo : blog.epjt.fr

samedi, février 8 2014

Prévention de la violence : les recommandations de l'OMS

8 02 2014

OMS.jpgLa présente série de sept exposés, à l’intention des défenseurs, des concepteurs et agents de mise en œuvre de programmes et autres intéressés, résume les données factuelles concernant l’efficacité des sept principales stratégies suivantes de prévention de la violence interpersonnelle et auto-infligée :
1) favoriser des relations sûres, stables et épanouissantes entre les enfants et leurs parents et dispensateurs de soins;
2) développer des aptitudes à la vie quotidienne chez les enfants et les adolescents;
3) réduire la disponibilité et la consommation nocive de l’alcool;
4) réduire l’accès aux armes à feu, aux armes blanches et aux pesticides;
5) promouvoir l’égalité entre les sexes;
6) changer les normes culturelles qui favorisent la violence;
7) offrir des programmes de dépistage des victimes ainsi que des programmes de soins et de soutien aux victimes.

mardi, février 4 2014

FIPD 2014 : 54,6 millions d’euros dont 65 % pour les actions de prévention

4 02 2014

Logo_Gazette_des_communes.pngLa circulaire sur le fonds interministériel de prévention de la délinquance pour 2014 a été adressée aux préfets le 28 janvier 2014. En baisse de 3% par rapport à 2013, l’enveloppe globale s’élève cette année à 54,6 millions dont 35 millions d'euros pour la prévention et 19 millions pour la vidéosurveillance. Elle permettra de financer « de manière quasi-exclusive » la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance adoptée par le gouvernement en juillet 2013 et qui se concentre 1) sur la prévention visant les jeunes exposés à la délinquance, 2) sur la prévention des violences faites aux femmes, intrafamiliales et aide aux victimes, 3) sur la tranquillité publique. 75 % de l’enveloppe consacrée à la prévention sociale devra bénéficier aux zones de sécurité prioritaire (ZSP) et territoires « politique de la ville ».

lundi, novembre 18 2013

Un dispositif parisien de prévention : l'accueil réussite éducative Pelleport

18 11 2013

Marre_de_l__ecole.jpgLe décrochage scolaire est considéré aujourd’hui comme un problème à traiter au niveau national et européen. De nombreuses recherches et études existent sur ce thème.
En France, chaque année, environ 17 % des jeunes sortent diplôme du second cycle général ou professionnel. Il y a consensus autour de la nécessité de réduire le nombre des sorties sans diplôme, et celles-ci sont du reste en nette diminution depuis 30 ans : de 30 % en 1980 à 17 % à la fin des années 2000. De récentes instructions insistent sur la mise en place de mesures de repérage, de prévention et de traitement du problème.
Cependant, le concept de décrochage étant assez élastique dans sa deuxième acception, et les budgets tant pour la recherche que pour l’action étant conditionnés par l’inscription du terme « décrochage scolaire » dans les projets, on en vient à définir des élèves comme « décrocheurs » alors qu’ils présentent des difficultés scolaires, sociales ou familiales qui perturbent le déroulement de leurs études, sans qu’il soit pour autant question d’une perspective d’arrêt. Ce « concept-valise », comme celui des violences à l’école – ensemble très polysémique de faits et de situations –, amène une certaine confusion chez les acteurs dans le repérage des situations et la détermination des actions à mettre en place.

Illustration : editions.educagri.fr

mercredi, octobre 30 2013

« Cause commune » documentaire de Sophie Averty

30 10 2013

Roms.jpg






Fin 2009, une quarantaine de familles roms, indésirables à Nantes, tractant des caravanes hors d’âge, arrivent à Indre.
Dès le lendemain, le maire Jean-Luc Le Drenn décide de mettre un terme à ce qu’il appelle « la politique de la patate chaude », en refusant de les expulser à son tour.
Grace à l’engagement sans faille d’une poignée de citoyens et d’élus mobilisés par ce combat collectif et politique, les familles resteront 18 mois, avant qu’une solution digne et pérenne soit trouvée.

Photo : collectifromeuropenantes.wordpress.com

mercredi, juillet 10 2013

La France dépense moins que les autres pays riches en matière d'éducation

10 07 2013

pas_glop.jpgSur 14 pays de l’OCDE comparables, la France est au dernier rang en matière de dépense par élève au primaire, au 11e rang pour l’enseignement supérieur et au 7e pour le secondaire (collèges et lycées), comme l’indique le rapport « Regards sur l’éducation 2013 », de l’organisation internationale. Pour comparer le niveau d’investissement scolaire de la France au reste des pays riches, la moyenne de l’ensemble de l’OCDE n’a pas de sens : on met ensemble la France, le Chili, la Turquie ou le Mexique. Nous n’avons donc gardé que les pays les plus peuplés et les plus riches de cet ensemble.
Si l’on observe la dépense d’éducation rapportée à la richesse nationale, la France arrive en 9e position sur 14, avec 6,3 % du Pib. C’est beaucoup moins qu’au Danemark (8 %) ou en Norvège (7,6 %), mais l’indicateur est peu significatif. Pour mesurer l’investissement du pays dans le domaine de l’éducation, il faut tenir compte du nombre d’élèves à chaque niveau. On peut tirer trois leçons des chiffres de l’OCDE. D’abord, le constat est désormais largement admis : l’enseignement primaire est très nettement sous doté en France. Notre pays consacre par an deux fois moins à un élève de primaire (6 600 dollars) que la Norvège (12 200). La France est bonne dernière de la liste, notamment parce que les enseignants à ce niveau sont les plus mal payés des pays riches. Dans certains pays, les enseignants disposent de davantage de personnels de soutien, comme c’est d’ailleurs le cas en maternelle en France. La prime de 400 euros qui sera versée par le gouvernement ne changera en rien la situation.

Illustration : lesmusesdunet.joueb.com

mercredi, juillet 3 2013

Un séminaire sur la médiation sociale

3 07 2013

correspondants.jpgVoici les actes d'un séminaire sur la médiation sociale tenu à Paris en avril 2013, organisé par le Réseau des ville, des correspondants de nuit et de la médiation sociale.

Thématiques abordées :
- Ré-articuler Social et Sécurité
- Contre la société défiance : faire confiance à chacun pour créer des solutions innovantes
- Dessiner les contours d'une nouvelle forme de service public aux quartiers en 2013/ 2014


Illustration : parisien.fr

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