Photo_zigazou76_4_flickr.jpgAssiste-on à une disparition annoncée de la médecine telle qu'elle fut définie il y a plus de 2 000 ans et pour laquelle les jeunes médecins s'engagent, lors de leur thèse, en prêtant le serment d'Hippocrate ? Le fait même que beaucoup de praticiens se posent cette question et que de nombreux patients se sentent de plus en plus mal traités devrait le faire craindre ! Sauf à ceux qui invoquent le conservatisme, dont on accuse généralement les médecins, pour discréditer la défense de leurs valeurs.
L'antienne du "manque de moyens", ressassée à l'envi par les professionnels, n'explique que très imparfaitement la profondeur de la crise actuelle de la médecine qui nous semble plus identitaire que budgétaire. De fait, les pays occidentaux consacrent à l'assurance-maladie une part croissante de leur PIB qui, lui-même, n'a fait qu'augmenter depuis la seconde guerre mondiale ; il n'y a donc pas réellement eu de baisse des ressources allouées à la santé. De plus, les médecins ont toujours exercé avec les moyens dont ils disposaient ; le désenchantement d'une majorité d'entre eux est donc d'une autre nature.

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc