Recherche - vidéosurveillance

mercredi, septembre 19 2018

La CNIL alerte sur la multiplication des nouveaux usages des technologies de surveillance

Ecrans_de_surveillance.jpgLa CNIL a constaté ces derniers mois le développement rapide de nouveaux outils de captation et de nouvelles modalités d’exploitation de la vidéoprotection dans l’espace public. Ces technologies, sur lesquelles la CNIL est de plus en plus sollicitée, s’inscrivent dans une optique de prévention ou de répression des troubles à l’ordre public. La légitimité de cet objectif ne peut en tant que telle être contestée. Mais ces dispositifs, qui s’articulent parfois avec des technologies de big data, soulèvent des enjeux importants pour les droits et libertés individuelles des citoyens. Il est aujourd’hui impératif que des garde-fous soient prévus afin d’encadrer les finalités pour lesquelles ces dispositifs peuvent être déployés et prévenir tout mésusage des données traitées par leur biais.

Photo : nato.int

mercredi, juillet 25 2018

Ce que l'Affaire Benalla dit sur la vidéosurveillance

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgQuelle démonstration plus brutale pourrait-on trouver de l’argument selon lequel la « vidéoprotection », comme l’appellent pudiquement les villes et les entreprises qui y ont recours, protège surtout ceux qui la contrôlent ? L’affaire Benalla n’aurait jamais éclaté si la scène n’avait pas été filmée par des témoins, à l’aide de leur téléphone portable. Censée protéger les citoyens et permettre d’arrêter des suspects, la vidéosurveillance a servi, en ce jour de manifestation du 1er Mai, à protéger un suspect, quand par ailleurs, le même jour, les images de vidéosurveillance étaient abondamment utilisées pour tenter d’identifier des personnes suspectées de violences contre les forces de l’ordre.
Par ailleurs, au terme de la loi, les vidéos sont automatiquement effacées après un délai maximal de 30 jours. Par ailleurs, il est interdit qu’un enregistrement soit copié et/ou puisse sortir d’un centre de supervision urbaine (CSU) en dehors d’une procédure judiciaire. Conclusion : la loi n'est pas respectée par ceux qui sont sensés la faire appliquer.

mardi, mars 27 2018

Quand des citoyens informés refusent la vidéosurveillance

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgDepuis des années, élus et industriels de la surveillance répètent à la population que la vidéosurveillance "c'est bien", que c'est même "pour leur bien" et par conséquent qu'il en faut partout et tout de suite. Jamais les besoins réels (les besoins de sécurité comme les autres) ne sont diagnostiqués, jamais les évaluations scientifiques de la vidéosurveillance ne sont mentionnées et jamais le coût n'est indiqué à l'avance aux citoyens.
Dans le Gard, à Aigues-Vives (3 200 habitants), la municipalité a au contraire choisi d'informer un minimum les citoyens et d'organiser un référendum. Il faut dire que le projet du maire était quelque peu pharaonique (26 caméras pour un budget total de 350 000 euros), la commune étant déjà endettée. Résultat : avec 386 voies contre 171, c'est une large victoire du non.

mercredi, mars 7 2018

Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgLa vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir des élections présidentielles de 2007, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ? Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n’est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme. Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le « bluff technologique » des industries de sécurité, le gaspillage de l’argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.

dimanche, septembre 3 2017

Bilan catastrophique pour une expérience de vidéosurveillance dite « intelligente »

Poudre_de_perlimpinpin.JPGTrente-cinq cas de « faux positif », et une arrestation d’un innocent : c’est le bilan catastrophique d’une expérience de « vidéosurveillance intelligente », menée à la fin d’août durant le carnaval de Notting Hill à Londres, selon une enquête de la télévision nationale Sky News. Le carnaval de Notting Hill, le plus grand événement populaire de la capitale britannique, attire chaque année environ un million de personnes sur deux jours. Cette année, il était encadré par un dispositif de sécurité exceptionnel, après les attentats de Londres et de Manchester. La police londonienne utilisait notamment un système de caméras capable de reconnaître des visages en les comparant à une base de données, qui devait permettre d’identifier les personnes recherchées par la police. Résultat : dans 35 cas, le programme a cru reconnaître une personne recherchée, mais il s’est trompé. Et inversement, aucune arrestation de personne réellement recherchée n’a été rendue possible par les caméras.

samedi, décembre 24 2016

La vidéosurveillance ne protège pas les citoyens, n'en déplaise aux politiciens

FRANCE/Si certains en doutaient encore, l'enquête de Mediapart sur l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice prouve une fois de plus que la vidéosurveillance ne protège pas les citoyens de la criminalité. L'auteur de l'attentat de Nice ne s'est pourtant pas caché. Au contraire, il a effectué de nombreux repérages avec son camion de 19 tonnes, avant de passer l'acte. Le tout au nez et à la barbe du système de vidéosurveillance et de police municipale le plus important de France. Loin d'en tirer une quelconque leçon d'humilité ou de meilleure gestion, le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a construit toute sa carrière politique sur la posture sécuritaire, poursuit en tentant de faire oublier son arrogance (au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, il avait déclaré lors d’un conseil municipal : « Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipé du même réseau (de vidéosurveillance) que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés »). Il continue ainsi à faire dépenser à la ville des millions d'euros dans ce système, et même des centaines de millions pour la région PACA qu'il préside.

lundi, novembre 7 2016

De la vidéosurveillance à la vidéoverbalisation : une évolution majeure

panneau_videoverbalisation_marseille.jpgA quoi sert la vidéosurveillance de l’espace public, c’est-à-dire des rues de nos villes ? Dans un précédent article, nous avons étudié le cas d’une petite ville, dans une démarche de type ethnographique, décrivant de l’intérieur le fonctionnement du Centre de supervision urbaine (CSU). Au final, la vidéosurveillance était apparue essentiellement comme un outil de gestion urbaine de proximité n’ayant que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. Lorsqu’il s’agissait d’évaluer sa contribution à la lutte contre la délinquance proprement dite, nous nous étions toutefois heurté à l’impossibilité de mesurer précisément le rôle des images enregistrées dans la résolution des affaires. A l’occasion d’une recherche menée cette fois-ci dans une grande ville, nous pouvons proposer d’aller plus loin dans l’analyse du volet répressif. On découvre alors que le principal usage de la vidéosurveillance est en réalité désormais la vidéoverbalisation. Cet usage est autant massif que dissimulé car politiquement peu correct.

  • Demander une copie de cet article en écrivant à l'auteur : mucchielli (at) mmsh.univ-aix.fr

Photo : video-verbalisation.fr

mardi, juillet 26 2016

A Nice, des élus et des policiers municipaux très politisés tentent de sauver la face

CSU_et_PM_de_Nice.jpgLa polémique autour du drame du 14 juillet à Nice est d'autant plus violente que c’est la crédibilité d’élus de droite sur le volet sécuritaire qui est en jeu dans une ville qui était une vitrine. Le 24 juillet, après l’interview dans le Journal du Dimanche de la responsable du centre de vidéosurveillance de Nice, une déplorable polémique enfle à nouveaux sur fond d’enjeux électoraux, visant à dégager les responsabilités de la police municipale à propos de la faille dans le dispositif de sécurité mis en place le 14 juillet.
Le tout survient sur fond de lobbying croissant des élus de droite (notamment niçois) pour l'armement croissant des polices municipales et l'extension de leurs pouvoirs.

mardi, juin 7 2016

Quand le lobby de la vidéosurveillance fait son mea culpa... pour mieux passer aux drones

Drone_3.jpgMonsieur le maire, vous aviez investi dans les caméras de vidéosurveillance ? Las, le lobby de la vidéosurveillance (Association nationale de la vidéoprotection – AN2V) vient de vous ringardiser. Après avoir refilé des dizaines de milliers de caméras aux élus de tous bords et aux communes de toutes tailles, voici que son représentant déclare dans la presse (Sud Ouest, 06/05/2016) : « Il ne sert à rien de faire du quantitatif et de placer des caméras à tout prix. Notre position est claire : nous prônons moins de points de visualisation mais avec des images de meilleure qualité ». Faisant preuve d’un sacré culot, le lobbyiste se pose en moraliste de la vidéosurveillance : « le coût, les aspects juridiques et éthique ont-t-ils été pris en compte ? Puis il préconise « une vue d’ensemble pour sortir de l’émotion et des petits calculs électoraux des municipalités ». Et pour terminer en beauté : vous surveillez vos concitoyens d’en bas ? et bien, surveillez aussi d’en haut : « Pourquoi pas un essaim de drones plutôt qu’un hélicoptère pour suivre un rodéo nocturne ? ». Sans doute au titre de la maitrise des coûts...

Photo : sudouest.fr

lundi, mai 9 2016

Vidéosurveillance "intelligente", algorythmes et autres mirages technologiques

le_mythe_de_la_machine.jpgAlors que les plus sceptiques envisagent clairement un avenir à la « Skynet », le célèbre réseau informatique tout droit sorti de Terminator prenant le contrôle des machines afin d'anéantit l'humanité, l'administration de Barack Obama a pris du recul sur la montée en puissance des systèmes big data, d'apprentissage machine et d'intelligence artificielle. Dans un rapport publié cette semaine, la Maison Blanche s'est ainsi penchée sur le problème lié aux systèmes simplistes débouchant sur des prises de décisions automatiques. Des systèmes utilisés dans une variété de domaines tel que l'emploi, l'éducation ou encore l'accès au crédit et plus globalement tout ce qui touche à la prise de décision automatisée. Défauts de programmation et pauvreté des algorithmes peuvent provoquer de sérieux problèmes.
Dans la série des flop technologiques, on lira l'article sur le prétendu « stationnement intelligent » installé en grande pompe par le maire de Nice (Christian Estrosi) en 2013 et qui a coûté 10 millions d'euros à la ville.

vendredi, avril 22 2016

Sécurité : les annonces fracassantes de certains nouveaux présidents de région

Securite_Voiture-de-Police0-247x165.jpgSi la sécurité publique n’a jamais été une compétence régionale, l’actualité dramatique de l’année 2015 s’est invitée dans les élections régionales de décembre dernier. Trois présidents élus, parmi les figures du parti Les Républicains – Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Christian Estrosi – avaient annoncé leurs intentions pendant la campagne. Quatre mois après les élections, les trois conseils régionaux ont adopté ces derniers jours leur budget. Quelle part y est consacrée pour la sécurité ? Les engagements ont-ils été respectés ?
Très médiatisé au cours de la campagne de la fin 2015 suite à l’attentat manqué du Thalys et à celui meurtrier du 13 novembre, le « bouclier de sécurité » de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a été voté le 6 avril en plénière. A vrai dire, à l’instar de la région PACA, cela fait plusieurs années que la région francilienne s’intéresse à la sécurité et prévoit chaque année une enveloppe, principalement destinée à soutenir la construction de commissariat ou encore à financer une partie du parc de caméras de vidéosurveillance sur le territoire.

mardi, mars 22 2016

À quoi sert la vidéosurveillance ? Le cas français d’une petite ville « exemplaire »

cameras_de_videosurveillance_globe.jpgLe fort développement de la vidéosurveillance dans l’espace public, en France, à partir des élections présidentielles de 2007, n’a pas fait l’objet d’évaluations scientifiques. Cet article propose une étude de cas et un travail de terrain dans une petite ville dotée d’un système de vidéosurveillance considéré comme exemplaire par les pouvoirs publics locaux. L’étude montre que la vidéosurveillance n’assure ni prévention ni dissuasion des actes de délinquance et qu’elle n’a globalement aucun impact sur le niveau de la délinquance enregistrée. L’étude illustre également le phénomène de déplacement des problèmes. Elle permet ensuite de mesurer la contribution de la vidéosurveillance au travail de police judiciaire, montrant que cette contribution est réelle mais limitée. Au final, la vidéosurveillance apparaît essentiellement comme un outil municipal de gestion urbaine de proximité, qui n’a que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. L’auteur analyse alors les ressorts politiques du succès de cette technologie, montrant qu’elle a constitué une ressource politique tant pour le gouvernement qui a décidé d’inciter à sa généralisation que pour les élus locaux désireux d’afficher une action dans le domaine, le tout en lien avec le fort développement des industries de la sécurité.

Photo : lesinrocks.com

lundi, janvier 26 2015

Le Royaume-Uni abandonne la vidéosurveillance

cctv_bbc.jpgDéveloppée massivement dans les années 1990 par le gouvernement conservateur de John Major, la vidéosurveillance n'a plus la cote outre-Manche. Après 20 années d'expansion, le réseau britannique connaît une réduction drastique. En cause, des coupes budgétaires sombres dans le budget de la police. Il faut dire que les rapports s’amoncellent pour dénoncer la faible efficacité de la vidéosurveillance dans l'élucidation des crimes. Certains d'entre eux évoquent même son inutilité presque totale. Peut-on déjà prévoir que la France, qui a adopté cette mode quinze ans après (surtout à partir de 2007 et l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République), fera à son tour machine arrière d'ici 5 à 10 ans ?

Photo : bbc.com

vendredi, juin 6 2014

Vidéosurveillance : au moins 30% des villes ne respectent pas les obligations légales

Videoprotection_Zigazou76.jpgQui surveille les surveillants ? Depuis trois ans et le vote de la loi dite LOPPSI 2, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) est compétente pour contrôler la mise en œuvre des dispositifs de vidéoprotection et de vidéosurveillance, que ce soit dans les lieux ouverts ou non au public. A ce titre, la Cnil a procédé à plus de 450 missions – dont 134 contrôles en 2013 – sur plusieurs dizaines de milliers de caméras. Objectif: analyser le respect de garanties prévues par la loi en termes d’information des personnes, de durée de conservation, de limitation des zones filmées, de sécurité du système, etc.
Dans son rapport annuel présenté le 19 mai, la Cnil tire le bilan de ce pouvoir de contrôle. L’information légale, l’orientation des caméras mais aussi la conservation des images et la sécurité du système sont les principaux griefs adressés par cette institution indépendante aux acteurs publics comme privé.

© Zigazou76 (Flickr)

mardi, février 4 2014

FIPD 2014 : 54,6 millions d’euros dont 65 % pour les actions de prévention

Logo_Gazette_des_communes.pngLa circulaire sur le fonds interministériel de prévention de la délinquance pour 2014 a été adressée aux préfets le 28 janvier 2014. En baisse de 3% par rapport à 2013, l’enveloppe globale s’élève cette année à 54,6 millions dont 35 millions d'euros pour la prévention et 19 millions pour la vidéosurveillance. Elle permettra de financer « de manière quasi-exclusive » la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance adoptée par le gouvernement en juillet 2013 et qui se concentre 1) sur la prévention visant les jeunes exposés à la délinquance, 2) sur la prévention des violences faites aux femmes, intrafamiliales et aide aux victimes, 3) sur la tranquillité publique. 75 % de l’enveloppe consacrée à la prévention sociale devra bénéficier aux zones de sécurité prioritaire (ZSP) et territoires « politique de la ville ».

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