Il aura fallu 12 jours pour que ça tangue pour de bon et qu'on voie éclore des tribunes, des pétitions et même une Assemblée générale à l’EHESS de Paris. L'affaire remonte au 6 juin : ce jour-là, la communauté des chercheurs en sciences sociales découvrait, médusée, que le CNRS avait de nouveau déclassé Akim Oualhaci au terme de sa dernière campagne de recrutement.
“Déclassé”, c’est-à-dire que le docteur en sociologie, qui s’était classé quatrième (pour cinq postes à pourvoir) au terme des premiers écrémages assurés par un jury de chercheurs, ne figurait tout simplement plus au classement final publié par l'institution. Sorti pour de bon des radars au sprint final en section 36, où la sociologie est regroupée dans une côte mal taillée avec les "sciences du droit".
“De nouveau”, car ce n’est pas la première fois (ni même la deuxième) que le CNRS contredit le classement effectué par ses pairs. C’est la troisième. L’an dernier, le même chercheur était passé sous le seuil des postes en jeu. Un an plus tôt, en 2017, ils étaient deux, Akim Oualhaci et Matthieu Grossetête, à s’être classés premier ex aequo, pour finalement être rétrogradés tandis qu’un des trois postes de chargés de recherche était carrément rayé du concours.