En effet, plus d’un tiers des détenus (38 %) déclarent avoir consommé du cannabis durant leur incarcération, 8 % de l’héroïne et 7 % de la cocaïne. Par ailleurs, la consommation d’alcool en détention concerne 19 % des personnes détenues. Autre fait majeur, près de 8 % des détenus déclaraient avoir débuté l’usage d’une nouvelle drogue en détention. Et certaines de ces consommations se font par injection, alors que l’accès à du matériel d’injection stérile n’est pas disponible en milieu pénitentiaire. Cette enquête vient conforter d’autres sources de données françaises (enquêtes Coquelicot, Pri2de et Prevacar). Cette nouvelle enquête est toutefois la première à interroger directement les personnes détenues lors de leur incarcération. Elle révèle que le cadre répressif en milieu carcéral n’est pas dissuasif et que les risques de transmission de maladies infectieuses en détention sont extrêmement élevés, en raison de l’absence d’outils de réduction des risques, des conditions de promiscuité liés à la politique carcérale et de la prévalence très élevées des maladies infectieuses chez les personnes détenues (de l’ordre de 3 à 4 fois plus élevées qu’en milieu libre pour le VIH et l’hépatite C). Cette enquête rappelle ainsi l’importance du principe d’équité en matière d’accès aux soins et aux moyens de prévention pour les personnes détenues en comparaison au milieu libre, présente dans les recommandations préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1993, mais non appliqué en France.