Bien qu’usée jusqu’à la corde, la mise en cause de la probité demeure l’un des principaux ressorts du spectacle qu’offre la vie politique russe. D’un côté, la justice et les médias, en lien avec le pouvoir en place, ne cessent de livrer en pâture de nouveaux condamnés. Maires, gouverneurs de régions et désormais ministres, les coupables sont de plus en plus haut placés, les sommes détournées de plus en plus élevées, les peines de plus en plus lourdes. Cette intransigeance apparente n’empêche pourtant pas que certains opposants fassent eux aussi de cette croisade leur crédo. Boris Nemtsov avait déjà co-signé en 2011 un rapport dénonçant la corruption de Vladimir Poutine et de son entourage.