Pour nombre de personnes, prévenir la criminalité est un voeu pieux, ou doit nécessairement impliquer un durcissement du système pénal. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre : la justice est trop laxiste ! Les États qui misent sur des sanctions très sévères, telles que la neutralisation à vie, voire la peine capitale, ne sont toutefois pas parvenus à abaisser sensiblement leurs niveaux de criminalité, bien au contraire.
S'il vaut mieux prévenir que réprimer, quelles sont alors les approches préventives les plus prometteuses ? Quels sont les principaux acteurs susceptibles de les mettre en œuvre ? Quels sont les outils nécessaires pour les mener à bien ? Quels sont les défis auxquels la prévention de la criminalité est confrontée ? Pourquoi peine-t-elle à gagner ses lettres de noblesse ? Cet ouvrage se propose d'étayer ces interrogations et d'en soulever les enjeux, notamment à l'aune d'exemples concrets.
- Plus de détails sur ce livre de Manon Jendly (Institut de criminologie et de droit pénal de l'École des sciences criminelles, Université de Lausanne)
Les groupes d'analyse de pratiques professionnelles sont aujourd'hui nombreux et divers, tant dans leur objet que dans leurs finalités. Parce qu'ils impliquent plusieurs institutions et plusieurs professions, certains d'entre eux favorisent l'interqualification de leurs participants et leur coopération sur un terrain d'intervention commun. Ceux qui ont été constitués autour de la prévention de l'implication des jeunes dans le trafic des drogues illustrent bien cette dernière dynamique.
Nous avons largement eu l’occasion sur ce site d’interroger les confusions faites dans nombre de rapports et lois entre le soutien à la parentalité et la prévention de la délinquance (
Le décembre 2011 à janvier 2013, le Conseil national des villes a poursuivi un cycle de réflexions sur le sujet de la prévention de la délinquance, dans un contexte marqué à la fois par la réforme de la politique de la ville et la mise en place de la conférence de consensus sur la prévention de la récidive.
Au sein du secteur professionnel relatif au « travail social », le recours au « mode projet » est récurrent. Dès la formation initiale des éducateurs spécialisés, ces derniers se doivent de valider un « domaine de compétence » consacré à la « conception et conduite de projet éducatif spécialisé ». Au quotidien, tout travailleur social développe des projets éducatifs. Il participe également au projet de l’établissement ou au projet associatif. Au sein des structures sociales se développent des postes spécifiques, comme chefs de projets. Ces professionnels répondent à des « appels à projets ». Sur le terrain en tant qu’éducateur de rue, je demande régulièrement aux jeunes « comment il va ? Où il en est ? » Ces formules sous-tendent que le jeune justifie de la mise en place de son projet d’insertion sociale professionnelle ou bien de son désir (ou non) d’en réaliser un. L’auto-entrepreneuriat est devenu une valeur centrale dans notre société, chacun doit « cultiver » son réseau, démontrer qu’il est « employable ».
Par ce dossier, l’ONED souhaite contribuer à une meilleure prise en compte des enfants exposés aux violences conjugales et à leur protection. L’enfant exposé à des violences conjugales se développe en effet dans un contexte néfaste, propice à l’émergence de difficultés, de troubles et de retards. Il est également particulièrement exposé au risque de maltraitance. La violence conjugale altère l’exercice de la parentalité et compromet le développement de l’enfant. Cela justifie qu’une attention spécifique soit portée à l’égard des enfants. Le traitement psychosocial des violences conjugales implique donc non seulement les acteurs sociaux et les soignants, autour de la victime des violences et le cas échéant de l’auteur, mais aussi les acteurs de la protection de l’enfance qui agissent avec l’enfant et ses parents. Le traitement judiciaire essentiellement tourné vers l’aspect pénal et la protection des femmes par l’intervention du juge aux affaires familiales notamment, implique de la même manière la justice des mineurs, dans son volet civil. Nous constatons pourtant aujourd’hui qu’il existe un déficit de prise en compte de cette problématique dans le champ de la protection de l'enfance. Pourtant, les outils et les connaissances existent pour aider les professionnels.
L’éducation populaire constitue un véritable espace d’innovation et de transformation sociale qui doit être pleinement exploité et renforcé, en complément des interventions de la puissance publique. Quel est son rôle aujourd’hui et quels moyens d’action a-t-elle à sa disposition ? Cet essai a pour vocation de contribuer à la nécessaire revalorisation de l’éducation populaire en identifiant les leviers qui lui permettront de mieux répondre aux nouveaux défis éducatifs, culturels et démocratiques auxquels est confrontée notre société.
Quel rôle la prévention peut-elle jouer pour réduire les dommages liés aux trafics de drogues et limiter leur emprise sur une fraction de la jeunesse ?
Très attendue par les élus locaux et les professionnels, la circulaire fixant les orientations de la politique de prévention de la délinquance et l’emploi des crédits 2013 du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), a été adressée le 31 octobre aux préfets. Et ce, en avance par rapport au calendrier des années précédentes.
Après une phase d’expérimentation au cours des années 1990, les métiers de la médiation sociale ont connu une forte croissance avec le dispositif des emplois-jeunes à partir de 1997 au travers du recrutement d’agents locaux de médiation sociale. On a pu voir dans la diffusion de ces nouveaux métiers un renouvellement des fonctions de régulation de l’espace public, assurant la présence d’un garant des lieux dans les espaces collectifs et favorisant une forme d’ordre en public sans recourir exclusivement à la répression ou à la loi. Dans une veine similaire, mais moins centrée sur les questions de contrôle de l’espace public, d’autres ont souligné qu’ils représentaient une nouvelle configuration des métiers du social, en produisant une activité reposant sur la fluidité, la mobilité et l’accompagnement, et instaurant de ce fait un nouveau type de relation avec la population. Sans que le constat soit nécessairement contradictoire, beaucoup ont également relevé la précarité de ces nouvelles activités et les difficultés de la professionnalisation, Philippe Robert parlant symptomatiquement de « néo-prolétariat de la sécurité ». En effet, ces activités souffrent d’un déficit de reconnaissance de la part des professions installées et peinent à rendre visibles leurs compétences.
L’appellation « gens du voyage », d’origine administrative, a été retenue par le législateur pour désigner une catégorie de la population caractérisée par son mode de vie spécifique : l’habitat traditionnel en résidence mobile. Couramment qualifiés de « tsiganes », les gens du voyage, de nationalité française dans leur très grande majorité, sont une population distincte de celle des Roms, qui sont des migrants de nationalité étrangère, venus principalement d’Europe centrale et orientale, sédentaires dans leur pays d’origine. Ces derniers relèvent de la législation sur l’entrée et le séjour des étrangers sur le territoire français et non de la législation sur les gens du voyage.
Les quatre adolescents qui arrivent comme chaque jeudi après-midi à la Maison des adolescents de Besançon ne se distinguent en rien des jeunes de leur âge : même jean, mêmes écouteurs autour du cou, même cannette de Coca à la main. Thomas (13 ans), Kévin (14 ans), Théo et Michael (17 ans tous les deux) viennent de milieux différents mais échangent les mêmes blagues de potaches en attendant l’arrivée du pédopsychiatre.
Une plume à la main mieux que des coups de poing !
Après plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de la protection de la jeunesse, où j’ai toujours combiné la recherche scientifique avec ma pratique clinique, je me suis de plus en plus concentré sur le noyau dur de jeunes délinquants. Actuellement, je dirige un projet pilote à la ville de Roermond aux Pays-Bas. Cette ville se situe près de la frontière allemande dans une région où il y a beaucoup de trafic de drogue qui va de pair avec un taux élevé de criminalité. Presque tous les jeunes que nous avons en traitement sont des jeunes immigrés, surtout du Maroc et de la Turquie.
Devenir parent et assumer ce rôle au quotidien n’est pas facile. Dans plus de la moitié des cas (56%), la naissance d’un enfant bouleverse la vie de son père et de sa mère au point que ceux-ci se sentent désorientés et démunis, selon une étude de 2011 du secrétariat d’Etat à la Famille. Dans les foyers les plus modestes, ils sont jusqu’à 64% à estimer que la parentalité est une affaire décidément bien compliquée.