D’emblée, l’idée du « grand débat national » lancé par le président de la République fait débat. Les uns pensent que l’on doit se fier à ce dispositif inédit et ambitieux, bien qu’improvisé et flou, alors que les autres font part de leurs réserves, sur trois points principaux. La méthode délibérative n’a pas été présentée et clarifiée, laissant les participants éventuels dans l’ignorance d’un déroulé rigoureux de ses étapes et du mode d’élaboration des synthèses finales. Les modalités de prise en compte des résultats de ce grand débat ne sont guère explicitées non plus, tandis que certains sujets, comme l’ISF ou la santé, sont par avance exclus ou oubliés. Une troisième remarque porte sur l’indépendance des organisateurs et observateurs et sur le pilotage des réunions. Ce dernier revient désormais à l’exécutif, après qu’il a remercié la CNDP (Commission nationale du débat public) qui posait quelques conditions de méthode. Mais d’autres raisons, plus objectives et plus graves, alimentent nos doutes.