Logo_IRDSU.pngLa politique de la ville a certes enfin de nouveau un ministre "de plein exercice". Mais son budget est en diminution en 2011 et ses ambitions aussi. Finis les grands discours vides, c'est désormais le réalisme qui prévaut. Le ministre déclare ainsi au journal Le Monde le 9 décembre qu'il estimera sa mission remplie si déjà les crédits des CUCS sont versés aux communes en mars et non plus en décembre. Ce réalisme ne peut qu'indigner ceux qui se battent tous les jours pour aider ces quartiers à maintenir la tête hors de l'eau, et qui y parviennent souvent de moins en moins. Dans un communiqué du 13 décembre, l'Inter-réseau des professionnels du développement social urbain (IRDSU) dénonce cet attentisme et rappelle les urgences. Par ailleurs, il publie une enquête menée auprès des professionnels, sur l’évolution des quartiers et des financements depuis la crise de 2008. L'enquête conclut : 1) à la dégradation de la situation socio‐économique pour les habitants des quartiers ; 2) au recul organisé des moyens budgétaires et humains des services publics (éducation, santé, justice, police, insertion), qui se ressent encore plus que les restrictions sur les moyens spécifiques de la Politique de la ville ; 3) à la perte de légitimité de « l’Etat local », réduisant ses interventions à un « dialogue de gestion » avec les collectivités et ayant perdu son rôle d’incitateur ou de « co‐pilote » des projets locaux ; 4) au renforcement des déséquilibres entre les grandes collectivités et les territoires qui « décrochent » dans des bassins en grande difficulté ; 5) aux difficultés persistantes à articuler le social, l’urbain, l’économique et l’environnemental et à se projeter dans « l’après‐ANRU » pour les sites concernés ; 6) au recul de la démocratie participative à mesure que des habitants, des élus et des techniciens se replient sur eux‐mêmes et que le tissu associatif est frappé de plein fouet par la rigueur budgétaire.