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mardi, mars 29 2011

Pas de justice sans moyens (le rire jaune des magistrats)

Image_petite_annonce_pas_de_justice_sans_moyens.jpg Les jeunes magistrats ont de l'humour et on rirait volontiers si la situation n'était pas accablante pour la démocratie française. Voici un extrait du communiqué de l'Association des jeunes magistrats (AJM) qui participait avec 25 autres organisations du monde judiciaire, greffiers, fonctionnaires, conseillers d’insertion et de probation, éducateurs, avocats et magistrats à une manifestation ce 29 mars pour dénoncer leur manque de moyens.
« Rapportées aux véritables moyens de la Justice française, les dernières annonces du Ministre de la Justice paraissent bien insuffisantes. Les professionnels de la Justice ont toujours eu à coeur de faire fonctionner l’institution dans un contexte de pénurie de moyens ; au point même parfois d’aller à l’inverse de ce que préconise la loi. Mais la mise en cause en février dernier des magistrats et des conseillers d’insertion et de probation de Nantes dans le drame de Pornic leur a brutalement rappelé que le pouvoir exécutif les tient pour responsables de ce manque de moyens. Ceci est inacceptable. Nous autres, jeunes magistrats, refusons de subir les conséquences des dysfonctionnements de la Justice lorsque ceux-ci ont été créés par l’inertie des gouvernements et du législateur. A l’occasion d’une nouvelle mobilisation nationale et afin de tenter de faire prendre conscience aux citoyens de l’état lamentable de leur Justice, l’AJM passe dans Libération des petites annonces. Quel que soit le secteur, la Justice est partout en situation critique ».
D'autres initiatives sont à signaler, comme celle des syndicats de professionnels de la justice du Val-de-Marne qui lancent une « opération transparence » pour témoigner des effets de ce manque de moyens.

mardi, février 8 2011

Les fonctionnaires de justice et de police refusent d'être les boucs-émissaires

Photo_Justice_par_Eric_E._Johnson_sur_flickr.jpgLa mobilisation de toutes les catégories de fonctionnaires de justice et de police ainsi que des avocats est assez impressionnante. C'est une vingtaine d'organisations syndicales, tous métiers et toutes tendances confondues, qui soutiennent un manifeste et une pétition lancés pour refuser d'être les boucs-émissaires du pouvoir politique à la suite d'un nouveau fait divers dramatique. Ces fonctionnaires déclarent qu'ils n'ont plus les moyens de travailler (et notamment d'assurer le suivi des personnes condamnées), ils accusent le gouvernement d’amputer les budgets alloués au recrutement de personnels et au développement des partenariats qui permettaient pourtant la prise en compte individualisée des personnes placées sous main de justice, ils exigent du ministre de la Justice qu’il rende publics les rapports dont il était destinataire au sujet de la situation nantaise. L'ensemble de ces acteurs de la "chaîne pénale" appellent à une journée de manifestation le 10 février.
Le gouvernement dénonce un mouvement "pour une large part orchestrée par des syndicats". C'est un fait, mais qui ne dit rien sur le fond. Or la mobilisation était plus que prévisible tant ont été nombreux les signaux d'alarme envoyés ces derniers mois (voir par exemple notre précédente chronique sur le Livre blanc de l'USM). Nous reviendrons bientôt sur ce sujet, pour en analyser les ressorts profonds.