En langage politique, on appelle cela des « violences gratuites ». Le 12 juin, à l’occasion de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, le premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un « plan pour lutter contre les violences gratuites ». « Les Français n’en peuvent plus des coups de couteau donnés pour un mauvais regard ou des batailles rangées entre bandes rivales. Nous ne devons plus rien laisser passer », a-t-il lancé.
Les chiffres seraient chaque année plus alarmants. Plus de 700 agressions « gratuites » par jour sur les huit premiers mois de l’année 2018 (soit plus de 173 000 actes), en augmentation de près de 8 % par rapport à 2017, selon le ministère de l’intérieur. Année après année, on parle de forte hausse ou d’escalade, les politiques s’affolent et annoncent de nouvelles mesures. Le tout entretenant l’idée, dans l’imaginaire collectif, d’un danger imminent permanent. A tort.