Depuis la fin des années 1990, le secteur des enquêtes et de la sécurité (agents de sécurité, transporteurs de fonds, détectives…) est en forte croissance, du fait notamment du dynamisme de grands groupes. De 1998 à 2010, le volume de chiffre d’affaires progresse en moyenne de 5,5 % par an et les effectifs salariés de 6,6 % par an. Même la crise de 2009 a peu ralenti l’activité.
Dans ce secteur, la production repose avant tout sur la main-d’œuvre. Les taux de marge sont faibles, mais la rentabilité économique est élevée. Par rapport aux autres services marchands, les emplois sont plus stables, mais les qualifications et les rémunérations sont plus basses.
Illustration : esprit-partenaire.fr
Mediapart s’était intéressé au GPIS après un incident entre des jeunes parisiens et des agents, en mai 2012, un agent présent ayant dénoncé un bidonnage du GPIS destiné à faire croire à un guet-apens.
“Fiasco”, “désastre”, “inexcusable”, “inacceptable”. “Amateur”. Les députés britanniques n’avaient de mots assez forts pour qualifier “l’humiliant” échec de la société de sécurité privée G4S, rapporte le Guardian dans un article acerbe. Nicola Blackwood, députée conservatrice d’Oxford Ouest et Abingdon, confiait alors avoir eu peu confiance en G4S auparavant, “et plus du tout à présent”.
Un cadeau au lobby de la sécurité privée, en échange de sa participation plus active à la "co-production" de la sécurité intérieure. Voilà comment un groupement de professionnels de la sécurité incendie juge une circulaire qui permet le contournement de la loi de 1983. Des notes inédites, obtenues via la Cada, montrent le désaccord de deux préfets successifs à la tête de la Direction de la sécurité civile.
Sécurité privé, fin du premier coup de balai ce vendredi. Dans la cadre de la mise en place, en janvier dernier, du Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), chargé de encadrer le secteur, les sociétés de sécurité et les dirigeants ont jusqu’à ce vendredi pour déposer un dossier de demande d’agrément ou d’autorisation. Et ça promet. À titre d’exemple, en Haute-Garonne, 15 jours avant la date limite, seules 34% des entreprises avaient déposé la demande.
Criminologue médiatique, franc-maçon déclaré, gastronome éclairé, les facettes d’Alain Bauer sont multiples et miroitent jusqu’aux États-Unis. L’homme qui intervient quasi quotidiennement dans les médias français, tant sur la vidéosurveillance que sur les conséquences de la mort de Ben Laden ou la légalisation du cannabis, réside depuis plus de dix ans dans le Colorado. A Littleton, plus précisément, ville devenue tristement célèbre suite au massacre du lycée de Columbine, en 1999. C’est là, entre cet établissement et Lockheed Martin, l’une des plus grandes entreprises américaines de défense et de sécurité, qu’il dirige AB Associates. Cette prospère entreprise propose des audits de sûreté urbaine, de la RATP aux réseaux de transports de Boston, Las Vegas ou encore Sydney, ainsi que de l’assistance à la gestion de crise à des centaines de municipalités et d’entreprises du monde entier. L’Etat du Colorado se serait imposé à Alain Bauer par la situation "centrale" qu’il occupe aux États-Unis, et par les attaches qu’y possède son associé américain.
La sécurité privée est un secteur économique très important, qui côtoie depuis longtemps la sécurité publique dans ses missions de protection des personnes et des biens. On le sait en plein développement ces dernières années, encouragé par un pouvoir politique qui cherche à réduire les effectifs de police et de gendarmerie et à les concentrer sur les missions de police judiciaire et de maintien de l’ordre, renvoyant les tâches administratives et la surveillance de la vie quotidienne aux polices municipales et au secteur privé. On sait de plus que ce pouvoir a fait de la vidéosurveillance sa « priorité absolue » et que c’est une véritable aubaine pour le secteur privé concerné. Par ailleurs, des études, des marchés et des budgets absolument considérables (des dizaines de millions d’euros rien que dans les programmes publics de l’ANR) associent en permanence l’Etat et des entreprises privées dans toute une série de problèmes de « gestion des risques » en matière de sécurité intérieure, depuis des questions de « gestion urbaine de proximité » jusqu’à la conception d’armes ou de techniques de renseignement ultra-sophistiquées. Enfin, le pouvoir politique actuel a manifesté son souci prioritaire du renforcement des liens entre le secteur public et le secteur privé, allant jusqu’à créer par le décret du 10 mars 2010 un Délégué interministériel à la sécurité privée. On espérait donc avoir enfin une vue globale sur toutes ces questions compte tenu du titre de ce livre. Hélas, ce n'est pas le cas.
Selon le GSSIAP (Groupement des professionnels des Services de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes), il existe en France un risque de privatisation partielle de la sécurité civile. C'est ce qu'il dénonce dans un communiqué du 10 janvier : "Malgré l’interdiction du cumul d’activité imposée clairement par les textes, des sociétés entrainées par des lobbyistes refusent d’appliquer la loi en vigueur allant même jusqu’à faire une lettre ouverte au Ministre de l’intérieur afin de jeter le discrédit sur les prises de position du Bureau de Police Administrative (Ministère de l’intérieur) qui, à de nombreuses reprises, a rappelé aux sociétés de sécurité privées qu’elles ne peuvent pas proposer de prestation de sécurité incendie. Sauf si celles-ci se spécialisent et n’effectuent que cette prestation". Le député PS Jean-Jacques Urvoas a du reste officiellement saisi le ministre de l'Intérieur par le biais d'une Question écrite (n° 97646) publiée au Journal Officiel le 11 janvier 2010.