negociations_et_crime_en_col_blanc.jpgLes configurations multiples des crimes commis par les organisations et les individus qui y travaillent montrent l’importance, dans un contexte de transformation des démocraties contemporaines, de s’intéresser aux conditions qui modulent la visibilité du crime et qui affectent également les actions menées par les instances de contrôle pour y mettre un terme. Les privilèges et les barrières – des mécanismes de déviation efficaces, ponctuels, récurrents et diachroniques - dont bénéficient les infracteurs présumés de crimes en col blanc servent ici de prétexte à une exploration des immunités réciproques qu’ils mettent en scène en une formidable cristallisation à l’échelle du réseau – et du système - qui les ritualise. En ayant recours à cinq études de cas contemporaines (Film Recovery Systems ; Westray ; Ford ; l’affaire du syndrome de l’huile frelatée ; Transco), nous cherchons à mieux saisir ce qui entre en ligne de compte dans la durée du crime. Il s’agit de mieux comprendre les délais de réponse observables dans de nombreuses situations et domaines d’activité, alors que des organisations commettent des crimes. Ainsi, alors que des signaux avertisseurs et des dénonciations à répétition ont systématiquement été ignorés, il apparaît que, parfois, l’entreprise fautive était au courant des risques qu’elle faisait courir aux travailleurs et aux consommateurs, ces derniers étant ignorants des dangers auxquels on les expose.