VVV.jpgLe programme Ville, Vie, Vacances (VVV), initialement nommé « Opérations anti-été chaud », puis « Opérations prévention été », est né en 1982 à la suite des événements de violence qui ont eu lieu dans le quartier des Minguettes à Vénissieux durant l’été 1981 (le « rodéo des Minguettes »), et dans d’autres villes de l’agglomération lyonnaise. Considérées comme les premières émeutes urbaines contemporaines dans les quartiers d’habitat social, ces événements coïncident avec l’arrivée à l’âge adulte, sur le marché du travail, d’une « première génération » de Français issus de l’immigration « postcoloniale » qui s’en est vue largement exclue, en raison des discriminations, mais aussi du faible capital social et culturel dont elle disposait (réseaux, formation, etc.).
A ce moment-là, le problème de la jeunesse des quartiers populaires, aussi plurielle soit-elle, n’est pas que celui du chômage ; il est bien plus profond. Elle se sent rejetée et exclue d’une France qui ne veut pas d’elle, notamment en raison de son appartenance ethnique et religieuse : les jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine subsaharienne sont stigmatisés et discriminés. Peu d’opportunités s’offrent à eux pour s’insérer socialement et professionnellement. Bien entendu, ces jeunes ne constituent pas l’unique composante de la jeunesse des quartiers populaires, et les choses ont par ailleurs légèrement évolué depuis, mais ils ont historiquement attiré l’attention des décideurs publics.

Illustration : martinique.pref.gouv.fr