Logo_Le_Monde.jpgDeux précautions valent mieux qu'une. Le sondage qui a défrayé la chronique durant le week-end en plaçant Marine Le Pen, la présidente du Front national, en tête des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle est contestable. Les modalités de cette enquête, réalisée par l'institut Harris Interactive, prêtent à l'évidence le flanc à la critique, comme cela est parfaitement expliqué par ailleurs. Seconde précaution : on ne répétera jamais assez qu'à quatorze mois d'un scrutin, alors que candidats et programmes ne sont pas encore connus, les sondages d'intention de vote relèvent, pour une bonne part, de la politique virtuelle. Ils évaluent des popularités, esquissent des tendances, explorent des attentes. Mais, comme le démontrent tous les scrutins antérieurs, ils ne sont en aucun cas prédictifs du résultat de 2012.
Ces réserves faites, il n'en serait pas moins imprudent ou naïf de se voiler la face : la présidente du Front national a indéniablement bousculé la scène politique depuis le début de l'année et elle constitue désormais une menace sérieuse, aussi bien pour la droite que pour la gauche.