Replaçant ces débats dans une perspective historique et comparative, douze historiens et sociologues, spécialistes reconnus de l'étude du crime, dressent ici un bilan des connaissances scientifiques inédit en langue française. Ils livrent d'abord une discussion méthodologique particulièrement poussée pour déterminer la valeur des statistiques en matière d'homicide et l'intérêt qu'elles représentent pour mesurer l'évolution des violences physiques dans l'histoire des sociétés européennes. Ils montrent ensuite quels sont les lieux, les protagonistes (auteurs et victimes) et les motifs des homicides tout au long de cette histoire, de même que le rôle qu'à joué leur répression judiciaire croissante.
A travers cette histoire du crime de sang, on voit donc aussi apparaître et s'éclairer l'histoire des rapports sociaux (entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les vieux, entre les dominants et les dominés), l'histoire des codes sociaux et des représentations sociales (l'honneur, l'offense, la vengeance), ainsi que l'histoire de la construction de l'État et de son « monopole de la violence légitime ».

Sous la direction de Laurent Mucchielli et Pieter Spierenburg (professeur de criminologie historique à l'université Erasme de Rotterdam – Pays-Bas) Avec les contributions de : Efi Avdela, Christoph Birkel, Bernard Dauven, Dag Lindström, Tomás Mantecón, Aude Musin, François Ploux, Xavier Rousseaux, Raffaella Sette et James Sharpe.