Le propre de l’idéologie comme de la croyance religieuse, c’est de ne retenir de la réalité que ce qui confirme ses préjugés. Le propre de l’analyse scientifique comme de toute rigueur professionnelle, est au contraire de restituer la réalité dans toute sa complexité, quitte à modifier nos idées si celles-ci s’avèrent trop simples.
Depuis la fin du xixe siècle, le thème « délinquance et immigration » est au coeur des discours d’extrême droite. Mais il tend à se banaliser dans le débat public ces dernières années. L’argument couramment utilisé consiste à dire : « En prison, il y a surtout des Noirs et des Arabes », et à en déduire qu’il y a « quelque chose » (la culture, l’éducation, la religion...) qui relie la délinquance et l’immigration de façon substantielle. Voyons pourquoi c’est un bon exercice de réflexion sur les préjugés.
Spéciale dédicace à MM. Zemmour, Raufer, Bilger, Obertone et consorts.
- Lire cet article paru dans la revue L'Essor de la gendarmerie.
- Découvrir le dernier numéro de la revue canadienne Criminologie : "La criminalisation de l'immigration".
Photo : europe1.fr
Depuis le milieu des années 2000, un mot s’est immiscé dans le débat : islamisation. Les musulmans, dont la population s’accroîtrait dangereusement, chercheraient à submerger numériquement et culturellement l’Europe. L’imaginaire du complot déborde ainsi peu à peu le cadre de l’islamophobie ordinaire. Si cette perception paranoïaque était restée l’apanage d’une poignée d’extrémistes, elle ne ferait pas question, mais elle envahit aujourd’hui l'espace public, imprègne les discours de politiciens écoutés et les analyses d'auteurs réputés sérieux.
« Les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution » constatait il y a quelques jours le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.
En dépit des discours d’ouverture, le nouveau gouvernement socialiste a développé dans la réalité une politique au moins équivalente à celle du gouvernement précédent. Il a exercé une pression sans précédent sur cette population : 66 % du total des personnes évacuées en 2012 le fut sous son autorité durant les six derniers mois. De plus, le nombre de personnes évacuées durant le 3ème trimestre a battu tous les records. Le nombre de personnes ayant reçu une OQTF est lui aussi en nette augmentation.
Soulignons ce fait remarquable : la très grande jeunesse du concept même de communautarisme. Inexistant il y a vingt ans, apparu pour la première fois dans un dictionnaire en 1997, le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. C’est en 2005, à l’issue d’une année dominée par la polémique sur le « voile à l’école », puis par celle sur l’« œuvre positive » de la tutelle coloniale, que le terme s’impose dans le débat public. Comme le souligne Fabrice Dhume, « son occurrence comme mot clé sur le moteur de recherche Internet Google est passée de 91 100 au 3 mai 2005 à 634 000 au 30 mars 2006, et 1 030 000 au 3 mai 2007 ».
Nouvelle une choc du Point cette semaine sur l'islam. Après "le spectre islamiste" en février 2011, voici le retour au second épisode de "Cet islam sans gêne". Pour illustrer son propos, l'hebdomadaire met une photo non légendée d'une femme en hiqab, en grande discussion avec une gendarme.
Plus du quart des immigrés vivant en Ile-de-France déclarent avoir subi des discriminations. Deux tiers des personnes déclarant avoir été discriminées ont un lien direct à la migration. Le sentiment d’être traité de façon inégalitaire est aussi fort pour les descendants d’immigrés pourtant majoritairement nés en France. Les natifs de DOM et les descendants de natifs de DOM sont les plus nombreux à faire état de ce sentiment. Si l’origine géographique est le facteur le plus déterminant des discriminations perçues, le chômage et le fait d’habiter en ZUS ou ZFU accentuent ce ressenti.
A entendre les réactions de ces derniers jours portant sur
L'Insee a rendu ce mercredi 10 octobre son premier rapport, très fouillé, sur les «Immigrés et descendants d'immigrés en France», en analysant leur démographie, les flux migratoires, l'éducation, l'emploi ou encore leurs conditions de vie.
D'après Jean-François Copé, des jeunes enfants se feraient "arracher" leur pain au chocolat à la sortie de l'école par des "voyous" musulmans au motif «qu'on ne mange pas au ramadan». Le ramadan tombant depuis 2 ans en plein été, et donc pendant les grandes vacances, chacun pourra juger de la crédibilité d'une telle assertion. Et pour rappel, c'est à la puberté que l'on commence à jeuner. Au delà de ces petites phrases qui prêtent à polémique, le CCIF agit depuis près de 10 ans au côté des victimes de violences et de discriminations islamophobes, afin de restaurer les valeurs de vivre ensemble, de cohésion nationale et d'intérêt général, des valeurs trop souvent fragilisées, au détriment de tous les français et en particulier de ceux de confession musulmane.
La surveillance des frontières s'est muée ces dernières années en un business hautement profitable. Les sociétés privées de sécurité autant que celles de l'industrie de l'armement en savent quelque chose : depuis le milieu des années 1990, elles ont trouvé dans ce nouveau « créneau » des opportunités inespérées. La plus grosse entreprise de sécurité, G4S (dont une partie de l'activité est consacrée à la « gestion » de l'immigration), emploie aujourd'hui près de 650 000 salariés, ce qui en fait le deuxième plus grand employeur privé du monde. Jamais, en effet, les politiques sécuritaires n'ont aussi fructueusement dopé le marché. FRONTEX, l'agence européenne des frontières mise en place par l'Union Européenne, est emblématique de ce boom - politiquement rentable et financièrement profitable, bien au-delà des pays du Nord.
La sortie récente de M. Copé sur "le racisme anti-Blanc" ne constitue qu'un épisode du débat oiseux autour d'un concept bien mal nommé. Ainsi, le 14 mars 2011, l'hebdomadaire L'Express couvrait la parution d'un court essai de 58 pages, écrit en grosses lettres, sans note de bas de page, et consistant presque exclusivement en des entretiens. Le titre de l'opuscule : Le racisme anti-Blanc, le sous-titre Ne pas en parler : un déni de réalité. L'auteur, Tarik Yildiz, est un contributeur du Bondy Blog de 25 ans, et qui étudie la sociologie. Son essai se présente comme "modeste", se limitant "à l'établissement d'un constat". L'expression "Français de souche", avec ou sans guillemets, y est utilisée 25 fois, soit presque une page sur deux.
Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien: la politique d’expulsion des camps de «Roms» étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne: le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.
La délinquance roumaine en France aurait augmenté de plus de 69 % de 2009 à 2011 selon des chiffres de la police publiés jeudi 23 août par Le Parisien. C’est « une réalité » qu’il « ne faut surtout pas nier » commente le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui avoue néanmoins ne pas être en mesure de confirmer le contenu de la note de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à l’origine de cette “information”.