la_junquera_prostitution.jpgL’économie criminelle mondialisée des trafics de femmes et de stupéfiants trace entre continents des territoires de circulations mêlant inextricablement des échanges économiques et affectifs. Nous suivons depuis quatre années l’une de ces circulations qui prend la forme de transmigrations de femmes pour le travail du sexe depuis les Balkans et le Caucase jusqu’à l’Italie du Sud, le Levant espagnol, les routes françaises, et enfin les nations permissives nord-européennes, avant un retour là d’où elles sont parties pour environ 10% d’entre elles. Les verbatim de ces femmes nous permettent de comprendre que chacune de ces étapes fonctionne comme une « moral area » (R.E. Park) mêlant populations et échanges illicites divers, subterranéité et officialité des transactions, éthiques politiques défaillantes et stratégies mafieuses résolues. Ce livre relate, à partir d’une évaluation des revenus de la marchandisation des femmes (1,2 milliards d’€ pour 10 800 femmes) et des drogues (1,7 milliards d’€) dans le Levant espagnol, les dynamiques transmigratoires et les stratégies criminelles d’implantation de leurs activités dans le département des Pyrénées-Orientales à l’exécutif politique hyper clientéliste largement initié aux gestions absolutistes des populations par omerta, protections abusives, népotismes…. avant d’emprunter les routes françaises.

  • Référence : Alain Tarrius et Olivier Bernet, Mondialisation criminelle. Frontière franco espagnole de La Junquera à Perpignan. Drogues, prostitutions, mafias internationales et clientélismes politiques locaux (170 pages).
  • Obtenir ce rapport de recherche en écrivant à l'auteur : altarrius@gmail.com

Photo : lindependant.fr