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lundi, mai 6 2013

La mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences

histogramme.jpg Les statistiques des délinquances et de leurs conséquences, objet du présent rapport, ont pris une importance considérable dans le débat public. Tour à tour utilisées pour présenter un bilan favorable de l’action des gouvernements ou, au contraire, pour asseoir, à partir de l’état des lieux qu’elles fournissent, une nouvelle politique pénale, elles sont déraisonnablement mises en avant.
La valorisation de ces statistiques, tant par les gouvernants que par les médias, est d’autant plus paradoxale que, comme vos rapporteurs entendent vous le démontrer, ces statistiques n’ont qu’une fiabilité très limitée et ne permettent nullement de mesurer finement les délinquances.
Ceci est d’autant plus vrai que c’est généralement un « chiffre unique » qui sert de fondement à la communication et au débat. Or, ce chiffre, qui résulte de l’agrégation grossière de données éparses, n’est porteur d’aucune réalité. Fabriqué de toutes pièces à des fins de communication politique, il ne peut que faire reculer le niveau du débat public, alors même que la connaissance de la réalité des délinquances est, par nature, susceptible d’éclairer les acteurs publics autant que les observateurs de la réalité sociétale.

Illustration : statistix.fr

vendredi, janvier 21 2011

Les « chiffres de la délinquance » en 2010 ou la Com’ rituelle du ministre de l’Intérieur

Image_revues.org.jpgComme chaque année, le ministre de l’Intérieur fait sa Com’ en annonçant au mois de janvier les prétendus « chiffres de la délinquance » de l’année écoulée. Le quotidien pro-gouvernemental Le Figaro en a eu la primeur, l’interview du ministre étant reprise sur le site officiel du ministère. Bien entendu, les choses sont globalement positives, il ne saurait en être autrement. Depuis 2002 tout va mieux, tandis qu’avant c’était naturellement la catastrophe. En 2010, on constate des progrès qui sont entièrement dus aux décisions prises par le ministre. Et s’il reste des problèmes, soyons rassurés : le ministre a déjà pris les décisions qui s’imposaient pour 2011. On n’est pas loin d’Alice au pays des merveilles. Les choses sont cependant un peu plus compliquées. Les statistiques de police ne sont pas les « chiffres de la délinquance ». Et au vu de cette statistique, il n’y a pas vraiment de quoi se vanter.

vendredi, janvier 7 2011

La politisation des voitures brûlées

Image_voiture_brulee_lemonde.fr.jpgLa polémique qui s’est développée autour du comptage des voitures incendiées dans la nuit du 31 décembre nous a incité à nous replonger sur le sujet et à mener une petite enquête, en interrogeant une douzaine de nos contacts (principalement ici des policiers et des responsables associatifs de quartier). Le résultat nous inspire les cinq réflexions qui suivent.
1) Sur l’emprise toujours croissante de la communication politique au ministère de l’Intérieur. C’est un singulier paradoxe que de prétendre à la transparence et à la gouvernance par les chiffres tout en s’empressant d’en dissimuler certains. L’argument du risque de contagion médiatique invoqué par Brice Hortefeux ne tient pas. Il existe en effet des rivalités et des processus de surenchère entre quartiers voisins, il y a donc bien un risque d’amplification de ces processus par la médiatisation des voitures brûlées. Mais ceci n’est vrai qu’à l’échelle locale.