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mardi, avril 12 2011

Claude Guéant va-t-il réinventer la police de proximité ?

Photo_policier_par_Martin_Le_Roy_sur_flickr.jpgDix ans après l'avoir enterrée, la Droite au pouvoir va-t-elle finalement réinventer la police de proximité ? C'est la question qu'on peut se poser après le discours du nouveau ministre de l'Intérieur Claude Guéant le 25 mars dernier, à l'occasion de la traditionnelle « Réunion des directeurs départementaux de la sécurité publique et des commandants de région et de groupements de gendarmerie ». Dans la lutte contre la délinquance, le ministre a annoncé aux forces de l'ordre qu'il comptait voir appliquer « cinq principes d'action ». Les quatre premiers étaient attendus (lutte conte les violences aux personnes, les cambriolages, la délinquance routière, l'immigration clandestine, les incivilités, application immédiate de la Loppsi 2...), mais le cinquième surprend pour le moins. Il est intitulé « le rapprochement Forces de sécurité – Population », présenté comme « une priorité » du gouvernement qui doit devenir rien moins qu'« une obsession » chez les policiers et les gendarmes. Un discours qui tranche singulièrement d'avec ceux de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux.

lundi, février 28 2011

« La justice est laxiste » : pour en finir avec le populisme pénal (et son lobbying)

Logo_Rue_89.gifSi les Français sont insatisfaits face à la délinquance, c'est que la justice est laxiste, alors que la police est efficace : voilà le message simple que l'actuelle majorité cherche à faire passer (et que diffuse notamment une organisation para-politique qui s'est baptisée « Institut pour la justice » et qui a lancé une pétition sur la récidive en dénonçant également l'« indécence » et l'« irresponsabilité » des magistrats).
Elle est relayée par certains syndicats de policiers dénonçant le fait que l'action des forces de police sur le terrain serait vaine car la justice relâcherait trop tôt les délinquants arrêtés, ne les condamnerait pas ou pas assez, ce qui nourrirait chez eux un sentiment d'impunité et favoriserait la récidive. Ce faisant, par un curieux renversement des facteurs, les détenteurs du pouvoir, garants des institutions, en viennent à relayer la critique d'une des principales institutions, la justice, au nom de la défense coûte que coûte des « victimes ».
Le discours de mise en cause de l'activité des juges est constitutif d'un populisme pénal, faisant du laxisme des juges le modèle explicatif de la délinquance et faisant de l'accumulation des lois et de nouveaux délits la réponse médiatique attitrée aux drames qui défraient la chronique.