Les études montrant l'accroissement de la ségrégation scolaire liée à l'assouplissement de la carte scolaire sont foison (voir l'article de Nathalie Mons sur le site du Café pédagogique, ou encore la sortie actuelle de l'ouvrage de Pierre Merle sur la ségrégation scolaire pour des éclaircissements rapides sur ces points) ; la Cour des Comptes a aussi récemment montré que l’État alloue plus de moyens dans les académies les plus favorisées, tant financièrement qu'en termes de moyens humains.
L'article du Café pédagogique rappelle un fait que l'OCDE relate depuis plusieurs années, à savoir que l'origine sociale joue un poids plus déterminant en France que dans les autres pays en termes de réussite scolaire.

A l'heure de la promotion de quantité de dispositifs innovants promouvant « autonomie » et « responsabilité » de chacun, différenciation des enseignements, la thèse soutenue par Mathieu Valdenaire l'an dernier, sous la direction de Thomas Piketty, remet à l'ordre du jour une antienne incessamment défendue par les enseignants et ringardisée par les communicants politiques et médiatiques : la réduction des effectifs par classe, notamment à l'école primaire : "La suppression des ZEP aboutirait d’après nos estimations à une progression des inégalités de réussite scolaire entre élèves scolarisés en ZEP et hors ZEP de 11% au primaire, 6% au collège et 3% au lycée", écrit M. Valdenaire. "La diminution de 5 élèves des tailles de classes de ZEP conduirait au contraire, dans notre hypothèse basse, à une réduction des inégalités de 37% au primaire, 13% au collège et seulement 4% au lycée".


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