Service public et sécurité privée

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vendredi, février 7 2014

Le lobbying des industries de sécurité progresse en Europe

7 02 2014

drone.jpgS'il est question en France d'un lobbying sécuritaire en matière de criminologie (voir à ce sujet le dernier ouvrage de Laurent Mucchielli), un lobbying sécuritaire est également très actif à l’échelle de l’Union Européenne en matière policière.
Un programme de travail est actuellement sur la table afin de mieux organiser les relations entre les services de police des 28 États membres et l’industrie de la sécurité (et de mieux coordonner l'action des uns et des autres).
Derrière les débats techniques quant à la montée en puissance d’un groupe de travail au centre de ce programme se trame une entreprise d’institutionnalisation des stratégies d’influence des entreprises de sécurité, et en premier lieu, des multinationales spécialisées dans le domaine de la recherche en technologie de pointe et de la fabrication de matériels en matière de (vidéo)surveillance, d’investigation criminelle ou encore de maintien de l’ordre (drones etc.).

Photo : dronologue.fr

jeudi, janvier 24 2013

La sécurité, un secteur privé en pleine expansion

24 01 2013

agent_de_securite.jpgDepuis la fin des années 1990, le secteur des enquêtes et de la sécurité (agents de sécurité, transporteurs de fonds, détectives…) est en forte croissance, du fait notamment du dynamisme de grands groupes. De 1998 à 2010, le volume de chiffre d’affaires progresse en moyenne de 5,5 % par an et les effectifs salariés de 6,6 % par an. Même la crise de 2009 a peu ralenti l’activité.
Dans ce secteur, la production repose avant tout sur la main-d’œuvre. Les taux de marge sont faibles, mais la rentabilité économique est élevée. Par rapport aux autres services marchands, les emplois sont plus stables, mais les qualifications et les rémunérations sont plus basses.

Illustration : esprit-partenaire.fr

lundi, août 27 2012

Les sales méthodes du GPIS, chargé de surveiller les HLM parisiens

27 08 2012

gpis.jpgMediapart s’était intéressé au GPIS après un incident entre des jeunes parisiens et des agents, en mai 2012, un agent présent ayant dénoncé un bidonnage du GPIS destiné à faire croire à un guet-apens.
Pas des fonctionnaires de police, mais pas tout à fait de simples vigiles de la sécurité privée non plus. Dirigé depuis janvier 2011 par Jean-Paul Bénas, un commissaire divisionnaire retraité, le GPIS est une structure sans but lucratif. Elle est née en 2004 de la volonté de plusieurs bailleurs sociaux parisiens de mutualiser leurs services de prévention et de surveillance de leur patrimoine HLM. Ce groupement d'intérêt économique (GIE) compte aujourd'hui quelque 200 salariés, dont 150 sur le terrain, qui assurent, de 19 heures à 5 heures du matin, la surveillance des parties communes des HLM de dix arrondissements parisiens (76 817 logements précisément en 2012).
Le budget, passé de 8 millions d'euros en 2005 à 12 millions d'euros en 2012, est pour moitié financé par la Ville de Paris, qui verse 5,9 millions d'euros de subventions chaque année aux bailleurs concernés. Une contribution particulièrement généreuse, si l'on en croit les conclusions d'un audit interne que Mediapart s'est procuré.

samedi, juillet 28 2012

Le fiasco de la sécurité privée aux JO en Angleterre

28 07 2012

Image_JO_London_2012.jpgFiasco”, “désastre”, “inexcusable”, “inacceptable”. “Amateur”. Les députés britanniques n’avaient de mots assez forts pour qualifier “l’humiliant” échec de la société de sécurité privée G4S, rapporte le Guardian dans un article acerbe. Nicola Blackwood, députée conservatrice d’Oxford Ouest et Abingdon, confiait alors avoir eu peu confiance en G4S auparavant, “et plus du tout à présent”.
Le géant de la sécurité privée avait remporté l’appel d’offre et devait, dans un premier temps, fournir 2 000 gardes, pour un contrat de 86 millions de livres (environ 108 millions euros). Un deal revu à la hausse en décembre : c’est finalement plus du quintuple des effectifs que l’entreprise s’engage à apporter, 10 400 hommes et une addition qui s’élève à 284 millions de livres (362 millions d’euros). Mais patatra ! Alors que la date fatidique se rapproche, G4S annonce qu’il ne pourra honorer ses engagements. Le 12 juillet, deux semaines avant le début de la grand’messe sportive, l’entreprise déclare que les objectifs de recrutement et de formation n’ont pu être remplis. Coup dur pour l’organisation des JO, qui a placé la sécurité de l’événement au premier rang de ses priorités. Le souvenir des attentats de 2005 est encore vif.

mercredi, mai 2 2012

Le lobby de la sécurité privée face aux professionnels de la sécurité incendie

2 05 2012

manifestation-pompiers.jpgUn cadeau au lobby de la sécurité privée, en échange de sa participation plus active à la "co-production" de la sécurité intérieure. Voilà comment un groupement de professionnels de la sécurité incendie juge une circulaire qui permet le contournement de la loi de 1983. Des notes inédites, obtenues via la Cada, montrent le désaccord de deux préfets successifs à la tête de la Direction de la sécurité civile.
En pratique, l’État délègue de plus en plus au privé les missions de sécurité parce que ça coûte moins cher : entre un agent privé et un policier ou un gendarme, le prix est divisé par cinq (salaire mais aussi formation et retraite). Ce texte fondateur de 1983 a pourtant posé un principe : les sociétés de gardiennage ne peuvent pas faire de sécurité incendie. C'est bien pourquoi certains veulent l'abroger.

Illustration : lyonmag.com ("Actions coups de poing des pompiers à Lyon")

samedi, avril 7 2012

Police et justice unies contre la privatisation du système judiciaire

7 04 2012

Image_manif_magistrats_laetitia.jpg

















Plusieurs syndicats et associations de la police et de la justice ont mis en garde les responsables politiques, vendredi 6 avril, contre une tendance à la privatisation du système judiciaire. "Les fonctions de police et de justice doivent demeurer des missions régaliennes de l'Etat, qu'il ne peut déléguer à des partenaires privés sans un contrôle essentiel et réel", et qui doivent être accessibles "de manière égalitaire à l'ensemble des citoyens", écrivent ces organisations dans une "interpellation" adressée aux candidats à la présidentielle.

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jeudi, mars 22 2012

Le vendredi noir de la sécurité privée

22 03 2012

Photo_cordialsecurite.fr.jpgSécurité privé, fin du premier coup de balai ce vendredi. Dans la cadre de la mise en place, en janvier dernier, du Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), chargé de encadrer le secteur, les sociétés de sécurité et les dirigeants ont jusqu’à ce vendredi pour déposer un dossier de demande d’agrément ou d’autorisation. Et ça promet. À titre d’exemple, en Haute-Garonne, 15 jours avant la date limite, seules 34% des entreprises avaient déposé la demande.
Le chantier qui attend le Cnaps est vaste, tant les dérives sont nombreuses. Et certains donneurs d’ordre, y compris dans le public, auraient bien besoin de réviser la loi de 1983 qui régit les métiers de la sécurité privée et le droit du travail tout court. Les dérives ont fleuri à la faveur de l’expansion de ce secteur qui profite du désengagement de l’État, période de vaches maigres oblige. Les effectifs ont augmenté de 140 % en vingt ans, indique le dernier rapport du Centre de recherche et d’études sur les qualifications (Cereq), si bien qu’on compte aujourd’hui 9 000 entreprises et 165 000 salariés.

mardi, septembre 6 2011

AB Associates, commerce de la sécurité en France et aux Etats-Unis (info ou intox ?)

6 09 2011

Photo_betsyweber_flickr.jpgCriminologue médiatique, franc-maçon déclaré, gastronome éclairé, les facettes d’Alain Bauer sont multiples et miroitent jusqu’aux États-Unis. L’homme qui intervient quasi quotidiennement dans les médias français, tant sur la vidéosurveillance que sur les conséquences de la mort de Ben Laden ou la légalisation du cannabis, réside depuis plus de dix ans dans le Colorado. A Littleton, plus précisément, ville devenue tristement célèbre suite au massacre du lycée de Columbine, en 1999. C’est là, entre cet établissement et Lockheed Martin, l’une des plus grandes entreprises américaines de défense et de sécurité, qu’il dirige AB Associates. Cette prospère entreprise propose des audits de sûreté urbaine, de la RATP aux réseaux de transports de Boston, Las Vegas ou encore Sydney, ainsi que de l’assistance à la gestion de crise à des centaines de municipalités et d’entreprises du monde entier. L’Etat du Colorado se serait imposé à Alain Bauer par la situation "centrale" qu’il occupe aux États-Unis, et par les attaches qu’y possède son associé américain.

Illustration : betsyweber - flickr - licence cc

lundi, août 15 2011

A quand une sociologie globale de la sécurité privée en France ?

15 08 2011

Image_livre_securite_privee.gifLa sécurité privée est un secteur économique très important, qui côtoie depuis longtemps la sécurité publique dans ses missions de protection des personnes et des biens. On le sait en plein développement ces dernières années, encouragé par un pouvoir politique qui cherche à réduire les effectifs de police et de gendarmerie et à les concentrer sur les missions de police judiciaire et de maintien de l’ordre, renvoyant les tâches administratives et la surveillance de la vie quotidienne aux polices municipales et au secteur privé. On sait de plus que ce pouvoir a fait de la vidéosurveillance sa « priorité absolue » et que c’est une véritable aubaine pour le secteur privé concerné. Par ailleurs, des études, des marchés et des budgets absolument considérables (des dizaines de millions d’euros rien que dans les programmes publics de l’ANR) associent en permanence l’Etat et des entreprises privées dans toute une série de problèmes de « gestion des risques » en matière de sécurité intérieure, depuis des questions de « gestion urbaine de proximité » jusqu’à la conception d’armes ou de techniques de renseignement ultra-sophistiquées. Enfin, le pouvoir politique actuel a manifesté son souci prioritaire du renforcement des liens entre le secteur public et le secteur privé, allant jusqu’à créer par le décret du 10 mars 2010 un Délégué interministériel à la sécurité privée. On espérait donc avoir enfin une vue globale sur toutes ces questions compte tenu du titre de ce livre. Hélas, ce n'est pas le cas.

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mardi, janvier 11 2011

Un risque de privatisation des pompiers ?

11 01 2011

Image_camion_pompiers.gifSelon le GSSIAP (Groupement des professionnels des Services de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes), il existe en France un risque de privatisation partielle de la sécurité civile. C'est ce qu'il dénonce dans un communiqué du 10 janvier : "Malgré l’interdiction du cumul d’activité imposée clairement par les textes, des sociétés entrainées par des lobbyistes refusent d’appliquer la loi en vigueur allant même jusqu’à faire une lettre ouverte au Ministre de l’intérieur afin de jeter le discrédit sur les prises de position du Bureau de Police Administrative (Ministère de l’intérieur) qui, à de nombreuses reprises, a rappelé aux sociétés de sécurité privées qu’elles ne peuvent pas proposer de prestation de sécurité incendie. Sauf si celles-ci se spécialisent et n’effectuent que cette prestation". Le député PS Jean-Jacques Urvoas a du reste officiellement saisi le ministre de l'Intérieur par le biais d'une Question écrite (n° 97646) publiée au Journal Officiel le 11 janvier 2010.