Les gardiens ailés de Nimroud, mi-hommes mi-taureaux pensaient-ils finir leur vie de pierre dans une galerie d’art de Londres ? Ces pièces d’origine mésopotamienne ont été, comme d’autres, pillées sur les champs de bataille syriens ou irakiens par Daech et leurs comparses. Elles atterrissent ensuite sur des marchés européens, où, parfois, elles sont repérées par des spécialistes et des policiers.
Le pillage d’antiquité n’est pas nouveau en soi. En revanche, les routes du pillage demeurent complexes : quel a été le parcours de ces pièces ? Et par quel biais ont-elles pu atterrir dans cette galerie huppée du sud-londonien ? Si l’Europe n’est pas l’unique destination ou l’unique point de redistribution mondial des antiquités – la contrebande vers les pays du Golfe semble importante –, le vieux continent draine cependant bien plus d’intermédiaires et d’acteurs locaux.