genocide_rwandais.jpgL'actualité des procès de présumés génocidaires rwandais a renouvelé cette interrogation lancinante : comment des hommes ordinaires peuvent-ils se livrer à de telles atrocités, sans en éprouver le moindre remords ?
Je me joins aux voix qui se sont fait entendre pour établir des analogies entre Shoah et génocide du Rwanda. Les différences historiques, géopolitiques, culturelles et technologiques sont majeures. Pourtant, en m'appuyant sur mon expérience des tueurs en série, il m'est apparu possible de décrire un ensemble de conditions psychiques facilitatrices, sorte de constellation psychique commune à des actions criminelles aussi dissemblables.
S'opposant point par point aux tueurs en série, les criminels génocidaires tuent dans un élan collectif, au nom des ordres donnés, avec l'assentiment de leur conscience, dans une visée d'assainissement et d'épuration. En période de vague génocidaire, leur grand nombre est la règle. Leurs personnalités se recrutent dans une gamme très large d'hommes ordinaires. Devoir, obéissance et idéal conjuguent leurs effets pour anéantir tout scrupule et inverser la valeur accordée aux actes.

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