Photo_Jacques_Chirac_Rue_89.jpgIl y a plusieurs manières d'interpréter le jugement du tribunal correctionnel de Paris condamnant Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis. On peut se réjouir, d'un côté, de voir que l'ancien président de la République, une fois qu'il n'est plus en fonctions, redevient un citoyen assujetti à la loi pénale, comme les autres. On peut, d'un autre côté, se lamenter, comme l'ont fait certains politiques, qu'un homme ayant rendu des services aussi éminents à la nation se fasse infliger une peine qui, quoique largement symbolique, affecterait son image. Enfin, on peut aussi saluer, et c'est notre cas, l'indépendance des magistrats qui, au rebours du parquet qui avait demandé la relaxe, n'ont pas hésité à sanctionner l'ancien maire de Paris, en relevant de façon très précise son implication personnelle dans les abus de la gestion de sa ville et en soulignant son manquement à "l'obligation de probité" qui s'impose à toute personne chargée de gérer des fonds publics. Mais si ce jugement est important, c'est, au-delà de son intérêt symbolique, parce qu'il contient certaines leçons éclairantes sur la démocratie française.