Logo_Le_Monde.jpgDe plus en plus ouvertement, le racisme envahit l'espace politique. Je ne veux pas ici évoquer le Front national mais bien une partie de la droite parlementaire et, à un moindre niveau, une partie de la gauche. L'accueil enthousiaste réservé par l'UMP aux suggestions d'Eric Zemmour de supprimer la législation antiraciste (et de supprimer aussi les maigres subventions aux associations…) est révélateur de ce qui n'est plus la dérive de quelques-uns mais une lame de fond.
L'accusation portée contre un potentiel candidat socialiste aux élections présidentielles de vivre à l'étranger et de ne pas ressembler à ceux et à celles qui peupleraient nos "terroirs", sans compter qu'il dirige une institution financière mondiale, n'est pas neutre. Et ce n'est pas faire preuve de terrorisme intellectuel que de constater que cette conjugaison entre argent et déni de loyauté et d'appartenance nationale rappelle les plus anciens stéréotypes antisémites. Quant aux musulmans, de lois stigmatisantes en questionnement sur la compatibilité de leur foi avec la République ou plus radicalement avec la nationalité française, ils sont devenus l'objet principal d'une rhétorique d'exclusion.