Les profils de postes manquent aussi bien d’un projet pédagogique, que ses auteurs sont bien en peine de définir, comme d’un projet scientifique qui se limite à affirmer que les recherches s’inscriront « dans le domaine de la criminologie dans toutes ses dimensions ». On apprend toutefois dans l’argumentaire que les personnels recrutés seraient affectés à un « Pôle national de criminologie dans l’école MS », dont la création n’a été discutée nulle part, et que le CNAM mettra à leur disposition les locaux nécessaires.
De la création d’une section du CNU à ces postes imposés au CNAM, c’est le même projet qui est mis en œuvre : soumettre les institutions académiques aux caprices du pouvoir pour piloter politiquement une orientation et un courant en matière de criminologie en dehors de toute confrontation avec le monde académique. Il s’agit en outre d’un singulier usage des deniers publics qui contraste avec la politique de rigueur affichée et mise en œuvre aux dépens de nombreux emplois utiles dans la fonction publique.
Nous soussignés, refusons l’instrumentalisation du Conservatoire au service d’une démarche politique et non scientifique. Nous demandons l’affectation de ces moyens aux priorités pédagogiques et scientifiques du CNAM validées par les instances.

Jacky Akoka, président du conseil des formations du CNAM
Antoine Bevort, président du conseil scientifique du CNAM

Illustration : cinemapassion.com

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