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jeudi, février 10 2011

Le monde judiciaire au bord de la crise de nerfs (dossier d'actualité)

Image_justice_en_danger_lemonde.fr.jpgLa déclaration de Nicolas Sarkozy dans l'affaire de Nantes ne constitue pas une première. Elle s’inscrit dans une longue lignée de discours opportunistes réagissant aux faits divers. L’utilisation des magistrats comme boucs émissaires ne peut pas non plus surprendre. Elle trahit cependant une fuite en avant. Coincé entre une politique de sécurité qui enjoint aux policiers de pratiquer la "tolérance zéro", une stratégie médiatique d'affichage d'un volontarisme constant et un refus de toute analyse de fond, le gouvernement actuel a épuisé l’une après l’autre toutes ses cartouches. Le voile se déchire de plus en plus sur l’inefficacité de stratégies de sécurité de court terme et qui n'ont de constance que sur un point : le refus obstiné d’une police proche des citoyens. Les chiffres arrangés et les déclarations martiales se heurtent de plus en plus au scepticisme de tous, y compris et même surtout de policiers et de gendarmes désormais exaspérés et démotivés par la politique du chiffre, la réduction des effectifs et le démantèlement des unités. C'est pourquoi, pour se dédouaner, le pouvoir politique tente à nouveau de dresser policiers et magistrats les uns contre les autres, en reprenant le vieux refrain populiste de la police qui arrête les malfrats et de la justice qui les remet en liberté. Or ce discours est de plus en plus déconnecté de la réalité.

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mardi, janvier 11 2011

Justice : état d'alerte

Logo de l'USM Signalé rapidement dans la presse au mois de novembre dernier (voir la dépêche AFP), le "Livre blanc" sur l'état de la justice de l'Union Syndicale des Magistrats (USM) est enfin publié sur le site de ce syndicat (majoritaire chez les magistrats). Le bureau de cette association a visité plus de 165 juridictions en 9 mois. Le bilan est particulièrement alarmiste. Le syndicat diagnostique "l’existence d’une profonde crise dans la magistrature, crise morale, crise financière, crise juridique". Il met notamment en cause "le manque de reconnaissance de notre travail", "les attaques et les critiques récurrentes sur les décisions que nous rendons", "un budget notoirement insuffisant depuis des années, qui conduit à des baisses drastiques d’effectifs tant côté magistrats que côtés fonctionnaires, à l’incapacité de faire face aux dépenses courantes, à faire travailler les personnels de justice et accueillir les justiciables dans des locaux souvent indignes", ainsi bien sûr que "l’avalanche de textes, de propositions ou de projets de lois, faisant souvent fi des principes généraux du droit et des standards européens qui devraient pourtant guider toute réforme dans un pays démocratique". Ce travail mérite une lecture détaillée.