Photo_gated_community_par_waltarrrrr_sur_flickr.jpgLe phénomène des gated communities, ou ensembles résidentiels fermés, éveille un fort intérêt car il rend particulièrement visibles des évolutions sociales inquiétantes. Ces ensembles résidentiels fermés se trouvent ainsi accusés de nombreux maux. Ils apparaissent alternativement : comme une source d’approfondissement de la ségrégation spatiale, avec la constitution de ghettos de riches ; comme l’expression de la peur de l’autre et du sentiment d’insécurité ; comme la manifestation d’une privatisation rampante des villes ; ou encore comme une preuve de la crise du lien social et des espaces publics urbains. Ces critiques sont souvent entremêlées, dans la mesure où par exemple le sentiment d’insécurité pèse sur le lien social ou sur la volonté des plus aisés de se mettre à l’écart. Selon Eric Charmes, un tel jugement gagnerait à être nuancé : les gated communities ne méritent pas toutes les critiques dont elles sont l’objet. Elles masquent souvent d'autres évolutions plus larges et plus dangereuses pour la cohésion sociale.