Rappelons qu’un projet similaire baptisé INES (Identité nationale électronique sécurisée) avait, le 20 juin 2005, provisoirement été suspendu par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy non seulement en raison des nombreuses incohérences bureaucratiques ayant émaillé sa conduite (cf. le mémoire de Clément Lacouette-Fougère), mais aussi parce que son contenu avait fait naître de très nombreuses critiques. Ainsi, la CNIL, qui avait procédé à une série d’auditions en la matière, s’était montrée extrêmement réservée, tout comme d’ailleurs le Forum des droits sur l’Internet alors en charge de l’organisation d'un débat national sur la question (cf. son rapport en date du 16 juin 2005). Parallèlement, la constitution d’un vaste mouvement d’opposition avait directement contribué à précipiter la décision du ministère de l’Intérieur.
À l’heure où le récent dispositif d’identification relatif au passeport biométrique (décret du 30 avril 2008) fait toujours l’objet d’un recours pour annulation devant le Conseil d’État, nul doute que cette nouvelle initiative politique en faveur de la biométrisation d’une carte (ayant toujours suscité de vives controverses au cours de l’histoire) risque dans un proche avenir d’être à nouveau au cœur de vives polémiques. À suivre…

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