Peu de données chiffrées sont aujourd’hui disponibles pour apprécier objectivement la diversité du mouvement des « gilets jaunes ». Les premières enquêtes sur le terrain ont dessiné un portrait type, mettant notamment en lumière la forte présence des femmes, des revenus modestes et des primo-manifestants. Fin novembre 2018, un questionnaire diffusé sur les réseaux sociaux précisait leur profil politique, soulignant le poids des personnes qui refusent de se situer politiquement.
Une enquête quantitative lancée le 22 décembre 2018 cible près de 300 groupes Facebook de tous les départements. Elle offre quatre atouts par rapport aux enquêtes existantes. D’abord, la taille importante de notre échantillon permet d’approfondir la compréhension des ressorts sociologiques du mouvement. Ensuite, pour dépasser l’approche par le revenu ou la profession, nous avons mesuré le degré de précarité des répondants à travers le score « Epices », un indicateur utilisé par les organismes de santé publique.