Depuis environ dix ans, l’administration pénitentiaire souhaite faire participer les psychiatres au parcours d’exécution des peines et ce de multiples manières : participation à des réunions dites « commission pluridisciplinaire unique » dans lesquelles des professionnels de mission différentes abordent le parcours d’exécution des peines et pourquoi pas les problèmes de santé de la personne détenue, renseignement d’un dispositif informatique nommé Genesis, notamment pour y inscrire des informations à caractère médical en vue du changement d’établissement de la personne, là encore à son insu.
Or, depuis la loi de 1994 qui a rattaché les soins en prison au ministère de la santé, notre mission n’est pas la médicalisation de la punition, mais le soin. Depuis 1994, il est inscrit dans la loi que les personnes détenues doivent bénéficier de soins équivalents à ceux qui existent à l’extérieur de la prison et que les personnels soignants exerçant en prison ne ton pas une catégorie à part, mais ont les mêmes obligations déontologiques que leurs pairs.