Suite notamment à deux rapports internes faisant état du moral en baisse des gendarmes, le Général Parayre, à l’époque Directeur général de la gendarmerie nationale au ministère de la Défense, avait déclaré en 2008 : « Le pessimisme n’a plus lieu d’être tant le contexte général est favorable à la gendarmerie ». Un an plus tard, la loi du 3 août 2009 rattachait la gendarmerie au ministère de l’Intérieur, consacrant ainsi un rapprochement opéré depuis plusieurs années. Officiellement, cette fusion progressive qui ne dit pas son nom se justifie par des raisons budgétaires. Mais derrière la rationalité économique, se jouent aussi des enjeux administratifs, politiques et sociaux que le gouvernement passe sous silence. Et dans ces changements décisifs qui s’opèrent sous nos yeux, la gendarmerie sera probablement la grande sacrifiée. Nous l’avions déjà annoncé dans un article paru en février 2009 dans la revue Pouvoirs locaux, et qui a valu à l’un des trois auteurs, officier de gendarmerie, une procédure de radiation. Nous y revenons aujourd’hui compte tenu de l’accélération du processus et du point récent (12 février 2010) de la situation communiqué par le ministère de l’Intérieur.