Immigration, discrimination, racisme

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vendredi, mai 15 2015

L'homophobie en 2014

15 05 2015

homophobie_2.pngComme chaque année, le Rapport sur l’homophobie 2015 a été constitué à partir de quatre sources :
- les témoignages reçus par l’association au cours de l’année 2014 (sur notre ligne d’écoute, par courrier, via un formulaire en ligne, par chat ou lors de certains événements auxquels participe l’association) ;
- le travail des différents groupes et commissions de l’association ;
- le suivi de l’actualité de janvier 2014 à décembre 2014 ;
- l’analyse de la presse au cours de la même période.
Ce document n’est donc pas le recensement exhaustif de toutes les manifestations LGBT-phobes survenues en 2014 , mais bien une vision des LGBTphobies à travers les outils de l’association et son vécu de terrain. Les statistiques communiquées dans ce rapport sont uniquement établies à partir des témoignages et demandes de soutien reçus par notre association.

Image : enquete-debat.fr

lundi, mai 11 2015

Contre le trafic de drogue, une guerre discriminatoire ?

11 05 2015

guerre_aux_drogues_guerre_raciale.pngDepuis les années 80, les cités de banlieue servent à approvisionner en drogue la population des centres-villes, qui concentrent l’essentiel de la demande. Le travail de la police a consisté à matraquer les populations de ces quartiers populaires, sans souci d’efficacité. Au contraire, ce sont les populations qui ont pris en main le nettoyage de leurs quartiers par des moyens violents, l’islam jouant un rôle grandissant dans cette entreprise, au même rythme que grandit la haine de la police.
A l’heure où Baltimore est en feu à la suite de heurts violents entre la police et la population afro-américaine, les médias français ont tendance à décrire cette société comme parfaitement exotique, du fait de la centralité des questions raciales aux Etats-Unis. Quatre mois après les attentats de Paris et avec un électeur sur quatre prêt à voter pour le Front National, cette analyse mériterait d’être nuancée en remettant la question raciale en perspective dans l’Hexagone: c’est le sens de la campagne « guerre à la drogue, guerre raciale » lancée par l'Association française de réduction des risques (AFR) liés à l'usage des drogues, le Cran et le think tank République et Diversité.

lundi, avril 13 2015

Antisémitisme, islamophobie, racisme anti-Roms : le rapport 2014 de la CNCDH

13 04 2015

racisme.jpgAprès 4 années de baisse consécutive, l’indice longitudinal de tolérance en France marque une stabilisation, voire une légère progression vers plus de tolérance.
Cette légère progression vers plus de tolérance est intéressante alors que l’année 2014 ne présente pas un contexte favorable qui pourrait l’expliquer. On peut donc se demander si l’indice n’a pas atteint un « plancher », c’est‐à‐dire qu’il pourrait indiquer la part de français qui résistent aux messages racistes ou xénophobes quelles que soient les circonstances.
Toutefois, si la tolérance générale a progressé, il en va autrement de l’acceptation de certains groupes. Ainsi, des points de crispation persistent, voire s’aggravent : les résultats du sondage de 2014 font ressortir une revitalisation des vieux clichés antisémites, une persistance des préjugés anti‐Roms, un rejet des pratiques liées à l’islam dans leurs manifestations tant dans l’espace public que dans la sphère privée, et chez certains, une acception dévoyée de la laïcité comme devant faire rempart à l’islam.

Illustration : ldh-france.org

mercredi, avril 1 2015

Les musulmans sont discriminés en France. Des solutions existent

1 04 2015

musulmans_au_quotidien.GIFEn 2008, un testing sur CV mené en interne par le groupe Casino a montré que les Français d’origine extra-communautaire (asiatique, africaine, maghrébine) sont systématiquement discriminés par rapport aux Français d’origine française. Cependant, l’intensité de la discrimination qu’ils subissent semble très dépendante de la région dont ils sont issus. Ainsi, des trois origines précitées, c’est l’origine maghrébine qui est la plus discriminée. Ce statut particulier des candidats d’origine maghrébine suggère que ce n’est pas seulement l’origine extra-communautaire qui est source de discrimination de la part des recruteurs. L’appartenance probable à la religion musulmane du Français d’origine maghrébine (le Maghreb étant à forte majorité musulmane) semble constituer un handicap de plus pour lui.
C’est cette hypothèse que j’ai voulu tester avec deux collègues américains, Claire Adida (Université de San Diego) et David Laitin (Université Stanford). Nous avons ainsi lancé en 2009 un programme de recherche financé par la National Science Foundation dont l’objectif était de répondre aux deux questions suivantes : (i) les individus sont-ils plus discriminés lorsqu’ils sont perçus comme musulmans plutôt que chrétiens ? (ii) si oui, quels sont les ressorts de cette discrimination ?

mardi, février 10 2015

Accueil local des Roms : une autre politique est possible

10 02 2015

camp_rom.jpgDeux facteurs contribuent à la mise en visibilité des immigrés dits Roms dans les villes européennes : la mendicité et les bidonvilles. Si, dans certains pays, la mendicité se place au centre des débats et suscite, comme en Suisse, des conflits politiques et la mise en place de dispositifs de régulation, en France le débat et les politiques sont plutôt configurés autour de la question de l’habitat précaire et de ses alternatives, et du sort réservé aux campements.
Le présent article porte sur les politiques d’évacuations dont ces campements font l’objet et propose d’en interroger la logique en analysant quelques-unes de leurs conséquences. En effet, il est avéré que ces évacuations sont à la fois très peu efficaces, cycliques, et accompagnées dans la plupart des cas d’une absence d’alternatives de logement, et caractérisées par une violation élémentaire des droits et de la dignité de la personne. Pourquoi se perpétuent-elles donc, et avec quels effets ? En dehors de ces pratiques, quelles politiques d’hospitalité et de solidarité à l’égard des Roms sont possibles ? Quelles sont les solutions « alternatives » qui émergent au niveau local, et qui pourraient contribuer à élargir la palette d’instruments de l’action publique ?

mardi, janvier 27 2015

Les migrants et les demandeurs d'asile victimes de violence et démunis

27 01 2015

police_calais.jpgLes demandeurs d'asile et migrants vivant dans le dénuement dans la ville portuaire de Calais sont victimes de harcèlement et d'exactions de la part de la police française, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les abus décrits à Human Rights Watch comprennent des passages à tabac et des attaques au gaz lacrymogène alors que les migrants et demandeurs d'asile marchaient dans la rue ou se cachaient dans des camions dans l'espoir de se rendre au Royaume-Uni.
Plusieurs milliers de demandeurs d'asile et migrants, la plupart en provenance du Soudan, d’Érythrée et d’Éthiopie, vivent dans des camps de fortune ou dans les rues de Calais. Certains ont affirmé que leur traitement par la police, le manque de logements pour les demandeurs d'asile et les retards dans le traitement des demandes d'asile les avait dissuadés de demander l'asile en France.

Photo : lefigaro.fr

mardi, décembre 16 2014

Abdelmalek Sayad, l’éducation des enfants d’immigrés et la laïcité

16 12 2014

livre_sayad.jpgDans un ouvrage récemment publié au Seuil (L’École et les enfants de l’immigration, essais critiques) et qui regroupe des articles et entretiens datant de 1977 à 1997, le grand sociologue Abdelmalek Sayad (1933-1998) développe une thèse très critique vis-à-vis des CEFISEM (Centre de Formation et d’Information pour la Scolarisation des Enfants de Migrants) créés en 1976, et vis-à-vis de l’ELCO (Enseignement des Langues et Cultures d’Origine). Ceux-ci étaient principalement à destination des enfants d’immigrés algériens et portugais. Passons sur les raisons précises de ces critiques pour nous rappeler que ces CEFISEM et cet ELCO constituent des exceptions manifestes à un idéal républicain dont on aime à vanter la pureté et l’inflexibilité en France. En effet, loin de cet « universalisme bien de chez nous » où l’on ne reconnaîtrait pas des groupes culturels ou ethniques mais seulement des individus citoyens, les pratiques scolaires dont parle Sayad en termes peu amènes sont pourtant l’illustration parfaite d’un traitement différentialiste des enfants d’immigrés, démarche multiculturaliste souvent légitimée chez les enseignants par une sorte de mauvaise conscience postcoloniale. Pris ensemble en tant que groupes ethniquement ou culturellement définis, ces enfants reçoivent un enseignement de l’arabe ou du portugais, par exemple, dans l’espoir peut-être qu’ils soient mieux armés pour « retourner au pays ».

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mercredi, décembre 10 2014

Afro-Américains et police aux USA, éléments historiques d’une hostilité

10 12 2014

a_pig_is_a_pig.gifC’est un livre de coloriage pour enfants d’un type insolite. On y voit des porcs habillés en policiers. Dans l’un d’entre eux, un porc a peur de l’homme noir derrière lui et s’en prend, par frustration et couardise, à un petit enfant noir. Dans un autre, la légende dit : « Un porc est un porc et ce sont tous les mêmes ». Un premier porc est habillé en combinaison anti-émeutes, le deuxième en simple ilotier, le troisième en officier de bureau. Un dernier dessin montre une jeune femme noire svelte avec une coupe de cheveux faisant penser à la militante Angela Davis. Elle brandit un flingue contre un porc, et la légende en forme de comptine dit “Run pig run ! Run pig run ! ”. Toutes ces archives sont tirées de la propagande pour enfants des Black Panthers.

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lundi, décembre 8 2014

Lutte contre les discriminations : un rapport du Sénat

8 12 2014

discrimination.jpgL’objectif de ce rapport était de faire le tour des problématiques relatives aux discriminations ethniques, raciales et religieuses, ainsi que des moyens permettant de les nommer et de les quantifier, afin de faire émerger des mesures plus globales susceptibles de les faire reculer progressivement. Il lance, une fois encore, un message fort à destination du Gouvernement pour qu’il prenne ses responsabilités et contribue à la formation tout au moins des agents relevant de son autorité. Le secteur privé doit lui aussi s’atteler à une tâche similaire pour agir dans la bonne direction. Les discriminations ne disparaîtront pas d’un coup de baguette magique. Il y faudra détermination et constance.
La quantification par des statistiques ethniques étant devenue un sujet polémique à chaque fois qu’on l’évoque, vos rapporteurs, qui n’y sont pas hostiles – à condition que les données recueillies ne débouchent pas sur un fichage ethnique –, proposent d’introduire, une fois tous les cinq ans, dans le recensement, une question sur le pays de naissance des ascendants et la nationalité antérieure pour mieux se saisir des discriminations qui contribuent à la formation de ce fameux plafond de verre empêchant notamment les descendants d’immigrés, français de nationalité, de mieux réussir leur vie scolaire et professionnelle.

Illustration : 93.fcpe-asso.fr

samedi, décembre 6 2014

Mettre fin à la violation des droits des personnes vivant en bidonvilles

6 12 2014

tente_cncdh.jpgAlertée par le nombre d’évacuations sans précédent enregistré cette année, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) s’est saisie de la question du respect des droits fondamentaux des populations vivant en bidonville.
Alors que la circulaire du 26 août 2012 laissait présager une amélioration des conditions de vie des personnes vivant en bidonville, il y a lieu, deux ans après, de formuler le constat que le changement annoncé n’a pas opéré dans le sens attendu. Selon Christine Lazerges, Présidente de la CNCDH, « on est encore très loin du « traitement égal et digne de toute personne en situation de détresse sociale » appelé en préambule de la circulaire ».
Ballotées au gré des évacuations, toujours plus discriminées, voyant leurs droits bafoués, la situation des populations vivant en bidonville s’est détériorée, que ce soit par absence de volonté politique, ou par une politique souvent guidée par une visée répressive et populiste.

mardi, décembre 2 2014

L'immigration en France est de plus en plus européenne

2 12 2014

panneau_frontiere.jpgDe 2004 à 2012, 200 000 immigrés sont entrés chaque année, en moyenne, sur le territoire français. Compte tenu des décès et des départs, la population immigrée a crû en moyenne de 90 000 personnes par an. Début 2013, elle représente 8,8 % de la population française. De 2004 à 2009, les entrées en France sont restées stables, puis ont augmenté, de 2009 à 2012, en raison essentiellement de l’afflux d’Européens.
Le profil des immigrés qui entrent chaque année en France évolue au cours de la dernière décennie. La part des femmes continue d’augmenter, dans la lignée d’un mouvement datant du milieu des années 1970. Celle des personnes originaires d’Europe se renforce : près de la moitié des immigrés entrés en France en 2012 sont nés dans le continent contre un tiers dix ans auparavant. L’immigration d’origine européenne est majoritairement portugaise, britannique, espagnole, italienne ou allemande.

Photo : routes.wikia.com

mercredi, novembre 26 2014

La nouvelle idéologie culturaliste

26 11 2014

LES_PIEGES.jpgEn période de crise politique, économique et sociale aiguë, un certain nombre d’acteurs du monde politique – aidés par quelques commentateurs hypermédiatiques – semblent s’évertuer à formuler des interprétations douteuses du désarroi populaire. Ils situent le problème dans l’érosion de la « culture nationale », alors que les inquiétudes françaises sont plus logiquement imputables à la montée de la précarité. L’objectif pourrait être de brandir une nouvelle idéologie culturaliste et différentialiste, afin de capter un électorat attiré par l’extrême droite.
Ainsi, depuis quelques années, nous assistons à la montée en puissance d’un message explicatif à la plausibilité douteuse qui, pourtant apparu initialement à l’extrême droite, semble en passe d’envahir une grande part du spectre politique, de la droite à la gauche : les Français auraient une identité culturelle très précisément définie, et celle-ci serait menacée dans son essence ; il faudrait donc la défendre contre la contamination des cultures autres, y compris à l’intérieur du cadre national. Or une telle idée est extrêmement discutable.

mardi, novembre 25 2014

Immigration et délinquance : la fabrique du préjugé

25 11 2014

immigres_et_delinquance.jpgPrenons un préjugé très répandu en France. « Plus il y a d’immigrés, plus il y a de délinquance ». John Paul Lepers, qui en est fermement convaincu, veut vérifier. À l’aide du recensement de l’INSEE et des statistiques du ministère de l’Intérieur, il se rend d’abord dans les communes de France qui comptent le plus d’immigrés : Aubervilliers, Beausoleil, Ferney-Voltaire, Oyonnax. Les écarts de délinquance dans ces quatre communes en tête du hit-parade de l’immigration sont tels qu’il doit changer de méthode. Il compare la délinquance dans deux grosses agglomérations que tout oppose : Montbéliard, à très fort taux d’immigrés et Caen, avec quasiment pas d’immigrés. Les résultats le stupéfient : ce sont les mêmes. Avec l'aide de statisticiens et de spécialistes de la criminalité, il démontre qu’il n’y a aucun lien entre immigration et délinquance.
Dans un second film, John Paul Lepers essaye de comprendre pourquoi lui, comme tant de monde, croit en ce préjugé. Il découvre des mécanismes insidieux qui sont à la racine de toute discrimination. À l’aide de professeurs en psychologie sociale, il réalise des expériences dans des écoles primaires et dans des salles de laboratoire qui révèlent les processus inconscients qui nous poussent à créer des catégories humaines et à apposer des stéréotypes, qui deviennent des préjugés à la base de toute discrimination.

dimanche, octobre 26 2014

L’opinion publique française n’est pas antisémite

26 10 2014

manifestation_halimi.jpgL’année 2014 a connu une hausse spectaculaire d’incidents antisémites, avec un premier pic après l’interdiction des spectacles de l’humoriste Dieudonné et la manifestation Jour de colère en janvier, et un second dans le sillage des manifestations antiisraéliennes suivant l’opération Bordure protectrice à Gaza en juillet. Sur les sept premiers mois de l’année, les actes et menaces recensés par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) ont presque doublé par rapport à l’an dernier. Des synagogues ont été attaquées, des magasins brûlés parce qu’appartenant à des juifs, et dans certains manifestations ont retenti des slogans d’un passé que l’on croyait révolu. Faut-il y voir le « retour » de l’antisémitisme des années 1930, comme le président du CRIF évoquant la Nuit de cristal et les pogroms, ou la montée d’un « nouvel antisémitisme » plus insidieux masqué derrière la critique d’Israël et du sionisme et la défense des opprimés ?
Ces actes, pour inquiétants et inacceptables qu’ils soient, restent le fait de minorités. Ils ne reflètent pas l’état de l’opinion publique française. Les sondages, en particulier l’enquête annuelle sur le racisme réalisée pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) montrent au contraire un recul graduel des préjugés envers les juifs, et parmi les préjugés qui résistent le « nouvel antisémitisme » reste marginal.

Photo : lemonde.fr

vendredi, octobre 17 2014

Le football, objet du délire d’Éric Zemmour

17 10 2014

zemmour-football.jpgIl n'est pas démontré que, mieux que tout autre, Éric Zemmour incarnerait l'immixtion des éditorialistes, des intellectuels médiatiques et autres penseurs consacrés par l'époque dans les affaires du football. Mais il fait peu de doutes qu'il a illustré avec une certaine constance l'instrumentalisation de ce dernier à des fins extérieures, l'hystérisation des débats au moindre incident et l'alimentation des nombreux psychodrames nationaux dont il aura été le prétexte depuis une petite vingtaine d'années. Pour lui comme pour la plupart de ses pairs, le football est devenu une obsession, à la fois symptôme de la décadence du pays et moyen de stigmatisation d'une partie de sa population.
Aussi n'y a-t-il pas grande surprise à constater que le football est un des fils rouges de son essai Le Suicide français, faisant l'objet de cinq passages substantiels. Comme annoncé dans l'introduction, l'auteur entend narrer "les quarante années qui ont défait la France", non seulement "président après président, loi après loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel, (…)", mais aussi "match de football après match de football".
Le "roman national" d'Éric Zemmour est une fiction paranoïaque, son livre une mise en scène d'obsessions personnelles qu'il partage et a fait partager, grâce à la complaisance de nombreux médias, à une large frange de l'opinion française. La façon qu'il a d'y aborder le football est particulièrement symptomatique de cette France qui pratique la haine de soi.

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