Les picotements peuvent gratter jusqu’au sang, dit-il. Son avant-bras porte des traces de brûlures. Des dépôts noirs s’incrustent sur le toit de sa maison, sur le barbecue, dans le jardin, sur la terrasse. La gorge gratte. Le nez est sec. Les yeux pleurent tout le temps. Les maux de tête peuvent durer une demi-journée.
Il y a eu des réunions avec les maires, la préfecture et le directeur de Sobegi, la filiale de Total qui gère la plateforme industrielle : « “Ce n’est pas normal que vous souffriez, on va travailler.” Mais ça n’a jamais changé. » Il attribue les retombées noires et les odeurs fétides au site d’Arkema, spécialisé dans la transformation chimique de produits contenant du soufre, et proche de son domicile. Selon lui, les nuisances ont commencé il y a trois ou quatre ans.
À Lacq, la crainte grandit de tomber malade à cause des rejets des innombrables usines qui se côtoient dans le bassin : 45 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), dont 14 sont catégorisées « Seveso seuil haut » et 6 « Seveso seuil bas ».