Contrairement à une opinion répandue, la voie professionnelle ne peut être réduite à une voie de relégation. Elle peut même être une véritable voie de réussite, et être le résultat d’un choix d’orientation réfléchi. Cependant, faute d’aller assez loin, la réforme initiée actuellement par Jean-Michel Blanquer a peu de chance de sortir l’enseignement professionnel de la voie mineure qu’il occupe.
Rendre la filière professionnelle plus attractive suppose d’offrir aux élèves de réelles perspectives de poursuites d’études, en BTS notamment. Actuellement, seuls 16% des bacheliers pro obtiennent finalement un BTS, ce qui est peu, et même si la réforme actuelle de la voie professionnelle prévoit d’augmenter ce pourcentage, cela ne suffit pas. La clé est de donner du temps aux bacheliers pro, pour qu’ils mûrissent leur projet et qu’ils puissent se remettre à niveau dans les savoirs généraux. Or, notre système éducatif, avec ses procédures et sa temporalité rigides ne permet pas cela.