Caméras de vidéosurveillanceA l'heure où dominent l'effet de mode et le conformisme chez les élus de droite comme de gauche, où la ville de Paris s'est embarquée dans un "plan 1000 caméras", la ville de Toulouse donne l'exemple en organisant un vrai débat public, offrant ainsi aux habitants les moyens de se faire une opinion.
Le 24 juin dernier, grâce à l'aide du Forum français pour la sécurité urbaine, la mairie avait organisé une journée complète de réflexion sur ce thème, retransmise à la télévision locale. Chacun peut y entendre le représentant du gouvernement faire la promotion de la vidéosurveillance, reconnaître à demi-mots que son efficacité n'est pas prouvée mais déclarer que la population française la réclamerait. Puis deux chercheurs indépendants (un Français et un Italien) et deux policiers (un Anglais et un Allemand) relativisent fortement l'efficacité, soulignant le coût réel pour les collectivités, rappelant que le dispositif n'a de résultat que s'il s'accompagne d'une augmentation des effectifs sur le terrain (et non en s'y substituant) et montrant que d'autres mesures bien moins coûteuses (comme l'éclairage de la voie et des lieux publics) donnent des résultats au moins aussi intéressants. Le patron du Forum européen de la sécurité urbaine et le président de la CNIL soulignent les conditions juridiques et les normes européennes aujourd'hui non respectées. Un élu UMP de Bordeaux défend plutôt le système tout en disant qu'il y a très peu de caméras (26) dans sa ville et qu'il ne faut en rajouter. Enfin, l'ancien président de la Ligue des droits de l'homme explique que la vidéosurveillance constitue une atteinte aux libertés publiques en même temps qu'une forme de suspicion généralisée.