rap.jpgLa musique adoucit les mœurs, dit-on. Mais est-ce vraiment le cas de toutes les musiques ? C’est ce qu’ont sans doute voulu déterminer des chercheurs de l’université d’Utrecht (Pays-Bas), dont les conclusions viennent donc d’être publiées dans cet article paru dans la prestigieuse revue américaine Pediatrics. A partir d’une étude longitudinale sur un panel de 309 adolescents, ils « démontrent » que ceux qui au début de l’adolescence appréciaient les genres musicaux « bruyants » ou « rebelles » (rap, rock, punk, metal, électro…) vont avoir une plus forte tendance à développer des comportements déviants au cours de l’adolescence, tandis que ce n’est pas le cas de ceux qui préféraient des genres musicaux conventionnels (R&B, variétés commerciales) ou « intellectuels » (classique, jazz).
On peut sourire ou s’agacer de cette étude, qui semble entériner un préjugé classique contre les musiques de jeunes. Il vaut mieux regarder précisément les fondements de la "démonstration" des psychologues néerlandais. Et c’est là que le bât blesse : certes, les adolescents qui à 12 écoutaient les musiques honnies ont effectivement plus de comportements déviants à 16 ans, mais en réalité… ils en avaient déjà plus que les autres à 12 ans. Rien ne prouve alors que la musique est la cause de la délinquance.

Illustration : jeunes-epinay-sur-seine.fr