dominique_kalifa.jpg« C’est un peuple à part, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, des êtres pervertis qui, répudiant toute contrainte, dépouillant toute vergogne, vivent en dehors de la société et n’y touchent que pour lui nuire ». Voleurs, assassins, escrocs, vagabonds, apaches, verseuses, anarchistes, bagnards, prostituées, surineurs, maraudeurs, vitrioleuses, invertis, fous, truqueurs et anormaux…
Combien de vies oubliées ou mutilées, d’existences obscures et fugitives, de figures viles et méprisées Dominique Kalifa (né en 1957 à Vichy et mort en 2020 à Brugheas), a-t-il sorties du royaume de l’ombre ? Dans l’angle mort de l’histoire, il s’était fait mission de lever le voile sur tout le peuple des bas-fonds. Et d’écrire, ce faisant, l’histoire du long XIXe siècle du point de vue des parias, non des vainqueurs. A rebours de l’historien traditionnel qui, souvent encore, n’a eu d’yeux que pour le règne, ennuyeux et trop sûr, des établis et des puissants.


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