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mardi, avril 26 2016

La prise en charge des mineures délinquantes par la Protection Judiciaire de la Jeunesse

Filles_delinquantes.jpgAu début de l'année 2011, à Nice, une douzaine de jeunes filles (parfois accompagnées de garçons), des adolescentes âgées de 12,5 ans à 16 ans, agressent de façon virulente, d'autres adolescents (principalement des filles), pour un regard, un sac, un téléphone portable ou un vêtement. Durant trois mois, entre janvier et mars 2011, ces jeunes filles vont aller et venir dans la ville, en frappant violemment plusieurs victimes.
A quelques mois d'intervalle, un phénomène similaire se produit. Certaines des jeunes filles appartenant au premier groupe commettent à nouveau des violences et des vols avec violence avec de nouvelles jeunes filles. Nice n'est plus l'unique lieu de ce type d'agressions (la zone d'action s'étend entre Nice et Cannes), et aux vols avec violences ou aux violences simples, vont s'ajouter les vols simples dans de grandes enseignes types Cap 3000, Galeries Lafayette, etc. En outre, ces jeunes filles sont repérées comme étant sous l'influence d'adultes dont elles sont victime.

Illustration : encyclocine.com

mardi, septembre 27 2011

Comprendre la formation des bandes de jeunes

Photo_Gerard_Stolk_64_flickr.jpgLes jeunes en bande ont tout pour déplaire. Décrits comme agressifs, hostiles, violents, ils incarnent une dangerosité de proximité. C’est à travers leurs « affrontements », leurs « agressions gratuites », leurs « trafics », leurs défoulements émeutiers, leurs penchants sexistes ou homophobes, que les bandes alimentent l’actualité journalistique. La place qu’elles occupent dans les médias est indissociable des prédations qu’elles commettent ou qui leur sont imputées.
Au delà des faits-divers, cette réalité pose de nombreuses questions : qu’est-ce qu’une bande ? Comment se forment-elles ? Peut-on les mesurer ? Quelles évolutions ? Qui attirent-elles ? Pourquoi ? Comment fonctionnent-elles ? Quelles places y occupent les transgressions ou les comportements violents ? Que disent ces groupes des évolutions de notre société ? C’est à l’ensemble de ces questions qu’est dédié cet ouvrage qui est le fruit d’une longue recherche de terrain menée dans une « zone urbaine sensible » de la région parisienne.
L’auteur (Marwan Mohammed, chercheur au CNRS) s’est attaché à comprendre ce phénomène à la fois ancien et en constante mutation. La société change, les bandes aussi. Il y a un demi-siècle, leur ampleur et leur durée de vie étaient limitées par le service militaire et, surtout, par le plein emploi. L’école ne conditionnait pas autant les destins sociaux et les territoires ouvriers n’étaient pas imprégnés par le « bizness ». Aujourd’hui, le public des bandes, essentiellement masculin, se construit principalement dans trois scènes sociales : la famille, l’école et la rue. Trois univers liés entre eux, analysés de l’intérieur, afin d’appréhender la « pertinence » des bandes pour ceux qui les forment, la recomposition des liens sociaux qu’elles imposent et leur poids dans le quotidien de ceux qui les côtoient.

Illustration : Gerard Stolk 64 - flickr - licence cc

vendredi, avril 8 2011

Bandes de jeunes, territoires, violences : quelques précisions

Photo_cite_gingiber_flickr.jpgNotre petit article sur la médiatisation du fait divers dramatique de la gare de Noisy-le-Sec a suscité beaucoup de réactions, d'approbations, de critiques ou de demandes de précisions, portant moins sur le fonctionnement des médias et l'absence d'informations précises sur les raisons de cette agression (ce qui était le sujet de notre billet), que sur les bandes de jeunes, les quartiers pauvres, la violence et la population « d'origine étrangère ». Ceci confirme la crainte que nous exprimions, à savoir que le traitement médiatique superficiel des faits divers favorise le recours à des généralités toutes faites que l'on vient ensuite plaquer sur les événements.
Pour prolonger la discussion, nous proposons ici de revenir non pas sur l'agression en question (encore une fois, l'enquête ne fait que commencer, attendons pour connaître le fin mot de l'histoire), mais sur ce qui a fait le plus débat sur ce blog donc : les bandes de jeunes, les quartiers pauvres, la violence et la population « d'origine étrangère ».

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lundi, avril 4 2011

Rosny-sous-Bois : le fait divers et l'incendie médiatique

alain_lm_cc_flickr.JPGHier après-midi, puis ce matin, voici que le téléphone s'est mis à sonner. Un(e), puis deux, puis trois, quatre, cinq et finalement une bonne douzaine de journalistes, de radio, télévision et presse écrite nous ont appelés l'un et l'autre. Tous veulent un commentaire de ce fait divers dramatique survenu à la gare RER de Noisy-le Sec et impliquant un groupe de jeunes de Rosny-sous-Bois. Et tous ont exactement les mêmes infos : le contenu d'une dépêche de l'AFP du 3 avril résumant les faits, proposant une hypothèse interprétative à cette agression collective (l'interdiction pour un jeune homme d'une cité de la région parisienne de sortir avec une jeune fille résidant dans une autre cité) et citant quelques verbatims de l'un d'entre nous (Marwan Mohammed, sociologue au CNRS), issus d'un entretien réalisé 15 jours auparavant à propos des affrontements entre bandes à Asnières et Gennevilliers...! Nous voici donc une fois de plus en présence d'un incendie médiatique à l'occasion d'un fait divers. Après forte hésitation (rajouter encore un commentaire dans le flot des commentaires...), nous nous décidons à exprimer ce rapide point de vue pour essayer sans doute naïvement d'appeler à un peu de raison et de retenue.

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mardi, janvier 25 2011

Les Bandes, le quartier et moi (documentaire)

Image_documentaire_France_5.jpgAprès avoir vécu dans les quartiers populaires des Pyramides et du Canal, Atisso Médessou éprouve le besoin de mieux comprendre le monde dans lequel, durant toutes ces années, il a évolué. Pendant un an, il pose donc sa caméra à Evry et à Courcouronnes et choisit d’y rencontrer les groupes de jeunes qui s’y constituent. En interrogeant le maire de la ville, les habitants, les adolescents et leurs parents, il tente de saisir de quelle manière ces bandes se forment, vivent et s’organisent. Au cours de son enquête, il révèle un monde à l’intérieur duquel se dressent des frontières invisibles entre quartiers limitrophes, un monde où, en fonction de l’endroit où l’on habite, le supermarché ou le fast-food deviennent des territoires ennemis où il ne vaut mieux pas s’aventurer. A ces groupes fermés, régis par des codes précis, il est impossible d’échapper. La guerre qui se joue au pied des immeubles ou au coin de la rue ne le permet pas. Tout simplement parce que les rivalités entre quartiers sont une réalité à laquelle les jeunes doivent quotidiennement faire face. Mais pourquoi tant de haine ? Pour le sociologue Marwan Mohammed, interrogé dans le film, « ces embrouilles s’intègrent dans un champ de réputations, très informel, où il s’agit de faire parler de soi, de son groupe ou de son quartier. Et la réputation liée aux embrouilles apporte un certain statut social que personne, à ce moment-là, n’arrive à leur apporter. Une fois qu’ils ont fait parler d’eux, c’est du prestige, c’est du pouvoir, c’est de l’estime de soi » (présentation officielle du documentaire).