Prévention, médiation, insertion

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mardi, avril 30 2013

Prévenir la criminalité : oui... Mais comment ?

30 04 2013

prevenir_la_criminalite.gifPour nombre de personnes, prévenir la criminalité est un voeu pieux, ou doit nécessairement impliquer un durcissement du système pénal. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre : la justice est trop laxiste ! Les États qui misent sur des sanctions très sévères, telles que la neutralisation à vie, voire la peine capitale, ne sont toutefois pas parvenus à abaisser sensiblement leurs niveaux de criminalité, bien au contraire.
S'il vaut mieux prévenir que réprimer, quelles sont alors les approches préventives les plus prometteuses ? Quels sont les principaux acteurs susceptibles de les mettre en œuvre ? Quels sont les outils nécessaires pour les mener à bien ? Quels sont les défis auxquels la prévention de la criminalité est confrontée ? Pourquoi peine-t-elle à gagner ses lettres de noblesse ? Cet ouvrage se propose d'étayer ces interrogations et d'en soulever les enjeux, notamment à l'aune d'exemples concrets.

mardi, mars 19 2013

Prévenir l'implication des jeunes dans le trafic des drogues

19 03 2013

Photo_Chris-Havard_Berge_flickr.jpgLes groupes d'analyse de pratiques professionnelles sont aujourd'hui nombreux et divers, tant dans leur objet que dans leurs finalités. Parce qu'ils impliquent plusieurs institutions et plusieurs professions, certains d'entre eux favorisent l'interqualification de leurs participants et leur coopération sur un terrain d'intervention commun. Ceux qui ont été constitués autour de la prévention de l'implication des jeunes dans le trafic des drogues illustrent bien cette dernière dynamique.

Illustration : Chris-Havard Berge - flickr - licence cc

mercredi, février 27 2013

Les actions de soutien à la parentalité distinguées de la prévention de la délinquance

27 02 2013

soutien_parentalite.jpgNous avons largement eu l’occasion sur ce site d’interroger les confusions faites dans nombre de rapports et lois entre le soutien à la parentalité et la prévention de la délinquance (voir ici).
Ces confusions ont atteint leur degré ultime dans la loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007 et les outils qu’elle a créés ou généralisés (conseil des droits et des devoirs des parents, contrat de responsabilité parentale, suspension des prestations, etc…).
Après la loi récemment votée supprimant le contrat de responsabilité parentale (voir ici), un nouveau tournant semble s’amorcer avec le rapport que l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) vient de consacrer à « L’évaluation de la politique de soutien à la parentalité ».
Outre une quinzaine de propositions visant à faire des actions autour de la parentalité une priorité de la CNAF, à réfléchir le pilotage des multiples actions menées sous ce vocable, on y verra surtout le premier rapport depuis bien longtemps sur ce sujet sans que la question de la délinquance des mineurs ne soit évoquée.

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dimanche, février 24 2013

Prévention de la délinquance : les recommandations 2012-2013 du CNV

24 02 2013

prevention_cnv.jpgLe décembre 2011 à janvier 2013, le Conseil national des villes a poursuivi un cycle de réflexions sur le sujet de la prévention de la délinquance, dans un contexte marqué à la fois par la réforme de la politique de la ville et la mise en place de la conférence de consensus sur la prévention de la récidive.
Journée d’échanges du 7 décembre 2011, note d’orientations sur la réduction des violences, la prévention et le traitement de la délinquance et l’aide aux victimes, avis du Conseil national des villes du 17 janvier 2013 sur l’aide aux victimes : cette publication regroupe trois documents qui pointent les mêmes problématiques. Les questions d’un financement adapté et coordonné, d’une gouvernance plurielle et rénovée, d’une inter-ministérialité effective et porteuse qui répondent aux spécificités des quartiers de la politique de la ville, y compris sur les sujets émergents, sont au cœur des enjeux.
Cette publication propose aussi des ressources et des solutions qui s’appuient sur l’expertise des professionnels, des élus, des acteurs de terrain et des habitants eux-mêmes.

vendredi, février 1 2013

Les logiques du « Projet »

1 02 2013

prise_de_tete.jpgAu sein du secteur professionnel relatif au « travail social », le recours au « mode projet » est récurrent. Dès la formation initiale des éducateurs spécialisés, ces derniers se doivent de valider un « domaine de compétence » consacré à la « conception et conduite de projet éducatif spécialisé ». Au quotidien, tout travailleur social développe des projets éducatifs. Il participe également au projet de l’établissement ou au projet associatif. Au sein des structures sociales se développent des postes spécifiques, comme chefs de projets. Ces professionnels répondent à des « appels à projets ». Sur le terrain en tant qu’éducateur de rue, je demande régulièrement aux jeunes « comment il va ? Où il en est ? » Ces formules sous-tendent que le jeune justifie de la mise en place de son projet d’insertion sociale professionnelle ou bien de son désir (ou non) d’en réaliser un. L’auto-entrepreneuriat est devenu une valeur centrale dans notre société, chacun doit « cultiver » son réseau, démontrer qu’il est « employable ».

Illustration : teulliac.com

samedi, décembre 15 2012

Les enfants exposés à la violence conjugale

15 12 2012

enfants_violence_conjugale.jpgPar ce dossier, l’ONED souhaite contribuer à une meilleure prise en compte des enfants exposés aux violences conjugales et à leur protection. L’enfant exposé à des violences conjugales se développe en effet dans un contexte néfaste, propice à l’émergence de difficultés, de troubles et de retards. Il est également particulièrement exposé au risque de maltraitance. La violence conjugale altère l’exercice de la parentalité et compromet le développement de l’enfant. Cela justifie qu’une attention spécifique soit portée à l’égard des enfants. Le traitement psychosocial des violences conjugales implique donc non seulement les acteurs sociaux et les soignants, autour de la victime des violences et le cas échéant de l’auteur, mais aussi les acteurs de la protection de l’enfance qui agissent avec l’enfant et ses parents. Le traitement judiciaire essentiellement tourné vers l’aspect pénal et la protection des femmes par l’intervention du juge aux affaires familiales notamment, implique de la même manière la justice des mineurs, dans son volet civil. Nous constatons pourtant aujourd’hui qu’il existe un déficit de prise en compte de cette problématique dans le champ de la protection de l'enfance. Pourtant, les outils et les connaissances existent pour aider les professionnels.

samedi, décembre 8 2012

Education populaire : le temps de l’engagement

8 12 2012

Education-populaire-le-temps-de-l-engagement.jpgL’éducation populaire constitue un véritable espace d’innovation et de transformation sociale qui doit être pleinement exploité et renforcé, en complément des interventions de la puissance publique. Quel est son rôle aujourd’hui et quels moyens d’action a-t-elle à sa disposition ? Cet essai a pour vocation de contribuer à la nécessaire revalorisation de l’éducation populaire en identifiant les leviers qui lui permettront de mieux répondre aux nouveaux défis éducatifs, culturels et démocratiques auxquels est confrontée notre société.
Le mouvement associatif a subi de plein fouet le désengagement de l’Etat et les politiques budgétaires hasardeuses conduites depuis dix ans. Les associations d’éducation populaire ont été considérablement affaiblies par la réduction continue des moyens dédiés à l’accompagnement et à l’animation des projets en direction de la jeunesse (contraction des subventions, disparition des Directions départementales jeunesse et sports, baisse des sommes allouées pour les postes FONJEP, disparition des contrats éducatifs locaux...). Ces politiques ont eu pour effet d’accroître les difficultés des associations d’éducation populaire, désormais contraintes de répondre à des appels d’offres et à des délégations de service public qui leur font perdre l’essence même de leur objet.
Cet état de fait démontre l’urgence d’engager un véritable débat sur le rôle et les atouts des mouvements d’éducation populaire, afin de valoriser les nombreux outils à disposition des pouvoirs publics qui sont autant d’alternatives aux marchés publics et aux appels d’offres.

mercredi, novembre 21 2012

Engagement des jeunes dans les trafics : quelle prévention ?

21 11 2012

educ_jeunes.jpgQuel rôle la prévention peut-elle jouer pour réduire les dommages liés aux trafics de drogues et limiter leur emprise sur une fraction de la jeunesse ?
C’est à cette question que, dans le cadre d’une recherche participative, des professionnels exerçant à Paris ou en Seine-Saint-Denis et en contact avec de petits dealers (des jeunes qui sont « les petites mains » du trafic) ont tenté de répondre. Par ce travail mené avec l’appui de deux chercheurs, ils ont croisé leurs regards, leurs lectures de l’économie de la rue, leurs expériences, et ont permis d’enrichir grandement les savoirs sur les logiques qui incitent les jeunes à s’engager dans les réseaux, puis à s’y maintenir, comme sur les dynamiques qui les aident à en sortir. La démarche éclaire également la manière dont l’irruption du trafic perturbe et réinterroge les pratiques des intervenants. Refusant tout déni, ces professionnels ont en outre réussi à construire un cadre éthique d’intervention et à décliner des pistes novatrices de travail. Des pistes pertinentes qui mériteraient assurément expérimentation.

Illustration : 20 minutes

vendredi, novembre 2 2012

L’emploi des crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance en 2013

2 11 2012

Logo_Gazette_des_communes.pngTrès attendue par les élus locaux et les professionnels, la circulaire fixant les orientations de la politique de prévention de la délinquance et l’emploi des crédits 2013 du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), a été adressée le 31 octobre aux préfets. Et ce, en avance par rapport au calendrier des années précédentes.
Parmi les principales évolutions, le FIPD devient le guichet unique de la prévention. Selon la circulaire, le FIPD « concentre désormais les crédits de l’État dédiés au financement de la prévention de la délinquance ». En clair, les crédits de la politique de la ville ne constitueront plus une source de financement pour les actions de prévention, comme c’était le cas jusqu’ici. Ainsi, l’enveloppe de 20 millions d’euros du programme 147 dit « politique de la ville », destinée en 2011 aux actions de prévention, est réaffectée vers le fonds interministériel.
Principale nouveauté : 75% des crédits devront être affectés aux quartiers de la politique de la ville et aux zones de sécurité prioritaire. Parmi les priorités, les actions en faveur de la jeunesse devront représenter la moitié de l’enveloppe (hors vidéo), dont le montant n’est pas encore connu. En revanche, la vidéosurveillance pourrait voir ses crédits diminuer de façon significative.

dimanche, octobre 21 2012

Les correspondants de nuit, nouveaux modes de régulation de l’espace public ?

21 10 2012

correspondants.jpgAprès une phase d’expérimentation au cours des années 1990, les métiers de la médiation sociale ont connu une forte croissance avec le dispositif des emplois-jeunes à partir de 1997 au travers du recrutement d’agents locaux de médiation sociale. On a pu voir dans la diffusion de ces nouveaux métiers un renouvellement des fonctions de régulation de l’espace public, assurant la présence d’un garant des lieux dans les espaces collectifs et favorisant une forme d’ordre en public sans recourir exclusivement à la répression ou à la loi. Dans une veine similaire, mais moins centrée sur les questions de contrôle de l’espace public, d’autres ont souligné qu’ils représentaient une nouvelle configuration des métiers du social, en produisant une activité reposant sur la fluidité, la mobilité et l’accompagnement, et instaurant de ce fait un nouveau type de relation avec la population. Sans que le constat soit nécessairement contradictoire, beaucoup ont également relevé la précarité de ces nouvelles activités et les difficultés de la professionnalisation, Philippe Robert parlant symptomatiquement de « néo-prolétariat de la sécurité ». En effet, ces activités souffrent d’un déficit de reconnaissance de la part des professions installées et peinent à rendre visibles leurs compétences.

Illustration : leparisien.fr

samedi, octobre 20 2012

La Cour des comptes évalue l’accueil et l’accompagnement des gens du voyage

20 10 2012

gens_du_voyage.jpgL’appellation « gens du voyage », d’origine administrative, a été retenue par le législateur pour désigner une catégorie de la population caractérisée par son mode de vie spécifique : l’habitat traditionnel en résidence mobile. Couramment qualifiés de « tsiganes », les gens du voyage, de nationalité française dans leur très grande majorité, sont une population distincte de celle des Roms, qui sont des migrants de nationalité étrangère, venus principalement d’Europe centrale et orientale, sédentaires dans leur pays d’origine. Ces derniers relèvent de la législation sur l’entrée et le séjour des étrangers sur le territoire français et non de la législation sur les gens du voyage.
La France est l’un des rares pays à avoir adopté une législation consacrée spécifiquement relative aux gens du voyage. La loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et l’habitat des gens du voyage a cherché à établir un équilibre entre les droits et les devoirs réciproques des gens du voyage et des collectivités territoriales, afin de favoriser une cohabitation harmonieuse de différentes populations sur le territoire national. Cette loi impose une obligation d’organisation de l’accueil des gens du voyage aux collectivités territoriales, tout en leur permettant, en contrepartie, de recourir à des mesures renforcées de lutte contre les stationnements illicites.
Le rapport de la Cour et des chambres régionales des comptes synthétise les enquêtes menées conjointement depuis 2009 et dresse un bilan global de la politique d’accueil et d’accompagnement des gens du voyage, plus de dix ans après l’entrée en vigueur de la loi.

Illustration : radioscoop.com

mercredi, octobre 17 2012

Agressions sexuelles : faire parler les mineurs pour éviter la récidive

17 10 2012

groupe_de_parole.jpgLes quatre adolescents qui arrivent comme chaque jeudi après-midi à la Maison des adolescents de Besançon ne se distinguent en rien des jeunes de leur âge : même jean, mêmes écouteurs autour du cou, même cannette de Coca à la main. Thomas (13 ans), Kévin (14 ans), Théo et Michael (17 ans tous les deux) viennent de milieux différents mais échangent les mêmes blagues de potaches en attendant l’arrivée du pédopsychiatre.
À l’entrée du médecin, le ton change. S’ils se réunissent toutes les semaines autour du praticien, c’est pour évoquer – dans le cadre d’une thérapie de groupe – les agressions sexuelles dont ils se sont rendus coupables. L’un d’eux a abusé de sa petite sœur en bas âge, un autre de son jeune voisin, un autre de la fille d’amis de ses parents et le dernier s’en est pris à une adolescente placée dans la même famille d’accueil que lui.

Illustration : reconnaissance.paris.over-blog.com

lundi, septembre 10 2012

Le rap comme outil éducatif

10 09 2012

Image_rap.jpgUne plume à la main mieux que des coups de poing !
Voilà maintenant 4 années que j'anime des ateliers d'écriture auprès d'adolescents et de jeunes majeurs en milieu ouvert (prévention spécialisée). Dans ce cadre, j'utilise le rap comme un véritable outil éducatif au service d'un public en voie de marginalisation, capable de produire de l'émancipation du haut de ses réalités.
Chaque participant choisit un thème dans la liste que l'on a conçu ensemble. On ne se juge pas, on ne se moque pas de l'Autre. Tout le monde a sa place. Chaque jeune est accueilli dans son humanité là où la majorité des dispositifs les rejette.
Dans ces ateliers d'écriture, on travaille le fond et non la forme, c'est-à-dire que, dès le départ, j'ai fait le choix de ne pas m'attarder, en tant qu'éducateur, sur les erreurs de syntaxe ou d'orthographe. Cette posture éducative permet, pour la personne qui s'exprime, de se sentir libre dans le choix de ses mots et de se déculpabiliser à l'endroit où l'éducation nationale a tant insisté sur l'acquisition de « bonnes notes ».

Illustration : burobertdesorbon.univ-reims.fr

mardi, septembre 4 2012

Un Projet Pilote pour des jeunes délinquants récidivistes

4 09 2012

Photo_jeunes_educ.jpgAprès plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de la protection de la jeunesse, où j’ai toujours combiné la recherche scientifique avec ma pratique clinique, je me suis de plus en plus concentré sur le noyau dur de jeunes délinquants. Actuellement, je dirige un projet pilote à la ville de Roermond aux Pays-Bas. Cette ville se situe près de la frontière allemande dans une région où il y a beaucoup de trafic de drogue qui va de pair avec un taux élevé de criminalité. Presque tous les jeunes que nous avons en traitement sont des jeunes immigrés, surtout du Maroc et de la Turquie.
Avec des groupes pareils, j’avais déjà obtenu de bons résultats dans d’autres villes. Dans une de nos recherches, nous avons suivi 15 jeunes récidivistes. L’ensemble de ces jeunes avait commis 30 délits, dont 9 délits graves et violents, pendant une période de six mois avant le début de notre intervention. Nous avons réévalué leur conduite criminelle pendant une même période douze mois après la fin de l’intervention: ce groupe n’avait alors commis que 9 délits et 0 délits violents.

Illustration : jeunessefeuvert.com

mercredi, août 22 2012

Et si des parents aidaient d’autres parents en difficulté ?

22 08 2012

paseo_0.jpgDevenir parent et assumer ce rôle au quotidien n’est pas facile. Dans plus de la moitié des cas (56%), la naissance d’un enfant bouleverse la vie de son père et de sa mère au point que ceux-ci se sentent désorientés et démunis, selon une étude de 2011 du secrétariat d’Etat à la Famille. Dans les foyers les plus modestes, ils sont jusqu’à 64% à estimer que la parentalité est une affaire décidément bien compliquée.
Souvent, la crainte du regard de l’autre et la honte de ne pas s’en sortir dissuadent les personnes de demander de l’aide aux services sociaux. Beaucoup se tournent vers leur famille, leurs amis ou même leurs voisins. Mais les autres finissent par se replier sur leur foyer. Isolés. Esseulés. En difficulté. Et ce sont les enfants qui trinquent.
Alors pourquoi ne pas demander à d’autres parents, à peu près sereins, de venir en aide à ceux qui ne s’en sortent pas… encore ? Depuis près de 40 ans, une association britannique applique à la lettre le concept.

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