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jeudi, mars 31 2011

La construction politico-médiatique du lien entre décrochage scolaire et délinquance

Affiche-le-bon-la-brute-et-le-truand_4.jpgDepuis bientôt 10 ans, c’est devenu un rituel : une à deux fois par an, un représentant du gouvernement (souvent proche de Nicolas Sarkozy) annonce un nouveau dispositif de lutte contre le décrochage scolaire. Il y a quelques semaines, c’était la suspension des allocations familiales (texte proposé et défendu par Eric Ciotti) qui était réinstaurée (après avoir été abrogée à la demande… de Nicolas Sarkozy en 2004). Ce lundi 28 mars, c’est la Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, Jeannette Bougrab, qui montait au créneau sur la thématique, en annonçant un énième dispositif, lequel devrait être considéré comme une réponse aux affrontements entre jeunes survenus ces dernières semaines à Asnières et Gennevilliers (92). Compte tenu des résultats peu significatifs, voire contre productifs, des précédents dispositifs (références en fin d'article), il est plus que douteux qu'il faille espérer des améliorations à l'avenir. Cette annonce mérite en revanche que l'on s'y attarde un instant car elle est emblématique de la construction politico-médiatique de la question du décrochage scolaire depuis 10 ans. Suivons ainsi la dépêche AFP qui a été reprise par presque tous les grands médias et par de très nombreux sites Internet.

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dimanche, février 20 2011

L'école buissonnière : pour penser autrement l'absentéisme

Image_livre_Etienne_Douat.gifQui sont ces élèves « absentéistes » que l’on rencontre pourtant si souvent dans leurs collèges ? Pendant près de trois ans, Étienne Douat a suivi ces collégiens qui font l’école buissonnière : ni décrochés ni accrochés tout à fait. Ses investigations restituent et analysent l’oscillation de leurs pratiques et leur ambivalence face à l’institution scolaire, faites d’expériences socialisatrices contradictoires par rapport aux impératifs scolaires, aussi bien dans les familles ou les groupes de pairs, que dans les collèges eux-mêmes.
En nommant « absentéistes » des élèves qui sont en réalité encore très présents, en se polarisant sur la surveillance, le comptage et la répression de ces jeunes et de leurs familles, supposées défaillantes, l’institution s’interdit de penser la complexité du phénomène, tout en déployant des dispositifs souvent contre-productifs. À l’opposé d’une pensée qui « déscolarise » la question, ce livre propose au contraire de mettre la focale sur ce qui se joue au coeur de l’école elle-même.
Les acteurs éducatifs mobilisés autour de la question de l’absentéisme pourront ainsi s’appuyer sur l’analyse des relations avec les familles et les élèves, ainsi que de la manière dont on confronte ces derniers aux apprentissages, à un certain emploi du temps et du corps et aux verdicts scolaires.