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samedi, décembre 1 2012

Il faut réintégrer le commandant Pichon !

livre_pichon.jpgA l’heure où de nombreux policiers font l’objet de poursuites pénales partout en France (à Marseille, Lyon, Lille, Le Havre, Bobigny), au point que le ministre de l’Intérieur a dû dissoudre la brigade anticriminalité (BAC) de Marseille-Nord et réaffirmer sa volonté d’une police exemplaire, il est urgent que soit réintégré en son sein un officier de police dont la carrière a été exemplaire. Exclu depuis le 9 décembre 2011, le commandant Philippe Pichon a fait l’objet, depuis plusieurs années, d’un acharnement politique particulièrement injuste en raison de ses seuls engagements de policier républicain.
Si, en 2008, il a volontairement transgressé son devoir de réserve en divulguant dans la presse et avec l’accord des intéressés les fiches du fichier Stic (Système de traitement des infractions constatées) concernant Johnny Hallyday et Jamel Debbouze, afin de démontrer que ce fichier contenait des informations illégales, tout le monde sait aujourd’hui que ce geste fut désintéressé et ne fut jamais que celui d’un lanceur d’alerte citoyen.

lundi, octobre 1 2012

Fichiers scolaires : où en sommes-nous ?

base_eleve.jpgEn matière de libertés individuelles, le système d’information développé par le ministère de l’éducation nationale n’est sans doute pas le plus dangereux de tous ceux mis en place en France ces dernières années. Cependant, parce qu’il porte sur l’ensemble de la population en âge scolaire, qu’il s’agit très majoritairement de mineurs, que la technologie utilisée (identifiant national unique, bases et entrepôts de données, interopérabilité, …) offre toutes les possibilités d’exploitation d’une masse considérable de données incontestablement personnelles et souvent sensibles, cela nous incite à l’examiner avec la plus grande attention.
Son examen n’est pas achevé, mais nous estimons disposer de suffisamment d’informations pour pouvoir mettre en évidence un certain nombre des risques inhérents à un tel système pour les droits et libertés des jeunes. Cela devrait nous aider à réfléchir à l’orientation des actions à entreprendre, ce qui constitue l’objectif principal de ce document.

Illustration : archives-lepost.huffingtonpost.fr

mercredi, juillet 25 2012

La Cnil dispense à la légère l’école

Image_ecoliere.jpgL'autorité chargée de veiller à la bonne application de la loi Informatiques et Libertés de 1978 vient de dispenser de déclaration les fichiers scolaires locaux. Une décision rationnelle de bon sens selon elle. Pourtant, les fuites récentes de données nominatives et les quelques contrôles qu'elle a effectués devraient l'inciter au contraire à plus de vigilance.
Il est vrai que les fichiers scolaires ne semblent pas la priorité de la Cnil. Ainsi, Base élève premier degré avait fonctionné plus d’un an sans attendre la délivrance du récépissé de la déclaration auprès de la Cnil, de 2004 à 2006, comme l’avait détaillé le Conseil d’État dans sa décision du 19 juillet 2010, suite à sa saisine par le CNRBE. Et le conseil des sages avait jugé excessive la durée de conservation de 35 ans des données dans Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), un base nationale qui rassemble les immatriculations uniques de chaque élève depuis son entrée dans le système scolaire.

Photo : maif.fr

mardi, juillet 17 2012

Mineurs récidivistes : l’abrogation des peines plancher ne peut suffire

Image_justice_rdndue.jpgLes premières annonces de Christine Taubira, nouvelle garde des sceaux, marquent incontestablement un tournant important en matière de politique pénale à l’encontre des mineurs. S’inscrivant dans l’esprit des grands principes de l’ordonnance de 1945 elle marque à chacune de ses interventions son attachement à la primauté de l’éducatif sur le répressif. On ne peut, avec l’Association des magistrats de la jeunesse et de la famille, que s’en satisfaire.
Reste maintenant à passer aux actes car l’urgence est là. Au 1er juillet 2012, 810 mineurs étaient détenus, ce qui représente une hausse de 5,2% par rapport au mois précédent (770 au 1er juin). Concrètement est annoncée la suppression du tribunal correctionnel pour mineurs (voir ici) et surtout l’abrogation des peines plancher. Pour autant cette dernière mesure ne pourra économiser une réflexion sur l’ensemble des lois sur la récidive adoptées par le gouvernement précédent.

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samedi, mai 19 2012

Dernière salve liberticide avant une refonte de la législation des fichiers de police ?

Image_fichier_de_police_lefigaro.fr.jpgÀ la suite des dispositions introduites par la LOPPSI 2 (voir ici), trois décrets d’application relatifs aux fichiers de police viennent d’être publiés au Journal officiel. Le décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 fusionne les fichiers STIC et JUDEX dans un traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), initialement développé sous l’acronyme ARIANE. Si les durées de conservation des données, les infractions et les personnes visées évoluent peu, ce traitement ne constitue pas une stricte réplique des fichiers antérieurs. À la différence du STIC et du JUDEX, le TAJ contiendra un dispositif de reconnaissance faciale permettant de procéder à des comparaisons biométriques des visages, y compris sur la base d’images collectées via des dispositifs de vidéosurveillance. De façon à faire ressortir les liens et similitudes entre fiches, bien d’autres critères pourront donner lieu à des requêtes spécifiques ou périodiques et automatisées (signalement, mode opératoire, mobile, etc.). L’ancienne majorité n’a pas jugé utile d’introduire, comme l’y invitait la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), l’interdiction de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de données « sensibles » (orientation politique, sexuelle, religieuse, etc.).

Photo : lefigaro.fr

dimanche, mai 13 2012

LOPPSI 2 : en guise d'adieux, M. Guéant a activé le fichier d'analyse sérielle

Image_fichier_de_police_lefigaro.fr.jpgDimanche 6 mai 2012, Claude Guéant a fait publier un décret de la loi LOPPSI 2 fusionnant le STIC policier (système de traitement des infractions constatées) avec le JUDEX de la gendarmerie (système judiciaire de documentation et d'exploitation). Cet énorme fichier désignera les personnes soupçonnées et leurs victimes présumées, le tout sur plusieurs décennies. Si cette fusion apparaît comme une nécessité pour le bon travail de police judiciaire, il est cependant bien établi que le fichier STIC de la police nationale comporte un taux d'erreur particulièrement important et même inquiétant (voir un dossier complet sur ce sujet). Ce nouveau fichier commun sera en outre couplé à un dispositif de reconnaissance faciale permettant d’exploiter les visages captés par vidéosurveillance. Comme l’a mentionné la CNIL, on peut y trouver aussi les « origines raciales ou ethniques », ainsi que les opinions politiques, syndicales, philosophiques et religieuses, de même que des données relatives à la santé et à la vie sexuelle.

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vendredi, mai 11 2012

Place Beauvau, année zéro – Episode 2 (De nouveaux espoirs)

Photo_Bauer_Gueant_lemonde.jpgFrançois Rebsamen ? Manuel Valls ? Un tandem Jean-Marc Ayrault-Delphine Batho, si Matignon échappait au maire de Nantes? Alors que les spéculations sur le futur occupant de la Place Beauvau s'intensifient, et que l'équipe de Claude Guéant fait ses cartons, une chose est sûre, Alain Bauer, l'omniprésent criminologue, ne sera pas sur la photo, en janvier 2013, pour la présentation des chiffres de la délinquance (une tradition que M. Rebsamen, chargé des questions de sécurité dans la campagne de François Hollande, souhaite de toute façon supprimer).
Le président du conseil d'orientation de l'Observatoire national de la délinquance (ONDRP), président du conseil d'administration du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRS), président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie, va présenter sa démission de ces trois fonctions, dès le gouvernement constitué. Une manière d'acter la défaite de celui qui l'a nommé directement ou indirectement, Nicolas Sarkozy. Il s'agit, aussi, de ne pas encombrer son ami Manuel Valls, s'il venait à s'installer Place Beauvau ou même à Matignon (dont l'ONDRP dépend).

dimanche, avril 1 2012

Questions de constitutionnalité pour le fichier des empreintes génétiques

Image_adn.jpgLors de l’audience du 21 mars 2012, le tribunal correctionnel de Senlis a décidé de transmettre à la Cour de cassation quatre questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) posées par la défense de Xavier Renou. Ce dernier était poursuivi pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement de son empreinte génétique.
Ainsi que Catherine Bourgain l’a exposé, nos connaissances scientifiques ont progressé en ce qui concerne les segments d’ADN prélevés en vue de constituer le Fichier national des empreintes génétiques – le Fnaeg. Ces segments sont bien “non codants” au sens que les biologistes moléculaires donnent à ce mot, mais ils sont “codants” au sens commun puisqu’ils permettent d’apporter des informations sur la personne. À partir de ces segments, il est en effet possible pour de nombreuses personnes, de déterminer leur origine géographique – donc avec une forte probabilité la couleur de peau – ainsi que diverses caractéristiques intimes – comme leurs prédispositions à certaines maladies –, informations discriminatoires et sans aucun rapport avec l’objet du Fnaeg qui est de lutter contre la délinquance.

samedi, mars 31 2012

Contestez un PV, vous serez fichés

Image_contravention_liberation.fr.jpgL'arrêté a été publié en catimini le 16 mars au Journal Officiel. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant y annonçait (lire le texte ici) la création d'un nouveau fichier de police informatisé: l'Ares, pour «automatisation du registre des entrées et sorties des recours en matière de contravention». Derrière cet acronyme, un principe simple: désormais, tout automobiliste contestant une contravention sera fiché informatiquement.
D'une simple contravention pour non-affichage du ticket horodateur (17 euros) à une sanction pour conduite en état d'ivresse, tous les contestataires verront leurs noms, adresses et professions consignés dans le fichier Ares. Le tout pour une durée de cinq ans. La mesure sera mise en place progressivement à Paris et dans les départements de petite couronne (92, 93, 94) dans les prochaines semaines.

vendredi, mars 23 2012

Fin de partie pour le fichier biométrique des « gens honnêtes »

Photo_Justice_par_Eric_E._Johnson_sur_flickr.jpgNous avions été parmi les premiers, peu nombreux il est vrai (le journaliste Jean-Marc Manach, la CNIL, la LDH) à avoir tenté d’alerter nos concitoyens, en particulier via les blogs de Laurent Mucchielli, sur les nombreux problèmes et dangers soulevés par la proposition de loi « relative à la protection de l’identité ».
Définitivement adoptée par le Parlement le 6 mars 2012 (vote en dernière lecture par l’Assemblée nationale : pour, 285 voix ; contre, 173 voix), ce texte avait finalement institué une carte nationale d’identité biométrique équipée d’une puce dite « régalienne » contenant de nombreuses données personnelles relatives à son possesseur (dont deux de ses empreintes digitales) ainsi qu’un fichier dans lequel seraient enregistrées ces mêmes données (appelé « TES » - « Titres électroniques sécurisés » - et rebaptisé « fichier des gens honnêtes » par le sénateur UMP François Pillet). De plus, ce texte autorisait, sous certaines conditions, l’utilisation des empreintes digitales de chaque demandeur de ce titre inédit à des fins de police judiciaire.

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lundi, mars 19 2012

La criminologie selon le « professeur » Alain Bauer : petite enquête au CNAM

Photo_CNAM_wikipedia.jpgLe Conseil National des Universités va t-il bientôt accueillir malgré l’avis unanime de ses représentants une nouvelle section de « Criminologie » ? Il ne reste plus qu’un bon mois à ses promoteurs pour y parvenir, avant une élection présidentielle qui risque de ruiner leurs efforts et leur stratégie et de rebattre les cartes dans ce domaine comme dans d’autres. Ce projet est en effet trop évidemment politisé pour sortir indemne du changement politique qui semble s’annoncer. Décryptage sans concession, documents à l’appui.

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mardi, mars 6 2012

La biométrie : fausse promesse de “vérité scientifique”, vraie menace pour les libertés publiques

Image_biometrie_lesmotsontunsens.jpgLa biométrie, ça ne fonctionne pas. Ou en tout cas pas à coup sûr. À l'occasion du vote de demain à l'Assemblée nationale permettant de créer le plus gros fichier biométrique de la population française, OWNI a listé les faiblesses des systèmes biométriques. Et la liste est longue...
En 2009, aux États-Unis, un rapport accablant de l’Académie nationale des sciences jetait un pavé dans la mare de ceux qui accordent une confiance aveugle aux “experts” de la police technique et scientifique. Les “experts” savent très bien que leurs méthodes ne permettent aucunement de recueillir une “preuve scientifique“, mais uniquement une “présomption”.
Erreurs humaines, de calcul, de prélèvement, de conservation ou de comparaison des échantillons, biais méthodologiques ou scientifiques, les “experts” ont de très nombreuses raisons de se tromper… sans parler de ceux qui condamnent ainsi des innocents à plusieurs années de prison.
50 % des victimes d’erreurs judiciaires sorties de prison par l’Innocence Project, une ONG américaine qui utilise l’empreinte génétique pour innocenter des condamnés inculpés à tort, avaient ainsi été condamnées sur la foi de témoignages et de “preuves” apportés par des experts de la police scientifique et technique.

6 mars 2012 : le jour où la France décida de ficher toute la population

Image_biometrie_lefigaro.fr.jpgLe fichier des “honnêtes gens“, créé pour mettre un terme aux usurpations d’identité, et qui sera adopté ce mardi 6 mars 2012 à l’Assemblée, en sixième lecture (et après 8 rapports parlementaires), s’apparente à une “poudre de perlimpinpin“. Aux effets secondaires dévastateur. Pour la première fois depuis le gouvernement de Vichy, il s’agit de ficher l’ensemble de la population française, 60 millions d’”honnêtes gens“, au prétexte de mieux les protéger.
Les défenseurs de la proposition de loi, ainsi qu’un certain nombre de médias, ont avancé, à tort, que l’appellation “Fichier des gens honnêtes” émanait d’opposants à ce projet. Il n’en est rien : c’est François Pillet, rapporteur (apparenté UMP) de la proposition de loi au Sénat qui, le premier, l’a utilisée, le 31 mai 2011, avant de la qualifier de “bombe à retardement pour les libertés publiques“. Le PS a ainsi rappelé que l’on n’avait jamais vu un tel projet de fichier depuis Vichy, et son “fichier général de la population, en 1940“, qui fut d’ailleurs détruit à la Libération.

lundi, février 20 2012

Une loi pour la « protection de l'identité » ou pour un nouveau fichier de police ?

Logo_liberation.gifInterview de Pierre Piazza dans Libération, sur la genèse et le contenu de la loi dite de « protection de l'identité » qui a été adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture le 1er février.

Que recèle la future carte nationale d'identité biométrique telle qu'elle a été votée ?
Cette carte contiendra une puce électronique dite « régalienne » dans laquelle seront insérées des informations d’état civil et des données biométriques (deux empreintes digitales et photographie du visage) relatives à son détenteur. Une autre puce, facultative, est aussi prévue pour permettre une identification de son porteur dans le cadre des démarches administratives en ligne et du commerce électronique.

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vendredi, février 3 2012

Elections 2012 : le projet du Syndicat de la magistrature

image_justice_balance.jpgDans la perspective des prochaines élections présidentielles et législatives, le Syndicat de la magistrature a travaillé tout au long de l’année 2011 à l’élaboration d’un projet pour la justice et les libertés.
Ce projet articule constats, analyses et idées de réforme. Il contient près de 200 propositions que nous avons voulues claires et précises, ambitieuses et réalistes.
Les sujets abordés sont nombreux : les nominations dans la magistrature, le parquet, la police judiciaire, le fonctionnement des juridictions, les droits des parties, le statut pénal des ministres et du chef de l’Etat, les contrôles d’identité, la garde à vue, la prison, les drogues, la liberté de la presse, la maladie mentale, la justice des mineurs, les droits des étrangers, les fichiers de police...


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