moustique_la_reunion.jpgEn 2006, une épidémie de chikungunya fit plus d’une centaine de morts sur l’île de La Réunion. Cette crise sanitaire fut un moment de recomposition des rapports sociaux entre Créoles, Zoreils et touristes. Le moustique défini, avant la crise sanitaire, comme un allié par les Créoles, car il servait à marquer des frontières entre eux, les Zoreils et les touristes, bascula vers un statut d’ennemi sous l’effet de l’épidémie. Le moustique a alors rapproché touristes et autochtones unis face à la menace commune. L’épidémie constitua une épreuve qui permit d’élaborer un cadre partagé de conduites louables. Le principe d’engagement auprès des malades et le principe de retenue pour les malades permettaient de capter de la reconnaissance indépendamment de l’origine ethnique. Six ans après la crise, les représentations d’avant l’épidémie se sont en partie rétablies au niveau politique mais ont été durablement modifiées au niveau des échanges interindividuels.

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