Keyword - Délinquance économique et financière

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jeudi, avril 30 2015

Comprendre et lutter contre la corruption

Couverture_Livre_corruption.jpgLa corruption a souvent été considérée comme un « mal » propre aux pays dits « en voie de développement ». Pourtant, si le niveau de corruption des élites et des administrations est très inégal selon les pays, le phénomène n’a pas disparu de nos sociétés démocratiques réputées « avancées ». La corruption s’accommode aisément du suffrage universel, le système électoral devenant même la source de nouvelles formes de corruption. Face à cette situation, les dirigeants politiques balancent entre une condamnation morale officielle et une grande réticence à se donner les moyens d’une lutte administrative et judiciaire efficace qui fragiliserait leur pouvoir. Pour comprendre et mesurer la corruption, nous manquons d’outils, nous manquons d’études, nous manquons même de candidats à l’étude car nous manquons aussi invariablement de financements. C’est pour néanmoins continuer à réfléchir à ces graves problèmes de société que fut organisé en septembre 2013 un colloque qui a fait date à Aix-en-Provence. Il réunit dans une optique pluridisciplinaire des chercheurs en sciences sociales et des praticiens. Ce livre restitue l’essentiel de la teneur de ces débats.

mardi, septembre 23 2014

Clientélisme et corruption en France : état des lieux

une-ravi-121-250.jpgVous terminez un livre sur le clientélisme à Marseille. Quel en est le fil rouge ?

Je m’intéresse depuis longtemps à la notion de gouvernance. D’autant qu’elle est aujourd’hui très à la mode et qu’on a tendance à la vider de son sens puisqu’on la dépolitise. Or, par essence, gouverner, c’est choisir. Notamment de donner à certains et pas à d’autres. Je me suis donc intéressé à la manière dont on gouverne une ville - en l’occurrence, Marseille - à travers la redistribution de ressources : les logements, les emplois, les subventions... Et donc, à comment une élite politique, à travers le pouvoir discrétionnaire dont elle dispose pour répondre à la demande sociale, établit une hiérarchie entre différents groupes sociaux.


jeudi, mars 3 2011

Argent sale : encore des efforts à faire en France

Photo_billets_1suisse_flickr.jpgLe GAFI (organisme en charge de la coordination internationale de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme) a publié mardi 28 février son rapport sur la situation française en matière de lutte antiblanchiment. Ce rapport intervient à l’issue de la transposition de la 3ème directive européenne. Cette directive adoptée en 2005 après quatre ans de négociation aurait dû être transposée par tous avant la fin 2007. Elle n’intervint en France qu’en 2009 après plusieurs rappels à l’ordre et une condamnation de l’Europe. Et encore, imparfaitement puisque la France fut sermonnée de nouveau par l’Europe en juin 2010.
Le bilan de l’évaluation est pour le moins contrasté entre des dispositifs conformes sur le papier aux prescriptions du GAFI et une mise en œuvre qui reste problématique.

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mardi, janvier 18 2011

Un président au-dessus des lois ?

Image_livre_D._Moisan.gif « Jamais président français n'a entretenu rapport si ambigu avec la justice. Alors que ses prédécesseurs à l'Elysée répugnaient à s'y frotter, il en a fait son domaine réservé. Depuis mai 2007, il a repris en main l'institution judiciaire afin de servir ses objectifs politiques, mais aussi privés. Ainsi, il est le premier président français à avoir poursuivi ses adversaires au pénal, alors qu'il est lui-même inattaquable. Qu'ils s'appellent Tapie, Clavier ou Bongo, ses amis sont bien mieux servis par la justice que le citoyen lambda. Quant aux affaires comme Bettencourt ou l'Angolagate, elles ont montré que l'Elysée ne se tenait jamais loin des prétoires. Propulsé au pouvoir par la vague sécuritaire de 2002, Nicolas Sarkozy a fait des victimes et des faits divers un véritable fonds de commerce. Sa détermination envers les « voyous » n'a d'égal que sa défiance des juges, présentés comme une dangereuse bande de laxistes. Son monde idéal est un monde sans juges d'instruction. Sans eux, pas d'affaire Karachi, et surtout, la paix judiciaire pour les patrons et les politiques » (présentation de l'éditeur).
Dorothée Moisan est journaliste à l'Agence France-Presse. Elle suit les affaires judiciaires au Palais de Justice de Paris. Elle a notamment couvert le procès Clearstream. Elle publie une chronique documentée, une enquête alimentée par de nombreux témoignages, un livre courageux servi par une écriture simple et caustique.

mercredi, janvier 12 2011

Une Revue géopolitique des criminalités

Logo_OGC.jpgNous signalions ici la naissance de la Revue géopolitique des criminalités dont le premier numéro est accessible gratuitement (les suivants, quatre par an, seront payants. Cette revue est l'organe de presse de l’Observatoire géopolitique des criminalités. Pour ses animateurs, « la géopolitique ne se réduit pas à des activités diplomatiques, des manœuvres de services secrets et des conflits armés de haute ou basse intensité, mais se déploie dans des dimensions économiques et sociales essentielles dont il faut rechercher, sans a priori, les tenants et les aboutissants. Les "criminalités" que nous observons sont nombreuses et fonctionnent en réseaux de toute nature : elles trafiquent d’innombrables produits issus de l’agriculture ou de l’industrie, proposent les services les plus divers à commencer par la fraude financière, s’attaquent à l’environnement ou directement à l’être humain, utilisent la violence la plus brutale comme la plus insidieuse mais toujours d’une manière réfléchie, s’infiltrent dans la société légale à partir de territoires apparemment extérieurs ou naissent en son cœur ». Ils précisent également que « pour voir plus clair dans ce monde opaque des dynamiques criminelles, terriblement réactives, l’OGC et la revue se donnent un moyen essentiel qui, à notre connaissance, n’a jamais été utilisé systématiquement : faire travailler ensemble et dans la durée, des chercheurs, des journalistes et des praticiens ».
Parmi les chevilles ouvrières de ce projet, outre l'avocat Charles-Henri de Choiseul, nos collègues Charles Capela (maître de conférences à l'Université Lyon 2) et Fabrice Rizzoli (docteur en science politique, animateur d'un site Internet sur Les mafias).